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En ces moments de crise due à la pandémie, nous souhaitons à vous toutes et tous qui faites partie de la communauté de Management International, ainsi qu’à vos proches, la meilleure santé possible. Nous tenons particulièrement à remercier nos collègues auteurs et évaluateurs de parvenir à trouver le temps, en dépit des grandes perturbations que nous traversons tous, de continuer à contribuer à Mi et permettre la continuité des activités de la revue.

Ce nouveau numéro de Mi est composé de 12 articles issus de la procédure régulière d’évaluation de la revue. Ces articles abordent des thèmes très divers et très actuels. Ils sont complétés par une note de lecture de notre collègue Pascal Gaudron sur le livre de Claude Rochet : « Les villes intelligentes, réalité ou fiction ? ISTE éditions, 2018.

Bonne lecture !

Thomas Paris, Gerald Lang, et David Massé, dans l’article « Mondes polarisés et créativité contextuelle dans les industries créatives : le cas des processus de création dans l›industrie de la parfumerie », proposent une étude approfondie de l’industrie du parfum. Ils considèrent que même si une industrie créative peut abriter des mondes opposés, proposant des produits différents et reposant sur des acteurs différents, il peut se produire des collaborations entre ces deux mondes. L’article analyse comment des designers créent différemment dans deux mondes opposés. En plus des dimensions sociales et conventionnelles, les auteurs montrent que ces mondes opposés se structurent autour d’organisations, de systèmes de distribution et de processus de création différents. Ils proposent la notion de créativité contextuelle pour traduire que la créativité des créateurs s’inscrit dans un contexte spécifique, et identifient un type spécifique de collaboration entre mondes opposés : la symbiose créative.

La contribution de Daniel Zeghal et Manel Moussa, « Analyse comparative des principaux mécanismes de gouvernance dans les multinationales américaines, européennes et asiatiques appartenant à la liste Fortune Global 25 » a pour objectif de comparer les mécanismes de gouvernance des entreprises multinationales (EMNs) cotées en bourse et provenant des principales régions géographiques à savoir les Etats-Unis, l’Europe et l’Asie, afin de déterminer si ces EMNs convergent vers une uniformisation globale de leurs pratiques de gouvernance. Les résultats basés sur un échantillon de 156 EMNs appartenant à la liste Fortune Global 250 et des tests ANOVA ont permis de constater l’absence d’une convergence vers un modèle international et d’affirmer que les choix des pratiques de gouvernance des EMNs semblent plutôt associés avec leur appartenance régionale.

Diadie Diaw, Albert Lessoua, et Louis Cesar Ndione, dans leur contribution « Spécialisation dans les produits d’entrée de gamme : une stratégie pour le développement industriel en Afrique », analysent le potentiel de développement industriel en Afrique. Partant du constat que la demande intérieure africaine étant principalement orientée vers les produits d’entrée de gamme, les auteurs explorent les avantages d’une stratégie d’industrialisation visant la fabrication de ces produits. Après identification des déterminants de la spécialisation dans les produits d’entrée de gamme, ils trouvent que ces gammes de produits peuvent jouer un rôle fondamental dans l’industrialisation de l’Afrique. Dans la mesure où les études sur les produits d’entrée de gamme en Afrique sont assez rares, cette étude ouvre des pistes fertiles pour des recherches futures.

Dans l’article “Est-ce bien d’être une banque verte multinationale ? », Issam Laguir, Rebecca Stekelorum, Lamia Laguir, et Jamal Elbaz, examinent l’influence de la responsabilité environnementale de l’entreprise (environmental corporate social responsibility (ECSR)) sur la performance financière de l’entreprise (corporate financial performance (CFP)) en utilisant des données sur les banques françaises multinationales entre 2008 et 2011. Leurs résultats montrent que la relation entre l’ECSR et la CFP des banques multinationales est positive et statistiquement significative. Cependant, le prise en compte les activités de R&D montre une autre perspective : l’influence de l’ECSR sur le ROA diminue à mesure que les activités de R&D des banques augmentent. Ainsi, l’ECSR influence le plus fortement la CFP dans les banques multinationales à faible intensité de R&D.

