En raison des circonstances exceptionnelles dues à la COVID-19, Érudit souhaite assurer à ses utilisateurs et partenaires que l'ensemble de ses services demeurent opérationnels. L’équipe d’Érudit est en mode télétravail jusqu'à nouvel ordre et certaines opérations pourraient en être ralenties. Merci de votre compréhension. Plus de détails

Comptes rendusBook ReviewsReseñas

Lingold Mary Caton, Darren Mueller et Whitney Trettien (dir.), 2018, Digital Sound Studies. Durham, Londres, Duke University Press, 298 p., bibliogr., index

  • Kyle Devine

…plus d’informations

  • Kyle Devine
    Département de musicologie, Université d’Oslo, Oslo, Norvège

  • Texte traduit de l’anglais par
    Sophie Paré-Beauchemin

L’accès aux articles des numéros courants de cette revue est réservé aux abonnés. Pour accéder aux numéros d’archives disponibles en libre accès, consultez l’historique des numéros.

Si vous détenez un abonnement individuel à cette revue, veuillez vous identifier en vous connectant.

Pour plus d’informations, veuillez communiquer avec nous à l’adresse client@erudit.org.

Seuls les 600 premiers mots du texte seront affichés.

Couverture de Champs sonores, Volume 43, numéro 1, 2019, p. 9-273, Anthropologie et Sociétés

Le domaine des sciences humaines numériques se caractérise par l’étude des phénomènes culturels à l’aide d’outils numériques consciemment et habilement mis à profit. Les acteurs des sciences humaines numériques numérisent les archives, les rendant accessibles en ligne et interrogeables par mots clés. Ils élaborent des algorithmes conçus pour analyser des ensembles de données plus volumineux que la totalité des données que tout chercheur ou toute équipe de recherche pourrait espérer analyser au cours d’une vie entière – et d’une manière qu’aucun humain ne pourrait (ou ne voudrait) faire. Ils conçoivent des plateformes et utilisent des mots-clics. Ils publient des gazouillis et tiennent des blogues. En bref, ils sont des adeptes de stratégies pédagogiques et de programmes de recherche novateurs « à l’intersection des sciences humaines et du numérique » (Svensson et Goldberg 2015 : 9). Les antécédents de l’essor actuel des sciences humaines numériques remontent au moins aussi loin que les projets informatiques en sciences humaines des années 1960, y compris des initiatives axées sur le son telles que la session « Musicology and the Computer » du congrès annuel de l’American Musicological Society en 1966 (Corbin 1967 ; Schuijer 2008). Mary Caton Lingold, Darren Mueller et Whitney Trettien estiment néanmoins que les approches numériques ont été en grande partie déconnectées d’une autre vague scientifique récente et importante : le domaine des études sonores. Ils suggèrent qu’il y a eu un parti pris envers les données visualisables au sein des sciences humaines numériques et que le son « constitue possiblement le mode le moins utilisé et le moins étudié des sciences humaines numériques » (p. 10). À ce titre, les directeurs de Digital Sound Studies ont produit une anthologie qui s’adresse aux « chercheurs en études sonores qui souhaitent comprendre comment les méthodes des sciences humaines numériques pourraient améliorer leurs propres recherches, et aux chercheurs en sciences humaines numériques qui tentent d’enrichir leur travail par la dimension sonore » (p. ix). Bien que je ne sois pas entièrement convaincu par cette mise en relief rhétorique, celle-ci me semblant exagérée compte tenu de la relation de longue date entre le numérique et l’acoustique dans le courant des sciences humaines et de l’érudition (notamment en musicologie), l’ouvrage démontre incontestablement que les recherches en sciences humaines et celles dans le domaine du son gagnent à continuer de s’alimenter mutuellement. La publication de Digital Sound Studies est donc la bienvenue et tombe à point. La plupart des bibliothèques universitaires devraient en compter un exemplaire dans leur collection, tout comme de nombreux chercheurs et universitaires travaillant dans les domaines des sciences humaines et du numérique. À la suite de l’introduction des directeurs, dans laquelle ceux-ci soulignent certains faits passés, présents et à venir au sujet du lien existant entre les études sonores et les sciences humaines numériques, les chapitres de l’ouvrage se présentent sous quatre sections : « Theories and Genealogies », « Digital Communities », « Disciplinary Translations » et « Points Forward ». Les auteurs abordent divers sujets, notamment les reconstructions et reconstitutions sonores, la création d’archives numériques, les expériences pédagogiques en audioethnographie, la sonification de données visuelles, ainsi que le travail émotionnel associé à la création et à l’entretien d’une communauté en ligne ayant comme intérêt les études sonores. Ils abordent diverses pratiques musicales, allant de celles d’esclaves africains dans une plantation jamaïcaine du XVIIe siècle aux décors musicaux de la poésie victorienne du XIXe siècle en passant par Phil Collins et OutKast. Et ils le font à partir de nombreux points de vue, y compris ceux de l’anthropologie, de la musicologie, des études littéraires, des études de performance, …

Parties annexes