You are on Érudit's new platform. Enjoy! Switch to classic view

Recensions

Bruner, J. (2012). Comment les enfants apprennent à parler, Paris, France : Éditions Retz

  • Catherine Croisetière

…more information

  • Catherine Croisetière
    Université du Québec à Montréal

Cover of La littérature de jeunesse : le lecteur, l’oeuvre, les passeurs et le passage, Volume 39, Number 1, 2013, pp. 7-255, Revue des sciences de l’éducation

Article body

L’ouvrage Comment les enfants apprennent à parler, paru originellement en 1983 en langue anglaise, est un incontournable pour tous ceux et celles qui s’intéressent à l’approche interactionniste du développement du langage. Ce livre relativement court, de 128 pages, nous plonge au coeur des travaux de recherche menés par ce pionnier de la psychologie cognitive durant les années 1970 à l’Université d’Oxford.

Bruner insiste fortement sur « l’usage et la fonction des actes de parole » (p. 6). Selon lui, les enfants ne font pas qu’assimiler un code : ils sont initiés à utiliser le langage pour arriver à différentes fins et, du même coup, découvrent leur culture « (…) et la manière de faire les choses par le langage dans cette culture » (p. 108). Pour ce faire, Bruner propose en préface deux fils conducteurs à ce livre : le premier est externe, c’est-à-dire qu’il démontre l’importance de la communauté dans le développement du langage, et le deuxième est interne, c’est-à-dire qu’il indique comment les intentions de communication de l’enfant évoluent au fil des premiers mois de sa vie. Ces fils conducteurs sont illustrés par les multiples extraits de corpus recueillis durant ses périodes d’observation de deux mères et leur enfant durant leurs deux premières années de vie, et intégrés tout au long des pages.

Le livre se divise en six chapitres. Les deux premiers s’intéressent aux fondements de l’approche interactionniste. Pour devenir un « locuteur de sa langue » (p. 14), l’enfant doit d’abord posséder les capacités cognitives innées le prédisposant à apprendre celle-ci. Toutefois, il doit aussi être en relation avec un adulte, qui lui propose des scénarios d’apprentissage, ou cadres routiniers et familiers, comme le jeu du coucou. Le troisième chapitre présente les deux cas retenus, Richard et Jonathan, et montre l’évolution des activités ludiques chez ceux-ci et le rôle des jeux dans le développement du langage. Le quatrième chapitre porte sur le développement de la fonction référentielle. Bruner y décrit encore une fois comment les interactions mère-enfant dans les jeux tels la lecture de livres ou le pointage des parties du corps influencent le développement de la langue. Le cinquième chapitre traite du développement de la demande. Le lecteur découvre l’évolution de celle-ci au fil du temps ainsi que le rôle de la mère selon le type de demande et selon l’âge de l’enfant. Enfin, le sixième chapitre consiste en une conclusion de l’ouvrage. Bruner confirme que « la seule manière d’apprendre l’usage du langage, c’est de l’utiliser pour communiquer » (p. 110).

Malgré la présence de quelques erreurs de traduction, cet ouvrage classique accessible, simple et intéressant, saura captiver tout lecteur soucieux du développement du langage chez les enfants de 0 à 2 ans et du rôle de l’adulte pour favoriser celui-ci. Les lecteurs retiendront que le développement du langage s’amorce très précocement, dès les premiers regards entre la mère et son enfant.