Comptes rendus

Corporate Sustainability in the 21st Century: Increasing the Resilience of Social-Ecological Systems, Rafael Sardá et Stefano Pogutz, 2018, New York, Routledge, 360 p.

  • Sylvain Maechler

…plus d’informations

  • Sylvain Maechler
    Institut d’études politiques (IEP), Université de Lausanne Lausanne, Suisse

L’accès à cet article est réservé aux abonnés. Seuls les 600 premiers mots du texte seront affichés.

Options d’accès :

  • via un accès institutionnel. Si vous êtes membre de l’une des 1200 bibliothèques abonnées ou partenaires d’Érudit (bibliothèques universitaires et collégiales, bibliothèques publiques, centres de recherche, etc.), vous pouvez vous connecter au portail de ressources numériques de votre bibliothèque. Si votre institution n’est pas abonnée, vous pouvez lui faire part de votre intérêt pour Érudit et cette revue en cliquant sur le bouton “Options d’accès”.

  • via un accès individuel. Certaines revues proposent un abonnement individuel numérique. Connectez-vous si vous possédez déjà un abonnement, ou cliquez sur le bouton “Options d’accès” pour obtenir plus d’informations sur l’abonnement individuel.

Dans le cadre de l’engagement d’Érudit en faveur du libre accès, seuls les derniers numéros de cette revue sont sous restriction. L’ensemble des numéros antérieurs est consultable librement sur la plateforme.

Options d’accès

Comment les entreprises multinationales peuvent-elles transformer leurs systèmes de production afin, comme l’indique le sous-titre de l’ouvrage, d’augmenter la résilience des systèmes sociaux et écologiques ? C’est à cette ambitieuse question que les deux auteurs, Rafael Sardá et Stefano Pogutz, tentent de répondre, au travers d’une analyse interdisciplinaire, mêlant la biologie et l’étude des écosystèmes d’un côté, aux sciences de gestion et à l’économie de l’environnement de l’autre, le tout dans une perspective internationale. Prenant comme point de départ la complexité des relations entre les entreprises multinationales et les écosystèmes naturels globaux, les auteurs proposent un cadre normatif permettant d’intégrer un large éventail d’enjeux socio-écologiques au fonctionnement même de l’entreprise et de sa chaîne de valeur globale. L’argument des auteurs est que la poursuite simultanée d’objectifs sociaux, environnementaux et économiques, trilogie célèbre du concept développement durable, est tout à fait réalisable à condition d’enclencher une « transformation socio-technologique » de nos systèmes économiques. En plus d’un passage à une économie verte par le biais de l’innovation, cette transformation nécessite un changement de mentalité : un passage de « l’humain avec la nature » à « l’humain dans la nature ». Cet ouvrage construit de manière didactique est divisé en huit chapitres dont chacun est agrémenté d’un court résumé, ainsi que d’exercices afin de vérifier les notions retenues par le lecteur. De plus, l’argumentation est continuellement illustrée par des exemples qui permettent d’objectiver des concepts parfois techniques. Il s’adresse aussi bien à des étudiants qu’à des décideurs souhaitant opérer un changement dans leurs pratiques managériales, mais aussi à toute personne s’interrogeant sur les stratégies mises en oeuvre et les instruments à disposition des entreprises pour faire face aux défis globaux du 21e siècle. L’analyse débute par un constat : nous sommes entrés dans une nouvelle ère d’incertitudes, celle de l’anthropocène. En effet, nos modes de production et de consommation ont impliqué le franchissement de certaines « limites planétaires ». Les entreprises ayant grandement participé à cet état de fait doivent désormais devenir partie intégrante de la solution. Dès lors, afin de dissocier la prospérité économique des impacts socio-écologiques (concept de « decoupling »), les auteurs proposent un nouveau cadre conceptuel, celui de « Business in Nature ». Pour ce faire, ils s’inspirent de la pensée de l’English School en économie de l’environnement, en particulier celle de David Pearce et de son fameux ouvrage programmatique Blueprint for a Green Economy (1989). Une ambiguïté de taille apparaît néanmoins au cours de la lecture. En effet, tout en proposant d’intégrer l’humain dans la nature, l’ouvrage s’ancre dans un courant de pensée qui considère l’environnement comme extérieur à l’Homme, une « externalité » en termes économiques qui se doit d’être « internalisée ». Plusieurs pistes sont explorées, comme l’attribution d’une valeur monétaire à la nature. Les auteurs donnent l’exemple de la marque Puma, qui dès 2010 a procédé à une évaluation monétaire de la valeur des « services écosystémiques » impactés par sa production tout au long de sa chaîne de valeur. Ils proposent également une utilisation plus systématique de l’analyse du cycle de vie des produits ou du reporting extra-financier, et soulignent l’importance des normes en matière de gestion environnementale. Ils mettent l’accent sur le rôle de l’économie circulaire, qui doit permettre de remplacer le modèle linéaire de production et de consommation actuellement en vigueur par un système qui intègre l’ensemble des problématiques sociales et écologiques. Finalement, ils relèvent l’importance d’une stratégie cohérente au sein même des entreprises, grâce notamment à la désignation d’un « chief sustainability officer » qui ait un réel rôle décisionnel en matière de planification de la durabilité. Grâce …