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Introduction

Depuis les années 1990, plusieurs revues de littérature ont montré que les populations homosexuelles et bisexuelles présentaient des usages de produits psychoactifs plus importants et problématiques que la population hétérosexuelle (Bux, 1996 ; Hughes, Wilsnack et Kantor, 2016 ; Julien et Chartrand, 2005 ; Lhomond et Saurel-Cubizolles, 2009 ; Marshal et al., 2008).

Bien qu’un nombre non négligeable d’enquêtes ne se soient intéressées qu’aux hommes, d’autres études ont montré des usages et consommations différentiels entre les lesbiennes et les gays (Green et Feinstein, 2012 ; Lhomond, Saurel-Cubizolles et Michaels, 2013 ; McCabe, Hughes, Bostwick, West et Boyd, 2009 ; Roxburgh, Lea, de Wit et Degenhardt, 2016).

La majorité des enquêtes, sur échantillon représentatif ou non, montre une consommation ou un abus d’alcool et un usage de drogues plus fréquents chez les femmes homosexuelles ou bisexuelles que chez les hétérosexuelles. Ce résultat n’est généralement pas retrouvé pour les hommes en ce qui concerne l’alcool, mais l’est pour les drogues (King et al., 2008). Toutefois certains articles, utilisant des outils de mesure différents, standardisés comme l’AUDIT, le DETA-CAGE ou basés sur des questions ad hoc, ne décrivent aucune différence dans les consommations ou dépendance à l’alcool selon l’orientation sexuelle, pour les deux sexes (Cochran, Mays et Sullivan, 2003 ; Jorm, Korten, Rodgers, Jacomb et Christensen, 2002 ; Koh et Ross, 2006).

Par ailleurs, selon la mesure utilisée pour rendre compte des multiples dimensions de l’orientation sexuelle, les consommations d’alcool et de drogues peuvent varier sensiblement. Les indicateurs les plus fréquents sont l’attirance par le même ou l’autre sexe, l’autodéfinition en tant que homosexuel(le), bisexuel(le) ou hétérosexuel(le) et le comportement à travers le sexe des partenaires. Ces trois dimensions sont corrélées, mais aucune d’entre elles ne saisit toute la complexité de l’orientation sexuelle (Laumann, Gagnon, Michaels et Michaels, 1994 ; Lhomond et al., 2013 ; Michaels et Lhomond, 2006). Les catégories d’auto-identification masquent une diversité de comportements sexuels : parmi les personnes qui se définissent comme homosexuels, certaines ont eu des relations hétérosexuelles au cours de leur vie.

Afin de questionner la surconsommation de substances – alcool et drogues – des personnes homosexuelles, nous nous proposons de décrire la fréquence de consommation de substances, en prenant en compte la multidimensionnalité de l’orientation sexuelle à partir des données de l’Enquête Presse Gays et Lesbiennes 2011 (EPGL 2011). Deux indicateurs seront considérés dans nos analyses : le sexe des partenaires et l’autodéfinition, l’attirance sexuelle n’étant pas disponible dans notre enquête. Ainsi, nous chercherons à vérifier, pour les hommes et les femmes, si les personnes ayant eu des partenaires des deux sexes au cours de leur vie ont des pratiques de consommation d’alcool et de drogues plus importantes que les personnes ayant des trajectoires monosexuelles. Afin de comprendre les différences observées, d’autres indicateurs seront mobilisés : les biographies sexuelles, les sociabilités, la santé mentale et les violences subies au cours de la vie. L’objectif principal de l’EPGL 2011 est de décrire les comportements sexuels de prévention vis-à-vis du VIH et des infections sexuellement transmissibles. Cette étude décrit par ailleurs les modes de vie, les caractéristiques sociodémographiques, les trajectoires sexuelles et différents indicateurs de santé, dont la consommation d’alcool et de drogues. À l’instar de revues de littérature récentes (Feinstein et Dyar, 2017), nous posons l’hypothèse d’une plus grande vulnérabilité des personnes bisexuelles en terme de santé globale.

Méthodologie

Participants

L’Enquête Presse Gays est une enquête transversale autoadministrée anonyme basée sur le volontariat, dont les premières éditions de 1985 à 2004 s’adressaient exclusivement aux hommes (Pollak, 1988 ; Pollak et Schiltz, 1991 ; Velter, 2007b). En 2011, l’enquête a été renouvelée avec, pour la première fois, un volet dédié aux femmes ayant des relations sexuelles avec des femmes (FSF) sous le nom Enquête Presse Gays et Lesbiennes (EPGL) (Velter et al., 2015).

Des questionnaires web différents s’adressaient aux hommes et aux femmes. Ils ont été mis en ligne du 16 mai au 18 juillet 2011, accessibles à partir d’un site dédié à l’enquête. Un total de 61 sites gays ou lesbiens d’information ou de rencontres sexuelles a accepté de présenter l’enquête. Les internautes fréquentant ces sites étaient invités à y participer par le biais de bannières, de messages personnalisés ou encore de recommandations via Facebook.

