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Comptes rendusReviews

Français du Canada, Français de France VI. Actes du sixième Colloque international d’Orford, du 26 au 29 septembre 2000. Par Louis Mercier et Hélène Cajolet-Laganière (dir.). (Tübingen, Max Niemeyer Verlag, 2004. Pp. 365, ISBN 3-484-56018-5)

  • Jean-Nicolas De Surmont

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  • Jean-Nicolas De Surmont
    Université Libre de Bruxelles

Corps de l’article

La série de colloques « Français du Canada, Français de France », instaurée par les deux romanistes allemands Hans-Josef Niederehe et Lothar Wolf, est l’une des manifestations de géolinguistique, sociolinguistique et de lexicographie romane les mieux ancrées dans la tradition scientifique des dernières décennies. Publiés par la prestigieuse maison d’édition allemande Niemeyer Verlag, les actes de ce sixième colloque ont été rassemblés par Louis Mercier et Hélène Cajolet-Laganière, tous deux professeurs à l’Université de Sherbrooke.

L’avantage de ce colloque sur ceux des grands congrès de romanistes, c’est qu’il rassemble un groupe restreint d’experts dont les réflexions sont communes, proches et se nourrissent les unes les autres. Claude Verrault, Louis Mercier, Hélène Cajolet-Laganière, Pierre Rézeau en sont des habitués. Les organisateurs de ce colloque ont réuni une trentaine de spécialistes originaires de France, d’Allemagne et du Canada (Acadie, Manitoba, Ontario et Québec) autour du thème « Vers une meilleure description lexicographique de la variation du français grâce à l’exploitation des atlas linguistiques, des banques de données textuelles et autres corpus ». Quatre sous-thèmes sont développés. « L’apport des enquêtes linguistiques et corpus littéraires régionaux » a fait l’objet de neuf contributions, parmi lesquelles cinq étaient axées sur les variétés régionales de l’Hexagone (Île-de-France, Normandie et Ouest) et quatre sur les variétés du Canada (Acadie, Manitoba et Québec). Le deuxième sous-thème concerne l’éclairage de la documentation historique, lequel suscita quatre contributions, notamment sur l’histoire de l’accent canadien et les sources de la colonisation francophone dans la région ontarienne du Détroit. Intitulé «L’apport des corpus informatisés », le troisième sous-thème a suscité sept communications permettant de « découvrir diverses utilisations complémentaires de ces outils qui ouvrent de nouvelles voies de recherches lexicologiques et travaux lexicographiques » (2). Enfin le dernier sous-thème, « Contact des langues et autres voies de recherche », faisant écho au thème principal du précédent colloque, a donné lieu à trois interventions : une sur les emprunts du français à l’anglais et vice-versa.

L’ouvrage collectif s’ouvre sur un in memoriam de Peter W. Halford dont une partie de la vie a été consacrée à l’étude des écrits du missionnaire jésuite Pierre-Philippe Potier et par une présentation des Cantons de l’Est par Antoine Sirois. Ensuite, la section « L’apport des enquêtes linguistiques et corpus littéraires régionaux » commence par un texte de René Lepelley s’intéressant aux noms de patelles sur les côtes normandes. Dans la foulée, Catherine Bougy présente des résultats d’enquête obtenus en se basant uniquement sur les témoignages de jeunes. L’étude de Patrice Brasseur, intitulée « Représentation géolinguistique du lexique dans l’Atlas linguistique de la Normandie » se base plutôt sur des enquêtes déjà réalisées, précisément celles de l’Atlas linguistique et ethnographique normand, en particulier le relevé des cartes du tome 3. La contribution de Brigitte Horiot s’intéresse au roman régionaliste saintongeais paru en 1991, l’Arantèle de Pierre Senillou, en apportant un enrichissement aux données de l’Atlas linguistique et ethnographique de l’Ouest (ALO) que l’auteure de l’article a d’ailleurs cosigné avec Geneviève Massignon. Marie-Rose Simoni-Aurembou analyse les apports du sud-ouest de la région parisienne (pays des Yvelines) aux régionalismes de France.

Claude Verrault et Thomas Lavoie ouvrent la deuxième partie du premier sous-thème sur les variétés régionales du Canada en abordant un sujet encore trop peu documenté, celui de la variation du français au Québec dans un long article intitulé « Les parlers de l’Est et de l’Ouest québécois : essai de caractérisation linguistique ». Le deuxième sous-thème, intitulé « Éclairage historique », comporte quatre contributions (Jean-Denis Gendron, Peter W. Halford, Marcel Béneteau et Jean-Claude Boulanger) se rapportant toutes aux variétés de français en Amérique du Nord, sauf la contribution de Boulanger qui s’intéresse aux noms propres des dictionnaires de l’époque classique. Le troisième thème s’intéresse à l’apport des corpus informatisés. La contribution de Normand Maillet sur le réseau des corpus lexicaux québécois en ligne est complétée par celle de Frédérick Gagné. Liselotte Biedermann-Pasques et Fabrice Jejcic abordent un sujet un peu différent en ce qu’il traite des rectifications de l’orthographe. D’autres contributions dans cette section sont signées Henriette Walter et Pamela Grant.

En somme les traitements lexicologiques et géolinguistiques sont nettement prédominants et la phonétique et la syntaxe, qui dominent dans les programmes des sciences du langage en France, ne sont, chez les romanistes, du moins selon ce que reflète l’ensemble des contributions, traités que de manière indirecte parmi d’autres contributions.