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Maladie immunoproliférative de l’intestin grêle associée à Campylobacter jejuniImmunoproliferative small intestinal disease associated with Campylobacter jejuni[Record]

  • Marc Lecuit,
  • Felipe Suarez and
  • Olivier Lortholary

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  • Marc Lecuit
    Service des Maladies Infectieuses et Tropicales,
    Hôpital Necker-Enfants Malades,
    Université Paris 5,
    et Institut Pasteur,
    25, rue du Docteur Roux,
    75015 Paris, France.
    mlecuit@pasteur.fr

  • Felipe Suarez
    Service d’Hématologie Adulte,
    Hôpital Necker-Enfants Malades,
    Paris, France

  • Olivier Lortholary
    Service des Maladies Infectieuses et Tropicales,
    Hôpital Necker-Enfants Malades,
    Université Paris 5,
    et Institut Pasteur,
    25, rue du Docteur Roux,
    75015 Paris, France.

La maladie des chaînes lourdes α est aujourd’hui plus volontiers appelée « maladie immunoproliférative de l’intestin grêle » (d’où l’acronyme anglo-saxon IPSID pour immunoproliferative small intestinal disease). Cette pathologie, individualisée par B. Ramot en 1965 puis précisément décrite par M. Seligmann en 1968, constitue un sous-type de lymphome du MALT (voir encadré) et a été initialement décrite chez des patients vivant autour du bassin méditerranéen et au Moyen-Orient (d’où le nom de lymphome méditerranéen qui lui a aussi été donné) [1, 2]. Des cas ont aussi été rapportés chez des patients originaires de la plupart des pays en voie de développement, notamment d’Afrique noire [1-3]. Il semble qu’il s’agisse du lymphome extra-ganglionnaire le plus fréquent dans ces pays, même si sa prévalence semble avoir décru ces dernières décennies [4]. L’IPSID atteint préférentiellement les adultes jeunes et correspond à une infiltration de l’intestin grêle par une population mixte de cellules d’aspect centrocytique et de plasmocytes qui sécrètent une chaîne lourde alpha d’immunoglobuline monotypique tronquée qui n’est pas associée à une chaîne légère. L’infiltration de la muqueuse intestinale conduit à une entéropathie exsudative et une malabsorption. Hormis le site principal de la lymphoprolifération, les caractéristiques histologiques sont similaires à celles du lymphome gastrique du MALT, à l’exception d’une différenciation plasmocytaire plus marquée au niveau intestinal [5]. La chaîne lourde alpha tronquée est en général détectable dans le sérum. La prolifération est initialement localisée au tube digestif et l’évolution se fait vers le décès par malabsorption sévère en l’absence de traitement, ou par transformation en lymphome de haut grade de malignité. Au stade initial, une efficacité spectaculaire des antibiotiques à large spectre est fréquente [6]. Il a donc logiquement été proposé que cette prolifération traduise l’élimination d’un antigène bactérien qui jouerait un rôle dans la genèse de ce type de lymphome [7]. Cette possibilité apparaît d’autant plus plausible que la quasi-totalité des lymphomes du MALT semble se développer dans un contexte de stimulation antigénique chronique [7]. Des études microbiologiques reposant sur des méthodes de culture classique n’avaient cependant pas permis de mettre en évidence une association avec un pathogène bactérien, parasitaire ou viral spécifique [8] ; de plus, l’absence de région Fab au sein de la paraprotéine rend impossible l’identification de la cible de la réponse immune. L’hypothèse selon laquelle une espèce bactérienne pourrait jouer un rôle causal au cours de l’IPSID s’est trouvée renforcée par trois constatations faites depuis l’observation de la sensibilité aux antibiotiques de la maladie des chaînes alpha : (1) la description de l’entité « lymphome du MALT », ayant permis de classer dans une même catégorie histopathologique les lymphomes du MALT gastrique et intestinal (IPSID) [5, 9] ; (2) l’association entre lymphome du MALT gastrique et Helicobacter pylori [10] ; et (3) la régression des lymphomes du MALT gastrique après antibiothérapie éradiquant l’infection chronique à H. pylori [11, 12]. Afin d’identifier une espèce bactérienne éventuelle au sein du tissu intestinal siège d’IPSID, nous avons choisi d’utiliser une méthode alternative aux méthodes microbiologiques classiques qui avaient précédemment échoué [13]. Cette méthode devait pouvoir contourner la difficulté que créerait le caractère « non cultivable » éventuel de l’espèce en question et ne privilégier aucune espèce bactérienne a priori. Nous avons donc utilisé une stratégie fondée sur la mise en évidence et l’identification de séquences du gène codant pour l’ARN ribosomal (ADNr 16S) dans des échantillons biologiques congelés non fixés obtenus chez une patiente africaine atteinte d’IPSID n’ayant pas reçu précédemment d ...

Appendices