Sur l’ensemble de la période, 36 465 visites du site dédié à l’enquête ont été enregistrées, dont 29 157 correspondants à des personnes ayant visité une seule fois le site. Un total de 16 815 personnes a répondu au questionnaire (4 366 femmes et 12 449 hommes). Toutes ces personnes n’ont pas finalisé leur questionnaire. Le taux d’abandon est de 17 % pour les femmes et les hommes. Au final, 3 662 femmes et 10 171 hommes ont rempli le questionnaire.

Mesures

Les questionnaires recueillaient des informations similaires pour les femmes et les hommes, même si des spécificités liées au sexe des répondants étaient introduites.

Orientation sexuelle

Deux indicateurs ont été utilisés pour définir l’orientation sexuelle. L’autodéfinition a été mesurée par la question : « Actuellement, vous vous définissez comme : homosexuel, gay/homosexuelle, lesbienne ; bisexuel/bisexuelle ; hétérosexuel/hétérosexuelle ; Autre, précisez ; Vous refusez de vous définir par rapport à votre sexualité ». Très peu de répondants se sont définis comme hétérosexuels. Seuls les items « homosexuel, gay/homosexuelle, lesbienne ; bisexuel/bisexuelle » ont été conservés pour l’analyse.

Le comportement sexuel a été défini à partir des questions sur le sexe des partenaires au cours de la vie : « Au cours de votre vie, avez-vous eu des rapports sexuels avec des femmes uniquement, des hommes uniquement, des hommes et des femmes ». Le comportement sexuel est défini par « partenaires femmes/hommes seulement » et « partenaires des deux sexes ». En outre, nous avons considéré le sexe des partenaires des douze derniers mois selon quatre modalités : aucun partenaire, uniquement des partenaires de même sexe, uniquement des partenaires de l’autre sexe et des partenaires des deux sexes.

Consommation de substances psychoactives

Les substances psychoactives comparables pour les femmes et les hommes étaient l’alcool, le cannabis, l’ecstasy et la cocaïne. La consommation d’alcool était mesurée par la fréquence de consommation dans les douze derniers mois, le nombre de verres par jour et la consommation de six verres ou plus lors d’une même occasion dans les douze derniers mois. La consommation de cannabis, d’ecstasy et de cocaïne portait aussi sur les douze derniers mois.

Caractéristiques sociodémographiques

Le profil sociodémographique a été caractérisé par l’âge, le niveau d’études, le fait de vivre en couple ou non, d’avoir des enfants ou non, le statut d’emploi ou encore le revenu mensuel en euros.

Biographies sexuelles

L’âge au premier rapport sexuel et le nombre de partenaires, hommes et femmes, dans les douze derniers mois ont été étudiés.

Fréquentation de lieux de socialisation

La fréquentation de lieux de socialisation a été mesurée par deux questions communes aux hommes et aux femmes : la fréquentation régulière, occasionnelle ou jamais de bars ou clubs lesbiens, gays et bisexuels (LGB) et la fréquentation régulière, occasionnelle ou jamais de sites de rencontre LGB sur Internet.

Santé mentale

La santé mentale a été mesurée par deux questions : le fait d’avoir eu une dépression dans les douze derniers mois, avant ou jamais ; et le fait d’avoir fait une tentative de suicide dans les douze derniers mois, avant ou jamais.

Violences subies

Les violences subies ont été mesurées à l’aide de trois questions : le fait d’avoir été injurié du fait de son homosexualité dans les douze derniers mois, celui d’avoir été brutalisé physiquement du fait de son homosexualité dans les douze derniers mois et le fait d’avoir subi des rapports sexuels forcés au cours de la vie.

Analyse statistique

L’analyse a comparé, pour chaque sexe, les répondants qui se définissent comme lesbiennes/gays à ceux qui se définissent comme bisexuel(le)s, d’une part, et les répondants ayant des partenaires de même sexe uniquement à ceux ayant des partenaires des deux sexes, d’autre part. Pour comparer ces groupes, le test du Chi2 a été utilisé pour les variables discrètes et un test de comparaison de moyennes (tests t de Student) pour les variables continues. Le seuil de significativité retenu était supérieur à 0,05.

Des rapports de cote ajustés ont été calculés à l’aide de régressions logistiques afin de décrire les associations de consommations d’alcool et de drogues (cannabis, ecstasy, cocaïne) pour les deux indicateurs d’orientation sexuelle (identité et comportement sexuel) pour les femmes et les hommes. Trois modèles ont été réalisés. Le premier modèle tenait compte des facteurs sociodémographiques : l’âge, le niveau d’études, le fait de vivre en couple, le fait d’avoir des enfants, le statut d’emploi et le revenu. Le second modèle ajoutait à cela l’âge au premier rapport sexuel et le nombre de partenaires sexuels au cours des douze derniers mois. Le troisième modèle intégrait en surplus le fait d’avoir eu une dépression et d’avoir subi des violences sexuelles au cours de la vie. Enfin, les indicateurs de consommation d’alcool et de drogues ont été analysés selon le sexe des partenaires et leur nombre dans les douze derniers mois pour les femmes et les hommes. Ces consommations étaient ajustées sur l’âge, le niveau d’études, le fait de vivre en couple, le fait d’avoir des enfants, le statut d’emploi, le revenu et l’âge au premier rapport sexuel. Les analyses ont été réalisées avec SAS V9.4.

