FR:
L’essor de l’hypercapitalisme dans les années 1980 a transformé la gestion des services publics, favorisant l’efficacité économique et la rationalisation des ressources (Hébert, 2024). Inspirée par la Nouvelle Gestion publique (NGP), la réforme Barrette (loi 10) de 2015 visait à optimiser l’administration du Réseau de la Santé et des Services sociaux (RSSS), mais ses effets sur le terrain ont été néfastes.
Une recherche menée en 2022 auprès de 57 professionnel.les du RSSS révèle que cette réforme a renforcé une gestion verticale et autoritaire, accentué la pression de performance et réduit l’agilité, la capacité d’adaptation et l’innovation dans les pratiques. La gestion inspirée du secteur privé a déshumanisé le travail social, transformant l’accompagnement en simple gestion de dossiers.
Les témoignages font état d’un climat de peur, d’une surcharge de travail et d’une perte d’autonomie, nuisant à la qualité des interventions et à la motivation des professionnel.les. La réforme a rigidifié l’organisation et invisibilisé le travail des intervenant.es.
À l’aube d’une nouvelle réforme, il est essentiel de revoir la gouvernance du RSSS pour favoriser une gestion plus souple et participative, recentrée sur la qualité des services et le bien-être des intervenant.es et des gestionnaires de proximité.
EN:
The rise of hypercapitalism in the 1980s reshaped public service management, prioritizing economic efficiency and resource rationalization. Influenced by New Public Management (NPM), the 2015 Barrette reform (Bill 10) sought to optimize the Health and Social Services Network (RSSS) but resulted in significant adverse consequences.
A 2022 study of 57 RSSS professionals highlights how the reform reinforced rigid, top-down management structures, increased performance pressures, and reduced flexibility, adaptability, and innovation. By borrowing private-sector management models, the reform dehumanized social work, reducing it to mere case management.
Workers report a climate of fear, work overload, and a loss of autonomy, all of which undermine service quality and professional motivation. The reform has increased organizational rigidity and marginalized frontline workers.
As a new reform approaches, rethinking RSSS governance is essential to foster a more flexible, participatory management style that prioritizes service quality and worker well-being.