En raison des circonstances exceptionnelles dues à la COVID-19, Érudit souhaite assurer à ses utilisateurs et partenaires que l'ensemble de ses services demeurent opérationnels. Cependant, afin de respecter les directives gouvernementales, l’équipe d’Érudit est désormais en mode télétravail, et certaines opérations pourraient en être ralenties. Merci de votre compréhension. Plus de détails

Comptes rendusBook ReviewsReseñas

Perri 6 et Paul Richards, 2017, Mary Douglas. Understanding Social Thought and Conflict. New York, Oxford, Berghahn Books, 242 p., bibliogr., index

  • Pierre Blais Lapointe

…plus d’informations

  • Pierre Blais Lapointe
    Chercheur indépendant, Saint-Barnabé-Nord (Québec), Canada

L’accès aux articles des numéros courants de cette revue est réservé aux abonnés. Pour accéder aux numéros d’archives disponibles en libre accès, consultez l’historique des numéros.

Si vous détenez un abonnement individuel à cette revue, veuillez vous identifier en vous connectant.

Pour plus d’informations, veuillez communiquer avec nous à l’adresse client@erudit.org.

Seuls les 600 premiers mots du texte seront affichés.

Couverture de Champs sonores, Volume 43, numéro 1, 2019, p. 9-273, Anthropologie et Sociétés

L’introduction retrace les étapes importantes du parcours intellectuel de Mary Douglas et fait état de son influence dans les sciences sociales. Elle souligne tout particulièrement l’importance de sa contribution à l’épistémologie anthropologique et à l’herméneutique. Le premier chapitre examine quant à lui le développement de la méthode et de la théorie de Douglas du milieu des années 1950 jusqu’aux années 1970. Il se concentre plus précisément sur le rôle de son travail ethnographique chez les Lele du Kasaï-Occidental dans le développement de son appareil théorique. Au terme de cette expérience, Douglas, fortement influencée par la pensée d’Émile Durkheim, a formulé l’idée selon laquelle les différents « styles de pensée » de l’humanité peuvent être expliqués causalement à travers l’étude des institutions sociales. Le deuxième chapitre se concentre sur les travaux que l’auteure a produits au cours des années 1970 et au début des années 1980. Il montre plus particulièrement comment son intérêt apparemment soudain pour l’étude du risque ne doit pas être considéré comme un changement de cap, mais comme un approfondissement de ses premiers travaux sur les organisations sociales et sur leur rôle dans la régulation de la pensée humaine. Comme le deuxième chapitre, le troisième s’intéresse aux travaux de la période intermédiaire (1970-1980) de Douglas. Il se concentre toutefois sur sa critique négative de l’économie des micro-fondations et sur le propos qu’elle développe dans le livre How Institutions Think (1986), que les auteurs considèrent, par les précisions théoriques qu’il apporte, être son oeuvre la plus importante. Le quatrième chapitre traite des dernières recherches effectuées par Douglas et plus particulièrement de son étude des conflits sociaux faite à partir d’une analyse des livres de la bible hébraïque. À travers le concept de « contagion sacrée », les auteurs montrent comment Douglas a pu isoler un certain type d’ordonnancement hiérarchique qui pourrait être mis à contribution aujourd’hui pour contenir et atténuer certains conflits sociaux. Central à l’ensemble de l’argument développé par les auteurs, ce dernier point est développé plus longuement dans le cinquième chapitre. Le cinquième et dernier chapitre est sans conteste le plus important puisqu’il offre une synthèse de cette théorie « cachée » qui serait au coeur de l’oeuvre de Douglas. L’ensemble de la théorie de Douglas, expliquent les auteurs, reposerait sur l’idée que les formes élémentaires sous-jacentes à l’ensemble des institutions humaines ne varieraient que très peu. Elles ne se distingueraient les unes des autres que sur la base de la force et de la faiblesse de leurs principes d’intégration et de régulation. Ultimement, il n’existerait que quatre grandes formes élémentaires d’organisations sociales institutionnelles : la hiérarchie (forte régulation et intégration), l’individualisme (faible régulation et intégration), l’enclave (faible régulation et forte intégration) et l’isolement (forte régulation et faible intégration). Douglas considérerait que ces quatre formes définiraient non seulement l’ensemble des institutions humaines, mais qu’elles pourraient aussi expliquer les différents styles de pensée qui caractérisent l’esprit humain, et ce, indépendamment du domaine d’activité et du degré de sophistication technologique qui les caractérisent. La raison en serait que la force et la faiblesse des liens et des contraintes qui définissent les différentes institutions d’une société amèneraient les individus à canaliser leurs comportements, leurs émotions et leurs façons de penser de manière à réaliser plus ou moins tacitement ce qui est attendu d’eux. Plus précisément, en « actant » les nuances qui définissent leur mode d’intégration et de régulation au sein d’une institution donnée, les individus en viendraient à cultiver un style de pensée qui serait lui aussi calqué sur ces nuances. Le style de pensée propre à une institution serait d’abord instillé et renforcé chez les individus par l’entremise …

Parties annexes