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La mobilité ethnique intergénérationnelle des enfants de moins de cinq ans chez les populations autochtones, Canada, 1996 et 2001Intergenerational ethnic mobility of children under 5 among Aboriginal populations in Canada, 1996 and 2001

  • Alexandre Boucher,
  • Norbert Robitaille et
  • Eric Guimond

…plus d’informations

  • Alexandre Boucher
    Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail

  • Norbert Robitaille
    Université de Montréal, Département de démographie

  • Eric Guimond
    Ministère des Affaires indiennes et du Nord Canada, Direction de la recherche et de l’analyse
    Université Western Ontario, Département de sociologie

Les points de vue exprimés dans le présent article sont ceux des auteurs et n’engagent nullement le Ministère des Affaires indiennes et du Nord Canada.

Corps de l’article

Cet article est en grande partie tiré du mémoire de maîtrise de Alexandre Boucher intitulé La mobilité ethnique intergénérationnelle chez les populations autochtones au Canada lors des recensements de 1996 et de 2001, présenté au Département de démographie de l’Université de Montréal, et dont MM. Norbert Robitaille et Eric Guimond sont respectivement les directeur et codirecteur.

Introduction

Depuis quelques années, les populations autochtones au Canada suscitent un certain intérêt de la part des démographes puisqu’elles ont connu ces dernières décennies des croissances démographiques spectaculaires, largement supérieures à celles de l’ensemble de la population canadienne. À la lumière des informations disponibles — accroissement naturel, migration, qualité du dénombrement —, les fortes croissances des populations autochtones résultent souvent d’un phénomène appelé mobilité ethnique. Ce phénomène démographique comporte deux volets. Le premier volet, l’intragénérationnel, a pour objet les changements d’identité ethnique que font des individus tout au long de leur vie. Le deuxième volet, l’intergénérationnel, s’intéresse pour sa part au fait qu’un individu peut contribuer au renouvellement démographique d’un groupe ethnique différent du sien (c.-à-d. de son appartenance) par l’entremise de sa descendance. La mobilité ethnique intragénérationnelle peut s’apparenter à la migration d’un groupe ethnique à un autre. En ce sens, il s’agit là d’une forme classique de mobilité dont l’événement ici est le changement de groupe ethnique. Par contre, la mobilité ethnique intergénérationnelle est de nature différente puisqu’elle peut n’impliquer aucun changement de groupe ethnique pour un individu. Elle est établie à partir de la comparaison de l’identité ethnique d’un individu à celle de ses parents, ce qui signifie qu’une personne peut garder toute sa vie l’identité ethnique que ses parents lui ont assignée, mais qui est différente de la leur. Ainsi, la mobilité intergénérationnelle est un phénomène collectif qui concerne principalement le groupe et sa façon de se renouveler plutôt que l’individu.

Contrairement au volet intragénérationnel[1], les analyses démographiques de la mobilité ethnique intergénérationnelle des populations autochtones au Canada et ailleurs dans le monde sont plutôt rares dans la littérature. De façon générale, les chercheurs semblent plus préoccupés par l’analyse des facteurs associés aux divers mécanismes d’identification des enfants au sein de familles autochtones, que par l’analyse de l’intensité du phénomène de la mobilité ethnique intergénérationnelle et de son impact sur la taille et la structure des populations autochtones. Par exemple, Kukutai (2007), qui a étudié les facteurs associés à l’identité ethnique des enfants au sein de familles néo-zélandaises, a observé que l’appartenance ethnique n’est pas transmise de manière prévisible. Aux États-Unis, Liebler (2004) a constaté que, parmi les enfants d’appartenance raciale mixte « amérindienne et autre race », l’appartenance déclarée au groupe amérindien est fonction du contexte familial (p. ex. appartenance à une tribu, complexité du patrimoine culturel) et du lieu de résidence (p. ex. proportion de la population se déclarant de race amérindienne). Si les nombreuses analyses de ce genre permettent de mieux comprendre comment l’appartenance ethnique est transmise d’une génération à l’autre, elles ne quantifient cependant pas l’importance de ce phénomène en ce qui concerne le renouvellement démographique des populations autochtones.

Pour cette recherche, nous porterons notre attention sur le volet intergénérationnel de la mobilité ethnique afin d’estimer l’impact que pourrait avoir ce phénomène sur la dynamique démographique des populations autochtones. En effet, la question qui vient à l’esprit est : « Pour quels groupes autochtones la mobilité ethnique intergénérationnelle a-t-elle un impact positif ou négatif ? » Nous répondons à cette interrogation en deux étapes. Dans un premier temps, nous décrivons la source des données, la méthode et les indicateurs grâce auxquels il est possible de mesurer la mobilité ethnique intergénérationnelle. Par la suite, nous présentons les principaux résultats de l’analyse de la mobilité ethnique intergénérationnelle chez ces populations pour le Canada. À ceci s’ajoute un bref survol du phénomène au Québec.

