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Hors thème

Traits de personnalité chez les jeunes contrevenantsÉtude comparative entre les jeunes contrevenants associés ou non aux gangs de rueYoung offender’s personality traitsA comparative study between young offenders associated or not with street gangsRasgos de personalidad de los jóvenes infractoresEstudio comparativo entre los jóvenes delincuentes asociados o no a las pandillas callejeras

  • Fanny Guérin-Lazure,
  • Catherine Laurier[1] et
  • Sophie Couture

…plus d’informations

  • Fanny Guérin-Lazure
    Candidate au doctorat de psychologie, Université de Sherbrooke
    fanny.guerin-lazure@usherbrooke.ca

  • Catherine Laurier[1]
    Professeure adjointe, département de psychoéducation, Université de Sherbrooke
    Professeure associée, École de criminologie, Université de Montréal
    Chercheure régulière, Institut universitaire Jeunes en difficulté (IUJD), CIUSSS Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal
    catherine.laurier@usherbrooke.ca

  • Sophie Couture
    Professeure associée, École de criminologie, Université de Montréal
    Chercheure d’établissement, Institut universitaire Jeunes en difficulté (IUJD), CIUSSS Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal
    sophie.couture@umontreal.ca

Couverture de Les proches de personnes judiciarisées : expériences humaines et connaissances carcérales, Volume 52, numéro 1, printemps 2019, p. 5-347, Criminologie

Corps de l’article

Introduction

La délinquance chez les adolescents est une préoccupation sociale importante, entre autres parce qu’elle est coûteuse, tant en réhabilitation qu’en soins aux victimes (Heaven, 1996). Au Canada, une enquête sur les crimes autorapportés indiquait que 37 % des jeunes Canadiens de moins de 20 ans auraient déclaré avoir adopté au moins un comportement délinquant dans le passé (Sécurité publique Canada, 2012). Pour la majorité des adolescents, les comportements antisociaux se limitent à cette période (Eklund, Liljeberg et Klinteberg, 2011 ; Moffitt, 1993). Cependant, certains vont poursuivre leur trajectoire délinquante et adopter un mode de vie criminel (Eklund etal., 2011). C’est d’ailleurs le cas des jeunes associés aux gangs de rue qui, depuis les dernières années, attirent l’attention du public, des autorités et des chercheurs en raison de leur productivité criminelle et de leur violence (Guay, Fredette et Dubois, 2014). En fait, ces derniers seraient responsables de 50 à 86 % des actes délinquants commis (Bradshaw, 2005 ; Haymoz, 2014). Le fait que les jeunes contrevenants associés aux gangs de rue se caractérisent par une délinquance plus cristallisée, sévère et violente (Haymoz, 2014) est bien documenté dans la littérature ; toutefois, ce qui les différencie sur le plan individuel demeure très peu étudié. En effet, jusqu’à maintenant, la majorité des études portant sur les gangs de rue l’ont fait sous des angles sociologiques et criminologiques, mettant l’accent sur les processus d’adhésion et les comportements délinquants plutôt que sur les individus (Alleyne et Wood, 2010). Pourtant, une meilleure connaissance des caractéristiques psychologiques des jeunes qui s’associent aux gangs de rue est primordiale afin de permettre aux intervenants, qui travaillent dans les centres de réadaptation et dans les établissements de détention, de mieux cibler les besoins spécifiques de cette clientèle et de mieux y répondre (Klein et Maxson, 2006). Pour mieux situer les besoins psychologiques des jeunes contrevenants associés aux gangs de rue, l’article commencera par une recension des écrits sur les caractéristiques individuelles des jeunes contrevenants associés aux gangs de rue ainsi que sur le lien unissant les traits de personnalité et la délinquance, puis se poursuivra par une analyse des données, où les traits de personnalité seront utilisés pour décrire les jeunes contrevenants de l’échantillon.

Gangs de rue

Le manque de consensus quant à la définition d’un gang de rue est une problématique bien répertoriée dans la littérature (Alleyne et Wood, 2010 ; Guay et al., 2014). D’ailleurs, des chercheurs québécois se sont penchés sur la question dans un ouvrage récent et en sont venus à la conclusion que les définitions utilisées ne permettaient pas de rendre compte de l’hétérogénéité et de la complexité des gangs de rue (Guay et al., 2014). Ils ont plutôt proposé un modèle multidimensionnel où les activités criminelles, l’adhésion à la culture de gang (signes de reconnaissance, rituels, normes et valeurs), la position dans le réseau ainsi que les tendances psychopathiques (manque d’empathie, utilisation de la menace, etc.) sont prises en compte. Cette nouvelle perspective n’a pas pour objectif de statuer sur l’association d’un individu, mais plutôt de mieux connaître les particularités de chaque délinquant afin de rendre plus efficaces les méthodes d’évaluation et d’intervention (Guay et al., 2014). Bien que cette approche soit intéressante, certains contextes, tels que la recherche, nécessitent l’utilisation d’une définition précise et opérationnelle. Une des définitions le plus fréquemment utilisées est celle de Klein et Maxson (2006) où les gangs de rue sont décrits ainsi : « A street gang is any durable, street-oriented youth group whose involvement in illegal activity is part of its group identity » (p. 4). L’utilisation d’une mesure autorévélée aux gangs, considérée comme fiable et valide par plusieurs spécialistes du domaine (Curry, Decker et Egley, 2002 ; Esbensen, Winfree Jr, He et Taylor, 2001), permet également l’identification des jeunes associés aux gangs de rue.

