Résumés
Résumé
Tiré de l’expérience d’une formation pour le personnel de bibliothèques, ce témoignage interroge les méthodes que peuvent utiliser les bibliothèques pour contrer la désinformation à travers leurs collections. Les bibliothèques, traditionnellement perçues comme des lieux de savoirs validés, doivent garantir la qualité et la fiabilité de leurs ressources et éduquer les citoyennes et citoyens à l’esprit critique face à la surabondance numérique et aux fake news. L’article présente ainsi des questions liées aux acquisitions, à l’organisation des collections et à la médiation documentaire, ainsi qu’à la connaissance du monde éditorial et scientifique. Sont proposés des outils comme la pyramide des preuves et un scepticomêtre des bibliothèques, ainsi qu’un protocole pour que les bibliothécaires aient des éléments pour réagir face à une fake news.
Abstract
Drawn from the experience of a training course for library staff, this testimony questions the methods that libraries can use to counter misinformation through their collections. Libraries, traditionally perceived as places of validated knowledge, must guarantee the quality and reliability of their resources and educate citizens in critical thinking in the face of digital excess and fake news. This article looks at issues relating to acquisitions, the organization of collections and documentary mediation, as well as knowledge of the publishing and scientific world. Tools such as the pyramid of evidence and a library skepticometer are proposed, as well as a protocol to provide librarians with elements for reacting to fake news.
Corps de l’article
« La bibliothèque est un univers merveilleux dans lequel on peut entrer et demander “où est Dieu ?”, pour s’entendre répondre avec une tranquille assurance “Dieu est en 231”... »
Bertrand Calenge, Enssib, mars 2009
Les bibliothèques, longtemps perçues comme des sanctuaires de savoirs, se trouvent aujourd’hui confrontées à des défis majeurs : garantir la qualité des ressources face à l’abondance numérique, contribuer à éduquer les citoyennes et citoyens à l’esprit critique. Comment assurer ces missions ? Les bibliothèques répondent par des ateliers, par des fonds spécialisés sur les biais cognitifs et sur l’esprit critique (Kintz, 2020). Mais les bibliothécaires peuvent-ils aller plus loin, à travers leurs collections ?
Une médiathèque publique française m’a récemment sollicitée pour concevoir une formation, pour aligner leurs acquisitions sur ces enjeux cruciaux. Cette initiative s’inscrivait dans le cadre d’un projet ambitieux : la création d’une nouvelle bibliothèque axée sur la lutte contre les fake news, l’éducation à l’information et les problématiques environnementales. J’avais rédigé un article (Noël, 2023) pour Balisages, la revue de recherche de l’Enssib, article dans lequel je présentais les résultats d’une enquête menée sur la question de la formation initiale à l’évaluation de l’information pour les futurs professionnelles et professionnels des bibliothèques et de la documentation en France. Forte de mon expérience en formation à l’évaluation de l’information et en politique documentaire, j’ai accepté de relever ce défi, qui me donnait l’occasion d’interroger le rôle éducatif des bibliothèques par l’intermédiaire de leurs collections.
Je vais présenter ici les grands axes de cette formation, et j’évoquerai des questions qui se sont naturellement présentées et qui interpellent probablement tout le personnel des bibliothèques. À travers une présentation rapide du rôle éducatif des bibliothèques et des méthodes d’acquisitions de documentaires, des réflexions sur les acquisitions et des propositions de médiations sont faites ici pour concilier les besoins du public et l’offre documentaire. Ces suggestions peuvent peut-être permettre de guider les usagères et usagers des bibliothèques à reconnaître l’information de qualité à travers l’ensemble des collections, au-delà des formations, animations et collections sur ce sujet.
Bibliothèques : lieux de croisement entre éducation et fiabilité de l’information ?
En ces temps de désinformations, l’esprit critique apparaît comme une nécessité pour lutter contre les fake news, le complotisme. Des enseignantes et enseignants, des journalistes et autres développent donc des guides pour reconnaître les fake news, débusquer la désinformation, identifier les deep fakes rendues omniprésentes avec les progrès des intelligences artificielles et la viralité des réseaux sociaux. Les programmes scolaires incluent depuis quelques années une sensibilisation à l’évaluation de l’information, quel que soit le cycle d’études. Quelle place jouent les bibliothèques dans ce combat contre la désinformation ?
La bibliothèque, lieu de savoirs validés
Dans le discours professionnel, il semble aller de soi que les bibliothèques offrent une information de qualité, sélectionnée à travers les acquisitions ou le signalement par les bibliothécaires, dont c’est le « coeur de métier », qui savent identifier les meilleures ressources, les meilleurs ouvrages ou documents sur un sujet, en les évaluant selon leur pertinence, leur crédibilité, leur actualité. Les documents sont par ailleurs adaptés à un public particulier (enfants, adultes, étudiantes et étudiants, chercheuses et chercheurs) et à ses besoins ; les collections sont entretenues, désherbées et renouvelées régulièrement. Les bibliothèques respectent la pluralité des opinions et la diversité culturelle. Ces principes sont donnés dans de nombreux textes concernant les bibliothèques, comme le Manifeste IFLA-UNESCO sur la Bibliothèque Publique 2022.