Source, méthode et indicateurs

Source des données

Les recensements du Canada constituent la seule source de données disponible sur les effectifs et les caractéristiques de toutes les populations autochtones au Canada, soit les Indiens de l’Amérique du Nord (qu’ils soient inscrits ou non au Registre des Indiens administré par le ministère des Affaires indiennes et du Nord Canada), les Métis et les Inuit. Étant donné les nombreux changements au mode de détermination de l’appartenance autochtone au fil des recensements canadiens (Demers, 1979 ; Guimond, 1994), nous n’avons retenu que les recensements de 1996 et de 2001 puisque les définitions des populations autochtones y sont identiques[2]. En effet, lors des recensements antérieurs, la population autochtone était notamment déterminée au moyen de la question sur l’origine ethnique, alors qu’en 1996 et 2001, est considéré comme Autochtone :

  • toute personne ayant déclaré appartenir à au moins un groupe autochtone, c.-à-d. Indien de l’Amérique du Nord, Métis ou Inuit (question nº 18),

ou

  • toute personne ayant déclaré être un Indien des traités ou un Indien inscrit tel que défini par la Loi sur les Indiens du Canada (question nº 20),

ou

  • toute personne ayant déclaré appartenir à une bande indienne ou à une première nation (question nº 21)[3].

Suivant cette définition, il est impossible pour une personne d’être à la fois un Autochtone et un non-Autochtone. Le tableau 1 donne un aperçu de la taille et de la croissance des effectifs des populations autochtones de 1996 à 2001. Nous y observons que le taux d’accroissement annuel moyen varie d’une identité à l’autre, alors que pour l’ensemble du Canada le taux est de 0,8 %, il est de 7,4 % pour la population métisse.

Tableau 1

Effectifs et taux d’accroissement annuel moyen des populations autochtones, Canada, 1996 et 2001

Effectifs et taux d’accroissement annuel moyen des populations autochtones, Canada, 1996 et 2001
*

Désigne toute personne ayant déclaré appartenir à plus d’un groupe autochtone (p. ex. Indien de l’Amérique du Nord et Métis).

**

Désigne toute personne d’identité non autochtone ayant déclaré être inscrite au Registre des Indiens ou être membre d’une bande indienne ou Première nation.

Source : Statistique Canada (1998 et 2003)

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Dans le cadre de cette recherche, la mobilité ethnique intergénérationnelle des populations autochtones est estimée à partir de données des recensements de 1996 et de 2001 sur les enfants âgées de moins de 5 ans selon leur appartenance ethnique et celle de chacun de leurs parents. Seuls les enfants de moins de 5 ans ont été retenus puisqu’il s’agit de la toute première déclaration de leur identité ethnique. Pour les enfants âgés de 5 ans et plus, l’identité ethnique a pu être déclarée au recensement précédent, de sorte qu’il pourrait y avoir une interférence de la mobilité ethnique intragénérationnelle. De plus, les données utilisées concernent uniquement les enfants vivant dans une famille comportant un couple de sexe opposé[4]. Tout comme Tremblay (1988) l’a fait dans son analyse de la mobilité linguistique intergénérationnelle au Canada, nous aurions pu considérer les enfants vivant dans une famille monoparentale. Cependant, cette option comporte une imprécision due à une perte d’information par l’absence d’un parent : s’il y a mobilité ethnique intergénérationnelle par rapport au parent présent (le parent monoparental), est-ce qu’il en est de même par rapport au parent absent [5]? Enfin, l’adoption constituerait un élément qui, d’une manière infime, pourrait influencer les données.

Méthode d’analyse

Intuitivement, pour mesurer la mobilité ethnique intergénérationnelle au sein d’un groupe ethnique, il suffit de comparer l’identité ethnique d’un enfant à celle de ses parents, chacun pris individuellement. Un certain nombre de scénarios possibles d’identification ethnique d’un enfant et de ses parents sont illustrés à la figure 1. Il est plus aisé de déterminer s’il y a une mobilité ethnique intergénérationnelle lorsque les parents forment une union endogame (scénarios 1 et 2) : l’identité ethnique de l’enfant correspond ou non à celle de ses parents. Par contre, lorsque l’union est exogame (scénarios 3 à 9), la situation n’est pas aussi tranchée : l’identité ethnique de l’enfant peut correspondre partiellement à l’identité d’un de ses parents (scénarios 3 à 8). Afin de pallier ce défi analytique, nous proposons une méthode différente de mesure de la mobilité ethnique intergénérationnelle. Ainsi, plutôt que de comparer l’identité ethnique de l’enfant à celle de chaque parent séparément, nous proposons de la comparer à l’identité ethnique résultant de la combinaison de celle des parents. Non seulement cette méthode permet-elle de clarifier l’analyse des identités ethniques au sein d’unions exogames, mais elle offre également une représentation plus réaliste du caractère ethnoculturel de la famille au sein de laquelle l’enfant grandit. Pour éviter toute confusion entre ce nouveau concept d’identité ethnique et celui d’identité ethnique de l’enfant, nous dirons de la première qu’il s’agit de l’identité ethnique parentale de l’enfant, alors que la seconde correspondra à l’identité ethnique déclarée de cet enfant.