Notre analyse inclut les femmes et les hommes qui ont répondu à l’EPGL par Internet âgés de 18 ans ou plus, résidant en France, ayant eu des rapports sexuels au cours de la vie et se définissant comme gai, homosexuel(le), lesbienne ou bixexuel(le).

Résultats

Échantillon

L’information sur l’autodéfinition en tant que « bisexuel(le) » ou « gay/lesbienne » était disponible pour 2 675 femmes et 8 725 hommes ; celle sur le sexe des partenaires au cours de la vie pour 2 747 femmes et 9 001 hommes et celle sur le sexe des partenaires des douze derniers mois pour 2 871 femmes et 8 974 hommes. Les deux indicateurs – autodéfinition et sexe des partenaires – sont liés entre eux. Alors que 58 % des femmes qui se définissent comme lesbiennes ont eu des partenaires des deux sexes au cours de leur vie, c’est le cas de 88 % des femmes qui se définissent comme bisexuelles (p<0,001). De même, si 32 % des hommes homosexuels ont eu des partenaires des deux sexes au cours de leur vie, c’est le cas de 88 % des hommes bisexuels (p<0,001).

Consommation de substances psychoactives

Pour les femmes comme pour les hommes, la fréquence de consommation d’alcool varie assez peu selon l’autodéfinition (voir Tableau 1). En revanche, les femmes et les hommes ayant eu des partenaires des deux sexes présentent une consommation d’alcool plus importante en fréquence et en quantité que ceux qui n’ont que des partenaires de même sexe.

Les femmes qui se définissent comme bisexuelles ont consommé plus souvent du cannabis au cours des 12 derniers mois que les lesbiennes ; il n’y a pas de différence pour la consommation d’ecstasy et de cocaïne. Les hommes homosexuels rapportent une consommation significativement plus fréquente des trois produits que les bisexuels. Les femmes et les hommes ayant eu des partenaires des deux sexes ont consommé plus souvent du cannabis ou de la cocaïne que les répondants n’ayant eu que des partenaires de même sexe. La consommation d’ecstasy est plus fréquente pour les femmes ayant eu des partenaires des deux sexes, tandis qu’aucune différence n’est observée pour les hommes.

Caractéristiques sociodémographiques

De nombreuses différences sociodémographiques sont observées selon l’autodéfinition de l’orientation sexuelle (Tableau 2). Les femmes bisexuelles sont, en moyenne, plus jeunes que les femmes lesbiennes, elles vivent moins souvent en couple – 16 % d’entre elles vivent en couple avec une femme comparativement à 43 % des lesbiennes –, et elles sont plus souvent étudiantes et ont des revenus mensuels plus faibles. La distribution du niveau d’études et le fait d’avoir des enfants ne sont pas différents entre les deux groupes. Pour les hommes, le niveau d’études est moins élevé pour les bisexuels ; ces derniers vivent moins souvent seuls, ont plus souvent des enfants et ont moins souvent un emploi.

Les différences sont plus prononcées selon le sexe des partenaires au cours de la vie. Les femmes n’ayant eu que des partenaires femmes sont plus jeunes – plus de la moitié d’entre elles ont 25 ans ou moins –, elles sont un peu plus nombreuses à présenter un niveau d’études plus faible, plus nombreuses à ne pas vivre seule ni en couple, beaucoup moins nombreuses à avoir des enfants, plus souvent étudiantes et avec des revenus plus faibles. Les hommes ayant eu exclusivement des partenaires masculins sont également plus jeunes, vivent moins souvent en couple, ont beaucoup moins souvent des enfants, sont plus souvent étudiants et déclarent des revenus plus faibles. Cependant, ils sont moins nombreux à avoir un niveau d’études inférieur au baccalauréat.

Biographie sexuelle

Globalement, 80 % des répondantes ayant rapporté des partenaires hommes au cours de leur vie ont déclaré avoir eu leur premier rapport sexuel à vie avec un homme également (voir Tableau 3). L’âge à ce premier rapport est en moyenne de 17,5 ans alors que le premier rapport avec une femme a lieu en moyenne à 20,3 ans. Pour les hommes, parmi les répondants ayant eu des partenaires féminines au cours de leur vie, 54 % d’entre eux ont eu leur premier rapport sexuel avec une femme. L’âge moyen au premier rapport n’est pas différent qu’il ait eu lieu avec un homme (18,7 ans) ou une femme (18,6 ans).