Ce savoir-faire des acquéreurs et ces principes sont formalisés dans les documents de politiques documentaires (charte documentaire, plan de développement des collections, fiches domaines…), à vrai dire plus ou moins rédigés selon les établissements.
Pour le public aussi, la bibliothèque apparaît comme un lieu de certitudes, un lieu de tous les savoirs, de savoirs validés, certifiés par ces mêmes bibliothécaires (Connaway, 2015). Cela transparaît dans l’imaginaire lié aux bibliothèques, qui apparaissent comme des forteresses. Nadège Langbour (2023), dans un article sur la représentation de la bibliothèque dans la littérature de jeunesse, écrit : « La représentation de la bibliothèque dans les romans pour adolescents cristallise ainsi les clichés liés à l’antre du savoir, au caractère sacré du lieu et au silence religieux qui y règne. »
La bibliothèque, lieu d’éducation ?
Nicolas Beudon, dans son mémoire de conservateur en 2009, a montré comment les bibliothèques se positionnent comme des espaces de formation et d’apprentissage informels, complémentaires aux institutions éducatives. En offrant des ressources variées (physiques et numériques), des ateliers pédagogiques, un accompagnement personnalisé, en favorisant l’autonomie des usagères et usagers, les bibliothèques jouent un rôle clé dans le développement des compétences informationnelles et numériques, même si ce rôle éducatif ne semble pas perçu, reconnu par le public. Ce rôle éducatif se déploie à travers les animations, l’action culturelle, les formations et l’autoformation, mais aussi les collections (voir les sous-parties du mémoire). Cependant, Beudon évoque essentiellement, comme collections, les fonds d’orientation professionnelle et les dossiers pédagogiques proposés dans certains établissements, et esquive la question de la valeur éducative d’un fonds (Beudon, 2009, 46). Il ne dit rien du rôle des collections en général.
La bibliothèque formatrice
Par ailleurs, les bibliothécaires ont développé une pratique documentaire exigeante à travers la recherche bibliographique et l’accompagnement du public. Les évolutions technologiques ont permis peu à peu aux usagères et usagers de pratiquer eux-mêmes la recherche documentaire dans les bases de données bibliographiques (sur cédéroms, puis sur Internet) ; l’apparition des moteurs de recherche, en particulier Google (septembre 1998), a rendu indispensable de savoir chercher et d’évaluer les résultats de recherche. Les bibliothécaires universitaires, soutenus par des initiatives du ministère de l’Enseignement supérieur français, ont alors mis en place des formations pour les étudiantes et étudiants ainsi que les chercheuses et chercheurs, à partir des années 2000 en France. Avec le développement des questionnements autour de la maîtrise de l’information, de l’information literacy, le contexte universitaire s’est structuré et a imposé le rôle des bibliothécaires dans la formation : des réseaux sont apparus sur ce sujet, FORMIST 1 puis la commission ADBU Pédagogie et documentation 2 en France, le groupe formation de l’Association belge de documentation (Pochet et Thirion, 1998) ; en France, des services de formation se sont créés dans les organigrammes de chaque service commun de la documentation, un dispositif de reconnaissances des compétences en formation des bibliothécaires a été créé 3.
Dans la nombreuse littérature sur le teaching librarian, Ariew (2014) trace un historique du rôle des bibliothécaires universitaires dans la formation. La littérature semble moins abondante en ce qui concerne les bibliothèques publiques, où il est surtout question de l’action des bibliothèques pour lutter contre l’illettrisme (Zapata, 1994) ou comme lieu d’autoformation (Camus-Vigue, 2006).
Éducation aux Médias et à l’Information
Le développement des fake news par l’intermédiaire des réseaux sociaux a étendu ces questions de formation et d’évaluation de l’information aux bibliothèques publiques, à travers l’Éducation aux Médias et à l’Information (EMI). L’expansion des fake news et celle du complotisme renforcent la nécessité d’apporter un regard critique sur l’information, en particulier dans le domaine des médias. En France, le ministère de la Culture a joué à son tour un rôle majeur en soutenant des initiatives sur la question de l’EMI : programme de formation Emile 4, résidences de journalistes en bibliothèques municipales 5… Les journalistes sont les actrices et acteurs principaux de ces actions, généralement plus axées sur les médias que sur l’information.