Figure 1

Représentation schématique de la transmission intergénérationnelle de l’identité ethnique des parents à leur enfant selon l’identité ethnique du père, de la mère et de l’enfant

Représentation schématique de la transmission intergénérationnelle de l’identité ethnique des parents à leur enfant selon l’identité ethnique du père, de la mère et de l’enfant

Note : Selon le cas, Z peut-être une identité ethnique relevant d’une réponse unique ou multiple.

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Le tableau 2 établit la nomenclature des identités ethniques parentales que nous entendons utiliser pour cette analyse et décrit, pour chacune d’elle, à quoi elles correspondent en termes d’identité ethnique déclarée des parents. Ainsi, dans le cas d’une union endogame, l’identité ethnique parentale correspond à l’identité ethnique déclarée par les parents (p. ex. si les deux parents sont d’identité déclarée métisse, l’identité parentale sera métisse). Dans le cas des unions exogames (arrière-plan ombragé pour faciliter le repérage), il y a deux possibilités selon le type d’exogamie. L’identité parentale d’un enfant vivant dans une union entre un Autochtone et un non-Autochtone est dite mixte, alors qu’elle est dite complexe lorsque l’union exogame est formée de deux Autochtones (p. ex. une mère indienne et un père métis). Pour la suite de cette analyse, nous distinguerons dans les tableaux et les figures les unions exogames des unions endogames à l’aide d’un arrière-plan ombragé. De plus, les identités ethniques multiples et autochtones autres sont parfois regroupées en raison de leurs faibles effectifs.

Tableau 2

Identité ethnique parentale d’un enfant selon l’identité ethnique déclarée de ses parents

Identité ethnique parentale d’un enfant selon l’identité ethnique déclarée de ses parents

Note : * L’identité ethnique parentale d’un enfant est dite multiple si et seulement si l’identité ethnique déclarée des deux parents est elle aussi dite multiple. Par exemple, une union formée d’une mère indienne-métisse et un père indien-inuit donne une identité ethnique parentale multiple, alors qu’est associée à une union constituée d’une mère indienne-métisse et d’un père métis l’identité ethnique parentale complexe.

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Indicateurs

Nous ferons appel aux outils traditionnels de l’analyse de la mobilité, soient les flux bruts et nets, les soldes nets, puis les taux de mobilité et de stabilité. Pour les besoins de cette analyse, nous avons développé l’indice de continuité ethnique générale, lequel est largement inspiré des travaux réalisés par Robitaille et Guimond (2003). Nous le calculons en rapportant les enfants d’identité déclarée Y à la somme composée des enfants vivant dans une union endogame Y et de la moitié des enfants vivant dans une union exogame Y. Ainsi, l’indice de continuité ethnique générale nous informe de la situation gagnante ou perdante d’un groupe ethnique donné en fonction du résultat net de la mobilité ethnique intergénérationnelle. Un indice supérieur à 1 dans le cas des unions endogames et 0,5 dans le cas des unions exogames signale une mobilité nette à l’avantage du groupe étudié, tandis qu’un indice inférieur à ces valeurs indique une mobilité nette défavorable. Toutefois, comme le nombre d’enfants issus des unions endogames et exogames varie d’un groupe ethnique à l’autre, aucune comparaison ne peut être faite entre les groupes pour un indice calculé sur l’ensemble des unions puisque la valeur calculée est une moyenne pondérée des valeurs calculées pour les unions endogames et exogames.

