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Thèses / Dissertations

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Corps de l’article

Alix, Claire 2001 Exploitation du bois par les populations néo-eskimo entre le nord de l’Alaska et le haut-Arctique canadien, Ph.D., Université Panthéon-Sorbonne, 619 p.

En milieu arctique, la toundra domine. Les populations néo-eskimo se sont établies sur les côtes, loin de la ligne des arbres. Le bois utilisé comme élément architectural ou mobilier n’est donc pas de croissance locale. La principale source est le bois flotté, troncs de la forêt boréale charriés depuis les fleuves nord-américains et sibériens. Vers l’an 1000, les Thuléens des phases pionnières partent de la côte nord de l’Alaska pour occuper l’Arctique oriental canadien (Chap. I). Si l’on considère la variabilité des ressources ligneuses inhérentes aux variations environnementales (Chap. II et III), ils sont partis de régions où le bois est relativement abondant pour des régions où il est moins fréquent et où son arrivage est moins prévisible. Ce mouvement migratoire et les différences pressenties dans l’accessibilité des ressources ont-ils entrainé une modification de l’exploitation des matières ligneuses? Dans cet objectif, une approche comparative a été menée, fondée sur l’analyse, taxinomique, dendrologique et xylologique (Chap. IV) du mobilier de 10 sites datés du Birnirk au Thulé classique et localisés entre la côte nord de l’Alaska et la côte est de la terre d’Ellesmere (Chap. V et VI). Nous avons montré que les amas locaux de bois flotté constituent bien l’approvisionnement principal des thuléens. Cependant, d’un site à l’autre, de légères variations dans les caractéristiques du bois et la présence de taxons rares témoignent de probables différences de disponibilité et des modalités d’approvisionnement plus complexes venant compléter l’approvisionnement principal. Ces modalités secondaires, motivées par le souci voire la nécessité d’acquérir des matériaux de qualité plus que par une pénurie de bois, impliquent le déplacement des groupes vers les zones boisées ou des échanges avec d’autres groupes thuléens voire avec des groupes culturellement différents (Chap. VII et VIII).

Wood exploitation by Neo-Eskimo populations from North Alaska to the Canadian High Arctic, Ph.D., Université Panthéon-Sorbonne.

In the arctic milieu, tundra dominates. Neo-Eskimo populations established themselves along the coast lines far from the tree line. The wood that was used for architecture and cultural objects, did not grow locally. Its main source was from driftwood of tree trunks from the boreal forest which were carried by North American and Siberian rivers. Around AD 1000, early pioneer Thule people left the northern coast of Alaska to occupy the Canadian Central Arctic (Chap. I). If one considers the wood variability inherent to the environmental variations (Chap. II et III), they left from regions where wood was relatively abundant to get to regions where it is less frequent and where its arrival is less foreseeable. Did this migratory movement and the different access to resources bring about a change in wood exploitation? With this question in mind, a comparative approach was used to do taxonomic, dendrologic, and xylologic analyses (Chap. IV) of wood objects from 10 sites dated from Birnirk to Classic Thule and localized between the north coast of Alaska and the east coast of Ellesmere Island (Chap. V and VI). We demonstrated that driftwood packs were indeed the main supply of the Thule. However, from one site to the other, some light variation in the wood characteristics and the presence of rare taxons attests possible differences in wood availability and the inclusion of more complex methods of getting wood. These secondary methods were motivated by the concern, even the necessity, to get best quality material rather than due to wood shortage. They implied the movements of Thule groups in forested zones or trade with other Thule groups and possibly with groups from different cultural backgrounds (Chap. VII and VIII).

Blake, Dale Selma 2000 Inuit autobiography: Challenging the stereotypes, Ph.D., University of Alberta, 219 p.

This dissertation examines the works of eight Inuit autobiographers who write from contact zones and at sites of métissage between the years 1894 and 1993. The case studies presented investigate how these writers respond to stereotypical ideas of Inuit people and how they write against such stereotypes in some cases, comply with them in others, or employ them for their own uses. My project studies the effects of hybridity on the self-fashioning of the Inuit autobiographical self, and how that self adjusts to changing material and ideological circumstances in order to survive. Founded upon the argument that the site of métissage is one of contact, and often conflict, of cultural expressions, this dissertation focuses on the ways in which Inuit autobiographers (and, on occasion, white editors/collaborators), by exploring and adapting to these conflicting ideologies, bring new perspectives to those life writings hitherto relegated to the margins of the Western autobiographical canon. The introduction situates Inuit autobiography in relation to perceived characteristics of Western autobiography and of North American Aboriginal life stories and locates Inuit life writings in areas of cultural crossovers. The first chapter explores the influence of métissage on the writings of Lydia Campbell, Margaret Baikie, and Elizabeth Goudie, women of Inuit heritage who lived in central Labrador during times of great cultural change. The second chapter investigates the collaborative autobiography of a woman of mixed ancestry, Anauta (Sarah Elizabeth Ford), and American author, Heluiz Chandler Washburne. The third chapter examines another collaborative work, Thrasher: Skid Row Eskimo (1976), written by an incarcerated Inuk, Anthony Apakark Thrasher, and two journalists, Alan Mettrick and Gerard Deagle. The fourth chapter situates Alice French and Minnie Aodla Freeman as speakers from the contact zone of the South and as translators of Inuit ways for both their own people and for outsiders. The fifth chapter centers on the work of Alootook Ipellie, whose unconventional text nevertheless continues to uphold ancient traditions while adapting to modern times. The conclusion investigates the reception of Inuit autobiographies in contemporary Canadian societies, both North and South, and points to future directions in Inuit life writing.

L’autobiographie inuit: Remise en question des stéréotypes, Ph.D., University of Alberta, 219 p.

