Comptes rendusBook ReviewsReseñas

Rodon Thierry, 2019, Les apories des politiques autochtones au Canada. Québec, Presses de l’Université du Québec, coll. « Politeia », 320 p., illustr., tabl., encadrés, bibliogr., glossaire.

  • François-Xavier Cyr

…plus d’informations

  • François-Xavier Cyr
    Département d’anthropologie, Université Laval, Québec (Québec), Canada

L’accès à cet article est réservé aux abonnés. Seuls les 600 premiers mots du texte seront affichés.

Options d’accès :

  • via un accès institutionnel. Si vous êtes membre de l’une des 1200 bibliothèques abonnées ou partenaires d’Érudit (bibliothèques universitaires et collégiales, bibliothèques publiques, centres de recherche, etc.), vous pouvez vous connecter au portail de ressources numériques de votre bibliothèque. Si votre institution n’est pas abonnée, vous pouvez lui faire part de votre intérêt pour Érudit et cette revue en cliquant sur le bouton “Options d’accès”.

  • via un accès individuel. Certaines revues proposent un abonnement individuel numérique. Connectez-vous si vous possédez déjà un abonnement, ou cliquez sur le bouton “Options d’accès” pour obtenir plus d’informations sur l’abonnement individuel.

Dans le cadre de l’engagement d’Érudit en faveur du libre accès, seuls les derniers numéros de cette revue sont sous restriction. L’ensemble des numéros antérieurs est consultable librement sur la plateforme.

Options d’accès
Couverture de Modes de vie mobiles, Volume 44, numéro 2, 2020, p. 15-248, Anthropologie et Sociétés

L’ouvrage de Thierry Rodon, Les apories des politiques autochtones au Canada, propose un survol historique et contemporain du rapport de l’État canadien aux peuples autochtones par l’intermédiaire du regard critique du politologue. Le titre trahit la position de l’auteur : les politiques autochtones du Canada aboutissent à une aporie, c’est-à-dire une « contradiction insoluble dans un raisonnement » (p. 3). Cette contradiction se retrouve dans le paradoxe créé d’un côté par l’ouverture de l’État canadien à la reconnaissance des nations autochtones, de leurs droits à l’autodétermination et à l’égalité, et de l’autre côté par sa fermeture concomitante à toute forme de réelle souveraineté autochtone (p. 4). Ces apories, l’auteur nous les présente au travers de plusieurs points clés de l’histoire des politiques autochtones canadiennes. Bien sûr, l’ouvrage aborde les enjeux centraux ayant marqué au fer rouge la relation de l’État canadien aux peuples autochtones, tels que la Loi sur les Indiens, les pensionnats et l’instauration du système de réserves. Cependant, l’épine dorsale du livre se trouve dans la présentation d’enjeux politiques contemporains variés, comme les politiques territoriales, l’autonomie gouvernementale et le développement économique des peuples autochtones. Si ces enjeux sont éminemment complexes, Rodon réussit fort bien à amener le lecteur à en comprendre les grandes lignes en consacrant le premier tiers de son ouvrage à une description à la fois vulgarisée et étoffée des différents concepts, conjonctures et évènements ayant mené à la situation politique actuelle définissant les relations entre l’État et les Autochtones au Canada. Cet ouvrage, qui est la version manuscrite d’un des cours de l’auteur (p. 4), est divisé en trois sections : l’évolution des politiques dans le temps, leur application contemporaine et trois études de cas. La mission pédagogique de ce livre se fait d’ailleurs ressentir à de nombreuses reprises. Chaque chapitre est introduit par différents objectifs pédagogiques et est conclu par un retour sur ses points clés. Les apories des politiques autochtones au Canada comporte aussi un glossaire permettant aux non-initiés de s’approprier quelques concepts importants aidant à mieux comprendre l’évolution et l’application des politiques autochtones canadiennes. Bien que Rodon soit politologue de formation, son ouvrage offre un intéressant apport à l’anthropologie, de par la vue d’ensemble qu’il donne des politiques autochtones canadiennes, dans lesquelles l’anthropologue s’intéressant aux questions autochtones sera forcément plongé au cours de ses recherches. La force de l’anthropologie n’étant pas la compréhension macro des enjeux sociaux, ce livre peut certainement contribuer à couvrir des angles morts de la recherche anthropologique ou, du moins, venir étoffer la compréhension de l’anthropologue desdits enjeux autochtones. Cependant, bien que l’intérêt pour l’anthropologie soit indéniable, la réelle force de cet ouvrage se retrouve dans la qualité de sa vulgarisation. Ce n’est donc pas en tant qu’anthropologue que je conclurai ce compte rendu, mais bien en tant que jeune enseignant. Après avoir lu Les apories des politiques autochtones au Canada d’une couverture à l’autre, il m’est apparu inévitable que j’utilise dorénavant cet ouvrage dans mes cours portant sur les enjeux autochtones au Québec et au Canada, non seulement pour son contenu, mais aussi pour la qualité de la synthétisation et de la vulgarisation qui y est faite. Cependant, dans une approche pédagogique, une fois que la matière est vulgarisée, il devient nécessaire d’accompagner les étudiants pour qu’ils poussent plus loin leurs réflexions et leur curiosité, et explorent des pistes de recherche. C’est malheureusement ici que se trouve la faiblesse de l’ouvrage. En effet, alors que l’auteur passe en revue un grand ensemble d’enjeux, certains d’entre eux ne sont pas appuyés par une bibliographie permettant de pousser plus loin les recherches. Par exemple, l’ouverture sur les cas …