Martine Brasseur, dans « Intérêt commun et tolérance : le défi de la synergie pour les équipes hétérogènes. Une étude qualitative de six groupes de travail multiculturels à l’université », analyse de quelle façon les groupes de travail multiculturels peuvent devenir des équipes synergiques. Notre collègue a mené une observation non participante de six groupes de travail à l’université en appui sur 41 entretiens et 14 réunions. Trois dynamiques de groupes ont été distinguées variant en fonction de l’affirmation des individualités et de l’existence d’une identité collective. Selon les résultats, la réussite d’une équipe dépend de l’émergence d’une autorégulation favorisant la focalisation sur les intérêts communs et un changement de conception de la tolérance. Elle est indépendante de l’hétérogénéité/homogénéité du groupe, qui relève des perceptions et varie au cours du développement de l’équipe.

Dans « Quand le local rencontre le global : Comment l’introduction de l’anglais déstabilise les pratiques de translanguaging dans une entreprise frontalière », Hélène Langinier et Sabine Ehrhart suggérent qu’au sein de la filiale d’une multinationale située dans un territoire frontalier, les dynamiques globales et locales co-construisent des pratiques linguistiques spécifiques. En s’appuyant sur une approche interdisciplinaire combinant linguistique et management international, nos collègues montrent comment l’introduction de l’anglais modifie les bénéfices générés par ces pratiques multilingues locales. Les employés ont recours au translanguaging : ils combinent toutes leurs connaissances linguistiques, français, allemand et langue vernaculaire pour se faire comprendre. Ces pratiques linguistiques locales ont un rôle inclusif permettant aux employés moins élevés dans la hiérarchie de faire le lien entre la filiale et le siège social en Allemagne.

Angèle Renaud et Nicolas Berland dans leur contribution « L’influence des facteurs stratégiques et organisationnels sur les relations entre contrôle de gestion environnemental et apprentissage organisationnel : le cas d’une éco-PME missionnaire » étudient les relations entre contrôle de gestion environnemental (CGE) et apprentissage organisationnel (AO) en inscrivant le modèle de Simons (1995) dans une perspective contingente. Par des facteurs stratégiques et organisationnels, ce modèle enrichi explique les liens entre les modes de contrôle (diagnostique et interactif) de Simons et les niveaux d’apprentissage (en simple et double boucle) d’Argyris et Schön (1978). S’appuyant sur le « cas révélateur » d’une éco-PME missionnaire, l’étude montre l’influence de trois facteurs (valeurs fortes, stratégie proactive, cycle de vie des activités) sur les quatre configurations relationnelles CGE-AO et ouvre de nouvelles perspectives aux travaux de Simons.

La contribution de Philippe Pailot et Diane De Saint-Affrique, « Loi sur le devoir de vigilance : éléments d’analyse d’une forme de juridicisation de la RSE », a pour objectif de proposer l’analyse d’une expression singulière de la manifestation du droit étatique impératif dans la régulation de l’économie globalisée, à travers l’exemple de la loi sur le devoir de vigilance. Les auteurs cherchent à faire apparaître dans quelle mesure cette loi incarne la très forte poussée éthique et humaniste qui imprègne certaines règles et normes juridiques contemporaines. Cette recherche montre également dans quelle mesure cette loi procède d’un champ de tension entre la loi politique et la loi juridique qui impacte les conditions de son effectivité et de son efficacité.

Carole Donada, Caroline Mothe, et Gwenaëlle Nogatchewsky, dans l’article « Modes de coordination et performance des relations client-fournisseur : l’effet modérateur des risques collaboratifs » visent à tester l’impact des modes de coordination formels et informels sur la performance des collaborations inter-organisationnelles en analysant l’effet modérateur des risques collaboratifs (étendue de la collaboration et dépendance). L’étude empirique sur 158 relations client-fournisseur dans l’industrie automobile française montre que les structures collaboratives et les pratiques de contrôle comme modes formels de coordination et la confiance comme mode informel sont positivement associes à la performance. L’effet modérateur de l’étendue de la collaboration sur la performance est significatif alors la dépendance n’a d’effet significatif que lorsque l’entreprise met en place en place des structures collaboratives.

