Compte rendu

MACNEIL, H. et EASTWOOD, T. (Éds.) (2017). Currents of archival thinking (2e éd.) [en ligne]. Santa Barbara, Californie : Libraries Unlimited, 398 pages

  • Siham Alaoui

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  • Siham Alaoui
    Étudiante au doctorat en archivistique, Département des sciences historiques, Université Laval

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Couverture de 46<sup>e</sup> Congrès de l’Association des archivistes du Québec, Volume 48, numéro 1, 2019, p. 4-159, Archives

Le numérique constitue un changement de paradigme qui nécessite une nouvelle conceptualisation de la gestion des documents et des archives. Ces derniers sont désormais des objets documentaires instables, dynamiques et éphémères. Ces nouvelles propriétés caractérisant de tels objets menacent les valeurs de preuve, de témoignage et d’information qu’ils revêtent sur les plans individuel, institutionnel et sociétal. À cela s’ajoute la question de l’accessibilité et de la sécurité de l’information documentaire. Aussi, la profession d’archiviste connaît un nouvel essor qui exige l’acquisition de compétences cognitives, techniques et sociales innovatrices. Tous ces aspects constituent des points de départ pour des pistes épistémologiques plus approfondies et actualisées sur les enjeux du numérique et leurs répercussions sur l’archivistique. C’est dans cet ordre d’idées que l’ouvrage s’inscrit. Il s’agit d’un recueil de réflexions d’un ensemble de spécialistes – théoriciens et praticiens – qui s’intéressent à l’archivistique dans le contexte numérique. Il constitue une mise à jour de sa première édition, parue en 2010, sous la direction de Terry Eastwood et Heather McNeil, respectivement professeurs à l’Université de la Colombie-Britannique et à l’Université de Toronto (Canada). L’ouvrage est structuré en trois grandes parties. Dans la première, il est question des fondements de la discipline archivistique. La deuxième partie concerne les fonctions archivistiques, tandis que la troisième s’attarde aux cadres théoriques et conceptuels régissant la discipline. Chaque grande partie est subdivisée en chapitres rédigés par une variété de collaborateurs. Tracer l’évolution de la pensée archivistique implique tout d’abord la compréhension des fondements de cette discipline. Terry Eastwood aborde les archives dans leur approche traditionnelle. Il situe l’archivistique comme une discipline et une pratique, se déplaçant d’une vision analogique vers une vision numérique. Jennifer Douglas expose le principe de provenance et souligne son importance dans la définition du lien entre le document d’archives, le créateur et l’activité traitée. Il s’agit aussi de remettre en question ce principe à l’ère du numérique et de valoriser le rôle des métadonnées dans la documentation du contexte de création des documents d’archives numériques. Adrian Cunningham, en partant d’une perspective sociale, décrit la métaphore des archives en tant qu’espace pour caractériser l’évolution des missions socioculturelles des institutions des archives dans la société. Les fondements théoriques et conceptuels s’avèrent utiles dans la mesure où ils orchestrent un ensemble d’interventions archivistiques. Ces dernières sont cristallisées en une série d’étapes formant une chaîne archivistique. Gillian Oliver aborde la gestion des documents d’archives dans des environnements hybrides (analogiques et numériques). Elle brosse l’historique de l’évolution du concept de gestion documentaire. Les modèles et théories encadrant cette gestion sont également nuancés, notamment le principe du cycle de vie, le modèle du Records Continuum, l’approche du Recordkeeping informatics, la diplomatique et la théorie des genres rhétoriques. L’auteure s’attarde ensuite aux dimensions pratiques et professionnelles de la gestion documentaire, soit le rôle des associations professionnelles et des référentiels normatifs. Elle expose enfin les dispositifs technologiques exploités dans un contexte documentaire hybride. Fiorella Foscarini présente l’évaluation des archives et en retrace l’évolution depuis le début du vingtième siècle. Elle examine cette fonction en quatre paradigmes : la preuve, la mémoire, l’identité et la communauté. Sous un angle social, l’évaluation est perçue dans une nouvelle conception, soit l’évaluation participative qui consiste à impliquer d’autres intervenants dans la définition des valeurs archivistiques et ne pas la limiter à l’archiviste seul. Enfin, Foscarini souligne l’importance d’intégrer les modalités de l’évaluation des archives dans les pratiques de la conservation des documents d’archives numériques. Glen Dingwall définit la fonction de la préservation et dresse l’historique de son évolution. Il valorise le rôle des métadonnées, établit la liste des stratégies de préservation les plus populaires …

Parties annexes