Résultats

Vue d’ensemble de la mobilité ethnique intergénérationnelle

Notre objectif étant de déterminer comment la mobilité ethnique intergénérationnelle peut affecter la dynamique démographique des populations autochtones, le premier élément à examiner pour cette analyse est la distribution relative de l’effectif des enfants âgés de moins de cinq ans selon l’identité déclarée de l’enfant, par identité ethnique parentale, aux recensements de 1996 et 2001 (tableaux 3 et 4, et A à C en annexe). La mobilité ethnique intergénérationnelle au sein des unions endogames indiennes, métisses, inuites et non autochtones est pratiquement inexistante. Parmi les trois principales identités parentales autochtones, le plus faible taux de stabilité ethnique s’observe chez les Métis (95,7 % en 2001). Conformément à nos attentes, nous observons une forte stabilité ethnique intergénérationnelle au sein des unions endogames, ce qui nous rassure sur la qualité des données. Par ailleurs, nous nous attendions à ce que la proportion des enfants d’identité parentale complexe et d’identité déclarée multiple soit supérieure à 5 % (4,9 % en 1996). Ceci nous indique que l’identité ethnique multiple devrait davantage être considérée comme une étape de transition de la mobilité ethnique entre les populations autochtones, plutôt qu’une identité propre comme peuvent l’être les identités ethniques autochtones desquelles elle découle. Enfin, dans le cas des enfants d’identité parentale mixte, c’est-à-dire les enfants vivant dans une union autochtone et non autochtone, la majorité (58,1 % en 1996 et 58,7 % en 2001) est d’identité déclarée indienne ou métisse.

Tableau 3

Distribution relative (%) des enfants âgés de moins de 5 ans selon l’identité ethnique déclarée, par identité ethnique parentale, Canada, 1996

Distribution relative (%) des enfants âgés de moins de 5 ans selon l’identité ethnique déclarée, par identité ethnique parentale, Canada, 1996

AN : Amérique du Nord

Source : Statistique Canada (2004b)

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Tableau 4

Distribution relative (%) des enfants âgés de moins de 5 ans selon l’identité ethnique déclarée, par identité ethnique parentale, Canada, 2001

Distribution relative (%) des enfants âgés de moins de 5 ans selon l’identité ethnique déclarée, par identité ethnique parentale, Canada, 2001

AN : Amérique du Nord

Source : Statistique Canada (2004c)

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Que ce soit au tableau 3 ou au tableau 4, les taux de mobilité ethnique intergénérationnelle depuis les identités autochtones vers l’identité non autochtone sont beaucoup plus élevés que l’inverse. Par exemple, au recensement de 2001, 3,7 % des enfants vivant dans une union endogame métisse sont d’identité déclarée non autochtone, alors que moins de 0,1 % de ceux d’identité parentale non autochtone sont déclarés Métis. Partant de cette observation, nous pourrions être tentés de conclure que la mobilité ethnique intergénérationnelle profite davantage à la population non autochtone qu’aux différentes populations autochtones. Toutefois, pour l’identité non autochtone, avec un poids démographique 19 fois plus grand que celui de toutes les identités autochtones réunies, la mobilité ethnique intergénérationnelle n’a pas la même importance relative. Afin d’éclairer ce déséquilibre entre les effectifs et de déterminer à quelles identités ethniques la mobilité ethnique intergénérationnelle profite davantage en termes absolus, il faut remonter à la source des taux.

Les figures 2 et 3 exposent les soldes et flux nets de chaque identité ethnique. Seuls sont représentés les enfants dont l’identité parentale diffère de l’identité déclarée. Sur chacune d’elles, les identités ethniques sont disposées de manière à différencier les identités parentales émanant des unions endogames de celles des unions exogames. Les identités parentales mixte et complexe, représentées par des rectangles, sont disposées respectivement dans le bas et dans le haut du schéma afin d’illustrer le caractère unidirectionnel de la mobilité ethnique intergénérationnelle les affectant (par exemple, un enfant peut être d’identité parentale mixte, mais ne peut pas être d’identité déclarée mixte). Les autres identités ethniques, représentées par des bulles, sont regroupées au centre en un pentagone afin de bien représenter le caractère multidirectionnel de la mobilité ethnique intergénérationnelle les affectant (p. ex., un enfant d’identité parentale métisse peut être d’identité déclarée inuite, et vice versa). Enfin, la pointe de la flèche correspond à l’identité (déclarée) vers laquelle se dirige le flux net, alors que son origine désigne l’identité (parentale) d’où émerge ce même flux net.

Figure 2

Diagramme des soldes nets et des échanges nets pour chaque identité ethnique, 0-4 ans, Canada, 1996

Diagramme des soldes nets et des échanges nets pour chaque identité ethnique, 0-4 ans, Canada, 1996

Note : Le début de la flèche correspond à l’identité ethnique parentale, alors que la pointe de la flèche désigne l’identité ethnique déclarée.

AN : Amérique du Nord

Source : Statistique Canada (2004b)

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Figure 3

Diagramme des soldes nets et des échanges nets pour chaque identité ethnique, 0-4 ans, Canada, 2001

Diagramme des soldes nets et des échanges nets pour chaque identité ethnique, 0-4 ans, Canada, 2001

Note : Le début de la flèche correspond à l’identité ethnique parentale, alors que la pointe de la flèche désigne l’identité ethnique déclarée.