Dans leur contribution, « L’effet lundi sur les marchés d’Europe Centrale et Orientale : un élément à intégrer dans une stratégie d’investissement internationale ? », Sophie Nivoix et Sandrine Boulerne partent de la constatation selon laquelle le lundi est une anomalie dans laquelle les rentabilités boursières du lundi sont significativement plus faibles que celles des autres jours. Suite à la transition économique des pays d’Europe centrale et orientale, nos collègues ont analysé ces 11 marchés d’actions, de 1993 à 2017 pour la plus longue série. Suivant une démarche économétrique exhaustive, elles ont étudié la rentabilité et la volatilité des indices phares de chaque pays. L’effet lundi est observé sur la plupart de ces marchés, mais se révèle inverse pour deux d’entre eux. Les investisseurs peuvent donc utiliser cette anomalie pour optimiser leur stratégie internationale d’investissement.

Nizar Ghamgui et Richard Soparnot dans l’article « Le lien entre l’individu et l’opportunité entrepreneuriale : une reconceptualisation du Le lien entre l’individu et l’opportunité entrepreneuriale : une reconceptualisation du puzzle », soulignent que le manque de clarté sur la conceptualisation de l’opportunité entrepreneuriale est une raison majeure pour laquelle les recherches sur le lien entre l’individu et l’opportunité connaissent des progrès limités. Selon les auteurs, c’est principalement le débat sur l’aspect subjectif et objectif de l’opportunité qui rend difficile l’élaboration d’une théorie entrepreneuriale cohérente et solide. Nos collègues abordent ce problème en mobilisant la Strong Structuration Theory qui permet d’avoir une analyse approfondie de ce processus social. En s’appuyant sur une étude qualitative de la création de huit entreprises, ils apportent une réponse au puzzle de la théorie entrepreneuriale en proposant une reconceptualisation du lien entre l’individu et l’opportunité.

Dans « L’internationalisation des PME latino-américaines et ses obstacles : l’application du modèle des trois cercles », Humberto López Rizzo et Florence Pinot De Villechenon considérant que les processus d’internationalisation sont complexes car, entre l’entreprise et son marché cible, se hissent des barrières largement abordées dans la littérature sur l’internationalisation proposent un nouveau schéma d’analyse des barrières intégrant l’entreprise, son marché d’origine et son marché de destination. La recherche s’appuie sur 225 interviews de PME latino-américaines et débouche sur le « modèle des trois cercles ». Il contribue à une compréhension plus fine des barrières à surmonter par les PME dans leurs processus d’internationalisation, il permet un diagnostic intégral de leurs fragilités et facilite la mise en place de stratégies correctives dans les trois niveaux concernés.


At this time of crisis caused by the pandemic, we wish the entire International Management community and your loved ones good health. We would like to thank our authors and reviewers for finding the time in the midst of all the disruptions we are experiencing to continue to contribute to IM, thereby allowing us to maintain the journal’s activities.

This new issue of Mi comprises 12 articles selected through the journal’s regular reviewing process. These articles pertain to a wide variety of current themes. They are complemented by a reading note by our colleague Pascal Gaudron on the book Smart Cities: Reality or Fiction, published by ISTE in 2018 and written by Claude Rochet.

Enjoy your reading!

In the article “Polarized Worlds and Contextual Creativity in Creative Industries: The Case of Creation Processes in the Perfume Industry,” Thomas Paris, Gerald Lang, and David Massé claim that providing different creative approaches and involving different players, opposite worlds co-exist within a creative industry. Nevertheless, surprising collaborations occur between these worlds. Based on an in-depth exploratory study in the perfume industry, this paper analyzes how designers can create differently in such opposite worlds. In addition to the social and conventional dimensions, the authors show that these opposite worlds are structured by differences in industry organization, distribution systems, and creation processes. They propose the notion of contextual creativity, which means that creators’ creativity is embedded in a specific context. The paper identifies a specific kind of collaboration between opposite worlds: creative symbiosis.

The objective of Daniel Zeghal and Manel Moussa’s contribution, “Comparative Analysis of Key Governance Mechanisms in US, European, and Asian Multinational Corporations on the Fortune Global 250,” is to compare the governance mechanisms of publicly traded multinational companies (MNCs) from major geographic regions, namely the United States, Europe, and Asia, to determine whether these MNCs are converging towards standardization of their governance practices. Results, based on a sample of 156 Fortune Global 250 MNCs and ANOVA tests, shows that there is no convergence towards an international model and that the choice of governance practices for MNCs seems rather associated with their regional membership.

