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Note liminaire

Le droit à la ville : les personnes immigrantes dans l’espace urbain

  • Sonia Ben Soltane,
  • Luisa Veronis et
  • Jill Hanley

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Couverture de Le droit à la ville : les personnes immigrantes dans l’espace urbain, Volume 62, numéro 177, décembre 2018, p. 369-481, Cahiers de géographie du Québec

Dans ce dossier thématique, nous proposons d’examiner le rapport des personnes immigrantes à la ville et à l’espace urbain, envisagé sous l’angle particulier du « droit à la ville » (Lefebvre, 1968 et 1972 ; Donzelot et al., 2003 ; Harvey, 2015). Ce droit peut être défini à la fois comme le droit de jouir de la ville et de ses divers services, de ses intersubjectivités, et comme le droit d’appartenir à la ville, d’y tenir une place, de prendre part à sa planification et à sa gestion, ainsi que de représenter les instances décisionnelles ou y être représenté (Lefebvre, 1967). Le droit à la ville est un concept qui a été souvent pensé par rapport aux lignes de division de la classe sociale. Il aura permis de rendre visibles les besoins et les revendications des classes ouvrières, des classes pauvres et précaires, mais il reste peu pensé dans sa dimension genrée et dans son lien avec l’immigration et les immigrants. Pourtant, les immigrants ont été et sont toujours très présents parmi les groupes en situation précaire, dans les modalités de leur emploi (Morin et Hanley, 2004) et dans les conditions de leur simple présence dans la ville d’immigration. Les immigrations contemporaines envisagées sous l’angle du droit à la ville amènent à se questionner sur ce qu’il en est des divers groupes sociaux et de leur droit à la ville contemporaine, dans un contexte marqué par une croissance de mobilités migratoires « super-diverses » (Tarrius, 2007 ; Vertovec, 2007), par la diversification des modes de vie urbains et par des restructurations majeures de l’État et des services publics, incluant les services spécifiques offerts aux immigrants. La figure de l’immigrant ou de l’immigrante se double ici de celle du travailleur urbain appartenant aux classes populaires et défavorisées. Henri Lefebvre pense et élabore le droit à la ville en 1967, à un moment charnière de la transformation de la société française (1967 et 1972). L’année suivante, en France, les classes ouvrières et laborieuses, les jeunes, les femmes, les travailleurs des ex-colonies se lancent presque simultanément dans des mouvements de protestation, dans des manifestations et diverses actions de résistance, le tout étant par la suite connu sous le nom de mai 68. Ils se positionnent dans un dialogue national qui exprime à la fois une demande antiautoritaire de changement et la suppression de l’ordre établi. « Il est interdit d’interdire » est le slogan de cette révolution sociale. Il exprime tout à la fois l’esprit de ces demandes et l’air du temps. Dans ce contexte social en pleine mutation, le droit à la ville devient une sorte de pressentiment de ces événements et un prédiagnostic de la transformation majeure de la société et de la ville. Jusque-là vue comme le simple théâtre de ces soubresauts, la ville est, dans la lecture que propose Henri Lefebvre, partie prenante de ces problèmes : ces problèmes sont des problèmes urbains. La lecture que fait Lefebvre de la ville permet de voir la centralité de celle-ci et son importance dans la « production et la reproduction de la vie urbaine » (Harvey, 2015 : 20). L’auteur met ainsi le doigt sur des éléments fondateurs de la ville, en ce qu’elle est un espace matériel, mais aussi un espace social et politique dans lequel s’inscrivent des luttes sociales de classes. Aujourd’hui, nous dirions que ces luttes sont également entre groupes aux valeurs et idéologies distinctes. Les rôles, les fragilités, les demandes et les batailles entre ceux qui s’opposent – généralement entre dominants et dominés, mais aussi entre ceux qui ont des visions et des idéaux de société distincts …

Parties annexes