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Revue des revues en langue anglaise

Canadian Theatre Review, nos 149, 150, 151, 152 (2012) (CTR)Theatre Journal, vol. 64, nos 1, 2, 3, 4 (2012) (TJ)Theatre Survey, vol. 53, nos 1, 2 (2012) (TS)The Drama Review, vol. 56, nos 1, 2, 3, 4 (2012) (TDR)[Notice]

  • Tanya Déry-Obin

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  • Tanya Déry-Obin
    University of Virginia

La recension des revues savantes en langue anglaise publiées en 2012 témoigne d’une volonté affirmée de rendre compte d’un art théâtral de l’instant, tourné vers le monde actuel sur lequel les artistes jettent un regard contemporain et immédiat. Le numéro 150 sur le « Manifeste » de la revue Canadian Theatre Review s’inscrit dans cette perspective alors que les éditrices célèbrent la mission de la revue qui, depuis 1974, rend compte des mouvements les plus innovateurs du théâtre au Canada. Les rédactrices de la section « Views and Reviews » (Natalie Alvarez et Jenn Stephenson) donnent ainsi la parole à des praticiens pour l’ensemble du numéro, inscrivant leur démarche sous le signe des mouvements sociaux, une tendance marquée des revues recensées en 2012 : « En tant que rédactrices de la section « Views and Reviews », nous refusons d’être reléguées aux dernières pages de cette illustre publication. Nous repoussons nos obligations. Nous avons échappé à notre habituel confinement après la page 80 et nous avons agi afin d’occuper l’espace de choix des quatre-vingt premières pages. Occupy CTR » (CTR, 150 : 3). Ce numéro de CTR est placé sous le signe de quatre idées-forces qui visent à repenser ou à réinventer la critique de théâtre universitaire à partir de la forme du manifeste, tout en mettant en avant-plan l’aspect révolutionnaire et revendicateur du théâtre : 1) la nécessité d’émettre des opinions fortes : 2) l’abandon d’une écriture polie, très répandue à l’université ; 3) l’appel à réfléchir, courageusement et profondément, aux raisons de pratiquer le théâtre ; 4) la demande, adressée aux lecteurs, de prendre part aux énoncés performatifs qu’incarnent les praticiens-collaborateurs à travers le genre hétérogène du manifeste. Le manifeste s’impose ici non seulement comme une revendication qui remet en cause l’ordre établi, mais aussi comme un discours de l’instant : « Le genre du manifeste concerne résolument ce qui est nouveau, et ce qui arrive maintenant. C’est à partir de ce point d’appui qui oscille entre le passé et le futur que le manifeste ouvre sur l’inconnu, dans une histoire qui reste à écrire » (CTR, 150 : 4). Le genre permet aux collaborateurs du numéro de proposer des réflexions sur l’art théâtral qui prennent en compte ses dimensions actuelles, performatives, éthiques et collectives. Dans « Seek Electricity : A Multiple Theatre Manifesto », Alex McLean insiste sur le pouvoir du théâtre de créer des communautés, ici et maintenant : « Faisons du théâtre des espaces temporaires dans lesquels nous pourrons chercher l’électricité nécessaire pour alimenter des prises de conscience. » (CTR, 150 : 8) Dans « Performance as an Act of Survival », Claudia Bernal explore, pour sa part, l’idée de l’espace à travers le lien que l’artiste doit créer entre le monde et le spectateur. Elle fait valoir la nécessité que l’espace de la performance puisse devenir un lieu de transmission d’expériences et de communication entre l’individu et la communauté : « Au début, un lieu de communion doit être créé : un point, un cercle, une ligne d’horizon, une ouverture, un trou noir, un espace mental – ou un vrai – dans lequel l’action et l’interaction peuvent prendre place. La performance est au coeur de la vie sociale. En tant qu’artiste, j’ai un rôle à jouer dans le changement social et politique. » (CTR, 150 : 22) Bernal conclut que le lieu de l’art doit être dans la société elle-même plutôt que dans l’institution. Cette critique institutionnelle rejoint le propos d’Olivier Choinière qui, dans « Administration is Eating Away at Us », soutient que les exigences …