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PrésentationReprésentations et pratiques sociales de l’économie[Notice]

  • Jorge Pantaleón,
  • Vincent Mirza et
  • Bernard Bernier

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  • Jorge Pantaleón
    Département d’anthropologie
    Université de Montréal
    C.P. 6128, succursale centre-ville
    Montréal (Québec) H3C 3J7
    Canada
    jorge.pantaleon@umontreal.ca

  • Vincent Mirza
    Département de sociologie et d’anthropologie
    Faculté des sciences sociales
    55, avenue Laurier Est
    Ottawa (Ontario) K1N 6N5
    Canada
    vmirza@uottawa.ca

  • Bernard Bernier
    Département d’anthropologie
    Université de Montréal
    C.P. 6128, succursale centre-ville
    Montréal (Québec) H3C 3J7
    Canada
    bernard.bernier@umontreal.ca

L’anthropologie et la sociologie ont érigé leurs sous-disciplines économiques en questionnant l’économisme, c’est-à-dire la tendance à définir l’économie comme une sphère tout à fait autonome, fonctionnant selon ses propres principes. Cette conception, qui nous vient des physiocrates (Quesnay et le tableau économique) et de l’économie politique classique (Adam Smith, Ricardo), a été reprise par les théories dites néolibérales, dont le porte-parole le plus éminent est Milton Friedman de l’Université de Chicago. Cette vision néolibérale a dominé les réflexions politiques et populaires sur l’économie depuis les années 1980. Cependant, les crises successives qui ont marqué l’économie mondiale dans les années 1990 – par exemple au Japon, en Asie du Sud-est ou en Argentine – ont soulevé des interrogations au sujet du programme néolibéral. C’est aussi au coeur du pays qui s’est fait le plus grand promoteur du néolibéralisme, les États-Unis, que la dernière grande crise a éclaté. Par ailleurs, on observe certains signes de démonopolisation du savoir économique de la part d’économistes orthodoxes et d’autres agents sociaux qui suivent leurs prémisses. La remise en question des modèles économiques normatifs soulève le problème non seulement de la connaissance, mais également de la construction des modèles, du fait que cette remise en question s’accompagne d’une prise en compte des approches inductives empiriques, notamment de la part de l’anthropologie économique. Si l’anthropologie et la sociologie questionnent depuis longtemps cette conception étroite de l’économie, on peut dire que les approches qui replacent l’économie dans son contexte socioculturel ont repris de la vigueur depuis les années 1990. Les approches critiques actuelles reprennent certaines des prémisses développées par Marx, Weber, Polanyi, Mauss ou d’autres afin de resituer l’économie dans son contexte social et culturel plus large – également donc dans le contexte de la mondialisation actuelle ; mais elles s’attaquent aussi aux manifestations locales influencées – mais non déterminées – par le cadre global. Certains de leurs auteurs ont en particulier noté la présence de plusieurs paradigmes contradictoires ou en conflit à l’intérieur de la science économique elle-même, comme l’indique, entre autres, la résurgence du keynésianisme. Une utilisation de plus en plus fréquente dans les discussions actuelles de la notion « d’économie réelle » est observée ; cette notion, qui fait référence à la production de biens et de services de nouveau pensée comme fondement des flux financiers et commerciaux, constitue d’une certaine façon un retour à Marx. Dans le domaine politico-économique, par ailleurs, on observe une nouvelle radicalisation des revendications syndicales (en France par exemple). La résurgence en science économique même des préoccupations sociales et des critiques des politiques de développement et des plans d’ajustement structurel du FMI contribue également à montrer qu’il y a une modification des rapports de force dans les luttes de représentations à l’intérieur de la science économique comme telle. La nouvelle anthropologie et la sociologie économique proposent justement d’aller plus loin dans l’examen de ces nouvelles conceptions et représentations. Les deux disciplines de l’anthropologie et de la sociologie économique ont en effet élargi le débat à des domaines laissés de côté par elles ou par l’économique dans les études antérieures. L’anthropologie économique a connu son essor à partir des années 1960 et 1970 avec le débat entre marxistes, substantivistes et formalistes. Si quelques rares tentatives ont eu lieu de transcender ce débat à la fin des années 1970, il s’est cependant épuisé dans les années 1980, faute de thèmes et, surtout, d’une nouvelle façon de les orienter ; si bien qu’à la fin des années 1990 et dans les années 2000, ce sont plutôt des rétrospectives critiques face à la sous-discipline qui ont pris place. Pour certains auteurs, il y a …

Parties annexes