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Recensions

Nières-Chevrel, I. (2009). Introduction à la littérature de jeunesse. Paris, France : Didier Jeunesse

  • Marie Fradette

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  • Marie Fradette
    Université Laval

Cover of Se former professionnellement : une dynamique individuelle et collective, Volume 37, Number 2, 2011, pp. 231-448, Revue des sciences de l’éducation

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De son historique à ses adaptations en passant par la problématique que pose sa définition, la littérature de jeunesse est ici explorée dans ce qu’elle est et ce qu’elle a été depuis ses débuts officiels au XVIIIe siècle. Isabelle Nières-Chevrel propose en fait un tour d’horizon éclairé et très documenté de cette littérature qu’elle a, entre autres, enseignée. Le livre est par ailleurs la somme d’un cours offert à des étudiants universitaires. Ainsi, l’auteure présente, sur près de trois cents pages, différents aspects de la littérature de jeunesse, notamment l’origine du conte, l’arrivée du roman et de l’album, l’importance de l’enfant au coeur des récits, mais aussi la place de cette littérature au sein de l’institution, en abordant notamment les préjugés qui entourent l’écriture pour la jeunesse. Voilà de quoi nous instruire.

Ce livre s’ouvre d’abord sur la sempiternelle problématique qui entoure la terminologie de cette littérature : de jeunesse, pour la jeunesse, d’enfance, comment la nommer et pourquoi ? Nières-Chevrel apporte des réponses, déjà connues sans doute par plusieurs chercheurs, mais elle le fait tout en insérant l’historique de cette dénomination, ce qui permet un point de vue solide et crédible appuyé par des balises socio-historiques claires. Puis, un chapitre est consacré au conte, aux comptines et aux différents destinataires de ce genre qui est présenté avec rigueur et intérêt. La même profondeur est soutenue dans le chapitre dédié à l’arrivée de l’image dans le livre illustré ainsi que la présence des animaux dans les albums. Elle distingue par ailleurs avec concision l’adaptation des traductions, en plus de réfléchir sur la construction de ce patrimoine.

Certains passages sont toutefois plus ou moins pertinents, notamment lorsqu’elle offre en pourcentages la part d’hommes et de femmes qui écrivent pour les enfants. Il s’agit d’informations intéressantes, mais présentées de façon trop rébarbative. Par ailleurs et surtout, la quantité de notes de bas de page, de titres et d’auteurs soulevés tout au long de l’ouvrage alourdit la lecture. Comme son titre l’indique, il s’agit d’un ouvrage d’introduction. Or, cet excès de références aura peut-être pour effet de perdre le lecteur néophyte. Aussi, bien que l’écriture soignée, riche sans être hermétique, permette de bien saisir le propos, la présentation de la matière est parfois plus ou moins limpide. Prenons par exemple le chapitre consacré à l’historique, dans lequel l’auteure offre beaucoup d’explications en peu de temps. On a ainsi l’impression d’être bousculé par une densité d’informations sans qu’il y ait de repères visuels efficaces. Enfin, nous pouvons par ailleurs regretter ici l’absence totale de littérature de jeunesse québécoise, qui est pourtant maintenant connue à l’étranger.

Bien que l’auteure n’apporte rien de véritablement nouveau dans cette étude, l’ouvrage trouve sa pertinence dans l’état de la question qui y est offert. Étudiants, enseignants et chercheurs pourront y puiser pour y apprendre bien sûr, mais aussi simplement pour se rappeler un titre, un auteur, une époque, pour ajouter ou compléter un enseignement.