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Zanola, Maria Teresa (2018) : Che cos’è la terminologia [Qu’est-ce que la terminologie]. Rome : Carocci, 120 p.[Record]

  • John Humbley

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  • John Humbley
    Université Paris Diderot, Paris, France
    Università di Verona, Vérone, Italie

Par rapport au français, à l’allemand, à l’espagnol et même à l’anglais, l’italien se démarquait jusqu’ici par l’absence d’introduction à la terminologie accessible à un public large ou semi-spécialisé. On se contentait du Pavel : didacticiel de terminologie en italien, cours en ligne qui propose aux débutants une toute première découverte, mais la terminologie italienne ne disposait encore d’aucun ouvrage de référence faisant la synthèse de ses théories et de ses pratiques, contrairement par exemple à la traduction spécialisée, dont la pédagogie s’appuie sur des manuels de qualité comme celui de Scarpa (2001). La lacune est désormais comblée, grâce à la parution du livre de Maria Teresa Zanola, qui propose à un public italophone une introduction à la fois tout à fait moderne et en même temps fermement ancrée dans la culture, dont le rôle fondateur est souvent passé sous silence. L’auteure, faut-il le rappeler, est idéalement placée pour concevoir une telle présentation. Elle a publié une étude remarquable sur l’émergence des terminologies dans le cadre de l’essor de l’encyclopédisme au dix-huitième siècle (Zanola 2014) ; elle a en outre été présidente du réseau de terminologie des langues latines, REALITER, et du Conseil européen des langues, sans oublier ses activités de base de professeure de terminologie et de communication spécialisée. Matériellement, le livre ressemble à un numéro bien rempli de la collection française Que sais-je ? et fait suite à celui d’Adamo et Della Valle (2017) sur la néologie. Il se distingue assez nettement de l’excellente introduction d’Alain Rey, publiée dès 1979 et révisée en 1992, au niveau de la bibliographie, dans la mesure où c’est la dimension encyclopédique qui prime ici, tandis que le lexicographe français mène surtout une profonde réflexion épistémologique. Cette nouvelle publication est divisée en six chapitres, dont le contenu sera très brièvement évoqué ci-dessous. Nous nous permettrons ensuite quelques commentaires. Le premier chapitre s’ouvre sur la dimension culturelle de la terminologie, illustrée par les travaux des pionniers du dix-septième siècle italien qui réfléchissaient déjà sur la langue des arts et métiers. L’auteure passe ensuite au reste de l’Europe et à l’élaboration des nomenclatures (on pense à la botanique et au rôle de Linné) puis à celle des taxinomies (celle de la chimie avec Lavoisier et Guyton de Morveau étant l’exemple le plus frappant) avant d’examiner le rôle de l’encyclopédisme, déterminant pour une conceptualisation de la terminologie englobant sciences et techniques. Le ton est donné : la terminologie est l’élément de la langue qui permet la conception et la transmission de la culture – scientifique ou artisanale, d’où l’intérêt d’une théorie de la terminologie qui tienne explicitement compte de la dimension diachronique. Le deuxième chapitre aborde la disciplinarisation de la terminologie à partir des efforts de pionnier de Wüster et esquisse l’essentiel des nombreuses approches qui l’ont marquée depuis la fin du vingtième siècle, surtout au Canada, en France et en Espagne. L’intérêt de l’analyse diachronique en terminologie est rappelé, surtout dans le cadre de la création des dictionnaires et des encyclopédies. Le rôle de l’informatique est précisé, ainsi que quelques applications terminologiques des réalisations de l’équipe de Pise créée par le charismatique Antonio Zampolli. Ce chapitre se termine sur le rôle de la terminologie dans le cadre de la traduction spécialisée, auquel nous reviendrons dans les commentaires. Le troisième chapitre aborde les questions théoriques concernant d’abord la nature du terme, où l’analyse de Conceição (2005), fondée sur le rôle de la définition, sert de fil conducteur, pour aborder ensuite les relations entre terme et ontologie d’un côté (le travail de l’Institut Porphyre est cité en exemple) et terme et concept de l’autre. Le chapitre se …

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