In their contribution, “Specialization in Entry-Level Products: A Strategy for Industrial Development in Africa,” Diadie Diaw, Albert Lessoua, and Louis Cesar Ndione analyze the potential of industrial development in Africa. Starting with the observation that the domestic demand in Africa is mainly oriented towards entry-level products, the authors explore the advantages of an industrialization strategy aimed at manufacturing these products. After identifying the determinants of specialization in entry-level products, they find that these product lines can play a fundamental role in the industrialization of Africa. It should also be noted that studies on entry-level products in Africa are quite rare; this study therefore opens up avenues for future research.

The paper “Is It Good to Be a Green Multinational Bank?” by Issam Laguir, Rebecca Stekelorum, Lamia Laguir, and Jamal Elbaz, examines the influence of environmental corporate social responsibility (ECSR) on corporate financial performance (CFP) using data on French multinational banks from 2008 to 2011. Results show that the relationship between ECSR and multinational bank CFP is positive and statistically significant. However, taking into account R&D activities allows an alternative perspective: The influence of ESCR on ROA decreases as banks’ R&D activities increase. Thus, ECSR most strongly influences CFP in low-R&D intensity multinational banks.

In her article, “Common Interest and Tolerance: Synergy as a Challenge for Heterogeneous Teams. A Qualitative Study of Six Multicultural Workgroups at University,” Martine Brasseur analyzes how multicultural workgroups can achieve synergy and become teams. To answer, she drew on non-participant observation of six workgroups at university. The data were collected in 41 interviews and 14 meetings. Three types of workgroups were distinguished depending on the scope for individual singularities to assert themselves or for a shared identity to be developed. The principal findings are that a workgroup’s success depends on implementing self-regulation focusing on common interests and changing the conception of tolerance. This is independent of its heterogeneous/homogeneous composition, which is a matter of perception and varies during the different stages of team-building.

In their contribution, “When Local Meets Global: How Introducing English Destabilizes Translanguaging Practices in a Cross-Border Organization,” Hélène Langinier and Sabine Ehrhart draw on an interdisciplinary approach combining linguistics and international business to suggest that global and local dynamics interact to co-construct specific language practices in an MNC subsidiary situated in a cross-border territory. They show how introducing a foreign language can modify the benefits that these local multi-lingual practices generate. Employees revert to translanguaging: They combine all their language knowledge, French, German, and local vernacular to make themselves understood. These specific local language practices have an inclusive role that enables low-level employees in the hierarchy to play a linking role between the multinational company subsidiary and its headquarters in Germany.

The article “The Influence of Strategic and Organizational Factors as Concerns the Relationship Between Environmental Management Control and Organizational Learning: The Case of One Eco Missionary SME,” by Angèle Renaud and Nicolas Berland, examines the relationship between Environmental Management Control (EMC) and Organizational Learning (OL) by extending the theoretical model of Simons (1995) from a contingent perspective. Through strategic and organizational factors, this enriched model expounds the links between Simons’s (1995) levers of control (diagnostic and interactive controls) and Argyris and Schön’s (1978) levels of learning (simple-loop learning and double-loop learning). Based on the “revelatory case” of a missionary organization, an eco-SME, this study highlights the influence of three contingency factors: strong core values, a proactive strategy, and an activity life cycle in the four configurations of the EMC-OL relationships identified.

In their contribution, “Law on the Duty of Vigilance: Elements of Analysis of a Form of Legalization of CSR,” Philippe Pailot and Diane De Saint-Affrique propose the analysis of one remarkable manifestation of imperative state law in the regulation of the globalized economy, through the example of the law on the corporate duty of vigilance. They seek to reveal to what extent this law reflects a powerful ethical and humanist push permeating some contemporary legal rules and norms. The authors also discuss to what extent this stems from tensions between political legislation and the law, which impacts the conditions of its effectiveness and efficiency.

The article “Coordination Modes and Client-Supplier Relationship Performance: The Moderating Effect of Collaborative Risks,” by Carole Donada, Caroline Mothe, and Gwenaëlle Nogatchewsky, aims to test the impact of formal and informal modes of coordination on the performance of inter-organizational collaborations by analyzing the moderating effect of collaborative risks related to the extent of collaboration and dependence. The empirical study of 158 client-supplier relationships in the French automotive industry shows that collaborative structures and control practices as formal modes of coordination and trust as an informal mode are positively associated with performance. The moderating effect of the collaboration scope is significant, whereas dependence has a significant effect only when firms implement dedicated collaborative structures.