AN : Amérique du Nord

Source : Statistique Canada (2004c)

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L’examen des identités composant le pentagone au centre des figures 2 et 3 montre que les identités indienne, métisse et non autochtone affichent les plus grands soldes nets. Dans l’ordre, et respectivement pour 1996 et 2001, ces soldes nets s’élèvent à 13 685, 9 865 et 11 440, puis à 14 505, 12 955 et 13 795. À l’opposé, les soldes nets des identités inuite et multiple — autres varient de 765 à 1 035 enfants. Si nous comparons tous les soldes nets apparaissant aux figures 2 et 3, nous pourrions dire de l’identité mixte qu’elle perd le plus d’effectifs. Toutefois, l’identité mixte est utilisée uniquement pour représenter les unions autochtones — non autochtones et tout enfant vivant dans une telle union effectue inévitablement une mobilité ethnique intergénérationnelle par rapport à un de ses parents. Son solde net, tout comme celui de l’identité complexe, désigne donc seulement le nombre d’enfants se retrouvant dans ce type d’union. En d’autres mots, le caractère unidirectionnel de la mobilité ethnique intergénérationnelle qui caractérise les identités parentales mixte et complexe fait en sorte que leurs soldes nets ne peuvent pas être comparés à ceux des autres identités ethniques pour lesquelles la mobilité ethnique intergénérationnelle est multidirectionnelle.

Si nous nous intéressons en contrepartie à la manière dont se répartit le solde net de l’identité mixte à travers les identités ethniques du pentagone, nous observons qu’il constitue le principal élément permettant à chaque identité ethnique déclarée d’avoir un solde net positif. En ce qui concerne les flux nets entre les unions endogames (à l’intérieur du pentagone), nous constatons qu’ils sont nettement plus modestes. Néanmoins, deux flux se démarquent : (1) les flux nets de l’identité non autochtone à l’identité indienne sont respectivement de 700 et 815 individus en 1996 et en 2001 ; (2) les flux nets provenant de l’identité non autochtone vers l’identité métisse s’établissent à 330 et à 355 pour ces mêmes années.

La mobilité ethnique intergénérationnelle au sein des unions mixtes autochtones — non autochtones

Ainsi, une majorité d’enfants vivant dans une union mixte autochtone — non autochtone ont une identité déclarée autochtone, le plus souvent indienne ou métisse. Cette observation nous amène à analyser plus en profondeur la mobilité ethnique intergénérationnelle pour ce type d’exogamie. Suivant une structure similaire aux deux figures précédentes, les figures 4 et 5 décrivent, pour chacune des identités parentales mixtes, les flux et l’identité déclarée des enfants aux recensements de 1996 et de 2001. La disposition des identités déclarées des enfants est similaire à celle des figures précédentes, c’est-à-dire un pentagone (très aplati) formé par les bulles, auxquelles s’ajoutent les unions mixtes représentées par les rectangles. Enfin, bien que les effectifs apparaissant dans les bulles et les rectangles incluent tous les flux, seuls les plus importants sont représentés par des flèches.

Figure 4

Diagramme des flux de l’identité parentale mixte selon l’identité ethnique déclarée de l’enfant et l’identité ethnique déclarée des parents (type d’union mixte), 0-4 ans, Canada, 1996

Diagramme des flux de l’identité parentale mixte selon l’identité ethnique déclarée de l’enfant et l’identité ethnique déclarée des parents (type d’union mixte), 0-4 ans, Canada, 1996

Note : Le début de la flèche correspond à l’identité ethnique parentale, alors que la pointe de la flèche désigne l’identité ethnique déclarée de l’enfant. Afin de réduire le nombre de flux présentés par le diagramme, seuls ceux qui sont supérieurs à 100 ont été retenus. Les nombres apparaissant dans les bulles et les rectangles correspondent à la somme des flux totaux (les flux inférieurs ou égaux à 100 y sont inclus), et non pas aux flux indiqués.

AN : Amérique du Nord

Source : Statistique Canada (2004b)

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Figure 5

Diagramme des flux de l’identité parentale mixte selon l’identité ethnique déclarée de l’enfant et l’identité ethnique déclarée des parents (type d’union mixte), 0-4 ans, Canada, 2001

Diagramme des flux de l’identité parentale mixte selon l’identité ethnique déclarée de l’enfant et l’identité ethnique déclarée des parents (type d’union mixte), 0-4 ans, Canada, 2001

Note : Le début de la flèche correspond à l’identité ethnique parentale, alors que la pointe de la flèche désigne l’identité ethnique déclarée de l’enfant. Afin de réduire le nombre de flux présentés par le diagramme, seuls ceux qui sont supérieurs à 100 ont été retenus. Les nombres apparaissant dans les bulles et les rectangles correspondent à la somme des flux totaux (les flux inférieurs ou égaux à 100 y sont inclus), et non pas aux flux indiqués.