Les jeunes contrevenants associés aux gangs de rue sont d’abord reconnus pour leur délinquance prolifique et pour le caractère plus violent de leurs actes comparativement aux jeunes contrevenants non associés aux gangs de rue (Wendy, Craig, Gagnon et Tremblay, 2002). Le modèle proposé par Thornberry pour expliquer cette délinquance est que l’intégration dans un gang de rue, par les valeurs véhiculées, le statut des membres, la solidarité et la cohésion, contribuerait à exacerber la délinquance, déjà présente, chez ses membres (Bouchard et Splinder, 2010 ; Thornberry, Krohn, Lizotte et Chad-Wierschem, 1993).

Outre leur délinquance plus sévère, la plupart des jeunes contrevenants associés aux gangs de rue partageraient certaines caractéristiques individuelles et sociales telles que le fait d’être de sexe masculin, d’être issu d’une minorité ethnique, la pauvreté, le fait de provenir de familles non traditionnelles, les antécédents familiaux de criminalité, le fait d’avoir été victime de discrimination ou d’avoir entretenu des relations avec des pairs délinquants (Alleyne et Wood, 2010 ; Esbensen et al., 2001 ; Haymoz, 2014). L’étude des caractéristiques individuelles et sociales des jeunes contrevenants associés aux gangs de rue est essentielle afin de mieux comprendre en quoi ils se distinguent des autres délinquants et ainsi d’améliorer les interventions en les adaptant aux particularités de ces jeunes. Quelques rares études soulignent que les jeunes contrevenants associés aux gangs de rue se distingueraient également des jeunes contrevenants non associés par des caractéristiques psychologiques, telles que par un plus faible niveau d’autocontrôle (Arneklev, Grasmick, Tittle et Bursik Jr, 1993 ; Haymoz, 2014) ainsi que par une faible estime de soi, particulièrement chez les plus jeunes membres (Dmitrieva, Gibson, Steinberg, Piquero et Fagan, 2014). Bien que ces caractéristiques aient un potentiel dans le domaine de l’intervention clinique (Bos, Muris, Mulkens et Schaalma, 2006 ; Piquero, Jennings, Farrington, Diamond et Gonzalez, 2016), ces études présentent certaines lacunes. Le niveau d’autocontrôle a été estimé par des mesures d’impulsivité, de prise de risque, d’égocentrisme et d’irritabilité (Arneklev et al., 1993), il est donc difficile de savoir avec précision quelle variable est impliquée dans l’association aux gangs de rue. De plus, le lien entre l’estime de soi et l’association aux gangs de rue est difficile à établir puisqu’il dépendrait du statut au sein du groupe. En fait, les jeunes membres auraient tendance à avoir une faible estime de soi tandis que les membres aguerris et haut placés auraient plutôt une estime de soi gonflée (Alleyne et Wood, 2010 ; Dmitrieva et al., 2014).

Les études mentionnées précédemment ont ainsi permis de relever certaines caractéristiques psychologiques qui caractérisent les jeunes contrevenants associés aux gangs de rue. Cependant, aucune d’entre elles n’a considéré les traits de personnalité propres à ces jeunes. Sachant que les traits de personnalité ont permis de mieux comprendre divers comportements délinquants (Caspi, Roberts et Shriner, 2005 ; Heaven, 1996 ; Jones, Miller et Lynam, 2011) et qu’ils ont une valeur pour mieux aiguiller l’intervention vers les besoins du jeune (Conrod, Castellanos-Ryan et Mackie, 2011), il serait pertinent de les étudier auprès d’une population très criminalisée d’adolescents et de jeunes adultes.

