Restricted access to the most recent articles in subscription journals was reinstated on January 12, 2021. These articles can be consulted through the digital resources portal of one of Érudit's 1,200 partner institutions or subscribers. More informations

RecensionsBook Reviews

Employment Stability in an Age of Flexibility: Evidence from Industrialized Countries sous la direction de Peter Auer et Sandrine Cazes, Genève : Bureau international du travail, 2003, 272 p., ISBN 92-2-112716-8.[Record]

  • Christophe Ramaux

…more information

  • Christophe Ramaux
    Université Paris I

L’emploi instable dessine-t-il le modèle d’emploi de demain ? De nombreux travaux plaident en ce sens – notamment ceux de Beck sur la « société du risque » (La société du risque : sur la voie d’une autre modernité [trad. fr. 2001], Aubier, Alto), ceux de Giddens (The Third Way, Polity Press, 1998 [tr. fr. dans A. Giddens et T. Blair, La troisième voie, Le Seuil, 2001], The Third Way and its Critics, Polity Press, 2000), ceux de Gazier et Schmid sur les marchés transitionnels (The Dynamics of Full Employment : Social Integration by Transitional Labour Markets, Cheltenham, Edward Elgar, 2002) ou bien encore le rapport pour la Commission européenne sous la direction d’Alain Supiot (Au-delà de l’emploi : transformations du travail et devenir du travail en Europe, Flammarion, Paris, 1999) – confortant ainsi le jugement commun largement répandu sur le sujet. C’est à une réponse inverse qu’invite l’ouvrage coordonné par Peter Auer et Sandrine Cazes. Fruit des travaux de l’équipe politique du marché du travail constituée au sein du département Emploi de l’OIT, ce livre fait le point sur la stabilité de l’emploi dans les principaux pays industrialisés. D’un point de vue méthodologique, il combine une étude approfondie de comparaison internationale et quatre monographies nationales portant sur le Danemark (Per K. Madsen), les États-Unis (Paul Osterman), la France (Bénédicte Galtier et Jérôme Gautié) et le Japon (Olivier Passet). L’étude de comparaison internationale, réalisée par Peter Auer et Sandrine Cazes, prolonge et actualise leurs travaux antérieurs et, plus largement, ceux réalisés par le BIT (L’emploi dans le monde 1996/1997 : les politique nationales à l’heure de la mondialisation, 1996 ; P. Auer et S. Cazes, « L’emploi durable persiste dans les pays industrialisés », Revue internationale du travail, vol. 139, no 4, 2000 ; P. Auer, S. Cazes et V. Spiezia, « Stable or Unstable Jobs : Interpreting the Evidence in Industrialized Countries », Employment Paper Series, no 26, International Labour Office, Employment Strategy Department, Geneva, 2001). Le coeur de l’analyse est constitué par l’analyse de l’ancienneté dans l’emploi sur la période 1992-2000 dans seize pays industrialisés (les pays de l’Union européenne – hormis l’Autriche –, les États-Unis et le Japon). La conclusion est claire : on enregistre aucune tendance à la baisse de la stabilité de l’emploi durant la décennie 1990. En moyenne, pour ces pays, l’ancienneté dans l’emploi au sein de la même entreprise a même légèrement augmenté passant de 10,2 à 10,4 ans entre 1992 et 2000. Seule l’Irlande, avec une ancienneté qui est passée de 11,1 à 9,4 ans, et dans une moindre mesure le Danemark (de 8,8 à 8,3 ans) enregistrent une baisse significative. Dans les autres pays, l’ancienneté est soit stable, soit augmente sensiblement comme en France (de 10,4 à 11,1 ans), au Japon (de 10,9 à 11, 6 ans) ou au Portugal (11,1 à 11,8 ans). Encore convient-il de souligner que ces chiffres désignent l’ancienneté telle qu’elle est constatée au moment de l’enquête, soit une ancienneté évidemment plus faible que l’ancienneté finale des salariés au sein de leur entreprise. L’ancienneté dans l’emploi, comme tout indicateur, a certes sa part de fragilité. Il dépend, pour partie, de la conjoncture et de façon contra-cyclique : la hausse de l’emploi augmente mécaniquement la part de ceux qui viennent d’être recrutés (qui ont par définition une faible ancienneté) et favorise les démissions ; et cet effet l’emporte sur l’effet inverse provoqué par la baisse des licenciements ou la prolongation de la durée des contrats précaires (ou leur transformation en contrats de long terme). Il dépend aussi de …