AN : Amérique du Nord

Source : Statistique Canada (2004c)

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Au tout premier chef, nous observons que l’exogamie autochtone — non autochtone est composée presque exclusivement d’unions indiennes — non autochtones ou métisses — non autochtones. En 2001, parmi les 39 410 enfants d’identité parentale mixte, 18 690 ont un parent indien et 18 085 ont un parent d’identité métisse (figure 5). Cette disparité entre les identités indienne et métisse d’une part, puis les identités inuite, multiple et autres autochtones d’autre part, s’explique par leurs poids démographiques respectifs : les deux premières ont un poids nettement plus important que les trois dernières. Cependant, bien que l’identité déclarée de l’enfant issu d’une union exogame autochtone — non autochtone corresponde le plus souvent à celle du parent d’identité autochtone, la proportion suivant laquelle l’identité autochtone est transmise varie selon l’identité autochtone. Dans le cas des unions mixtes inuites — non autochtones, au moins 7 enfants sur 10 (605/885, figure 5) sont d’identité inuite, comparativement à 6 enfants sur 10 pour les unions indiennes — non autochtones et métisses — non autochtones.

Deuxièmement, tant pour 1996 que 2001, bon nombre d’enfants vivant au sein d’une union mixte ont une identité ethnique totalement différente de celles de leurs parents. En effet, un nombre significatif d’enfants d’identité déclarée métisse provient d’unions mixtes indiennes — non autochtones, auxquelles s’ajoutent des enfants d’identité déclarée indienne issus d’une union mixte métisse — non autochtone. Si nous nous intéressons au bassin d’enfants d’où proviennent ces deux flux, nous observons qu’il y avait beaucoup plus d’enfants au sein des unions indiennes — non autochtones que dans les unions métisses — non autochtones en 1996 (17 710 versus 12 860), alors qu’en 2001 il y a presque équilibre des effectifs (18 695 versus 18 085). En dépit de cet équilibre, il y a, en 2001, 5,6 fois plus d’enfants d’identité déclarée métisse qui proviennent d’une union indienne — non autochtone qu’il y a d’enfants d’identité déclarée indienne qui sont issus d’une union métisse — non autochtone (1 040 versus 185). Ces chiffres témoignent donc d’une différence marquée entre la force d’attraction de l’identité indienne sur les enfants des unions métisses — non autochtones et celle de l’identité métisse sur les enfants des unions indiennes — non autochtones.

La mobilité ethnique intergénérationnelle et la transmission des identités ethniques entre les générations

Jusqu’à présent, nous avons observé la mobilité ethnique intergénérationnelle en comparant entre elles les identités ethniques parentale et déclarée de chaque enfant. Ayant reconnu au départ qu’aucun enfant ne peut avoir une identité déclarée mixte, c’est-à-dire autochtone et non autochtone, étant donné la manière dont est collectée l’information sur l’identité autochtone dans le recensement canadien, nous avons constaté que l’identité déclarée d’un enfant issu d’une union exogame correspond généralement à celle de l’un de ses parents, et le plus souvent celle du parent autochtone dans le cas des unions autochtones — non autochtones. Toutefois, il arrive à l’occasion que l’identité de l’enfant soit totalement différente de celles de ses deux parents.

Tant pour les unions endogames qu’exogames, que l’identité déclarée de l’enfant soit identique à celle de l’un de ses parents ou non, l’impact final de la mobilité ethnique intergénérationnelle sur les effectifs d’un groupe diffère de celui pour un autre groupe à cause, principalement, de la différence du poids démographique. Aussi est-il pertinent de s’intéresser maintenant à la proportion suivant laquelle une identité ethnique est transmise d’une génération à la suivante. Pour ce faire, il faut considérer le phénomène démographique de la mobilité ethnique intergénérationnelle d’une manière plus générale envers chaque identité ethnique plutôt que par rapport aux individus comme cela a été fait depuis le début. Ce changement de point de vue permet d’estimer, en quelque sorte, le niveau de « remplacement » des effectifs de chaque identité ethnique.

Le tableau 5 présente, pour toutes les identités ethniques et selon le type d’union, l’indice de continuité ethnique générale pour les enfants âgés de moins de 5 ans aux recensements de 1996 et 2001. Pour les unions endogames, la valeur de l’indice est supérieure à 1 pour toutes les identités autochtones, ce qui n’est pas le cas pour l’identité non autochtone. Ainsi, la mobilité ethnique intergénérationnelle au sein des unions endogames, bien que peu fréquente d’après les tableaux 3 et 4, profite aux identités autochtones. L’identité non autochtone ne s’en trouve que peu affectée étant donné son poids démographique disproportionné (poids 19 fois plus grand que celui de toutes les autres identités réunies). En ce qui concerne les enfants au sein d’une union exogame, les identités indienne, métisse et inuite affichent un indice variant entre 0,59 et 0,73, alors que celui de l’identité non autochtone ne s’élève qu’à 0,38. Puisque les valeurs pour les identités autochtones sont toutes supérieures à 0,5, il s’ensuit que les identités indienne, métisse et inuite sont transmises plus souvent dans les unions exogames que l’identité non autochtone.