Les éléments de biographie sexuelle varient fortement selon l’autodéfinition et le sexe des partenaires, pour les femmes comme pour les hommes (Tableau 3). Les femmes bisexuelles ont eu leur premier rapport plus tôt que les lesbiennes, de même que les femmes ayant eu des partenaires des deux sexes. La même tendance est observée pour les hommes.

Globalement, les hommes ont eu un nombre plus élevé de partenaires au cours des douze mois que les femmes : plus de 50 % des hommes ont eu cinq partenaires ou plus, alors que moins de 10 % des femmes sont dans ce cas.

Comme attendu, les femmes et les hommes bisexuel(le)s sont beaucoup plus nombreux à avoir eu des partenaires des deux sexes au cours des douze derniers mois que les homosexuel(le)s. Toutefois, alors que 22 % des femmes bisexuelles disent n’avoir eu que des partenaires de l’autre sexe dans les douze mois, seulement 4 % des hommes bisexuels sont dans ce cas.

Les femmes bisexuelles et les femmes ayant eu des partenaires des deux sexes ont eu de plus nombreux partenaires au cours des douze derniers mois que les lesbiennes ou les femmes n’ayant eu que des partenaires femmes. Ces mêmes différences sont observées pour les hommes.

Lieux de socialisation

Pour les femmes, la fréquentation régulière des bars ou des sites Internet est similaire selon l’autodéfinition et le sexe des partenaires, bien que les femmes ayant eu des partenaires des deux sexes étaient un peu plus nombreuses à fréquenter régulièrement les bars (cf. Tableau 4). Pour les hommes, les homosexuels fréquentent plus régulièrement les bars que les bisexuels, alors qu’il n’y a pas de différence de fréquentation selon le sexe des partenaires. Les hommes ayant uniquement des partenaires de même sexe fréquentent quant à eux plus souvent les sites de rencontre que ceux ayant des partenaires des deux sexes.

Santé mentale

Les indicateurs de santé mentale varient aussi selon l’autodéfinition et le sexe des partenaires (voir Tableau 4). Les femmes bisexuelles, comparativement aux femmes lesbiennes, et celles ayant eu des partenaires des deux sexes, comparativement à celles n’ayant eu que des partenaires de même sexe, rapportent plus souvent des symptômes dépressifs et des tentatives de suicide, actuelles ou antérieures. Chez les hommes, l’occurrence de la dépression est plus élevée chez les homosexuels et les hommes ayant des partenaires des deux sexes. Celle des tentatives de suicide est également plus élevée dans ces deux groupes.

Violences verbales, physiques et sexuelles

Les femmes lesbiennes, les hommes homosexuels et les répondant(e)s n’ayant eu que des partenaires de même sexe rapportent plus souvent avoir subi des injures dans les douze derniers mois (Tableau 4). Alors que la fréquence des déclarations de brutalités physiques en lien avec l’homosexualité n’apparait pas différente entre les groupes pour les femmes, elle est plus élevée pour les hommes homosexuels que pour les bisexuels. Déclarer des rapports sexuels contraints au cours de la vie est sensiblement plus fréquent pour les femmes bisexuelles que pour les lesbiennes et, en cohérence, pour les femmes ayant eu des partenaires des deux sexes que pour les femmes n’ayant eu que des partenaires femmes. Ce constat est aussi observé chez les hommes ayant des partenaires des deux sexes.

Analyses multivariées

Les facteurs sociodémographiques, de biographie sexuelle, de santé mentale ou de violences subies sont associés à la consommation de substances psychoactives et peuvent en partie en partie expliquer les différences décrites précédemment dans les patrons de consommation.

Aussi, la première analyse décrit l’association entre les deux indicateurs d’orientation sexuelle et les consommations d’alcool et de drogues, ajustée sur les facteurs sociodémographiques ainsi que sur l’âge au premier rapport sexuel et le nombre de partenaires sexuels au cours des douze mois (voir le Tableau 5.1 pour les résultats chez les femmes et le Tableau 5.2 pour les résultats chez les hommes). Après ajustement, les différences de consommation demeurent très significatives en relation avec le sexe des partenaires : les femmes comme les hommes ayant eu des partenaires des deux sexes sont plus nombreux à consommer des boissons alcoolisées plus d’une fois par semaine, à boire trois verres ou plus par jour et à boire parfois six verres ou plus en une même occasion. De même, ils sont plus nombreux à avoir consommé du cannabis ou de la cocaïne au cours des douze derniers mois, et plus nombreux à avoir consommé de l’ecstasy bien que les différences ne soient pas significatives pour ce produit. Les résultats sont inchangés si on ajuste aussi les modèles pour les indicateurs de dépression et de rapports sexuels contraints. Globalement, les associations sont plus fortes pour les femmes que pour les hommes. Les différences après ajustement sont bien moindres selon l’autodéfinition. Seules les femmes bisexuelles sont moins nombreuses que les lesbiennes à consommer de l’alcool plus d’une fois par semaine. De manière générale, les hommes bisexuels déclarent moins de consommation de drogues illicites que les homosexuels ; la consommation d’alcool ne diffère pas selon l’autodéfinition pour les hommes.