Dans ce retrait des bibliothécaires, déjà constaté par Sauvé, Laponte et Coutant (2021), je crains qu’il y ait une peur de ne pas être légitimes sur ces questions, en parallèle à un besoin des journalistes de prendre position, de retrouver une confiance du public. Le développement actuel de l’OSINT (Open Source Intelligence, renseignement en sources ouvertes) va dans ce sens : montrer, partager les méthodes de validation (fact checking) de l’information et des images que les journalistes diffusent. Mais je reste perplexe quand je vois les journalistes intervenir en solo dans les bibliothèques : est-ce à dire que les bibliothécaires ne souhaitent pas assumer leur rôle dans l’évaluation de l’information, ou ne se sentent plus capables d’évaluer ? L’évaluation devient-elle plus complexe ?
C’est cette interrogation qui m’a poussée à mener une enquête exploratoire pour l’article de Balisages évoqué en début de texte. Comme résultat, j’avais pu constater, entre autres, que les cours sur l’évaluation des sujets scientifiques semblaient plus développés pour les futurs professionnelles et professionnels des bibliothèques que pour les futurs journalistes, un élément qui me semble important, mais qui reste à approfondir.
Quelle formation proposer sur la fiabilité des collections ?
La formation dont il est question ici s’est déroulée dans les bibliothèques de Nancy (France), début décembre 2024, dans le cadre d’une formation sur mesure réalisée par l’École nationale supérieure des sciences de l’information et des bibliothèques (Enssib, Villeurbanne).
Pour la préparation, la bibliothèque m’avait préalablement transmis son Projet Culturel, Scientifique, Éducatif, Écologique & Social (PCSEES) 2024-26, ainsi que les documents présentant les cotes validées pour les différents secteurs documentaires. Le PCSEES expose très clairement le contexte des bibliothèques de Nancy et les projets, en particulier, en ce qui nous concerne :
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1. Liberté : l’émancipation par l’accès aux idées et aux émotions
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Au coeur des missions des Bibliothèques de Nancy se trouve l’ouverture des accès aux savoirs et aux informations, pour développer l’esprit critique, le pouvoir d’agir et le débat citoyen […].
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A. Constituer des collections
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[…] Sont exclus les documents faisant l’apologie de la haine, du sexisme, du racisme et de toutes autres formes de discriminations ainsi que ceux dont la fiabilité scientifique est sujette à caution. […]
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B. Développer la maîtrise de l’information
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Afin de faciliter l’appropriation critique et raisonnée de l’information, d’apprendre à vérifier la fiabilité des sources et de transmettre la culture scientifique, la programmation sur l’ensemble des sites poursuivra le déploiement des animations sur l’Éducation aux Médias, à l’Information et à la Liberté d’Expression (EMILE).
La formation a duré trois jours et demi, avec des publics changeants : deux jours avec des responsables des acquisitions et de la médiation, une journée avec les seuls acquéreurs et une demi-journée pour l’ensemble du personnel, dans la très belle salle d’étude de la bibliothèque Stanislas.
Les objectifs pédagogiques de la formation étaient ainsi définis :
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Évaluer efficacement la qualité, la pertinence et la fiabilité des ressources d’information, en prenant en compte des critères objectifs.
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Acquérir des documents de qualité.
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Proposer des ressources de qualité au public.
Pour répondre à ces objectifs, de nombreuses compétences peuvent être mobilisées par les bibliothécaires (Defosse, 2020), qui ne seront pas toutes abordées dans cet article.
Figure 1
Équipe de la bibliothèque travaillant en groupes sur les biais scientifiques
La formation a abordé différents points : l’évaluation de l’information « traditionnelle », mais aussi à l’heure du numérique et des médias sociaux ; les processus de publication scientifique et les caractéristiques de la science ; la politique documentaire, la veille et la médiation documentaire en lien avec l’évaluation. La matinée à destination de l’ensemble du personnel a traité des enjeux de la qualité de l’information pour les bibliothèques et des biais dans l’évaluation de l’information, et a permis de faire des retours sur les résultats des ateliers menés pendant les journées précédentes.
La question du processus de publication scientifique me semble importante, car connaître un minimum le fonctionnement de la science et les éléments de preuve scientifique est indispensable pour évaluer l’information produite, et se positionner face à des fake news ou des propos complotistes. La troisième journée, avec les responsables des acquisitions, a permis de travailler sur des situations problématiques liées aux fake news ou aux documents (animation, suggestions d’achat) et d’interroger les méthodes d’acquisition et d’organisation des collections.
La formation a été l’occasion d’échanges, d’interrogation, de remise en question parfois ; elle a mis à jour quelques points saillants, autour des acquisitions, de l’évolution du monde éditorial, des besoins des publics et de la médiation des collections. Certains éléments qui suivent sont des propositions des stagiaires dans les ateliers.
