Feuilleton

Sobre compte rendu d’une jeune sténotypiste[1][Record]

  • Maria Leitner

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  • Maria Leitner

  • Traduction :
    Barbara Thériault

J’en suis déjà à mon deuxième emploi. Dans le premier, on s’est souvent moqué de moi parce que j’ai fait des erreurs. Mais c’était parce que je réfléchissais trop à tout ce qu’on me dictait, parce que ça semblait différent dans la vie. Mais maintenant j’écris déjà rapidement tout ce qu’on me dit, et je n’y réfléchis pas. Le fondé de pouvoir dit : « La petite, elle va s’en tirer. » (Il dit la petite et non pas « la p’tite » comme les collègues plus âgées qui me regardent de haut.) J’habite chez mes parents. Nous avons deux pièces et une cuisine, et il y a deux enfants en plus de moi. Je suis l’aînée, les deux autres sont encore tout jeunes. Père, mère et les deux petits dorment dans le salon, sur deux lits, et je dors sur le sofa-lit dans la salle à manger. Ma mère dit toujours que j’ai la meilleure place. « Elle donne seulement quelques marks chaque mois et a sa propre chambre. » Mais ce n’est pas tout à fait vrai pour la chambre, parce que je ne peux jamais aller au lit quand je veux. Père y est assis avec le journal et il boit sa bière terriblement lentement et il fume son cigare. Le soir, je suis toujours tellement fatiguée d’avoir été assise que le dos me fait mal. Quand je peux enfin aller au lit, la pièce sent toujours la bière et le cigare, parce que la fenêtre ne peut pas rester longtemps ouverte — à cause des courants d’air. Le sofa-lit, il n’est pas confortable, si dur et étroit, mais j’aime tellement dormir. Avant d’aller au lit, je veux parfois faire de la gymnastique, mais on se moque de moi, et le matin je veux rester couchée aussi longtemps que possible. C’est pour ça que je n’aime pas quand il fait trop beau le dimanche. Je dois alors me lever tôt et aider et aller avec la famille à la piscine. Quand il ne fait pas beau, je vais au cinéma avec mon amie. Avant, j’avais une super amie. Nous nous connaissions de l’école, nous avons toujours tellement ri ensemble. Mais elle a maintenant un fiancé, et elle s’imagine tant de choses. Elle pense qu’elle connaît tellement mieux la vie. Je n’ai que 90 marks de salaire. Je dois en donner 50 à la maison. Quand je calcule ce dont j’ai encore besoin pour le transport et l’assurance, il me reste à peine 30 marks. Je dois m’acheter des vêtements et des chaussures et tout ce dont j’ai encore besoin. Parfois, je reçois quelque chose de « pratique » pour Noël ou mon anniversaire, mais je dois aussi faire des cadeaux aux autres, et tant de personnes célèbrent leur anniversaire. J’ai 17 ans. Quand je le mentionne, les gens soupirent et disent : « Vous saurez seulement plus tard à quel point c’est merveilleux d’avoir 17 ans. »

Appendices