Dossier : L’enseignement de l’histoire au premier cycle universitaire

L’évolution récente des nouvelles inscriptions aux baccalauréats en histoire au Québec

  • François Guérard

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  • François Guérard
    Département des sciences humaines et sociales, Université du Québec à Chicoutimi

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Couverture de L’enseignement de l’histoire au premier cycle universitaire, Volume 29, numéro 1, automne 2020, p. 7-247, Bulletin d'histoire politique

Des fléchissements parfois substantiels du recrutement en histoire ont été constatés dans diverses universités québécoises au cours des dernières années pour les études de 1er cycle. Témoins inquiets de l’amincissement de leurs cohortes estudiantines, enseignants et responsables de directions de programmes ne disposent toutefois pas d’une vue d’ensemble, à l’échelle du territoire québécois, qui permettrait de mieux saisir l’envergure du problème et de soutenir la réflexion sur ses causes comme sur les actions correctives à entreprendre. C’est cette vue d’ensemble qui est proposée ici. La baisse du nombre de nouveaux étudiants est-elle générale, ou confinée dans certains programmes qu’il serait grand temps de réformer pour les rendre plus attractifs ? S’agit-il d’une tendance lourde s’exprimant en décennies et relevant, par exemple, de grandes mouvances démographiques, ou plutôt d’un récent accident de parcours associé à une conjoncture désavantageuse que l’on présume passagère ? Quels profils étudiants sont les plus, ou les moins, susceptibles de mener à des études en histoire ? Répondre à ces questions nécessite de mesurer l’évolution du recrutement en histoire dans les universités québécoises et de caractériser ceux et celles qui font le choix de cette discipline, le tout en préalable aux recherches d’explications et de solutions. Telle est notre intention avec la présente étude, que nous proposons en guise de fondement empirique pour stimuler une discussion et une réflexion sur l’avenir des études de 1er cycle en histoire dans les universités québécoises. Les données analysées proviennent de deux sources. Celles portant sur trois décennies ont été obtenues du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES) du Québec, plus précisément du système de gestion des données sur l’effectif universitaire (GDEU). Celles débutant en 2007, couvrant donc la dernière décennie, sont issues de bases de données consultables en ligne auprès du Bureau de coopération interuniversitaire (BCI). Doté des autorisations requises, l’usager peut construire ses propres tableaux en croisant les variables à l’aide d’un protocole de traitement analytique en ligne (OLAP). Dans l’un et l’autre cas, les données sont regroupées suivant un classement des disciplines et des programmes établi par le ministère et légèrement modifié par le BCI. Parmi les types d’informations disponibles – demandes d’admission, offres d’admission notamment –, nous avons choisi de travailler essentiellement avec les nouvelles inscriptions annuelles, sans doute l’indicateur le plus précis pour quantifier l’évolution de l’intérêt pour une discipline : elles sont en prise directe sur le recrutement, année après année, session après session. Par ailleurs, il sera tenu compte des baccalauréats uniquement dans la présente analyse, incluant les baccalauréats avec majeure en histoire. Avant d’aborder le cas de l’histoire, situons-la dans le contexte plus large des études universitaires. Toutes disciplines confondues, le nombre de nouvelles inscriptions dans les baccalauréats des universités québécoises est à la hausse au cours de la dernière décennie. De 52895 inscrits en 2007-2008 selon le BCI, il passe ainsi progressivement à 60694 en 2018-2019, ce qui représente une augmentation de près de 7500, soit d’environ 15 %. Cela peut étonner considérant la diminution de la proportion de jeunes dans la population québécoise, et donc du nombre de personnes en âge d’entrer à l’université. Certes, une hausse du nombre d’étudiants étrangers inscrits directement dans les programmes a contribué à cette augmentation, mais pour un pourcentage de 18 % seulement. Le principal facteur à l’oeuvre ici paraît plutôt être celui d’une hausse de la proportion de la population poursuivant des études aux cycles universitaires. En effet, d’après une étude de l’Institut de la statistique du Québec fondée sur une enquête de Statistique Canada, la proportion de la population …

Parties annexes