Évaluation de l’information : le défi des acquisitions en bibliothèque
Les bibliothèques « constituent, conservent et communiquent des collections de documents et d’objets, définies à l’article L. 310-3, sous forme physique ou numérique 6 », dit la loi Robert. Pour cela, elles acquièrent des documents pertinents grâce à l’expertise revendiquée par les acquéreurs. Si le développement des collections s’est professionnalisé depuis les écrits de Bertrand Calenge, le processus de formalisation des politiques documentaires est encore en cours, selon mes constats lors de différentes formations. Le mémoire de recherche de Baron et al. (2006, 25), qui évoque cette évolution, reste encore très pertinent : « Les pratiques d’acquisition se caractérisent essentiellement par leur dimension intuitive et empirique » en raison de l’absence de politique documentaire formalisée.
Le temps court de l’acquisition
En 2024, les outils de politique documentaire mis en place dans les établissements documentaires orientent mieux les responsables de l’acquisition dans la constitution d’une collection cohérente (fiches domaines, manuel de cotation…), indiquant ce qu’il convient d’acheter ou de ne pas acheter, quels éditeurs suivre.
Cependant, concrètement, le temps disponible pour les acquisitions est considéré comme très court, de la part des responsables formés ; les acquisitions 7 ne se font pas ouvrage en main, mais se basent sur la connaissance éditoriale d’un secteur (orientations des éditeurs, des collections), sur les résumés proposés par des bases bibliographiques de libraires comme Électre, ORB en France, Memento au Canada, les signalements dans Livres Hebdo 8 ou parfois sur les informations des éditeurs. Les informations pour évaluer et sélectionner un ouvrage sont donc limitées et de seconde main. Le temps est rare pour chercher des informations sur les auteurs, un résumé ou une table des matières pour analyser l’orientation du document. Le temps est souvent trop court pour pouvoir trouver une critique, quand le document vient de sortir.
Les évolutions éditoriales
À la fin du XXe siècle, les écrits professionnels évoquaient déjà « l’inflation d’une production documentaire protéiforme » (Calenge, 1999). En 2024, les bibliothécaires se retrouvent toujours aux prises avec une offre pléthorique dans laquelle l’éditeur semble être une référence fiable. Cependant, les stagiaires ont signalé leurs difficultés devant les évolutions des politiques éditoriales : certains éditeurs jadis de confiance ont baissé en qualité.
L’offre éditoriale est en effet en constante évolution : création de nouveaux éditeurs, petits ou grands ; réorientation éditoriale ; création de nouvelles collections pour proposer des ouvrages sur des sujets à la mode, coller aux évolutions sociétales, à l’actualité. Sont apparues dans le domaine de la fiction les collections young adult, puis la dark romance, qui laissent perplexes les bibliothécaires, ou des ouvrages sur des sujets « tendances » qui ne sont basés sur aucune preuve scientifique : lithothérapie, wicca, hypersensibilité.
Comment le bibliothécaire peut se repérer dans ces évolutions éditoriales, et sur des sujets qui apparaissent, disparaissent, et sont demandés par le public ? Quels sont les ouvrages les plus sérieux sur ces sujets qui prêtent à caution ? Certains ouvrages de lithothérapie reposent sur une base de gemmologie solide alors que d’autres ne sont que des dictionnaires de « propriétés » souvent inventées, voire copiées de mauvais sites web. Mais comment avoir des connaissances minimales sur ces sujets changeants ? Une connaissance approfondie des éditeurs est bien sûr indispensable, à laquelle doit s’ajouter une veille éditoriale et sociétale.
Avant une acquisition qui peut être problématique, sur des sujets portant à caution, il convient d’étudier le catalogue de l’éditeur : titres, collections, autrices et auteurs nous donnent des informations sur un éditeur qui n’aurait pas encore été identifié, permettent de déterminer si cet éditeur est un relais de pseudosciences, de fake medicine, s’il publie des ouvrages d’opinion ou des ouvrages d’analyses sur des sujets contemporains. Bien sûr, pour un titre qui pose question, il conviendra de chercher des comptes rendus de lectures, d’identifier les autres ouvrages de l’autrice ou de l’auteur.
Ensuite, la veille éditoriale portera non seulement sur les ouvrages de cet éditeur, mais aussi sur ses actualités, pour voir les évolutions générales, les nouvelles collections, les titres et les auteurs proposés. Toute maison d’édition peut changer, en bien ou en mal. En prendre conscience demande du temps, que les responsables des acquisitions, nous l’avons vu, n’ont pas toujours. Cependant, la qualité de la collection le justifie.
La presse est un autre vecteur potentiel de désinformation, certains titres étant connus pour alimenter le complotisme. Pour les abonnements à la presse, il convient de se renseigner sur l’orientation du média. En France, Le monde diplomatique propose un graphique en ligne : Médias français, qui possède quoi ? 9 qui peut être complété par l’infographie du site Les médias, le monde et moi : la nouvelle carte (très) subjective du paysage médiatique français 10 (5 décembre 2023). Ces infographies permettent de comprendre les regroupements des médias, d’identifier les tendances politiques en fonction des propriétaires.