In their contribution, “Monday’s Effect on Central and Eastern European Markets: An Element to Be Integrated into an International Investment Strategy?” Sophie Nivoix and Sandrine Boulerne observe that the Monday effect is an anomaly in which Monday’s market returns are significantly lower than those of other days. Following the economic transition of the countries of Central and Eastern Europe, the authors analyzed these 11 equity markets from 1993 to 2017 for the longest series. Following an exhaustive econometric approach, they studied the profitability and the volatility of the flagship indices of each country. The Monday effect is observed in most of these markets, but turns out to be reversed for two of them. Investors can therefore use this anomaly to optimize their international investment strategy.

In the article “The Nexus of Individuals and Entrepreneurial Opportunity: A Re-Conceptualization of the Puzzle,” Nizar Ghamgui and Richard Soparnot highlight that the lack of clarity in the conceptualization of opportunity is a major reason why research on the nexus between individuals and opportunity has made little progress. It is mainly the debate about the subjective and objective aspects of opportunity that makes it difficult to develop a coherent and solid entrepreneurial theory. The authors tackle this problem by mobilizing the Strong Structuration Theory, which enables a thorough analysis of this social process. Based on a qualitative study involving the creation of eight companies, they provide a response to the puzzle of entrepreneurial theory by proposing a re-conceptualization of the nexus between individuals and opportunity.

The premise of “The Internationalization of Latin-American SMEs and Its Obstacles: The Application of the Three Fences Model,” the contribution of Humberto López Rizzo and Florence Pinot De Villechenon, is that the processes of internationalization are complex: Between the company and the target market, there are barriers widely discussed in the literature on internationalization. The article proposes a new scheme of barrier analysis that integrates the company, the market of origin, and the market of destination. The research is based on 225 interviews with Latin American SMEs and proposes the “three fences model.” This contributes to a fine understanding of the barriers faced by SMEs in their internationalization processes, allows a comprehensive diagnosis of their fragilities, and facilitates the design of corrective strategies at the three levels involved.


En estos momentos de crisis debida a la pandemia, les deseamos a todos los que forman parte de la comunidad de Gestión Internacional, así como a sus seres queridos, la mejor salud posible. En particular, nos gustaría agradecer a nuestros colegas autores y revisores por lograr darse el tiempo, a pesar de las grandes interrupciones por las que estamos pasando, para continuar contribuyendo a GI y permitir la continuidad de las actividades de la revista.

Este nuevo número de Mi está compuesto por 12 artículos que seleccionados con el proceso de revisión regular de la revista. Estos artículos abordan temas muy diversos y actuales. Se complementan con una nota de lectura de nuestro nuestro colega Pascal Gaudron, del libro de Claude Rochet titulado “¿Ciudades inteligentes, realidad o ficción?,” Ediciones ISTE, 2018.

¡Buena lectura!

Thomas Paris, Gerald Lang, y David Massé, en el artículo “Mundos polarizados y creatividad contextual en las industrias creativas: el caso de los procesos de creación en la industria del perfume”, ofrecen un estudio en profundidad de la industria del perfume. Consideran que incluso si una industria creativa puede albergar mundos opuestos, ofreciendo productos diferentes y basados en diferentes actores, puede haber colaboraciones entre estos dos mundos. El artículo analiza cómo los diseñadores crean de manera diferente en dos mundos opuestos. Además de las dimensiones sociales y convencionales, los autores muestran que estos mundos opuestos están estructurados en torno a diferentes organizaciones, sistemas de distribución y procesos creativos. Proponen la noción de creatividad contextual para significar que la creatividad de los creadores se ajusta a un contexto específico e identifican un tipo específico de colaboración entre mundos opuestos: la simbiosis creativa.

El trabajo de Daniel Zeghal y Manel Moussa, “Análisis comparativo de mecanismos clave de gobernanza en empresas multinacionales estadounidenses, europeas y asiáticas, pertenecientes a la lista Fortune Global 250”, tiene como objetivo comparar los mecanismos de gobernanza de las empresas multinacionales (EMN) que cotizan en la bolsa de valores y que provienen de las principales regiones geográficas, a saber, Estados Unidos, Europa y Asia, para determinar si estas EMN convergen en una estandarización global de sus prácticas de gobernanza. Los resultados, basados en una muestra de 156 EMN pertenecientes a la lista Fortune Global 250 y las pruebas ANOVA, permitieron notar la ausencia de convergencia en un modelo internacional y afirmar que las opciones de prácticas de gobernanza de las EMN parecen estar más bien asociadas con su afiliación regional.

