Hors-dossier

Journal du siège de Québec du 10 mai au 18 septembre 1759, attribué à François-Joseph de Vienne, nouvelle édition remaniée, mise à jour et présentée par Bernard Andrès et Patricia Willemin-Andrès, Québec, Presses de l’Université Laval, 2018, 297 p.

  • Michel Thévenin

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  • Michel Thévenin
    Candidat au doctorat en sciences historiques, Université Laval

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Couverture de L’enseignement de l’histoire au premier cycle universitaire, Volume 29, numéro 1, automne 2020, p. 7-247, Bulletin d'histoire politique

La campagne menée par les Britanniques contre Québec à l’été 1759, menant à la chute de la capitale de la Nouvelle-France, a suffisamment marqué les contemporains pour qu’une profusion d’écrits à son sujet nous soit parvenue. Parmi les témoignages des acteurs – et victimes – de ces événements, l’historien et archiviste québécois Aegidius Fauteux avait identifié et édité en 1921-1922 un Journal du siège de Québec du 10 mai au 18 septembre 1759, hélas anonyme. Bernard Andrès et Patricia Willemin-Andrès (respectivement historien de la littérature et docteure en sémiotique littéraire) avaient proposé en 2009, aux Presses de l’Université Laval, une réédition de ce Journal dans le contexte très controversé des commémorations (manquées sur le terrain) du 250e anniversaire de la prise de Québec par les Britanniques. Près d’une dizaine d’années plus tard, en 2018, les deux auteurs ont proposé, toujours aux Presses de l’Université Laval, une réédition de ce Journal, dont le principal intérêt, outre la mise en format poche et un appareil critique plus étayé, est l’étude permettant d’identifier avec une quasi-certitude l’auteur du manuscrit, déjà entamée dans l’édition de 2009, mais plus ferme dans la présente. La présentation du Journal du siège de Québec par les auteurs (une postface d’une soixantaine de pages dans cette réédition en format poche) reprend la structure de celle présente dans l’édition de 2009 qui était, elle, placée en préface et s’étendait sur une petite trentaine de pages. On y retrouve ainsi un « dialogue avec Aegidius Fauteux », qui avait édité cette source il y a un siècle, puis un historique du parcours possible du manuscrit, suivi d’une analyse des hypothèses menant aux potentiels scripteurs de celui-ci. Prenant l’exemple de Fauteux dans sa tentative (réussie) d’identification d’un autre manuscrit, les Mémoires du Sieur Aumasson de Courville, les auteurs livrent une belle leçon méthodologique aux chercheurs débutants en quête de documents à identifier, tout en présentant à un public plus large, de manière claire et précise, un aspect parfois obscur de la recherche historique. Si l’édition de 2009 donnait déjà de bons arguments – sans pour autant trancher la question – en faveur de François-Joseph de Vienne quant à la paternité de ce texte (enquête interne et externe de la source par le biais notamment des liens professionnels ou familiaux du mystérieux auteur, d’une enquête de voisinage ainsi que de détails insérés dans le texte), cette réédition permet aux auteurs d’étayer leur argumentation, en détaillant notamment bien davantage certains de ces éléments, mais surtout en présentant sur une demi-douzaine de pages les autres « candidats potentiels » (tout au plus évoqués dans l’édition de 2009), tour à tour méthodiquement écartés, nous ramenant inévitablement au personnage de François-Joseph de Vienne, désormais pleinement accepté comme l’auteur de ce Journal du siège de Québec. François-Joseph de Vienne était garde-magasin du Roi à Québec, poste qu’il occupait depuis 1756. Il s’agit donc d’un fonctionnaire civil, sous l’autorité de l’intendant de la Nouvelle-France, Bigot, mais appelé par la nature de sa fonction à collaborer fréquemment avec les autorités militaires et différents officiers d’état-major, que ce soit pour l’équipement et l’entretien des troupes ou pour la préparation logistique de diverses opérations militaires précises. Son témoignage sur les événements se situe donc à mi-chemin entre les nombreuses relations écrites par les officiers, français comme britanniques, et les récits de civils comme le notaire Panet, le curé Récher ou encore une religieuse de l’Hôpital général. Comme le relevait Aegidius Fauteux dans la préface de son édition de 1921-1922 (présente dans la réédition de 2009 et dans …