Un exemple : le titre en ligne Epochtimes, aux nombreuses éditions 11. Ce titre reprend les règles des grands médias d’information dans sa présentation, mais est remis en cause pour sa ligne éditoriale. De nombreux journalistes, comme Tanguay (2021) à Radio-Canada ou Genévrier (2023) à RFI, relatent son histoire (Epochtimes a été créé par des opposants au régime chinois) et soulignent ses tendances complotistes, dans une démarche de décryptage. Les chercheurs analysent quant à eux les stratégies de ce titre pour accroître son audience et diffuser ses messages (Peng, 2023).
Tableau 1
Illustration de l’évolution éditoriale de thématiques non scientifiques. Nombre d’ouvrages recensés au catalogue général de la Bibliothèque nationale de France par une recherche simple en janvier 2025
Évaluation et suivi des fonds
L’acquisition est une chose. Mais une collection vit, les ouvrages entrent et sortent, le désherbage (élagage) est indispensable pour conserver la qualité et l’attractivité d’un fonds. Cependant, certains sujets délicats, comme la santé et la pseudomédecine, l’écologie et le climatoscepticisme, l’énergie et le nucléaire sont à traiter avec attention, même après l’acquisition.
La formation s’est basée sur des documents d’un fonds en santé, dont j’avais fait sortir certains titres pour examen par les stagiaires. Ce fonds était globalement bien travaillé, avec des désherbages fréquents, mais j’ai relevé quelques incongruités, dont nous avons discuté. Ainsi, l’ouvrage Comment se soigner avec le chocolat, écrit par Henri Joyeux, propose un titre racoleur ; choix de l’éditeur peut-être, le problème n’est pas là. L’ouvrage présente ainsi l’auteur : « Henri Joyeux, chirurgien cancérologue et chirurgien des hôpitaux. Il enseigne à la faculté de médecine de Montpellier », ce qui apporte une caution scientifique rassurante. Mais Henri Joyeux est un médecin controversé pour ses positions et a été radié de l’Ordre des médecins en 2023 12, pour deux ans. Doit-on alors conserver cet ouvrage ?
Il n’est pas rare que l’opinion d’une autrice ou d’un auteur évolue, mais tous les individus controversés ne sont pas exposés sur la place publique ou sur une page Wikipédia. Aussi, un profil d’autrice ou d’auteur peut sembler fiable, mais peut être enjolivé, voire falsifié. Libérez votre cerveau ! Traité de neurosagesse pour changer l’école et la société d’Idriss Aberkane en est un parfait exemple. Ce titre a été un succès de librairie en 2016. « Spécialiste des neurosciences appliquées, Idriss Aberkane est titulaire de trois doctorats. Éditorialiste au Point, il a également donné quatre cents conférences sur quatre continents », indique la quatrième de couverture de l’ouvrage. Le site de l’auteur présente, maintenant encore, un CV impressionnant 13. Il a été démontré depuis que son CV est mensonger et exagéré et qu’une de ses thèses repose sur du plagiat 14. Ses publications dites scientifiques ou au contenu de cet ouvrage sont contestées : erreurs grossières, publications dans des revues prédatrices 15…
Ainsi, la difficulté consiste à effectuer un suivi des contenus des autrices et auteurs dans le temps, certains ouvrages pouvant présenter des données devenues peu à peu périmées, parfois difficiles à identifier, et des personnalités présentées comme sérieuses sur la base de leurs diplômes sombrent dans le complotisme (ce qui est le cas d’Idriss Aberkane).
Enfin, en ce qui concerne les contenus de ce fonds santé, certains ouvrages présents dans la bibliothèque portent sur des sujets qui ne sont basés sur aucune preuve scientifique : l’intelligence émotionnelle, l’hypersensibilité, l’homéopathie, l’ostéopathie… ainsi que la psychanalyse, perçue en France comme une vraie discipline, et enseignée à l’université. Ces ouvrages sont demandés par le lectorat, ces sujets sont à la mode ou portent sur des thématiques courantes, mais non reconnues scientifiquement.
On voit bien, avec ces exemples, que les compétences des bibliothécaires doivent dépasser la simple expertise dans les acquisitions. La ou le bibliothécaire doit savoir suivre son fonds pour en garantir la qualité, passer outre les modes éditoriales et les discours commerciaux des éditeurs. Pour cela, il est nécessaire de surveiller les fonds sur des sujets problématiques, par exemple en sortant régulièrement des listes biographiques pour survoler les titres. Par ailleurs, il est indispensable de se tenir informé des problématiques des fonds, qu’il s’agisse de la science, de la santé, de l’environnement : identifier les controverses et leurs personnages principaux, à travers une veille informationnelle sur des sources bien choisies. L’outil est important. Par exemple, un agrégateur RSS comme Inoreader permet de voir toutes les publications des fils auxquels on est abonné, alors qu’on a peu de maîtrise sur les publications que l’algorithme d’un réseau social, quel qu’il soit, va proposer.
