Recensions

Bélisle, R. et Bourdon, S. (2006). Pratiques et apprentissage de l’écrit dans les sociétés éducatives. Québec, Québec : Presses de l’Université Laval[Record]

  • Renée Gagnon

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  • Renée Gagnon
    Université du Québec à Trois-Rivières

Ce collectif regroupe, en grande partie, des textes liés à des communications réalisées au colloque intitulé L’apprentissage de l’écrit dans les sociétés éducatives : des analyses de la pluralité, tenu en 2002, dans le cadre du 70e congrès de l’Association francophone pour le savoir (ACFAS). La plupart des textes font état de résultats de recherches menées au Québec, qui portent sur l’apprentissage de l’écrit à l’âge adulte. Dans l’ouvrage, l’écrit correspond à l’usage de la langue écrite. Il désigne les pratiques de lecture et d’écriture d’un lecteur ou d’un scripteur et aussi celles qui font appel, par exemple, à des pratiques de consommation ou de reproduction. L’intérêt principal de l’ouvrage réside, à notre avis, dans le fait que les textes présentés permettent au lecteur de porter un regard sur l’apprentissage de l’écrit tel qu’il se réalise dans différents milieux, par exemple à l’Université ou dans les milieux communautaires d’insertion sociale et professionnelle. L’ouvrage est divisé en trois parties. La première partie comporte trois textes issus du colloque de 2002. Le premier texte présente la conférence d’ouverture du sociologue Bernard Lahire qui soutient que, pour comprendre comment se développent collectivement les compétences lectorales et scripturales dans différentes situations sociales, la recherche portant sur l’écrit ne doit pas être confinée à la forme scolaire ; elle doit aussi s’intéresser aux producteurs de l’écrit et au réseau social à travers lequel l’écrit est produit, transmis, reçu et interprété (p. 43). Le second texte rapporte des extraits des propos des spécialistes invités à la table ronde et de leurs échanges avec les participants. Enfin, un texte rédigé par Paul Bélanger propose une synthèse personnelle du colloque, fort intéressante. L’auteur souligne la nouvelle tendance de la recherche en alphabétisation au Québec et en France, qui concerne la reconnaissance de la pluralité des compétences litéraciques des citoyens (p. 75). La seconde partie de l’ouvrage présente un texte biographique de Jean-Paul Hautecoeur. L’auteur a dirigé pendant une vingtaine d’année la revue ALPHA, une publication spécialisée qui concerne l’alphabétisation et la formation de base des adultes. L’auteur y traite des questions de pluralité et de diversités qui traversent les pratiques de l’écrit identifiées dans le colloque de 2002. Enfin, la troisième partie, qui a particulièrement retenu notre attention, regroupe cinq textes qui exposent des résultats de recherches empiriques menées au Québec et en France. Ces textes mettent en évidence les résultats de recherches portant sur des pratiques de l’écrit menées dans différents milieux. Somme toute, cet ouvrage a le mérite de susciter la réflexion quant à l’apprentissage de l’écrit, à la pluralité et la diversité des pratiques de l’écrit. Il saura intéresser, comme le souhaitent les auteurs, les chercheuses et les chercheurs ainsi que les organismes ou les personnes qui oeuvrent auprès d’adultes peu scolarisés ou qui font la promotion de l’alphabétisme ou de la littératie.