Traits de personnalité

Les traits de personnalité sont devenus au fil du temps des variables d’intérêt par leur stabilité temporelle ainsi que par leur valeur prédictive de plusieurs comportements humains. En effet, les traits de personnalité apparaissent tôt dans le développement et le niveau de continuité entre l’enfance et l’âge adulte est assez élevé (Fraley et Roberts, 2004). Le modèle des traits de personnalité le plus utilisé dans la recherche et qui a bénéficié du meilleur appui empirique (Mervielde, De Clercq, De Fruyt et Van Leeuwen, 2005) est celui des cinq facteurs (Costa et McCrae, 1992). La proposition de Costa et McCrae (1992) est que la personnalité est composée de cinq facteurs, soit le névrotisme, l’extraversion, l’ouverture à l’expérience, l’agréabilité et la conscience. Le névrotisme est la tendance à vivre des émotions négatives telles que l’anxiété, la colère, la dépression, l’hostilité, l’irritabilité et le stress. L’extraversion est la propension à rechercher les émotions positives et les sensations fortes. L’ouverture à l’expérience est caractérisée par une curiosité intellectuelle et par l’attrait de la nouveauté. L’agréabilité est décrite comme une attitude prosociale, empathique et sensible. Finalement, la conscience est une prédisposition à être dirigé vers un objectif et à être organisé et responsable. Chacun des facteurs de personnalité est composé de six facettes, qui en constituent les dimensions (McCrae et Costa, 2008). Chaque individu présente un profil de personnalité unique, il se situe donc à différents niveaux du continuum (allant de très faible à très élevé) pour chaque facteur et chaque facette. Même s’il s’agit d’un modèle de traits conçu et validé auprès de la population générale, son utilité auprès des populations cliniques a été démontrée dans la littérature. En fait, les traits de personnalité sont utilisés pour prédire notamment la délinquance (Caspi et al., 2005 ; Heaven, 1996 ; Jones et al., 2011), plusieurs psychopathologies (Uliaszek, Al-Dajani et Bagby, 2015), la consommation de substances psychoactives (Jones et al., 2011) ainsi que la prise de risque (Gullone et Moore, 2000 ; McGhee, Ehler, Buckhalt et Philips, 2012).

Traits de personnalité chez les délinquants

La plupart des auteurs s’accordent pour dire que la délinquance serait associée à un haut niveau de névrotisme ainsi qu’à un faible niveau d’agréabilité et de conscience (Heaven, 1996 ; Joliffe, 2013 ; Van Dam, Jassens et De Bruyn, 2005). Quant aux autres facteurs, les résultats sont plus mitigés. Heaven (1996) a été en mesure d’établir un lien entre un haut niveau d’extraversion et la délinquance, en utilisant seulement la facette recherche de sensations fortes. Selon certains auteurs, le facteur ouverture à l’expérience émergerait plus tard que les autres facteurs, soit au début de l’âge adulte (Lau, 2013). Les résultats d’études semblent aussi converger en ce sens puisque l’étude de Heaven (1996) du côté des adolescents démontre peu d’ouverture à l’expérience tandis que l’étude de Hosie et ses collaborateurs (2014) du côté des criminels adultes, a permis d’établir un lien entre la délinquance et un faible niveau d’ouverture à l’expérience.

À ce jour, plusieurs chercheurs ont investigué les traits de personnalité des jeunes contrevenants. Par contre, il a été démontré que les différentes facettes de chaque facteur étaient peu prises en compte dans les études effectuées auprès des jeunes délinquants (Jones et al., 2011), malgré le fait qu’elles sont de meilleurs prédicteurs de la délinquance (Gudjonsson et Sigurdsson, 2007). Par ailleurs, la majorité des études a comparé des participants délinquants (adolescents et adultes) à la population générale alors que peu ont comparé les délinquants entre eux pour voir s’il existe des différences quant à leurs traits de personnalité (Jones et al., 2011). En outre, aucune recherche répertoriée ne s’est penchée sur les différences entre les délinquants associés ou non à une organisation telle que les gangs de rue. Pourtant, certains auteurs mentionnent l’importance de ne pas considérer les délinquants comme un groupe homogène et de s’intéresser davantage aux sous-groupes (Eklund et al., 2011). Par exemple, une étude de Eklund et ses collaborateurs (2011) a permis de mettre en évidence que les délinquants violents se distingueraient des autres délinquants par un niveau plus élevé d’anxiété et un plus faible niveau de conformité. Le développement des connaissances en matière de traits de personnalité est nécessaire à l’amélioration de la prise en charge des jeunes associés aux gangs de rue en permettant d’adapter l’intervention en fonction de leurs forces, leurs difficultés et leurs besoins. D’ailleurs, la réussite de modèles d’intervention adoptant une approche individualisée, basée sur les traits de personnalité, a été appuyée par plusieurs études (Conrod et al., 2011 ; O’Leary-Barett, Castellanos-Ryan, Pihl et Conrod, 2016). De plus, en comprenant quel besoin l’affiliation aux gangs de rue vient combler, il sera possible d’offrir des solutions de rechange pour répondre à ce besoin de manière prosociale (Spergel, Wa et Sosa, 2006).

