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Comptes rendus

Cold Rush: The Astonishing New Story of the New Quest for the Polar North, Martin Breum, 2018, Montréal, McGill Queen’s University Press, 242 p.

  • Solène Minnaert

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  • Solène Minnaert
    École doctorale de Sciences Po Paris, France

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Le discours alarmant au sujet de la fonte des glaces de l’Arctique, amplifié par de spectaculaires images du pergélisol diminuant d’année en année, occupe de plus en plus le débat public. Différents acteurs politiques et économiques perçoivent dans ce phénomène géologique l’ouverture de nouvelles possibilités, mais également la source de potentielles nouvelles tensions. C’est ce que se propose d’explorer Martin Breum dans son ouvrage Cold Rush: The Astonishing New Story of the New Quest for the Polar North, composé d’articles déjà publiés en danois en 2013 et 2014 et actualisés ici. Journaliste danois spécialiste de la question, il rassemble des informations sur les transformations des stratégies politique, économique et sécuritaire du Danemark dans l’Arctique. Son livre retrace une chronologie des aspirations danoises dans cette région du monde et leurs transformations depuis la déclaration d’Ilulissat de 2007, dans laquelle les cinq États de l’Arctique (Canada, États-Unis, Danemark, Norvège et Russie) s’engageaient à régler leurs différends selon les règles onusiennes. Bien que la région étudiée ne concerne directement qu’une poignée d’États, Martin Breum argue que les répercussions de son développement concernent l’ensemble des acteurs de la scène internationale. Une première grille de lecture présente les enjeux de la région arctique et les réactions des acteurs à ceux-ci. La fonte des glaces induite par le réchauffement climatique rend envisageable l’exploitation de ressources jusqu’alors inaccessibles, et non des moindres, puisqu’est suspectée la présence de pétrole, de terres rares et d’uranium. Par ailleurs, la perspective d’une navigation rendue plus aisée ouvre sur la possibilité de nouvelles routes de commerce plus directes entre l’Asie, l’Amérique et l’Europe. Celles-ci posent également la question sécuritaire, rapprochant inexorablement des États rivaux pouvant plus aisément s’atteindre militairement. Face à ces défis, les réactions sont diverses. Les États de l’Arctique semblent se concentrer sur une gestion étatique reprenant les règles de souveraineté édictées par le droit international, envisageant chacun une extension de leur Zone économique exclusive (ZEE). Ils doivent faire face à la volonté d’autres acteurs de faire de l’Arctique une zone cogérée internationalement où chacun pourrait profiter des ressources nouvellement disponibles. D’autres types de critiques provenant majoritairement d’acteurs non étatiques, Greenpeace étant notamment cité, voudraient que la région soit protégée de la même manière que l’Antarctique, afin qu’aucune exploitation ne risque de détruire ses écosystèmes ou d’aggraver la pollution de ses sols et le changement climatique global. L’ouvrage se concentre sur la situation du Danemark, qui ne peut être analysée sans intégrer les particularités politiques intérieures du royaume. Les relations entre le Danemark et le Groenland ont la part belle au cours des différents chapitres. Chacun entrevoit dans l’essor de la région arctique des possibilités nouvelles, non négligeables et potentiellement inconciliables. Le Groenland, rêvant d’indépendance, voit dans l’exploitation de nouvelles ressources sur son territoire les conditions économiques de l’accomplissement d’un but ancien. Les différents entretiens conduits par l’auteur montrent néanmoins que cette position n’est pas unanimement partagée, et nombreux sont ceux qui s’inquiètent de la capacité du Groenland à résister aux superpuissances étrangères, à assurer lui-même sa défense et le secours en mer, et qui contestent jusqu’à l’étendue des gisements de matières premières mis en valeur dans les plans d’indépendance. Le Danemark profite, lui, de gains de puissance sur la scène internationale, sa présence dans l’Arctique lui permettant de parler d’égal à égal avec le Canada, la Russie ou les États-Unis. Prenant récemment conscience de la force apportée à sa voix par des liens solides avec le Groenland, le Danemark multiplie depuis les gestes envers l’île, qu’il s’agisse d’opérations de surveillance côtière démontrant son utilité et sa souveraineté, ou de hisser le drapeau groenlandais à Copenhague ou au Pôle …