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Comptes rendus

Assessing China’s Impact on Poverty in the Greater Mekong Subregion, Hossein Jalilian, 2013, Singapour, iseas Publishing, 440 p.

  • Alain Daou

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  • Alain Daou
    Université Laval, Québec

Corps de l’article

Cet ouvrage collectif est le résultat d’un projet de recherche du Development Analysis Network portant sur le rôle de la Chine et la réduction de la pauvreté dans la sous-région du Grand Mékong (sgm). L’ouvrage se donne comme objectif d’explorer l’impact global de la Chine sur la croissance économique dans les pays de la sgm, tout en prenant en compte les différences économiques, les stades de développement ainsi que les enjeux politiques des différents pays. Pour chacun des pays mentionnés, l’ouvrage analyse le commerce chinois, l’investissement direct étranger (ide) ainsi que l’aide publique au développement (apd) à travers des modèles économétriques et des études de cas.

Cet ouvrage, divisé en trois parties, commence par une présentation du contexte général de l’étude et fait un retour sur le développement de la Chine. Cette première partie décrit le contexte qui sous-tend les études de pays. Après cette introduction suit une revue de la littérature sur les différents thèmes traités.

La seconde partie présente le point de vue de l’équipe de recherche chinoise et formule des recommandations. Le cas particulier de la province chinoise du Yunnan est étayé, mettant l’accent sur l’effet de la coopération régionale sur le commerce, la croissance économique et la réduction de la pauvreté. Dans un premier temps, et par l’utilisation de modèles économétriques, il est démontré que cette coopération a considérablement favorisé les échanges entre le Yunnan et la plupart des pays du sgm. En outre, les enquêtes sur le terrain et les études de cas sur les principaux produits d’exportation montrent que les exportations du Yunnan vers les pays de la sgm ont un impact direct et indirect sur la croissance des revenus dans les zones rurales. Cependant, il y a peu de preuves pour montrer que la croissance du revenu des personnes dans les zones frappées par la pauvreté est liée de façon significative à l’expansion du commerce. Par la suite, l’ide et l’apd de la Chine aux quatre pays de la sgm sont détaillés. Les motifs d’investissement de la Chine sont identifiés, tels que la recherche des ressources naturelles, l’expansion vers de nouveaux marchés et la promotion des réseaux économiques régionaux. Les auteurs de cette section affirment que les résultats de cette collaboration économique sont mutuellement avantageux pour la Chine et les pays bénéficiaires de cette collaboration. La deuxième partie de ce chapitre analyse les motivations et les objectifs de l’apd de la Chine aux pays de la sgm, concluant que l’aide chinoise est surtout politiquement orientée vers une consolidation de ses bonnes relations avec les pays voisins dans la région. De plus, cette aide est utilisée comme outil pour aider les entreprises chinoises à s’établir dans les pays visés.

La troisième partie examine l’impact de la Chine sur la réduction de la pauvreté du point de vue de chacun des quatre pays de la sgm et présente des recommandations. Dans le cas du Vietnam, un modèle économétrique prédit que la hausse future dans le pib de la Chine va diminuer la pauvreté au Vietnam, par l’augmentation des exportations. Le cas de la Thaïlande est similaire au modèle du Vietnam et il est démontré que le commerce bilatéral est le facteur chinois le plus important affectant l’économie thaïlandaise. Le chapitre sur le Cambodge fournit une analyse macro et microscopique du commerce bilatéral, et discute des effets de l’ide et de l’apd chinois. L’étude met l’accent sur l’importance de l’industrie textile. Cette industrie est devenue un produit majeur d’exportation du Cambodge vers la Chine, et l’ide chinois a soutenu le développement de cette industrie. Il est argumenté que les avantages de cette intervention sont importants pour les pauvres, mais qu’ils seraient plus grands si des politiques avaient été mises en place pour assurer le transfert des connaissances et des compétences vers les travailleurs cambodgiens. Enfin, suivant l’approche qualitative du chapitre sur le Cambodge, le dernier chapitre présente le cas du Laos. En utilisant des études de cas détaillées sur le commerce (production de canne à sucre), l’ide (industrie minière) et l’apd (développement des infrastructures), l’impact positif de l’intervention chinoise dans la réduction de la pauvreté au Laos est mis en évidence.

Dans son ensemble, cet ouvrage collectif est un bon point de départ afin de comprendre la dynamique des échanges commerciaux et non commerciaux entre la Chine et ses voisins de la sgm. Il comporte toutefois plusieurs failles. Les sections deux et trois du livre sont quelque peu redondantes et les introductions des chapitres se ressemblent et même se répètent. De même, l’ouvrage se donne pour objectif de mettre en évidence l’impact de l’apd chinoise sur les quatre pays à l’étude. Or, comme cela a été mentionné à plusieurs reprises, le gouvernement chinois garde cette information secrète ; l’analyse et les données fournies sont donc très limitées. Finalement, les recommandations soumises par les auteurs à la fin de chaque chapitre en vue de renforcer la relation Chine-sgm sont très vagues, générales et superficielles. Somme toute, les objectifs de cet ouvrage sont trop ambitieux par rapport à la marchandise livrée.