Objectifs de l’étude

L’objectif principal de cette recherche est d’étudier les traits de personnalité chez les jeunes contrevenants associés aux gangs de rue et les jeunes contrevenants non associés aux gangs de rue. En s’appuyant sur la littérature sur des délinquants (Heaven, 1996 ; Jolliffe, 2013 ; Van Dam et al., 2005), l’hypothèse avancée est que les jeunes contrevenants associés aux gangs de rue se démarqueraient des jeunes contrevenants non associés par un plus haut niveau de névrotisme et d’extraversion ainsi que par un plus faible niveau d’agréabilité et de conscience. Puisque cette littérature est inconsistante quant au facteur ouverture à l’expérience (Lau, 2013), ce facteur sera exploré, sans hypothèse spécifique, auprès des jeunes contrevenants associés aux gangs de rue. Dans un deuxième temps, l’étude permettra également d’explorer les facettes des traits de personnalité qui différencient les jeunes contrevenants associés aux gangs de rue des jeunes non associés à ces gangs, et ainsi obtenir plus de précision quant aux différences entre les deux groupes.

Méthode

Participants

Les participants à cette étude sont des contrevenants adolescents et jeunes adultes, s’étant révélés associés ou non aux gangs de rue. Les participants ont été recrutés (entre 2011 et 2013) au Centre intégré universitaire en santé et services sociaux (CIUSSS) du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal, aux centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS) de Laval, des Laurentides et de Lanaudière et aux établissements de détention de Saint-Jérôme et de Montréal. L’échantillon est composé de 211 participants ; 79 d’entre eux sont associés à des gangs de rue (association telle que définie par une réponse positive à au moins une des deux questions suivantes : « Vous considérez-vous comme un membre de gang de rue ? » ou « Considérez-vous avoir déjà été membre d’un gang de rue ? ») et les 132 autres n’y sont pas associés. Les critères d’inclusion sont : être âgé entre 14 et 25 ans, être de sexe masculin, être suivi par l’établissement en vertu de la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents (LSJPA) ou placé sous la responsabilité de la Direction générale des services correctionnels (DGSC). Le fait d’avoir un retard mental noté au dossier ou de ne pas être en mesure de répondre aux questionnaires en français constitue un critère d’exclusion.

Procédures

En premier lieu, les intervenants ont présenté le projet de recherche aux participants admissibles. Au sein du CIUSSS et des CISSS, le projet a été présenté à tous les jeunes hébergés dans les unités visées par l’étude, tandis que dans les établissements de détention, une publicité a été affichée et les détenus devaient manifester leur intérêt à participer à l’étude aux personnes responsables de leur établissement. Les jeunes intéressés à participer à la recherche ont signé un formulaire d’autorisation afin de fixer un premier rendez-vous. Pour les jeunes âgés de moins de 18 ans, le consentement du parent a été obtenu préalablement à la rencontre. Lors de cette première rencontre, le formulaire de consentement a été expliqué et signé par le jeune, s’il souhaitait toujours prendre part à l’étude. À la suite de l’obtention du consentement, les jeunes ont participé à deux rencontres, de deux à trois heures chacune, où des assistants de recherche leur ont fait passer des questionnaires et des entrevues. Les questionnaires ont été passés sur un support informatique afin de réduire le risque d’erreurs lors de la retranscription ainsi que d’assurer la confidentialité. À la fin de chaque rencontre, une compensation de 30 dollars a été remise au jeune. Les détails de l’étude se trouvent dans le rapport de recherche de Laurier et ses collaborateurs (Laurier, Guay, Lafortune et Toupin, 2015).

Instruments

Afin de mesurer les variables d’intérêt ainsi que de décrire l’échantillon, plusieurs questionnaires ont été sélectionnés.

Questionnaire sociodémographique. Les principales données sociodémographiques ont été recueillies à l’aide d’un questionnaire maison, similaire à ceux utilisés dans les enquêtes de Santé Québec (Institut de la statistique du Québec, 2005). Pour bien définir l’échantillon, les caractéristiques suivantes sont utilisées : l’âge, les informations quant à la prise en charge (centres jeunesse ou centres de détention) et l’origine ethnique.

La délinquance autorévélée. La délinquance autorévélée a été mesurée à l’aide du Self-Report of Offending – Revised (SRO-R) (Huizinga, Esbensen et Weiher, 1991), comprenant 48 items sur une échelle de type « oui/non ». Cet outil permet de mesurer plusieurs paramètres de la délinquance, dont la précocité, la fréquence, la diversité, la gravité et l’incidence des délits commis depuis les douze derniers mois. La précocité correspond à l’âge moyen du premier délit. La fréquence correspond au nombre total de délits commis. La diversité est calculée avec le nombre moyen des différents types de délits commis, soit l’addition de toutes les sous-catégories de crimes (menaces, vols qualifiés, voies de fait, décharge d’une arme à feu, méfaits, incendies criminels, introduction par effraction, vols divers, fraude, trafic de stupéfiants et autres infractions au Code criminel) dans lesquelles le jeune contrevenant a rapporté avoir commis au moins un crime. La gravité est estimée par la fréquence des délits avec violence. Finalement, l’incidence correspond à la proportion des délinquants à avoir commis un crime en particulier comparativement à l’ensemble des délinquants qui ont commis au moins un crime. Ces cinq paramètres seront utilisés pour décrire l’échantillon en termes de délinquance. Le SRO-R a été validé auprès de différentes populations, démontrant une stabilité en fonction de l’âge, du genre et de l’origine ethnoculturelle (Knight, Little, Losoya et Mulvey, 2004) ainsi que des résultats qui concordent avec les mesures officielles de la délinquance (Elliott, Dunford et Huizinga, 1987).