Tableau 5

Indice de continuité ethnique générale selon le type de l’union, par identité ethnique, Canada, 1996 et 2001

Indice de continuité ethnique générale selon le type de l’union, par identité ethnique, Canada, 1996 et 2001

Note : * Lorsque considérée à la troisième décimale, la valeur est inférieure à 1,00.

AN : Amérique du Nord

Source : Statistique Canada (2004b et 2004c)

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Étant donné que l’indice de continuité ethnique générale calculé pour tous les types d’union est, pour chaque identité, fonction de la proportion d’enfants vivant dans une union exogame, il s’avère difficile de connaître l’impact global de la mobilité ethnique intergénérationnelle pour chaque groupe ethnique. Des éléments de réponses à cette question se trouvent dans le tableau 6 qui contient, pour chaque identité ethnique, le seuil critique de l’indice de continuité ethnique générale au-delà duquel la mobilité ethnique intergénérationnelle a un effet positif. Ce seuil critique s’obtient en multipliant la proportion d’enfants vivant dans une union exogame (voir le tableau D en annexe) par 0,5, puis en additionnant la proportion des enfants vivant dans une union endogame. Par exemple, le seuil critique de l’identité indienne pour le recensement de 1996 se calcule comme suit :

Tableau 6

Seuil critique de l’indice de continuité ethnique générale (tous types d’union confondus) au-delà duquel la mobilité ethnique intergénérationnelle a un effet positif, par identité ethnique, Canada, 1996 et 2001

Seuil critique de l’indice de continuité ethnique générale (tous types d’union confondus) au-delà duquel la mobilité ethnique intergénérationnelle a un effet positif, par identité ethnique, Canada, 1996 et 2001

AN : Amérique du Nord

Source : Tableau D, Statistique Canada (2004b)

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En comparant les seuils critiques (tableau 6) avec les valeurs de la continuité ethnique générale pour tous les types d’union (tableau 5), l’identité non autochtone est la seule identité ethnique affichant un indice de continuité ethnique générale inférieur au seuil critique. Bien que ceci signifie que la mobilité ethnique intergénérationnelle a un impact négatif pour l’identité non autochtone, le poids démographique démesuré de cette dernière atténue passablement cet impact, le rendant pratiquement nul. Quant aux trois identités autochtones, l’identité métisse profite le plus de la mobilité ethnique intergénérationnelle ; l’écart positif entre l’indice de continuité ethnique générale et le seuil critique est de 0,10, tant en 1996 qu’en 2001 (0,69 versus 0,59 en 1996). Les identités inuite et indienne ne sont pas en reste avec des écarts positifs oscillants entre 0,05 et 0,08.

La mobilité ethnique intergénérationnelle au Québec

La mobilité ethnique intergénérationnelle n’est pas homogène au Canada. Au Québec, la distribution relative des enfants de moins de 5 ans selon l’identité déclarée de l’enfant, par identité parentale, aux recensements de 1996 et de 2001 combinés[6] (tableau 7) diffère de celles pour le Canada (tableaux 3 et 4) sur un point plutôt important. Au Québec, un enfant d’identité parentale mixte sur deux est d’identité déclarée non autochtone comparativement à seulement 38 % pour l’ensemble du Canada. Cette augmentation de la proportion des effectifs de l’identité non autochtone se fait au détriment des identités indienne et métisse qui, pour leur part, affichent chacune une proportion d’environ 22 % comparativement à 29 % pour l’ensemble du Canada. Pour illustrer cette spécificité québécoise, le tableau 8 présente les principaux flux allant des diverses identités parentales mixtes vers les identités déclarées pour tous les effectifs des enfants de moins de cinq ans au Québec et au Canada en 1996 et 2001. Comme c’est le cas pour l’ensemble du Canada, les enfants non autochtones vivant dans une union mixte proviennent essentiellement des unions indiennes AN — non autochtones et métisses — non autochtones. Toutefois, par rapport à l’ensemble du Canada (figures 4 et 5), chez ces enfants vivant dans des unions mixtes, une proportion plus grande retient l’identité du parent non-autochtone.