Si on met l’accent sur les partenaires des douze derniers mois (voir Tableau 6), ce qui correspond à la même temporalité que pour la consommation de substances, on observe – quel que soit l’indicateur d’alcool ou de drogues – un gradient d’une moindre consommation pour les femmes qui n’ont eu aucun partenaire à une forte consommation pour celles qui ont eu des partenaires des deux sexes. Ainsi, boire six verres ou plus lors d’une même occasion chaque semaine concerne 7 % des femmes qui n’ont eu aucun partenaire et 21 % de celles qui ont eu des partenaires des deux sexes. Dans le même sens, l’usage du cannabis varie de 30 % à 60 % et celle de la cocaïne varie de 4 % à 24 %. Les différences observées demeurent très significatives même après ajustement sur les facteurs sociodémographiques et l’âge au premier rapport sexuel.

Pour les hommes, après ajustement, les différences de consommation d’alcool ne sont plus significatives. La fréquence de consommation de drogues illicites ne varie pas selon le sexe des partenaires tandis que les hommes qui n’ont eu aucun partenaire dans les douze mois déclarent beaucoup moins souvent des consommations de cannabis, d’ecstasy ou de cocaïne.

Discussion

Pour la première fois, des données françaises permettent de comparer de manière détaillée, au sein des minorités sexuelles, la consommation de substances psychoactives des femmes et des hommes selon deux indicateurs d’orientation sexuelle : l’identité et les comportements sexuels.

Bien qu’on observe des variations sociodémographiques et de biographie sexuelle importantes selon l’auto-identification, cet indicateur est nettement moins associé à la consommation de substances qu’un indicateur strictement comportemental, comme le sexe des partenaires. Les femmes et les hommes qui ont eu des partenaires des deux sexes déclarent des consommations plus importantes d’alcool et de drogues.

Ces résultats portent sur un échantillon de taille importante, incluant plusieurs femmes et hommes ayant eu des partenaires des deux sexes ou seulement des partenaires de même sexe. L’échantillon est diversifié sur le plan social, avec une distribution assez large des niveaux d’études, des revenus ou des situations professionnelles. L’intérêt de cette enquête est également de disposer de deux indicateurs d’orientation sexuelle : l’autodéfinition et le comportement décrit par le sexe des partenaires. Il est rare, dans la littérature scientifique, de disposer de groupes de sujets aussi nombreux pour chacun des deux indicateurs d’orientation sexuelle pour les deux sexes. Nous avons pu montrer précédemment l’importance d’avoir plusieurs indicateurs (Lhomond et al., 2013), les résultats ci-dessus confirment ce point.

La principale limite de notre étude est l’utilisation d’un échantillon de convenance, constitué sur la base du volontariat, ne permettant pas, contrairement aux enquêtes aléatoires, de contrôler la représentativité (Frippiat et Marquis, 2010). En effet, le mode de recrutement des répondants est probablement à l’origine de biais dans les estimations pour au moins deux raisons. Tout d’abord, un biais de couverture est susceptible d’être à l’oeuvre. En effet, bien que les questionnaires aient été largement disponibles sur les sites Internet communautaires lesbiens et gays, toutes et tous n’ont pas pu accéder aux questionnaires de l’EPGL. Ensuite, la constitution de l’échantillon de l’EPGL est probablement affectée par un biais de sélection. Comme le montre un travail récent, les individus volontaires pour répondre à des enquêtes de convenance semblaient plus à l’aise avec leur identité sexuelle et mieux intégrés dans la communauté LGB que les homosexuels interrogés en population générale (Prah et al., 2016). Dans le cadre spécifique des enquêtes sur des populations LGB, une difficulté supplémentaire réside dans le fait qu’il n’existe aucune population de référence sur laquelle s’appuyer pour éventuellement redresser ces biais. De plus il n’y a pas de groupe de comparaison qui serait composé de femmes et d’hommes hétérosexuel(le)s ou n’ayant eu que des partenaires de l’autre sexe.

Les indicateurs de consommation d’alcool ou de drogues sont succincts, du fait d’une durée de passation contrainte dans le temps, mais comparable à ceux utilisés dans des enquêtes représentatives de la population française (Beck, Richard, Guignard, Le Nézet et Spilka, 2015). Pour l’alcool, les mesures habituelles, sous forme de score telles que le DETA-CAGE ou l’Audit (Beresford, Blow, Hill, Singer et Lucey, 1990 ; Bush, Kivlahan, McDonell, Fihn et Bradley, 1998) n’étaient pas disponibles dans cette enquête, ce qui nous a conduits à utiliser trois indicateurs isolés de fréquence et de quantité de consommation d’alcool. La mesure du binge drinking n’était pas disponible dans le questionnaire. Pour le cannabis, l’ecstasy ou la cocaïne, le choix de restreindre les indicateurs à une variable dichotomique se justifie par la faiblesse des effectifs, même pour le cannabis dans cette population jeune.