L’appartenance autorévélée aux gangs de rue. Une adaptation maison du questionnaire Gang Involvement Scale (GIS) de Spergel et ses collaborateurs (2005), qui permet de mesurer l’appartenance actuelle et passée aux gangs de rue, a été utilisée. L’utilisation de l’identification autorévélée aux gangs est considérée comme une mesure fiable et valide par plusieurs spécialistes du domaine (Curry et al., 2002 ; Esbensen et al., 2001).

Les traits de personnalité. Le Revised Neuroticism-Extraversion-Openness Personality Inventory (NEO-PI-R) est un inventaire de personnalité autorapporté comprenant 240 items sur une échelle de type Likert de 0 à 5. Il permet de mesurer les cinq facteurs de la personnalité et leurs six facettes respectives : névrotisme (anxiété, hostilité, dépression, timidité sociale, impulsivité et vulnérabilité), extraversion (chaleur, grégarité, assertivité, activité, recherche de sensations fortes et émotions positives), ouverture à l’expérience (ouverture aux rêveries, à l’esthétisme, aux sentiments, aux actions, aux idées et aux valeurs), agréabilité (confiance, droiture, altruisme, conformisme, modestie et sensibilité) et conscience (compétence, ordre, sens du devoir, recherche de réussite, autodiscipline et délibération) (voir Rolland, Parker et Stumpf [1998]). Le NEO-PI-R a démontré des propriétés psychométriques satisfaisantes autant en termes de validité que de fidélité (Costa et McCrae, 1992 ; Le Corff et Toupin, 2010). Les alphas de Cronbach varient entre 0,86 et 0,92, supportant la consistance interne de l’instrument (Costa, McCrae et Kay, 1995). Les scores T moyens des cinq grands facteurs et des 30 facettes seront utilisés.

Analyses statistiques

Afin de comparer les deux groupes de l’échantillon quant aux données sociodémographiques (âge, prise en charge et origine ethnique) et leur délinquance, des analyses de variance (ANOVA) ont été effectuées avec l’appartenance ou non à un gang de rue comme variable inter-sujet et les autres données comme variables intra-sujets. Afin de vérifier si les deux groupes diffèrent quant à leurs traits de personnalité, deux analyses de covariance multiple (MANCOVA) ont été effectuées. L’appartenance ou non aux gangs de rue sera utilisée comme variable dépendante, les cinq facteurs et les trente facettes de la personnalité constitueront séparément les variables indépendantes. Afin de réduire l’impact possible de l’origine ethnique, qui a été fréquemment associée à l’appartenance aux gangs de rue (Esbensen et al., 2001), elle sera ajoutée dans les analyses comme variable contrôle.

Résultats

Données descriptives

Données sociodémographiques. Tel qu’il est illustré dans le Tableau 1, des analyses descriptives ont permis de dresser un portrait sociodémographique des contrevenants qui ont participé à l’étude. Les jeunes contrevenants associés et non associés aux gangs de rue sont comparables quant à leur âge ainsi que le type de prise en charge (LSJPA ou DGSC). Quant à leur origine ethnique, une plus faible proportion des jeunes contrevenants associés aux gangs de rue se considèrent comme étant d’origine québécoise/canadienne, comparativement aux jeunes contrevenants non associés (F(1, 210) = 15,68 ; p = 0,000).

Tableau 1

Données sociodémographiques chez les jeunes contrevenants associés (n = 79) ou non associés aux gangs de rue (n = 132)

Données sociodémographiques chez les jeunes contrevenants associés (n = 79) ou non associés aux gangs de rue (n = 132)

* p ≤ 0,05, ** p ≤ 0,01.