Tableau 7

Distribution relative (%) des enfants âgés de moins de 5 ans selon l’identité ethnique déclarée, par identité ethnique parentale, Québec, 1996 et 2001

Distribution relative (%) des enfants âgés de moins de 5 ans selon l’identité ethnique déclarée, par identité ethnique parentale, Québec, 1996 et 2001

AN : Amérique du Nord

Source : Statistique Canada (2004b et 2004c)

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Tableau 8

Distribution des enfants âgés de moins de 5 ans vivant dans une union autochtone — non autochtone selon les identités déclarées du parent autochtone et de l’enfant, Québec et Canada, 1996 et 2001

Distribution des enfants âgés de moins de 5 ans vivant dans une union autochtone — non autochtone selon les identités déclarées du parent autochtone et de l’enfant, Québec et Canada, 1996 et 2001

AN : Amérique du Nord

Sources : Tableaux A, B et C, Statistique Canada (2004b et 2004c)

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Conclusion

Lors de cette analyse de la mobilité ethnique intergénérationnelle chez les enfants de moins de 5 ans vivant dans une famille formée d’un couple de sexe opposé, nous avons vu que le phénomène se manifeste surtout au sein des unions exogames. Au sein de ces dernières, l’identité déclarée de l’enfant correspond la plupart du temps à celle de l’un de ses parents. Dans le cas des unions mixtes (c’est-à-dire autochtones — non autochtones), plus de 60 % de leurs enfants ont une identité autochtone, et majoritairement une identité déclarée indienne AN ou métisse. Par contre, au Québec, près de 50 % de ces enfants sont d’identité déclarée non autochtone. Lorsque l’exogamie concerne uniquement des parents d’identité autochtone (p. ex. Indien AN et Métis), très peu d’enfants (< 5 %) sont d’identité déclarée multiple. Cette dernière observation montre que l’identité ethnique multiple ne constitue pas une appartenance ethnique comme le sont les identités ethniques autochtones desquelles elle découle, mais plutôt une étape transitoire dans le processus de la mobilité ethnique entre les populations autochtones. Cela fait partie du grand processus de simplification des identités ethniques, sans quoi chaque individu traînerait derrière lui une infinité d’identités résiduelles se référant à toute sa généalogie. Dans son ensemble, la mobilité ethnique intergénérationnelle profite aux populations autochtones, et ce, au détriment de la population non autochtone. Mais, pour cette dernière, l’effet net y est peu perceptible étant donné son poids démographique disproportionné : dans l’ensemble, la population canadienne est composée à plus de 95 % de non-Autochtones.

Soulignons en terminant le caractère unique de la transmission intergénérationnelle de l’identité métisse. D’une part, bien que les enfants vivant dans une union endogame métisse soient presque tous d’identité déclarée métisse, la grande majorité des enfants d’identité métisse proviennent d’une union mixte de type métisse — non autochtone. D’autre part, un nombre non négligeable d’enfants d’identité métisse est issu des unions mixtes entre Indiens AN et non-Autochtones. À première vue, cela peut paraître sans importance parce qu’ils sont, par comparaison au nombre total d’enfants vivant dans une union indienne AN — non autochtone, en nombre très faible. Cependant, pour l’identité métisse, ce type de mobilité ethnique intergénérationnelle possède une signification toute particulière qui se rattache à sa genèse, c’est-à-dire la rencontre de deux cultures, celle des Européens et celle des Amérindiens. Puisque cette rencontre n’est pas circonscrite dans le temps, nous voyons que la mobilité ethnique intergénérationnelle qui découle de l’exogamie entre Autochtones et non-Autochtones n’est pas seulement à l’origine même de l’identité métisse, mais elle contribue aujourd’hui encore à accroître ses effectifs.

Finalement, dans le but d’enrichir les analyses futures de la mobilité ethnique intergénérationnelle, nous pourrions examiner davantage deux éléments de cette étude. D’une part, il serait intéressant de fouiller davantage l’impact de l’exogamie sur la comptabilité des naissances dans le cas de sous-populations d’un même territoire en contact les unes avec les autres, tels qu’illustrés par les scénarios 3 à 9 de la figure 1. Ce travail permettrait d’amoindrir le défi analytique qu’impose actuellement l’exogamie en ce qui concerne l’analyse démographique (fécondité, natalité…) puisque les outils disponibles ont été élaborés pour des populations endogames (comme l’ont souligné Robitaille et Guimond (2003)).

D’autre part, il serait également pertinent d’entamer une réflexion concernant la manière dont le recensement canadien collecte de l’information sur l’identité ethnique de chaque personne. En effet, puisqu’il est accepté qu’une personne puisse avoir une identité autochtone multiple (p. ex. Indien AN et Métis), ne devrait-il pas être permis qu’une personne puisse avoir une identité ethnique à la fois autochtone et non autochtone. Cette réflexion serait d’autant plus importante qu’une bonne proportion des enfants d’identité déclarée métisse provient des unions exogames autochtones — non autochtones.

Parties annexes