Diadie Diaw, Albert Lessoua y Louis Cesar Ndione, en el artículo “Especialización en productos básicos: una estrategia para el desarrollo industrial en África”, analizan el potencial de desarrollo industrial en África. Partiendo de la observación de que la demanda interna africana se orienta principalmente hacia productos básicos, los autores exploran las ventajas de una estrategia de industrialización dirigida a la fabricación de estos productos. Después de identificar los determinantes de la especialización en productos básicos, descubren que estas líneas de productos pueden desempeñar un papel fundamental en la industrialización de África. En la medida en que los estudios acerca de los productos básicos en África son bastante raros, este estudio abre caminos fértiles para futuras investigaciones.

En su artículo titulado “Está bien bueno ser un banco verde multinacional?”, Issam Laguir, Rebecca Stekelorum, Lamia Laguir y Jamal Elbaz, examinan la influencia de la responsabilidad medioambiental de la empresa (environmental corporate social responsability - ECSR)) en el desempeño financiero corporativo (corporate financial performance - CFP)) utilizando datos acerca de bancos multinacionales franceses entre 2008 y 2011. Los resultados muestran que la relación entre la ECSR y el CFP de los bancos multinacionales es positiva y estadísticamente significativa. Sin embargo, si se tienen en cuenta las actividades de I&D, aparece otra perspectiva: la influencia de la ECSR en el ROA disminuye a medida que aumentan las actividades de I&D de los bancos. Por lo tanto, la ECSR influye más fuertemente el CFP en bancos multinacionales con una intensidad reducida de I&D.

Martine Brasseur, en “Interés común y tolerancia: el desafío de la sinergia para equipos heterogéneos. Un estudio cualitativo de seis grupos de trabajo multiculturales en la universidad.”, analiza de qué manera los grupos de trabajo multiculturales pueden convertirse en equipos sinérgicos. La autora realiza una observación no participante de seis grupos de trabajo en la universidad en base a 41 entrevistas y 14 reuniones. Se distinguen tres dinámicas grupales, las cuales varían según la afirmación de las individualidades y la existencia de una identidad colectiva. Según los resultados del estudio, el éxito de un equipo depende de la aparición de una autorregulación que favorezca el enfocarse en los intereses comunes y el cambio en la concepción de la tolerancia. Es independiente de la heterogeneidad u homogeneidad del grupo, que revela percepciones y varía durante el desarrollo del equipo.

En el trabajo “Cuando lo local encuentra lo global: Cómo la introducción del inglés desestabiliza las prácticas translanguaging en una compañía fronteriza”, Hélène Langinier y Sabine Ehrhart sugieren que dentro de la filial de una multinacional ubicada en un territorio fronterizo, la dinámica global y local co-construyen prácticas lingüísticas específicas. Basadas en un enfoque interdisciplinario que combina la lingüística con la gestión internacional, nuestras colegas muestran cómo la introducción del inglés modifica los beneficios generados por estas prácticas multilingües locales. Los empleados usan la traducción: combinan todos sus conocimientos lingüísticos, francés, alemán y lengua vernácula para hacerse entender. Estas prácticas lingüísticas locales tienen una función inclusiva que permite a los empleados de menor rango establecer el vínculo entre la filial y la sede social de Alemania.

Angèle Renaud y Nicolas Berland, en su artículo “La influencia de los factores estratégicos y organizativos en la relación entre el control de la gestión ambiental y el aprendizaje organizativo: el caso de una eco-PME misionera” estudian las relaciones entre el control de la gestión ambiental (CGE) y el aprendizaje organizacional (OA) colocando el modelo de Simons (1995) en una perspectiva contingente. A través de factores estratégicos y organizativos, este modelo enriquecido explica los vínculos entre los modos de control (diagnóstico e interactivo) de Simons y los niveles de aprendizaje (en bucle simple y doble) de Argyris y Schön (1978). Basándose en el “caso revelador” de una eco-PME misionera, el trabajo muestra la influencia de tres factores (valores sólidos, estrategia proactiva, ciclo de vida de actividades) en las configuraciones relacionales CGE-AO y abre perspectivas novedosas sobre los trabajos de Simons.