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Portrait de la délinquance. Il n’y a pas de différence significative entre les deux groupes quant à l’âge du premier délit, les jeunes contrevenants de l’échantillon ont commis leur premier délit en moyenne à 14 ans (voir Tableau 2). En ce qui a trait à la fréquence des comportements délinquants, les jeunes contrevenants associés aux gangs de rue ont commis en moyenne plus d’infractions que les jeunes contrevenants non associés (F(1,180) = 22,00 ; p = 0,000). Les jeunes contrevenants associés aux gangs de rue ont également une criminalité plus diversifiée que les jeunes contrevenants non associés (F(1,210) = 7,57 ; p = 0,006). Les jeunes contrevenants associés aux gangs de rue commettent plus fréquemment des délits avec violence que les jeunes contrevenants non associés (F(1,155) = 16,20 ; p = 0,000). Quant à l’incidence des types de délits, les jeunes contrevenants associés aux gangs de rue sont plus nombreux que les jeunes contrevenants non associés à avoir commis des vols qualifiés (F(1,209) = 12,01 ; p = 0,001), des voies de fait (F(1,209) = 34,12 ; p = 0,000), des fraudes (F(1,209) = 3,96 ; p = 0,048) ainsi que du trafic de stupéfiants (F(1,209) = 5,53 ; p = 0,020). Pour les autres types d’infractions, les deux groupes sont comparables.

Facteurs de personnalité des jeunes contrevenants. Afin de déterminer si les jeunes contrevenants associés aux gangs de rue se démarquent des jeunes contrevenants non associés en ce qui a trait à leurs facteurs de traits de personnalité, une analyse de covariance multiple a été effectuée avec l’origine ethnique comme variable contrôle (voir Tableau 3). Un test robuste d’égalité des moyennes a été réalisé car l’un des cinq facteurs de personnalité (ouverture à l’expérience) ne respectait pas le postulat d’homogénéité des variances (Field, 2009). Considérant que les résultats sont demeurés les mêmes avec le test d’égalité des moyennes, ce sont les analyses de covariance multiple qui seront présentées. Les jeunes contrevenants associés aux gangs de rue se différencient des jeunes contrevenants non associés par un plus faible niveau d’agréabilité (F(1, 208) = 19,59 ; p = 0,000). Quant aux autres facteurs, il n’existe pas de différence significative entre les deux groupes.

Tableau 2

Précocité, fréquence (log10), diversité, gravité (log10) et incidence de la délinquance chez les jeunes contrevenants associés (n = 79) ou non associés aux gangs de rue (n = 132)

Précocité, fréquence (log10), diversité, gravité (log10) et incidence de la délinquance chez les jeunes contrevenants associés (n = 79) ou non associés aux gangs de rue (n = 132)

* p ≤ 0,05, ** p ≤ 0,01.

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Tableau 3

Facteurs de personnalité et association aux gangs de rue : comparaison des jeunes contrevenants associés (n = 79) ou non associés aux gangs de rue (n = 132)

Facteurs de personnalité et association aux gangs de rue : comparaison des jeunes contrevenants associés (n = 79) ou non associés aux gangs de rue (n = 132)

* p ≤ 0,05, ** p ≤ 0,01.

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Facettes de personnalité des jeunes contrevenants. Afin de vérifier si les jeunes contrevenants associés aux gangs de rue se démarquent des jeunes contrevenants non associés quant à leurs facettes de personnalité, des analyses de covariance multiple ont encore été effectuées (Tableau 4) avec l’origine ethnique comme variable contrôle. Un test robuste d’égalité des moyennes a été réalisé car 9 des 30 facettes de personnalité (anxiété, hostilité, timidité sociale, vulnérabilité, ouverture aux rêveries, ouverture aux sentiments, altruisme, compétence et délibération) ne respectaient pas le postulat d’homogénéité des variances. Les résultats du test robuste d’égalité des moyennes concordent avec ceux des analyses de covariance multiple, ce sont donc ces dernières qui seront présentées. En ce qui concerne le facteur névrotisme, les jeunes contrevenants associés aux gangs de rue se distinguent des jeunes contrevenants non associés par un plus haut niveau d’hostilité (F(1, 208) = 7,51 ; p = 0,007). Pour le facteur extraversion, ils se distinguent par un plus faible niveau de chaleur (F(1, 208) = 6,56 ; p = 0,011). Finalement, pour le facteur agréabilité, les jeunes contrevenants associés aux gangs de rue se distinguent par un plus faible niveau de confiance (F(1, 208) = 8,34 ; p = 0,004), de droiture (F(1, 208) = 11,23 ; p = 0,001), d’altruisme (F(1, 208) = 8,60 ; p = 0,004), de conformisme (F(1, 208) = 16,49 ; p = 0,000) et de modestie (F(1, 208) = 4,471 ; p = 0,036).

Tableau 4

Facettes de personnalité et association aux gangs de rue : comparaisons des jeunes contrevenants associés (n = 79) ou non associés aux gangs de rue (n = 132)

Facettes de personnalité et association aux gangs de rue : comparaisons des jeunes contrevenants associés (n = 79) ou non associés aux gangs de rue (n = 132)

* p ≤ 0,05, ** p ≤ 0,01.