L’échantillon des femmes et celui des hommes présentent de réelles différences : d’une part, les femmes sont en moyenne beaucoup plus jeunes que les hommes, entre 8 et 9 ans de différence. Ce phénomène a déjà été observé pour d’autres enquêtes de convenance par Internet (Rowen et al., 2013 ; Shindel et al., 2012). D’autre part, comme dans d’autres enquêtes (Bajos et Bozon, 2008), les femmes déclarent un nombre de partenaires sexuels beaucoup moins important que les hommes, dans les douze mois comme dans la vie entière. Par ailleurs, il y a une part beaucoup plus importante de femmes ayant eu des partenaires des deux sexes (deux tiers des répondantes) que d’hommes (un peu plus d’un tiers). Les hommes sont beaucoup plus souvent exclusivement homosexuels. Cette spécificité masculine peut s’expliquer par la notoriété dans la communauté gay de cette enquête historique centrée sur le VIH et les comportements sexuels préventifs relayée par les médias communautaires gays.

Les répondants, hommes et femmes, qui ont eu des partenaires des deux sexes sont plus nombreux à être dans une situation sociale plus favorisée, ayant des revenus plus élevés et plus souvent actifs. Ils sont aussi plus souvent en couple et plus nombreux à avoir des enfants. Ils ont eu leur premier rapport sexuel environ deux ans plus jeunes. Ce dernier résultat se retrouvait dans l’enquête nationale sur les comportements sexuels en France (CSF) de 2006 (Bajos et al., 2008) où, parmi les personnes ayant eu des rapports homosexuels, celles ayant une identité bisexuelle avaient eu leur premier rapport plus jeune que celles qui se définissaient comme homosexuel(le)s (Lhomond et al., 2013).

Des différences sont également observées entre les femmes et les hommes concernant le fait d’avoir eu des partenaires des deux sexes, un âge au premier rapport plus précoce ou encore un premier partenaire sexuel de sexe opposé. Ces différences rendent compte des spécificités des parcours de vie des femmes et des hommes homosexuels mais aussi des rapports sociaux de sexe. Elles traduisent une pression à l’hétéronormalité des femmes par rapport aux hommes. À l’instar des données fournies par les enquêtes dans la population générale, les lesbiennes ont des trajectoires plus diversifiées du point de vue du sexe des partenaires que les gays (Chetcuti-Osorovitz et Girard, 2015 ; Velter et Chetcuti-Osorovitz, 2018). Cette pression sociale à l’hétérosexualité s’illustre par la réalisation d’un parcours plus rapidement exclusif pour les gays que pour les lesbiennes. Le phénomène d’invisibilité du lesbianisme joue un rôle majeur dans l’initiation à la sexualité (Chetcuti-Osorovitz et al., 2015).

Nos résultats montrent un état dépressif ou des tentatives de suicide plus fréquents pour les répondants – hommes et femmes – ayant eu des partenaires des deux sexes. L’enquête nationale sur les violences envers les femmes en France réalisée en 2000 (Jaspard et al., 2003) montrait que les femmes qui avaient eu des rapports homosexuels avaient fait une tentative de suicide au cours de la vie beaucoup plus souvent, 10 % vs 4 % (Lhomond et Saurel-Cubizolles, 2006). L’enquête CSF de 2006 retrouvait également un risque très augmenté d’état dépressif chronique pour les hommes et pour les femmes ayant eu des partenaires de même sexe (Lhomond et al., 2013). L’enquête Presse Gay de 2004 montrait une fréquence particulièrement élevée de tentative de suicide, 19 % des hommes (Velter, 2010). Selon les études recensées par Beck et Cytrynowicz (Beck et Cytrynowicz, 2006), les hommes homo/bisexuels avaient un risque de tentative de suicide 2 à 7 fois plus grand que les hommes strictement hétérosexuels ; les femmes homo/bisexuelles présentaient un risque de 1,4 à 2,5 fois supérieur à celui des hétérosexuelles.

Les femmes ayant eu des rapports homosexuels étaient plus nombreuses à avoir subi des violences au cours de leur vie, et notamment des violences physiques (Lhomond et al., 2006) ou des agressions sexuelles que les personnes n’ayant eu que des rapports hétérosexuels (Lhomond et al., 2013). Parmi les hommes participant à l’enquête Presse Gay de 2004, 8 % avaient rapporté des agressions physiques au cours des douze derniers mois, cette fréquence était en augmentation régulière depuis l’enquête de 1997 (Velter, 2007a). Nos résultats montrent que le risque de rapport sexuel contraint au cours de la vie est sensiblement plus élevé pour les femmes et les hommes qui ont eu des partenaires des deux sexes comparés à ceux qui n’ont eu que des partenaires de même sexe, sachant que la fréquence est plus élevée pour les femmes que pour les hommes. L’ensemble de ces éléments – dépression, tentative de suicide, violence subie – témoigne d’une situation de stress plus prononcée dans cette population.

