Travailler le social

Présentation[Record]

  • Jean-Marie Goupil
Presentation La contribution québécoise à ce numéro porte sur les pratiques des acteurs du champ social. La littérature sur le social a été consacrée depuis plusieurs années à la présentation de théories sur la reproduction sociale et sur le contrôle social, ne citant bien souvent les pratiques que comme faire-valoir pour des constructions théoriques. Nous avons choisi de partir des pratiques concrètes pour nous permettre d'analyser le social comme un champ d'actions conflictuelles. Une première table-ronde est consacrée à la description du cadre bureaucratique dans lequel travaillent les agents des Centres de services sociaux et des pratiques « progressistes » qui tentent de s'y développer. Chantai Lavigne présente avec Monique Cloutier l'expérience de communication institutionnelle qu'a constitué le journal VÉcoutille du Centre de services sociaux du Montréal métropolitain. Deux articles (M. Dorais, G. Renaud) sur les services pour homosexuel/elles permettent de saisir les pôles du débat sur les mouvements sociaux, les pratiques professionnelles progressistes et l'ombre permanente de la modernisation technocratique. Les conditions de la pratique dans les Centres locaux de services communautaires et les marges de manoeuvre que peuvent utiliser ceux qui y travaillent sont l'objet des débats d'une deuxième table-ronde. Les nouvelles pratiques progressistes dans le secteur psychiatrique sont présentées par deux entretiens avec des militants du mouvement alternatif : Daniel Cossette de la Maison St-Jacques et Carmen Audet qui appartient à divers groupes d'ex-psychiatrisés. Robert Letendre et Monique Panaccio complètent le dossier sur les alternatives à la psychiatrie en présentant Solidarité-psychiatrie, qui constitue sans doute une des formes les moins institutionnelles des alternatives à la psychiatrie. Le débat sur la relation d'aide et la thérapie familiale, sur leurs limites et sur des perspectives nouvelles remettant en cause les mécanismes de domination « sociale et patriarcale » est abordé par M. Moreau. Enfin l'article « Les innovations dans le champ du travail social » tente de clarifier les principes et les méthodes d'analyse des pratiques et des conflits qui apparaissent dans le champ du travail social. Ni centrée sur une théorie sociale, ni centrée sur les techniques professionnelles traditionnelles ou novatrices, cette contribution permet de saisir que la périphérie des institutions est le lieu d'enjeux multiples et contradictoires qui touchent parfois aux mouvements sociaux. J.M.G.