Quelques bases scientifiques nécessaires
Les bibliothécaires ne peuvent connaître tous les domaines scientifiques, mais peuvent connaître les critères qui garantissent la scientificité et la fiabilité de la science. Il y a en effet une hiérarchie des preuves, sur laquelle il est utile de s’appuyer.
Pendant la formation, j’ai illustré cette question avec l’exemple d’un échange dans les médias : Gérard Pommier a publié une « prise de parole » sur le trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), dans Le Huffington Post (septembre 2017). Le statut de l’auteur et celui de la publication sont très clairs : il s’agit d’un psychanalyste qui présente ce qu’on appelle un papier d’opinion dans une revue mainstream du groupe Le Monde. L’auteur, aujourd’hui décédé, était par ailleurs psychiatre et professeur des universités à Paris 7. Il se fait porte-parole de « 5 000 professionnels de la santé mentale avec le soutien de quatorze associations de professionnels » pour s’élever « contre ce diagnostic TDAH, non fondé scientifiquement, dangereux et récusé par nombre d’experts internationaux. » Le texte fait appel à différents effets : alerte, réfutation de preuves, appel à l’expertise (uniquement) psychanalytique, avec un choix de références allant dans le sens voulu (un biais cognitif appelé cherry picking). Deux personnes ont choisi de répondre par le même média : René Cassou de Saint-Mathurin, psychiatre, médecin-directeur de centre médico-psycho-pédagogique (CMPP) ; Franck Ramus, directeur de recherches au Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), chercheur et non-praticien, qui tient un site, Ramus Méninges, sur lequel est proposé l’intégralité du texte 16. Leur introduction est claire : « L’article de Gorana Bulat-Manenti, Gérard Pommier et Elsa Godart, censé avertir les parents contre le diagnostic de Trouble Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH), est un chef d’oeuvre [sic] de désinformation et de construction d’une vérité alternative. »
L’article démontre ensuite tous les arrangements avec la vérité du premier texte, avec des preuves objectives systématiques. Pommier a ensuite répondu à ce texte sur un blogue, texte maintenant disparu, et Ramus a renchéri sur son propre blogue (voir l’addendum). Cet exemple est presque une petite conversation scientifique dans laquelle des chercheurs ou praticiens échangent. Il est cependant question de croyance d’un côté et de preuves de l’autre. En effet, Ramus précise la validité des classifications internationales, l’importance du consensus d’experts et des sources scientifiques fiables, et rapporte les résultats de ses recherches bibliographiques pour vérifier les propos. En clair, il utilise les bases de la science et du processus scientifique pour argumenter.
La connaissance de la nature des publications est un élément essentiel pour contrer la désinformation.
Connaître la pyramide des preuves scientifiques
Tous les documentaires en bibliothèque municipale ne relèvent pas de la science en particulier, mais peuvent aborder néanmoins des sujets scientifiques, médicaux ou techniques. Il convient alors de pouvoir situer l’ouvrage selon sa nature.
Ainsi, le fonds de la bibliothèque proposait l’ouvrage J’ai guéri du cancer de Jacqueline Delpeyroux (Paris : Cerf, 1986). Le titre indique clairement qu’il s’agit ici d’un témoignage, qui peut être intéressant, mais n’a pas de valeur scientifique en soi. Les stagiaires ont pris conscience qu’il était délicat de mettre témoignages et ouvrages de vulgarisation scientifique au même plan.
Un exercice sur la pyramide des preuves scientifiques 19 a été éclairant pour évaluer les ouvrages. J’en propose ici une version personnelle, très inspirée du domaine médical et plus générale que celle sur laquelle les participantes et participants ont travaillé,
Cette représentation est bien sûr schématique, n’intègre pas les notions d’ancienneté, de pertinence par rapport au besoin, de qualité de la méthodologie… Elle se veut surtout illustrative, permet de hiérarchiser la nature de différentes preuves apportées pour soutenir un propos et de rappeler qu’un témoignage n’a pas la même valeur qu’un consensus scientifique. J’y ai indiqué les ouvrages qui peuvent se trouver en bibliothèque.
Figure 2
Représentation de la pyramide des preuves scientifiques 20
Concilier la qualité des collections proposées et les attentes des publics
La pyramide des preuves est apparue comme éclairante, pour différencier les contenus. Mais elle ne se superpose pas du tout aux besoins des publics et aux catégories d’ouvrages. Elle peut globalement se superposer à l’échelle de complexité des ouvrages 21 telle qu’on l’utilise en bibliothèque, et peut être utilisée en bibliothèque universitaire. Il y a un vrai hiatus pour les médiathèques et bibliothèques de lecture publique, qui n’ont pas à proposer d’ouvrages scientifiques hors vulgarisation. Cette pyramide permet cependant d’être au clair sur la qualité des preuves.
Une réponse réside alors dans la médiation documentaire, en particulier le plan de classement, la signalétique et la valorisation documentaire.