La fréquence de consommation de boissons alcoolisées, telle que déclarée par les femmes de cette enquête, apparait assez voisine de celle de la population générale féminine : ainsi le Baromètre Santé, réalisé par l’Institut National de Prévention et d’Éducation à la Santé en France en 2010 (Beck et Richard, 2014), indique que 34 % des femmes âgées de 15 à 75 ans ont une consommation d’alcool hebdomadaire, ce qui est le cas de 31 % de nos répondantes. En revanche, la différence est très importante pour les hommes, 61 % des hommes de 15 à 75 ans en population générale disent consommer de l’alcool chaque semaine alors que c’est le cas de 34 % de nos répondants. Cet écart important peut s’expliquer par une sous-déclaration de consommation pour les hommes dans les enquêtes Presse Gay (Velter et Jauffret-Roustide, 2007).

La consommation de drogues illicites est beaucoup plus fréquemment déclarée : alors que 7 % des femmes et 14 % des hommes de 18 à 64 ans, interrogés par le Baromètre Santé 2010 (Beck et al., 2015), avaient consommé du cannabis au cours de l’année écoulée, c’est le cas de 37 % des femmes et 26 % des hommes participant à notre enquête. De même, la consommation de cocaïne dans l’année était déclarée par 0,7 % des femmes et 1,5 % des hommes du Baromètre Santé 2010 au lieu de respectivement 6,5 % et 10,4 % de nos répondants.

Nous observons dans notre enquête des consommations d’alcool assez peu différentes pour les femmes et pour les hommes, alors qu’en population générale les consommations déclarées par les femmes sont nettement inférieures. Les données sont similaires pour les drogues illicites, avec notamment une consommation de cannabis plus fréquente pour les femmes que pour les hommes. De nombreuses études soulignent la consommation d’alcool et de drogues plus fréquente des personnes ayant des rapports homosexuels, et particulièrement des personnes bisexuelles (Acier, 2013 ; Drabble, Trocki, Hughes, Korcha et Lown, 2013 ; Lhomond et al., 2006, 2013 ; Wilsnack et al., 2008).

Nos résultats montrent que le comportement (déterminé par le sexe des partenaires) est plus discriminant sur les consommations d’alcool et de drogues que l’autodéfinition, pour les femmes comme pour les hommes. Dans notre analyse, les éléments sociodémographiques, de biographie sexuelle, du mode de vie ou les violences subies n’expliquent pas les différences observées selon que les personnes ont eu des partenaires des deux sexes ou uniquement du même sexe. Bien que notre étude ne fournisse pas de données sur des éléments concernant le coming out ou l’homophobie intériorisée, on peut, cependant, émettre l’hypothèse d’une plus grande vulnérabilité du fait d’une double discrimination en s’appuyant sur des travaux similaires (Lhomond et al., 2009). Le fait d’avoir une orientation ni hétérosexuelle ni homosexuelle constitue une source importante de stress, en plus des pressions sociales liées à une orientation sexuelle minoritaire (Jorm et al., 2002). Les personnes se définissant comme bisexuelles feraient l’objet d’une double discrimination aussi bien dans les communautés homosexuelles que dans la société en général (Rothblum et Factor, 2001). Ainsi il est possible que ces personnes taisent davantage leur orientation sexuelle ; or les recherches ont montré une relation entre ne pas faire connaître ses choix sexuels et une moins bonne santé mentale (Koh et al., 2006).

Lorsqu’on considère, sur le même laps de temps des douze derniers mois, le sexe des partenaires et les consommations d’alcool et d’autres drogues, on constate que la bisexualité comportementale semble présenter plus de risques de consommation de substances psychoactives, surtout pour les femmes – les différences sont bien moindres chez les hommes – et cela en concordance avec la littérature (Corliss, Rosario, Wypij, Fisher et Austin, 2008 ; McCabe et al., 2009 ; Talley, Hughes, Aranda, Birkett et Marshal, 2014).

Qu’on considère la consommation de substances psychoactives comme un risque pour la santé, un symptôme de mal-être ou une recherche de plaisir, il est important de questionner le lien souvent affirmé d’une surconsommation des personnes non hétérosexuelles en général et d’analyser en détail les mesures d’orientation sexuelle qui permettent de mieux cerner cette surconsommation. Si notre analyse ne permet pas de montrer un lien entre ces consommations et des éléments du mode de vie, de détresse psychologique ou de discrimination, comprendre ce qui sous-tend ces consommations reste un enjeu pour la santé publique.

