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Hors-dossier

Steve Marti, For Home and Empire. Voluntary Mobilisation in Australia, Canada, and New Zealand during the First World War, Vancouver, UBC Press, 2019, 201 p.

  • Mourad Djebabla

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  • Mourad Djebabla
    Professeur, Collège militaire du Canada (Saint-Jean-sur-Richelieu)

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Couverture de <em>Think tanks</em> : les métamorphoses des conseillers politiques depuis 1970. Canada, États-Unis, Chine, Volume 28, numéro 1, automne 2019, p. 7-237, Bulletin d'histoire politique

Avec son étude For Home and Empire, Steve Marti s’inscrit dans le courant historiographique actuel de la Première Guerre mondiale (mis en valeur lors du centenaire), à savoir une approche transnationale. Et c’est là l’un des premiers intérêts de cet ouvrage : une étude comparative de la Grande Guerre au sein de l’Empire britannique, entre les dominions du Canada, d’Australie et de Nouvelle-Zélande. Cette étude concerne l’espace du front domestique et des non-combattants. Dans le cadre de la guerre totale entre 1914 et 1918, toutes les ressources nationales et impériales étaient exploitées pour soutenir les armes des combattants au front. De cet espace, le fil conducteur de l’historien est l’effort de guerre local des populations civiles. En répondant à la question « pourquoi les civils des dominions participent-ils à l’effort de guerre ? », l’historien démontre que les motivations sont fort complexes au sein des dominions lorsqu’est prise en compte leur réalité multiculturelle : population de souche, minorités culturelles, immigrants plus récents, population de couleur, Autochtones. Pour chacun de ces groupes, les raisons de leur participation à l’effort de guerre répondent, selon l’auteur, à cette même volonté de détacher leur contribution de la masse mobilisée à l’échelle impériale : le local veut demeurer visible. Les cinq chapitres du livre décortiquent soigneusement les différentes couches composant les communautés locales au sein des dominions afin de voir comment chacune d'elles oeuvrent à l’effort de guerre autour de l’idée d’individualisation. L’approche macro-historique est riche dans cet ouvrage en délaissant la traditionnelle échelle nationale ou celle simplement locale pour pousser plus loin l’investigation en prenant en compte les éléments culturels et raciaux composant les communautés locales. Ce choix d’échelle rend compte de la complexité de l’effort de guerre au sein des dominions. Dans le premier chapitre, Steve Marti prend l’exemple des collectes de fonds. En comparant les principales oeuvres de guerre canadiennes, australiennes et néo-zélandaises, l’historien démontre combien chaque groupe culturel au sein des communautés locales tend à garder un contrôle de ses dons afin de soutenir les leurs d’abord et avant tout. Même s’il peut y avoir au niveau de l’État ou des organisations patriotiques un désir de rationalisation des dons, les communautés locales ou les groupes culturels veulent en garder le contrôle, et ce, de la collecte à la distribution. Cet effort se voit lors de la levée d’un bataillon au niveau local. Les oeuvres de guerre qui émergent ensuite dans la communauté visent à soutenir cette unité même si, par la suite, elle est supprimée et les hommes envoyés dans des unités déjà existantes. Le deuxième chapitre se penche sur les groupes culturels composant les sociétés des dominions, particulièrement les groupes d’origine irlandaise, écossaise et, pour le Canada, canadienne-française. Pour ces groupes, le même fil conducteur est mobilisé : faire montre de son implication au sein de l’effort de guerre, que ce soit avec la levée de bataillons spécifiques ou avec des oeuvres de guerre à financer. La question canadienne-française est intéressante avec la démonstration selon laquelle cette communauté tend à préserver son identité dans l’effort de guerre afin de bien montrer sa participation alors même qu’elle doit faire face à des attaques concernant l’enseignement de sa langue. Délaissant la question des oppositions, l’auteur démontre plutôt que la levée de bataillons canadiens-français en dehors du Québec répond à un besoin de « visibilité » au sein de l’effort de guerre, d’autant plus qu’en général, les francophones canadiens sont noyés dans des unités anglophones. Dans le troisième chapitre, Steve Marti aborde la question plus délicate des exclusions raciales au sein de l’effort de guerre. Ici, l’historien aborde spécifiquement les Chinois et …