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Comptes rendus bibliographiques

GIRAUT, Frédéric et VACCHIANI-MARCUZZO, Céline (2009) Territories and urbanisation in South Africa. Atlas and geo-historical information system (DYSTURB). Marseille, éditions IRD, 80 p. (ISBN 97-2-7099-1674-5)

  • Dieudonné Ouédraogo

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  • Dieudonné Ouédraogo
    Université de Ouagadougou

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DYSTURB est à la fois une base de données géoréférencées et un atlas d’un siècle d’évolution démographique et administrative des localités, villes et régions de l’Afrique du Sud. À partir des données des 11 recensements organisés dans le pays entre 1911 et 2001, il en reconstitue l’histoire démographique et la dynamique urbaine, et présente la répartition géographique actuelle de la population sud-africaine. Pour ce faire, les auteurs ont dû effectuer des choix en matière de catégorisation (Noirs, Blancs, Asiatiques et Autres) et de résidence urbaine ou rurale de la population selon les différentes périodes historiques (coloniale, apartheid et post apartheid). Ils ont dû également résoudre les problèmes liés aux changements de noms de certaines localités et du découpage administratif du pays.

Dans l’analyse de la dynamique urbaine de l’Afrique du Sud, ils ont opté pour une définition unique non de la ville mais de l’agglomération urbaine, celle du recensement de 2001 : 5000 habitants et plus mais incluant les habitants des townships eu égard à la nouvelle politique d’intégration des Noirs de la période post apartheid. Avec cette reconstitution historique de la population urbaine, le nombre des agglomérations s’est accru de 25 en 1911 à 89 en 1951 et à 307 en 2001. En 2008, les urbains représentaient environ 60 % de la population totale du pays, estimée à près de 50 millions d’habitants.

DYSTURB valorise cette innovation conceptuelle du recensement de 2001 et constitue une base fiable pour l’analyse de la dynamique urbaine passée et à venir de l’Afrique du Sud. Il pourrait inspirer les autres pays de l’Afrique subsaharienne où, en l’absence d’une définition consensuelle de la ville, ce type d’analyse est quasi impossible dans un contexte pourtant marqué par l’accélération de la transition urbaine.

Le concept d’agglomération urbaine permet en effet de dépasser celui de ville dont la définition reste confrontée à la difficulté du choix entre des critères démographiques (avoir 5000, 10 000 ou 20 000 habitants et plus) et ceux plus fonctionnels (prédominance des secteurs secondaire et tertiaire ; existence d’un minimum d’infrastructures et d’équipements).

Il donne aussi l’occasion d’intégrer dans l’univers urbain certaines localités, à l’instar des townships sud-africains qui, grâce au développement des services de transport, sont en réalité des banlieues-dortoirs vivant essentiellement de leur ville centre.

Un tel choix permet de faire toutes les analyses requises en vue de l’élaboration et du suivi-évaluation des politiques de développement urbain. Ces politiques sont devenues d’autant plus nécessaires en Afrique subsaharienne qu’elles doivent venir en complément indispensable à celles de développement rural qui, enfermées dans un système d’économie de rente, ont jusqu’à présent eu peu de succès dans l’amélioration des conditions et de la qualité de vie des gens. Ainsi et en raison de leur poids démographique croissant, les agglomérations urbaines participeront davantage à l’augmentation de la productivité et de la production des biens et services et à la redistribution des richesses nationales.