L’organisation des collections
Le manuel de cotation étudié juxtaposait, probablement par une adaptation trop proche de la classification décimale Dewey, dans le domaine « Santé et bien-être », la médecine conventionnelle (SAN 615) et les médecines douces (SAN 615.1) : homéopathie, ostéopathie, aromathérapie. La formation a permis aux stagiaires de prendre conscience des conséquences d’un tel rapprochement, qui peut donner à croire à une légitimation de ces disciplines, si elles sont intégrées dans le domaine de la santé.
On retrouve ici une des difficultés de la classification, qui a évoluée, certes, liée à une structure décimale rigide. La Dewey rassemble en effet sous le domaine de la santé des pratiques qui ne sont pas prouvées ou reconnues scientifiquement, comme l’homéopathie, mais aussi le reiki et la chirurgie psychique.
Tableau 2
Extrait de la Classification décimale Dewey, 23e édition Dewey, en français
La bibliothèque, dans son plan de classement, joue un rôle en intégrant des documents dans un secteur ou en les repoussant dans un autre secteur. Le manuel de cotation doit aborder cette question de légitimation de certains domaines, et prévoir de séparer certains segments de collection. La classification Dewey reste un vocabulaire commun de définition intellectuelle de contenus, que le plan de classement peut utiliser, mais en restant attentif à ce qu’il indique par ses regroupements.
La médiation documentaire
Les stagiaires ont aussi réfléchi à la médiation documentaire de leurs collections.
Les termes utilisés pour la signalétique des différents secteurs doivent aussi être choisis avec prudence, ce à quoi les stagiaires étaient déjà très attentifs : médecine naturelle ? médecine alternative ? soins non conventionnels ? Les différentes signalétiques guident les usagères et usagers, mais indiquent aussi une catégorisation : intégrer des thérapies alternatives sous le terme de « santé » est une manière de valider ces thérapies. Les librairies, en France, séparent mieux les rayons (voir la classification de la Commission de Liaison Interprofessionnelle du Livre - CLIL 22) avec la « Médecine » d’un côté et le rayon « Santé et bien-être » d’un autre, dans lequel se trouve la « médecine naturelle, douce, familiale ».
Enfin, la médiation documentaire prend tout son sens dans l’accompagnement du lectorat vers des ressources de qualité, à travers la valorisation : sélections de livres, coups de coeur, facing présentant des livres réputés fiables. Les stagiaires ont proposé de créer un scepticomêtre, infographie à glisser dans un ouvrage, permettant d’indiquer au lectorat le taux de confiance que la bibliothèque donne au documentaire (inspiré du Violentometre 23, outil d’auto-évaluation d’une relation de couple, et proche de la classification Pan European Game Information – PEGI 24, qui attribue des codes aux jeux vidéo).
Je propose ici une infographie illustrant cette proposition de scepticomêtre 25, outil qui serait à tester. Cette proposition pose bien sûr de nombreuses questions, aussi bien sur les termes utilisés que sur la manière de s’en servir.
Figure 3
Proposition d’un scepticomêtre des bibliothèques
Les bibliothécaires face à la désinformation
Le travail sur les collections mené pendant la formation ne pouvait ignorer les relations avec les usagères et usagers autour des collections et les questions qui peuvent se présenter sur les ouvrages.
Un exercice en ateliers a entraîné la création de ce que j’ai appelé le protocole de Nancy, c’est-à-dire la définition de la conduite à tenir devant une situation relevant d’une fake news ou d’informations non vérifiées, que ce soit en interne (proposition d’animation sur le reiki ou la lithothérapie, fonctionnement du service : cacher les caméras des ordinateurs pour ne pas être espionnés) ou avec le public (à l’accueil avec un lecteur qui soutient que la terre est plate, suggestion d’acquisition d’un ouvrage niant le changement climatique, ou encore animation sur les handicaps invisibles où quelqu’un explique que l’autisme est causé par les vaccins).
Plus bas, un encadré résume les résultats des ateliers, tels que présentés lors de la matinée finale à l’ensemble de l’équipe de la bibliothèque.
Ainsi, proposer une collection fiable implique de travailler sur plusieurs points : la connaissance fine de secteurs éditoriaux pour les acquisitions, avec une attention portée sur les sujets controversés, nécessitant plus de temps ; un suivi des collections, de sujets sociétaux et de certaines autrices, certains auteurs sur ces mêmes sujets ; un travail sur l’organisation des collections et la médiation documentaire ; un positionnement et une attitude professionnelle face à des attitudes ou des suggestions d’achats problématiques, appuyés sur la politique documentaire. Enfin, une compréhension du processus de la publication scientifique et de la hiérarchie des preuves scientifiques est utile, même en bibliothèque de lecture publique.