Tableau 1

Consommation d’alcool et de drogues selon l’identification et le sexe des partenaires au cours de la vie pour les femmes et pour les hommes, de 18 ans ou plus, ayant eu des rapports sexuels et résidant en France

Consommation d’alcool et de drogues selon l’identification et le sexe des partenaires au cours de la vie pour les femmes et pour les hommes, de 18 ans ou plus, ayant eu des rapports sexuels et résidant en France

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Tableau 2

Caractéristiques sociodémographiques selon l’identification et le sexe des partenaires au cours de la vie pour les femmes et pour les hommes, de 18 ans ou plus, ayant eu des rapports sexuels et résidant en France

Caractéristiques sociodémographiques selon l’identification et le sexe des partenaires au cours de la vie pour les femmes et pour les hommes, de 18 ans ou plus, ayant eu des rapports sexuels et résidant en FranceCaractéristiques sociodémographiques selon l’identification et le sexe des partenaires au cours de la vie pour les femmes et pour les hommes, de 18 ans ou plus, ayant eu des rapports sexuels et résidant en France

* Vivre avec des amis ou colocataires, avec son père et/ou sa mère, avec un membre de sa famille

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Tableau 3

Biographie sexuelle selon l’identification et le sexe des partenaires au cours de la vie pour les femmes et pour les hommes, de 18 ans ou plus, ayant eu des rapports sexuels et résidant en France

Biographie sexuelle selon l’identification et le sexe des partenaires au cours de la vie pour les femmes et pour les hommes, de 18 ans ou plus, ayant eu des rapports sexuels et résidant en FranceBiographie sexuelle selon l’identification et le sexe des partenaires au cours de la vie pour les femmes et pour les hommes, de 18 ans ou plus, ayant eu des rapports sexuels et résidant en France

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Tableau 4

Comportements, éléments de santé mentale et violences subies selon l’identification et le sexe des partenaires pour les femmes et pour les hommes de 18 ans ou plus, ayant eu des rapports sexuels, résidant en France

Comportements, éléments de santé mentale et violences subies selon l’identification et le sexe des partenaires pour les femmes et pour les hommes de 18 ans ou plus, ayant eu des rapports sexuels, résidant en France

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Tableau 5.1

Consommation d’alcool et de drogues selon l’identification et le sexe des partenaires au cours de la vie pour les femmes, de 18 ans ou plus, ayant eu des rapports sexuels et résidant en France (rapports de cote ajustés)

Consommation d’alcool et de drogues selon l’identification et le sexe des partenaires au cours de la vie pour les femmes, de 18 ans ou plus, ayant eu des rapports sexuels et résidant en France (rapports de cote ajustés)

* Modèle 1 : ajustement sur l’âge, le niveau d’études, vivre en couple ou non, le fait d’avoir des enfants, le statut d’emploi et les revenus.

** Modèle 2 : ajustement sur l’âge, le niveau d’études, vivre en couple ou non, le fait d’avoir des enfants, le statut d’emploi et les revenus + l’âge au premier rapport sexuel, le nombre de partenaires sexuels au cours des 12 mois.

*** Modèle 3 : ajustement sur l’âge, le niveau d’études, vivre en couple ou non, le fait d’avoir des enfants, le statut d’emploi et les revenus + l’âge au premier rapport sexuel, le nombre de partenaires sexuels au cours des 12 mois + le fait d’avoir eu une dépression, le fait d’avoir subi des violences sexuelles au cours de la vie.

Tableau 5.2

Consommation d’alcool et de drogues selon l’identification et le sexe des partenaires au cours de la vie pour les hommes, de 18 ans ou plus, ayant eu des rapports sexuels et résidant en France (rapports de cote ajustés)

Consommation d’alcool et de drogues selon l’identification et le sexe des partenaires au cours de la vie pour les hommes, de 18 ans ou plus, ayant eu des rapports sexuels et résidant en France (rapports de cote ajustés)

* Modèle 1 : ajustement sur l’âge, le niveau d’études, vivre en couple ou non, le fait d’avoir des enfants, le statut d’emploi et les revenus.

** Modèle 2 : ajustement sur l’âge, le niveau d’études, vivre en couple ou non, le fait d’avoir des enfants, le statut d’emploi et les revenus + l’âge au premier rapport sexuel, le nombre de partenaires sexuels au cours des 12 mois.

*** Modèle 3 : ajustement sur l’âge, le niveau d’études, vivre en couple ou non, le fait d’avoir des enfants, le statut d’emploi et les revenus + l’âge au premier rapport sexuel, le nombre de partenaires sexuels au cours des 12 mois + le fait d’avoir eu une dépression, le fait d’avoir subi des violences sexuelles au cours de la vie.

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Tableau 6

Consommation d’alcool et de drogues selon le sexe des partenaires des 12 derniers mois pour les femmes et pour les hommes, de 18 ans ou plus, ayant eu des rapports sexuels et résidant en France

Consommation d’alcool et de drogues selon le sexe des partenaires des 12 derniers mois pour les femmes et pour les hommes, de 18 ans ou plus, ayant eu des rapports sexuels et résidant en France

* Ajustement sur l’âge, le niveau d’études, vivre en couple ou non, le fait d’avoir des enfants, le statut d’emploi, les revenus et l’âge au premier rapport sexuel.

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