Documenter le racisme par la consultation populaire. Retour sur l’expérience de Diversité artistique Montréal (DAM)Entretien avec Nadia Hajji[1]Documenting racism through popular consultation. The experience of Diversité Artistique Montréal (DAM)

  • Stéphanie Garneau

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Cover of Sociologies de la race et racisme, Volume 50, Number 2, Fall 2018, pp. 5-283, Sociologie et sociétés

NADIA HAJJI — Diversité artistique Montréal (DAM) est un organisme à but non lucratif fondé en 2006, dont la mission est d’aider les artistes dits de la diversité à intégrer le milieu des arts et de la culture à Montréal. Parallèlement à cet accompagnement offert aux artistes, DAM travaille aussi auprès des institutions culturelles et artistiques pour les sensibiliser aux questions de discrimination raciale. Dans le cadre de ce travail auprès des institutions artistiques et culturelles, DAM a eu l’idée de créer la cellule IDAM pour l’inclusion de la diversité artistique à Montréal. À partir de cette cellule IDAM, on a créé un pôle de recherche pour pouvoir alimenter tout le côté argumentaire auprès des institutions, également pour porter au niveau politique toutes ces réalités socioprofessionnelles qui existent sur le terrain. Il faut aussi que j’évoque le livre de Jérôme Pruneau, le directeur général de DAM, Il est temps de dire les choses (Montréal, Éditions Dialogue Nord-Sud, 2015), dans lequel il recense justement des expériences vécues dans le milieu à travers son travail d’accompagnateur auprès des artistes. Jérôme Pruneau est aussi ethnologue, donc il a fait tout un travail de recherche qui restait bien sûr à compléter. Donc à partir de là, il y a vraiment eu cette envie de s’engager de façon plus politique avec le pôle recherche pour pouvoir asseoir de façon concrète ces différentes réalités, à la fois quantifiables et qualitatives, auprès de ceux qui doivent nous écouter au niveau politique. Le premier chantier de ce pôle recherche, qui est né l’année dernière, c’est cette fameuse consultation sur le racisme systémique. N. H. — Oui, ça s’est fait en même temps. Mais il faut bien comprendre que notre démarche à DAM n’était pas conditionnée par le processus gouvernemental, ça, c’est quand même important de le mentionner, c’est vraiment dans la lignée de notre pensée. Notre volonté de faire une consultation, c’était vraiment dans une démarche de reconnaissance de la pluralité identitaire québécoise qui n’est pas reconnue, une chose sur laquelle on travaille de façon très énergique depuis la création de DAM ; donc, vraiment cette volonté de continuer dans l’action antiraciste, d’où justement notre adhésion à la Table de concertation contre le racisme systémique. Évidemment, quand, pendant un an et demi, différents groupes de la société civile se sont mobilisés pour exiger la commission d’enquête, qui a finalement été acceptée plutôt sous forme de consultations locales par le gouvernement Couillard en juillet 2017, nous, on a fait la démarche pour avoir, pour faire partie donc de ce processus-là qui devait être dirigé par la CDPDJ, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, en collaboration avec le MIDI, le ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion. Mais comme cette consultation s’est transformée en forum sur la valorisation de la diversité, nous avons décidé de nous retirer du processus gouvernemental et de poursuivre de façon indépendante ce travail-là. Ce changement de cap était peu représentatif de la volonté populaire, on va dire. La commission d’enquête qui avait été demandée devait avoir un poids plus important au niveau légal, juridique, également avec des implications politiques très fortes, avec un message politique à envoyer au reste du Canada, également, et au niveau international, de dire : Nous avons un problème de racisme qui est systémique — et non systématique, d’ailleurs (rire) — qui devrait être traité en tant que tel, avec toutes les implications historiques qui sont derrière, avec tout un privilège blanc assumé, comprendre que le ...

Appendices