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Comptes rendus bibliographiques

TOUCHART, Laurent (2017) Géomorphologie de la Russie. Le colosse aux plaines d’argile. Paris, L’Harmattan, 404 p. (ISBN 978-2-34312-571-8)

  • Bertrand Lemartinel

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  • Bertrand Lemartinel
    Université de Perpignan, Perpignan (France)

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Couverture de Le droit à la ville : les personnes immigrantes dans l’espace urbain, Volume 62, numéro 177, décembre 2018, p. 369-481, Cahiers de géographie du Québec

Laurent Touchart nous présente un ouvrage qui fait suite à trois autres, parus aux éditions de l’Harmattan en 2010, 2013 et 2014, traitant déjà de la géographie physique et environnementale de la Russie. Ce dernier opus, très substantiel, insiste sur la manière dont les Russes et la langue russe appréhendent leur immense territoire. Il se partage « classiquement » entre un exposé de géomorphologie structurale (114 pages) et une importante seconde partie (183 pages) consacrée à la dynamique quaternaire et actuelle des grandes formes du relief. Plus détaillée, la table des matières présente des sous-titres, souvent humoristiques, qui pourront surprendre le lecteur. C’est ainsi que l’auteur évoque « la serveuse de plats à la jupe plissée » (p. 53) ou le fait que « les jeunes russes ont la dalle » (p. 62). Le rédacteur de ces lignes s’en est amusé ; les plus conservateurs ne nieront sans doute pas les avantages mnémotechniques de ces intitulés. Laurent Touchart y assume aussi le choix d’une terminologie très russifiée (par exemple, « la Russie de la deflioutska », p. 185) qui prouve sa bonne connaissance de la langue de Pouchkine, mais ne facilite pas toujours une recherche ponctuelle dans la table des matières. Le volume est illustré par 53 figures et 142 photos, qui échappent aux plats clichés ornant souvent les manuels plus classiques de géographie de la Russie d’Europe ou d’Asie. On trouvera aussi un index utile et une très grosse bibliographie (42 pages) qui montre une profonde connaissance de la littérature scientifique publiée dans ce pays. Néanmoins, un classement hiérarchique, fondé sur l’importance scientifique et l’accessibilité des publications, eût sans doute été opportun pour les non-spécialistes comme pour les non-slavisants. L’introduction ouvre, par la plume d’Ivan Gontcharov (1859), sur la sensibilité traditionnelle des habitants à leur vaste territoire et insiste sur le rôle – majeur mais trop mal connu de nous – des géographes russes. Nous connaissons bien sûr Nicolas Beroutchachvili, mais les autres ? Le long préambule épistémologique comble donc une réelle lacune. Il pose aussi des questions d’actualité dont la géomorphologie est le substrat : elle influence la politique d’Eltsine (p. 9), l’aménagement de l’immensité, sa géoéconomie, et définit les risques « naturels » encourus. Comme nous l’avons dit, la première des deux sections traite de géomorphologie structurale. L’auteur y précise d’emblée (p. 24) que – même en laissant de côté les nouvelles républiques – la Russie n’est pas qu’une plate-forme brièvement coupée par l’Oural : l’Extrême-Orient montagneux couvre 29 % du domaine considéré, donc plus que la moyenne mondiale (22,5 %) des régions orogéniques (p. 24). Dans cette section, l’auteur revient aussi sur la notion de bouclier pour mieux montrer, photos à l’appui, la distorsion entre les idées reçues et la réalité. L’essentiel du développement est ensuite consacré aux grandes unités de relief, aux contacts entre grandes morphostructures, puis aux formes de taille moyenne, de même qu’aux formes volcaniques. Touchart choisit clairement un traitement par échelles, plus que par typologies, même si, finalement, les deux se rejoignent. La seconde section porte sur les géomorphologies dynamique et climatique. Le propos est d’abord axé sur la présentation des processus actifs, depuis la météorisation des roches (vyvetrivanié, p. 141 et suivantes) jusqu’aux écoulements dans les vallées (p. 202) en passant par l’intermédiaire des versants (p. 184). L’auteur décrit les formes en les régionalisant, ce qui est évidemment nécessaire. Mais cette régionalisation implique un retour dans le passé, puisque les héritages glaciaires sont largement présents, « de l’inlandsis européen aux montagnes sibériennes » (p. 246). Touchart joue donc avec le temps court et le temps long, en les …

Parties annexes