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Discussion

L’objectif de cette étude était de déterminer si les jeunes contrevenants associés aux gangs de rue se distinguaient des jeunes contrevenants non associés par leurs traits de personnalité. Tout d’abord, les résultats permettent de corroborer que les jeunes contrevenants associés aux gangs de rue présentent une délinquance plus fréquente, plus diversifiée et d’une gravité plus élevée que les contrevenants non associés aux gangs de rue. De plus, ils sont plus souvent impliqués dans certains types de délits, tels que les vols qualifiés, les voies de fait, les fraudes et le trafic de stupéfiants, que les jeunes contrevenants non associés aux gangs de rue.

Tel qu’il est attendu, les jeunes contrevenants associés aux gangs de rue se distinguent par un plus faible niveau d’agréabilité. Un faible niveau d’agréabilité a souvent été associé à une plus grande violence des crimes (Jolliffe, 2013), ce qui concorde avec le fait que les jeunes contrevenants associés aux gangs de rue sont reconnus pour être plus violents. D’ailleurs, ces derniers ont commis en moyenne beaucoup plus de délits violents que les jeunes contrevenants non associés aux gangs de rue et ont une incidence plus élevée de voies de fait. Sur le plan des six facettes de l’agréabilité, cinq d’entre elles diffèrent significativement dans les deux groupes. Les jeunes contrevenants associés aux gangs de rue ont un niveau moins élevé de confiance, de droiture, d’altruisme, de conformisme et de modestie. Ainsi, ils ont tendance à percevoir les intentions des autres comme hostiles, à ne pas être sincères, à ne pas se préoccuper du bien-être d’autrui, à chercher à avoir le dessus dans les conflits interpersonnels et à démontrer peu d’humilité. En percevant davantage les intentions des autres comme hostiles, cela augmente l’état d’alerte de la personne, qui peut répondre par une agression puisqu’elle se sent menacée (Sato, Uono, Matsuura et Toichi, 2009). De plus, puisqu’ils se préoccupent peu du bien-être d’autrui, cela peut également augmenter la possibilité d’émettre des comportements agressifs (Sneed, 2002). Le fait qu’ils ont un faible niveau d’agréabilité permet d’expliquer, en partie, que ces jeunes réagissent avec agressivité dans leurs relations interpersonnelles et qu’ils sont impliqués dans plus de crimes contre la personne (voies de fait) ainsi que dans plus de crimes violents.

Contrairement aux hypothèses initiales, aucune différence significative entre les deux groupes n’a été relevée quant au facteur névrotisme. Pourtant, dans une méta-analyse effectuée par Jones et ses collaborateurs (2011), le facteur névrotisme était l’un des trois facteurs les plus fortement associés aux comportements antisociaux et aux agressions. Il serait donc intéressant d’explorer si ce résultat pourrait être expliqué par certaines particularités de l’échantillon, puisque la présente étude se distingue par la participation de jeunes associés aux gangs de rue. En fait, puisque le névrotisme est associé à une vulnérabilité (anxiété, dépression, timidité sociale, etc.), pouvant aller à l’encontre des valeurs de masculinité (force physique, bravoure, invulnérabilité, image de dur, violence, etc.) prônées par le gang (Fredette et Guay, 2014), cela pourrait avoir un impact différent sur la manifestation de ce trait de personnalité. Toutefois, les jeunes contrevenants associés aux gangs de rue se distinguent des contrevenants non associés par un plus haut niveau d’hostilité, l’une des facettes du névrotisme. Ils ont donc plus tendance à ressentir des émotions du même ordre que la frustration et l’amertume. Ce résultat concorde avec ceux des études menées par Miller et al. (2003) et Jones et al. (2011), qui avaient permis d’établir un lien entre la facette hostilité et les comportements antisociaux ainsi qu’avec les agressions.

Il était attendu que les jeunes contrevenants associés aux gangs de rue se distinguent par un plus haut niveau d’extraversion, particulièrement la facette recherche de sensations fortes puisqu’elle est étroitement liée à la délinquance (Heaven, 1996). Toutefois, aucune différence significative n’a été relevée entre les deux groupes. Il est possible d’expliquer ce résultat par l’effet d’incarcération, soit qu’il devient difficile pour les individus incarcérés de répondre à des questions concernant leurs activités sociales, auxquelles ils n’ont plus accès, ce qui pourrait affecter la validité des réponses (Van Dam et al., 2005). Par contre, les jeunes contrevenants associés aux gangs de rue se démarquent des jeunes contrevenants non associés par un plus faible niveau de chaleur. Les jeunes contrevenants associés aux gangs de rue ont donc tendance à démontrer peu d’intérêt et adopter une attitude moins amicale envers les autres. Il s’agit donc d’un autre résultat, en plus des faibles scores obtenus aux facettes d’agréabilité, qui laisse supposer de grandes difficultés interpersonnelles chez les jeunes contrevenants associés aux gangs de rue.