En su trabajo “Ley sobre el deber de vigilancia: elementos de análisis de una forma de legalización de la Responsabilidad Social Corporativa”, Philippe Pailot y Diane De Saint-Affrique intentan proponer el análisis de una expresión singular de la manifestación del derecho estatal imperativo en la regulación de la economía globalizada, a través del ejemplo de la ley sobre el deber de vigilancia. Los autores tratan de revelar hasta qué punto esta ley encarna el fuerte impulso ético y humanista que impregna ciertas reglas y normas jurídicas contemporáneas. Esta investigación muestra igualmente hasta qué punto esa ley deriva de una tensión entre el derecho político y el derecho jurídico que afecta las condiciones de su eficacia y eficiencia.

Carole Donada, Caroline Mothe y Gwenaëlle Nogatchewsky, en el artículo titulado “Modos de coordinación y desempeño de las relaciones cliente-proveedor: el efecto moderador de los riesgos de colaboración”, apuntan a probar el impacto de los modos formales e informales de coordinación en el desempeño de las colaboraciones entre organizaciones mediante el análisis del efecto moderador de los riesgos de colaboración (alcance de la colaboración y la dependencia). El estudio empírico de 158 relaciones cliente-proveedor en la industria automotriz francesa muestra que las estructuras de colaboración y las prácticas de control como modos formales de coordinación, y la confianza como modo informal, se asocian positivamente con el desempeño. El efecto moderador del alcance de la colaboración en el desempeño es significativo, mientras que la dependencia tiene un efecto significativo sólo cuando la empresa implementa estructuras colaborativas.

En el artículo “El efecto del lunes en los mercados de Europa central y oriental: ¿un elemento que se integrará en una estrategia de inversión internacional?”, Sophie Nivoix y Sandrine Boulerne parten constatando que el efecto del lunes es una anomalía en la cual los rendimientos del mercado del lunes son significativamente más bajos que los de otros días. Después de la transición económica de los países de Europa Central y Oriental, nuestras colegas analizaron esos 11 mercados de valores, de 1993 a 2017. Siguiendo un enfoque econométrico exhaustivo, estudiaron la rentabilidad y la volatilidad de los índices faro de cada país. El efecto del lunes se observa en la mayoría de estos mercados, pero resulta que se invierte en dos de ellos. Por lo tanto, los inversores pueden utilizar esta anomalía para optimizar su estrategia de inversión internacional.

Nizar Ghamgui y Richard Soparnot, en el trabajo “El vínculo entre el individuo y la oportunidad empresarial: una reconceptualización del rompecabezas”, ponen de relieve que la falta de claridad en la conceptualización de la oportunidad empresarial es una de las principales razones por las que la investigación del vínculo entre el individuo y la oportunidad tiene progresos limitados. Según los autores, lo que dificulta el desarrollo de una teoría empresarial coherente y sólida es principalmente el debate sobre el aspecto subjetivo y objetivo de la oportunidad. Abordan así este problema movilizando la Strong Structuration Theory, lo que permite obtener un análisis exhaustivo de ese proceso social. Basándose en un estudio cualitativo de la creación de ocho empresas, ellos proporcionan una respuesta al rompecabezas de la teoría empresarial al proponer una reconceptualización novedosa del vínculo entre el individuo y la oportunidad.

En “L’internationalisation des PME latino-américaines et ses obstacles: l’application du modèle des trois cercles La Internacionalización de las PyMES latinoamericanas y sus barreras: la aplicación del modelo de los tres cercos”, Humberto López Rizzo y Florence Pinot De Villechenon consideran que los procesos de internacionalización son complejos ya que, entre la empresa y el mercado meta, se yerguen barreras recurrentemente tratadas por la literatura sobre internacionalización. El artículo propone un nuevo esquema de análisis de las barreras que integran la empresa, su mercado de origen y su mercado meta. La investigación se basa en 225 entrevistas de PyMES latinoamericanas y propone el “modelo de los tres cercos”. Este modelo contribuye a una comprensión más detallada de las barreras que enfrentan las PyMES en sus procesos de internacionalización, permite un diagnóstico integral de sus fragilidades y facilita el diseño de estrategias correctivas en los tres niveles implicados.