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La recherche partenariale dans une ONG environnementale québécoiseL’exemple du programme de recherche d’Équiterre et d’une étude d’impact sur les circuits courts[Notice]

  • Jean-Frédéric Lemay

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Équiterre est une organisation sans but lucratif, fondée en 1993 et initialement nommée A Seed-Québec, qui compte cinq programmes et plus de 4 000 membres répartis dans l’ensemble des régions du Québec. L’organisation fait partie de cette nouvelle génération d’organismes inscrits dans l’économie solidaire qui s’intéressent aux questions environnementales dans un cadre de solidarité socioéconomique et dans une optique pragmatique. Elle organise et gère des projets de démonstration et d’éducation, des activités de plaidoyer et des projets de recherche-conseil. Les activités liées au thème de l’alimentation, agriculture et commerce qui nous intéresse ici sont composées du projet ASC (Agriculture soutenue par la communauté), À la soupe ! (alimentation institutionnelle) et commerce équitable (campagnes d’éducation), ainsi que d’un secteur de plaidoyer et des activités de recherche sur la souveraineté alimentaire. Par ses projets et activités, Équiterre vise à transformer les pratiques agricoles et alimentaires dans une orientation de durabilité et d’équité. En ce qui concerne les activités de recherche, comme beaucoup d’autres ONG et associations elle a jugé que ses projets devaient être mieux documentés et ses campagnes mieux appuyées par des informations scientifiquement valides. Le contexte actuel nous enseigne qu’une organisation comme Équiterre ne peut plus compter sur la bonne volonté ou la sympathie à l’égard des causes qu’elle défend, mais plutôt appuyer ses arguments sur des fondements scientifiquement valides qui permettent un débat public. Cet article présente le contexte d’émergence des préoccupations de recherche chez Équiterre et la forme que le programme de recherche a prise à la fois quant à son organisation et aux thématiques abordées. Un exemple de projet de recherche multipartenarial est fourni par la suite afin d’illustrer concrètement comment se déploient les projets de recherche. L’article permettra de mieux comprendre comment se met en place le délicat équilibre entre la recherche à finalité sociale et la validité scientifique. La recherche, comme secteur particulier, a été ciblée comme un manque ou une faiblesse au moment de la rédaction du plan stratégique 2003-2006. L’importance de cette activité est transversale au sens où elle peut alimenter le contenu des campagnes, la communication, les outils éducatifs et les activités de plaidoyer. Bien que chaque projet doive comporter ses propres activités à cet égard, la recherche a souvent été négligée par manque de ressources et parce que les priorités étaient plus orientées vers les projets terrains. C’est pourquoi le plan stratégique 2008-2012 a réitéré et précisé cette cible d’action en mentionnant : « Équiterre développe son expertise basée sur les plus récents développements dans ses domaines d’intervention. Il initie, réalise ou participe à des études ou à des projets de recherche. » L’organisation oriente les activités dans une perspective de recherche appliquée et d’action, puisqu’elle vise à récolter et à systématiser des connaissances sur les initiatives citoyennes ainsi que sur les défis liés au commerce international et l’agriculture avec l’objectif de changer les pratiques. Les activités de recherche chez Équiterre se veulent transversales et liées à l’action sans être de la recherche commanditée aux conclusions préfabriquées. L’élaboration du programme s’est appuyée sur des besoins qui existent au sein de l’organisation. Essentiellement, les deux projets principaux en agriculture, l’Agriculture soutenue par la communauté et À la soupe !, ont à la fois besoin de documenter leurs impacts, de produire des diagnostics favorisant un changement d’échelle et d’obtenir des informations stratégiques permettant d’alimenter les activités de plaidoyer pour changer certaines politiques publiques. C’est dans cette optique que la structure et les thématiques du programme ont été pensées. Les activités prennent la forme d’une interface dont le rôle est de canaliser les questions émergeant à l’interne et de construire des projets de recherche …

Parties annexes