Hors-dossier

Marc-André Éthier, David Lefrançois et Alexandre Joly-Lavoie (dirs.), Mondes profanes. Enseignement, fiction et histoire, Québec, Presses de l’Université Laval, 2018, 515 p.

  • Félix Bouvier

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  • Félix Bouvier
    Historien et didacticien, UQTR

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Couverture de L’enseignement de l’histoire au premier cycle universitaire, Volume 29, numéro 1, automne 2020, p. 7-247, Bulletin d'histoire politique

Ce collectif didactique est un excellent livre, vraiment très pertinent. Il saura faire oeuvre utile, tant chez les didacticiennes et les didacticiens de l’histoire d’ici et d’ailleurs que chez les praticiennes et praticiens des différents ordres d’enseignement. De fort nombreuses façons et avec des approches le plus souvent des plus crédibles, les différents auteurs démontrent que l’enseignement de l’histoire peut bien s’amalgamer, et gagne à le faire, à des oeuvres de fiction mettant en valeur différents volets artistiques et médiatiques tels, par exemple, le cinéma, le théâtre, la télévision et les jeux vidéo ludiques, qui peuvent être pertinents à l’apprentissage eux aussi. Par la suite, l’ouvrage approfondit sur les plans didactique et épistémologique en s’interrogeant sur l’entrelacement de questions tel l’enseignement de l’histoire, jumelé à la fois à la fiction et à la narration. Cela est favorisé, à de nombreuses reprises, par le développement concomitant de la méthode historique à la base de l’enquête historienne menée en classe, ou dans son antichambre, de façon appropriée. De telles questions ne peuvent tendre qu’à des interrogations bien menées sur la culture publique et identitaire qui en découle inévitablement par l’analyse et le déploiement de possibilités didactiques sous forme muséale ou d’artéfacts, de liens, ou de reconstitutions historiques. Les cinq sections du livre que je viens de résumer brièvement sont toutes introduites par des experts du domaine, puis subdivisées en chapitres où d’autres experts-praticiens décortiquent des thèmes approfondissant l’enseignement de l’histoire en liant le plus souvent les mondes profanes analysés à une littérature savante riche et fouillée, comme le prouve amplement la liste de références de plus de soixante pages. À partir de la section 2 est offert, dans chaque chapitre, un encadré didactique pouvant être réinvesti dans la pratique et explicitant le thème développé. Comme il s’agit d’un livre riche et très dense, tous les intervenants et les thèses qu’ils ou elles développent ne pourront être évoqués ci-dessous étant donné le nombre limité de mots qu’implique cet exercice. Au premier chapitre, Stéphane Trudel, Stéphane Martineau et Alexandre Buysse s’interrogent sur les liens entre mémoire et histoire et ils nous disent qu’il n’y a de bonne méthode en histoire que dans la mesure où les mémoires sensibles sont jointes au grand récit (p. 22-23). D’ailleurs, il est clair que pour eux, « il ne peut y avoir présentation de l’histoire sans une certaine mise en récit » (p. 26). Au deuxième chapitre, David Lefrançois et Marc-André Éthier interrogent des réalisateurs et dramaturges tels Alexis Martin, Denys Arcand et Sonia Bonspille-Boileau, qui nous expliquent de façon bien intéressante comment ils utilisent une réalité historique basée sur une recherche sérieuse, néanmoins contextualisée pour les besoins de leur cause. En conclusion, les auteurs soulignent que « non seulement l’usage aliénant de l’histoire profane n’est pas une fatalité, mais un usage actif, conscient, critique et capacitant de l’histoire mise au service de l’autonomisation est envisageable, quand les conditions le permettent » (p. 46). Cela nous mène naturellement à la section 2 : « Histoire et arts de la scène : télévision, cinéma, théâtre ». D’entrée de jeu, Marjolaine Boulet relève une donnée intéressante et révélatrice d’une enquête menée auprès de près de 600 enseignants du secondaire aux États-Unis où « 83 % d’entre eux-elles n’avaient pas reçu de formation spécifique à l’utilisation d’un film en classe, alors que 100 % d’entre eux-elles avaient projeté un film en classe dans le mois qui a précédé l’étude » (p. 56). Au troisième chapitre, Olivier Côté et Alexandre Lanoix soulignent que l’utilisation « de récits historiques télévisuels en classe recèle de nombreux défis, mais …