Aucune différence significative entre les deux groupes n’a été relevée quant au facteur ouverture à l’expérience. Considérant que l’âge moyen de l’échantillon est de 18 ans et qu’il s’agit d’un facteur qui ressortirait davantage au cours de l’âge adulte (Heaven, 1996), cela pourrait expliquer les résultats.

Finalement, les jeunes contrevenants associés aux gangs de rue ne se distinguent pas des jeunes contrevenants non associés par le niveau de conscience qu’ils présentent. Pourtant, l’association entre la délinquance et le faible niveau de conscience est bien établie dans la littérature (Heaven, 1996 ; Jolliffe, 2013 ; Van Dam et al., 2005). Contrairement à ce qui était attendu, les jeunes contrevenants de l’échantillon ont obtenu un score élevé à recherche de réussite comparativement à la moyenne normative, ce qui signifie qu’ils ont de grandes aspirations et qu’ils sont prêts à travailler fort pour atteindre leurs objectifs. L’outil utilisé ne permet pas d’obtenir des informations sur la nature de ces objectifs, mais il est possible de croire qu’ils ont davantage une valeur antisociale que prosociale. Ces jeunes contrevenants ont donc la capacité à être organisés et dirigés vers un objectif, mais dans un contexte de délinquance.

Cette étude comporte certaines limites. Premièrement, puisque l’échantillon est uniquement composé de garçons, la généralisation des résultats de cette étude se limite aux contrevenants de sexe masculin. Deuxièmement, le nombre élevé de variables incluses dans les analyses statistiques a pu réduire la puissance à détecter des différences entre les groupes. Toutefois, comme il s’agissait de la première étude du genre, l’objectif était davantage exploratoire. Troisièmement, le fait que l’échantillon a été sélectionné dans un environnement contrôlé (LSJPA ou DGSC) n’est pas représentatif de l’ensemble des jeunes délinquants puisqu’il ne tient pas compte des jeunes qui commettent des délits mais qui n’ont pas été arrêtés. Finalement, l’utilisation de données autorapportées comporte plusieurs avantages (Curry et al., 2002) ; par contre, comme il s’agissait de questions fermées, cela a limité la quantité d’information recueillie. Par exemple, l’utilisation de questions ouvertes permettrait de mieux comprendre la nature des objectifs des jeunes contrevenants associés aux gangs de rue.

Conclusion

Il s’agissait de la première étude à comparer deux groupes de jeunes contrevenants, soit les jeunes associés ou non aux gangs de rue, sur la base de leurs traits de personnalité. Les jeunes contrevenants associés aux gangs de rue se distinguent des jeunes contrevenants non associés par un plus faible niveau d’agréabilité, de confiance, de droiture, d’altruisme, de conformisme, de modestie et de chaleur ainsi que par un plus haut niveau d’hostilité. Ceci vient appuyer la nécessité de ne pas considérer les délinquants comme un groupe homogène et de s’intéresser davantage aux différences individuelles. De plus, ces différences concernent surtout les facettes, ce qui soutient l’importance d’aller au-delà de l’utilisation de grands facteurs dans la recherche.

Outre le fait d’obtenir un portrait plus juste des jeunes contrevenants qui s’associent aux gangs de rue, l’étude des caractéristiques psychologiques permet également d’orienter l’intervention en ciblant les forces et les difficultés de chacun. Par exemple, en sachant qu’ils se distinguent, d’une part, par des difficultés sur le plan interpersonnel (faible niveau d’agréabilité et de chaleur) et, d’autre part, qu’ils ressentent davantage d’hostilité, il serait pertinent de mettre l’accent sur des ateliers de développement des habiletés sociales et de gestion de la colère, et ce, le plus tôt possible. Les ateliers devraient également être adaptés à leurs spécificités, par exemple en travaillant la reconnaissance des émotions puisque les jeunes contrevenants ont tendance à percevoir beaucoup d’hostilité. De plus, comme ils ont la capacité à être organisés et dirigés vers un objectif, il serait approprié de les aider à déterminer et à adopter des buts prosociaux, leur permettant ainsi de mettre à profit leurs forces de manière plus positive. Cela rejoint l’une des stratégies du Comprehensive Community-Wide Program Model d’Irving A. Spergel, programme reconnu comme le modèle à suivre dans l’intervention auprès des jeunes associés aux gangs de rue, qui est de leur offrir des possibilités prosociales (Spergel et al., 2005). Ainsi, en distinguant les caractéristiques psychologiques propres à ces jeunes, cela permet de développer des interventions plus différenciées et appropriées à leurs besoins et leurs capacités, de prioriser certaines cibles d’intervention en fonction de leurs particularités, dans le but de maximiser l’efficacité des services qui leur sont offerts.

Parties annexes