Alors que les bibliothèques ont un rôle réel à jouer pour lutter contre la désinformation, le retour sur cette formation illustre l’impossibilité, pour une bibliothèque, de ne proposer que des collections dont la scientificité soit affirmée, face aux besoins des lecteurs et à l’offre éditoriale. La bibliothèque doit jouer une autre partition, celle d’une politique documentaire renforcée, appuyée sur la connaissance des bases de la science et déclinée à travers la médiation documentaire et l’organisation des collections.
Les différents documents de la politique documentaire — plan de classement, manuel de cotation, charte documentaire au minimum — sont des outils indispensables à la lutte contre la désinformation. Ils permettent de construire cette politique documentaire renforcée, qui intègre les notions abordées dans cet article ; ils soutiennent les missions de la bibliothèque ainsi que la position des bibliothécaires. La politique documentaire s’accompagne, évidemment, de travail autour de la formation à l’esprit critique, de médiation dans le cadre de l’EMI. La bibliothèque peut alors être garante d’une information qualifiée offerte au lectorat.
J’espère que mes réflexions et questionnements, partagés à travers cet article, intéresseront d’autres professionnels et professionnels et seront l’occasion d’échanges sur le sujet et, pourquoi pas, d’autres travaux sur le même thème. Je remercie sincèrement l’équipe des médiathèques de Nancy pour la confiance qu’ils m’ont accordée pour cette formation.
Parties annexes
Note biographique
Elisabeth NOËL est conservatrice en chef des bibliothèques en France. Arrivée à l’École Nationale Supérieure des Sciences de l’Information et des Bibliothèques (Enssib) en 1997, elle a d’abord travaillé sur la formation des usagères et usagers, puis sur plusieurs projets numériques et la création de la collection Papiers en 2008. Responsable de la bibliothèque en 2013, elle a mis en place un cours de politique documentaire en deuxième année du master Sciences de l’Information et des Bibliothèques (parcours Politique des Bibliothèques et de la Documentation), ainsi qu’un cours optionnel sur la question de la désinformation en première année. Elle a aussi assuré des enseignements sur la recherche d’information et sur l’évaluation des sites web. Elle est actuellement responsable de deux diplômes professionnels et élue à la section Education and Training de l’International Federation of Library Associations and Institutions (IFLA).
Notes
FORMIST : site de partage de ressources de formation en bibliothèques et réseau national des formateurs, de 1999 à 2012.
Retour au texteProgramme Emile (Education aux médias, à l’information et à la liberté d’expression) mis en place par la Direction générale des médias et des industries culturelles au ministère de la Culture en France.
Retour au texteArticle 1 de la LOI n° 2021-1717 du 21 décembre 2021 relative aux bibliothèques et au développement de la lecture publique, www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000044537514
Retour au texteEn France, les bibliothécaires sélectionnent généralement eux-mêmes les ouvrages à commander. Certains domaines, en jeunesse par exemple, peuvent faire l’objet d’offices, c’est-à-dire de propositions de titres par le libraire.
Retour au texteLivres Hebdo, publié par le Cercle de la libraire comme la base bibliographique Electre, signale les sorties d’ouvrages.
Retour au textewww.theepochtimes.com/canada pour le Canada, www.epochtimes.fr en France.
Retour au texteVoir menace-theoriste.fr/idriss-aberkane-fact-checking, article qui reprend et vérifie tous les éléments de son CV.
Retour au texteLa pyramide des preuves scientifiques, ou hiérarchie des preuves, est une représentation issue de la littérature médicale, en particulier de la médecine fondée sur les preuves.
Retour au texteInfographie de la pyramide des preuves disponible sur www.canva.com/design/DAGgf5CtZMo/RjdI1o0mIShgAZr7Iz2F3Q/view
Retour au texteÉchelle proposée par Bertrand Calenge (1994) :
-
0 = Rien n’est possédé dans ce domaine
-
1 = Élémentaire, facile, initiation, lecture aisée
-
2 = Bonne vulgarisation, lecture moyenne
-
3 = Études universitaires, lecture difficile
-
4 = Recherche, lecture de spécialiste
-
5 = Documents extrêmement pointus, acquis dans un souci d’exhaustivité
-
Infographie du scepticomêtre disponible sur : www.canva.com/design/DAGeWfryd5o/ZfYBdsgI5W9h-dwx1gTbZQ/view
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Bibliographie
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Sources consultées
Sources utilisées pendant la formation
Liste des figures
Figure 1
Équipe de la bibliothèque travaillant en groupes sur les biais scientifiques
Figure 2
Représentation de la pyramide des preuves scientifiques20
Figure 3
Proposition d’un scepticomêtre des bibliothèques
Liste des tableaux
Tableau 1
Illustration de l’évolution éditoriale de thématiques non scientifiques. Nombre d’ouvrages recensés au catalogue général de la Bibliothèque nationale de France par une recherche simple en janvier 2025
Tableau 2
Extrait de la Classification décimale Dewey, 23e édition Dewey, en français





