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Les finances publiques et la politique du crédit de la République fédérale d’Allemagne[Notice]

  • Victor Rouquet La Garrigue

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  • Victor Rouquet La Garrigue
    Conseiller technique auprès du ministre des finances de France

Les finances publiques et la politique du crédit de la République fédérale d'Allemagne Le relèvement économique de l'Allemagne s'est fait à une allure qui dépasse probablement les prévisions les plus optimistes faites à la fin de la dernière guerre. Alors que pendant plusieurs années la reconstruction de l'industrie allemande n'était pas encore suffisante pour maintenir l'économie au plein emploi, depuis quelque temps au contraire, il devient manifeste qu'en raison de l utilisation presque totale des ressources disponibles les dangers d'inflation sont très apparents. M. Rouquet LaGarrigue retrace les étapes de l'apparition de ces tensions dans l'économie allemande et étudie la politique mise en oeuvre par les autorités publiques pour maintenir un certain équilibre dans une économie fortement progressive. On constatera que ces efforts ont une portée générale dans la mesure même où d'autres pays du monde, le Canada par exemple, sont à la recherche d'un équilibre, à travers les soubresauts provoqués par une croissance économique rapide. Les réflexions de l'auteur au sujet de la politique monétaire allemande ont un intérêt particulier pour notre pays qui depuis quelques temps modifie graduellement ses techniques de contrôle de l'inflation. Depuis quarante ans, la théorie économique se développe dans une atmosphère de fièvre, se révélant incertaine malgré plusieurs siècles de méditations, comprenant qu'elle ne pouvait plus rendre compte des phénomènes réels de la vie contemporaine, sans une refonte complète de ses concepts. Les faits politiques qui ont suivi l'après-guerre de 1914 lui ont donné la matière d'une analyse et l'instrument d'un affinement qu'elle recherchait vainement dans des spéculations abstraites. Deux tendances ont caractérisé la pensée et l'action de l'homme politique contemporain soucieux d'accroître le bien-être social, désireux de l'atteindre en dehors de toute systématisation rigide — m —L'ACTUALITÉ ÉCONOMIQUE et dans la plus grande liberté possible. La première s'assignait pour objectif le plein emploi des hommes et la mise en oeuvre totale de tous les biens et moyens de production. Cette tendance directement inspirée des enseignements keynésiens coïncidait avec l'apparition de signes inflationnistes sur le plan national et d'un déficit généralisé de la balance des paiements sur le plan extérieur. La seconde situait au premier plan — ou mieux à l'avant-plan — de la politique économique et financière, la stabilité monétaire, l'équilibre du budget, celui de la balance des paiements, en dépit des risques lointains de chômage qu'une telle position pouvait faire entrevoir. L'Angleterre et les pays Scandinaves ont vécu depuis le premier conflit mondial, en témoignant d'une certaine prédilection en faveur de la première politique. L'Allemagne a suivi également cette dernière jusqu'au jour où l'expérience du Docteur Schacht a terminé sa vie avec le régime hitlérien. Elle fait aujourd'hui grand honneur à la seconde tendance, jusqu'au jour où les signes prémonitoires d'une ankylose économique qui surgissent à l'horizon, seront assez visibles pour que l'on examine de plus près les conditions fondamentales d'une économie progressive. La France, terre éternelle de la conciliation, a «flirté» alternativement avec l'une et l'autre de ces deux politiques, trop insouciante, peut-être, sans trop s'attacher à la définition des lois qui en pouvaient assurer la simultanéité et une intime compatibilité. Ce n'est pas l'objet de cette étude de prendre position dans une discussion abstraite pour ou contre l'une ou l'autre de ces deux politiques, d'autant moins que l'expérience allemande contemporaine semble fournir suffisamment de raisons de penser que des systèmes économiques très ...