Cette thèse examine le travail de huit autobiographes inuit qui ont écrit sur des zones de contact et des lieux de métissage entre 1894 et 1993. Des études de cas sont présentées pour savoir comment ces auteurs répondent à la représentation stéréotypée des Inuit. Dans certains cas, ils écrivent à l’encontre de tels stéréotypes mais dans d’autres, ils s’y conforment ou encore les emploient pour leur propre usage. Mon projet étudie les effets de l’hybridité sur la formation du soi, et comme ce soi s’ajuste au matériel qui change et aux circonstances idéologiques afin de survivre. Fondée sur l’argument que le site de métissage en est un de contact, et aussi de conflit, des expressions culturelles, cette thèse met l’emphase sur les façons dont les autobiographes Inuit (et, à l’occasion, leurs éditeurs et collaborateurs non-inuit), en explorant et en adaptant ces idéologies conflictuelles, amènent des perspectives nouvelles à ces écrits de vie qui jusque là étaient relégués aux marges du standard autobiographique occidental. L’introduction situe l’autobiographie inuit face aux caractéristiques de l’autobiographie occidentale et aux histoires de vie des autochtones de l’Amérique du Nord, et localise les récits de vie inuit dans des aires de croisements culturels. Le premier chapitre explore l’influence du métissage dans les écrits de Lydia Campbell, Margaret Baikie, et Elizabeth Goudie, des femmes au patrimoine inuit qui ont vécu dans le Labrador central lors de grands changements culturels. Le second chapitre étudie l’autobiographie d’une femme de descendance métissée, Anauta (Sarah Elizabeth Ford), écrite en collaboration avec l’auteur américain Heluiz Chandler Washburne. Le troisième chapitre examine un autre travail de collaboration, Thrasher: Skid Row Eskimo (1976), écrit par un Inuk incarcéré, Anthony Apakark Thrasher, et deux journalistes, Alan Mettrick et Gerard Deagle. Le quatrième chapitre situe Alice French et Minnie Aodla Freeman comme locutrices de la zone de contact avec le sud et comme traductrices des façons de vivre inuit pour leur propre peuple et pour les étrangers. Le cinquième chapitre se concentre sur le travail de Alootook Ipellie, dont le texte peu conventionnel continue néanmoins à intégrer les traditions anciennes tout en s’adaptant aux temps modernes. La conclusion se penche sur la réception des autobiographies inuit dans les sociétés contemporaines du Canada, au Nord comme au Sud, et identifie de futures directions dans l’écriture sur la vie inuit.

Cassady, Joslyn Diana 2001 A tundra of sickness: Cancer, radiation, and contagion among Alaskan Inupiat, Ph.D., University of Wisconsin – Madison, 246 p.

Cancer is the leading cause of death among Alaska Native women and the third leading cause of death among Alaska Native men. Speculation abounds as to why people living in some of the most remote regions of the United States are crippled with cancer, and, without a doubt, these theories are emotionally saturated, politically problematic, and highly contested in Alaska today. The 1992 "discovery" of an abandoned federal radioactive waste dump (known as Project Chariot) in northwest Alaska ignited debates about whether radioactive waste was responsible for cancer. This dissertation explores a number of different dimensions of the cancer problem in Arctic Alaska, both from a scientific and social scientific vantage point. First and foremost, however, this is a medical anthropological study of how Inupiat conceptualized the etiology and mode of transmission of cancer in the mid-1990s. Second, this dissertation investigates how biomedical assessments influenced Inupiat conceptions of their health, their bodies, and their land. I spent two-and-a-half years conducting ethnographic fieldwork in the town of Kotzebue, in isolated hunting and fishing camps, as well as in the villages of Shungnak, Evik, Point Hope, and Ambler. I demonstrate that Inupiat made sense of cancer in relation to the legacy of atnignaun (infectious diseases) that came to them throughout the early to mid-twentieth century. Cancer was interpreted as yet another germ-induced condition, much like tuberculosis, for which they had no inherent immunity. Inupiat strategies to protect themselves from "catching" cancer from the caribou, seals, and fish were predicated upon an interpretation of cancer as a parasitic or germ-like entity that "eats" the body. With regards to the influence of biomedicine, I also concluded that Inupiat theories and public health dogma merged on the idea that cancer etiology revolves around "poor" eating habits and food choices. In light of the ongoing environmental problems in Arctic Alaska, learning how to be a healthy citizen from the Alaska Department of Health may have a serious downside for identifying and challenging the broader structural forces contributing to cancer causation today.

Une maladie de la toundra: Cancer, radiation et contagion parmi les Inupiat de l’Alaska, Ph.D., University of Wisconsin – Madison, 246 p.

Le cancer est la cause majeure de décès chez les femmes autochtones de l’Alaska et la troisième cause de décès chez les hommes autochtones de l’Alaska. Il existe plusieurs spéculations afin de comprendre pourquoi des gens qui vivent dans une des régions les plus éloignées des États-Unis souffrent tant du cancer, et il ne fait aucun doute que plusieurs de ces théories sont saturées d’un point de vue émotionnel, qu’elles causent des problèmes politiques, et sont fort contestées en Alaska aujourd’hui. En 1992, la «découverte» d’un dépotoir fédéral radioactif abandonné (connu sous le nom de Project Chariot) dans le nord-ouest de l’Alaska a lancé un débat sur la possibilité que les déchets radioactifs étaient responsables du cancer. Cette thèse explore les différentes dimensions du problème du cancer dans l’Alaska arctique, à la fois du point de vue scientifique et du point de vue social. Avant tout, il s’agit d’une étude en anthropologie médicale sur comment les Inupiat conceptualisent l’étiologie et le mode de transmission du cancer au milieu des années 1990. Deuxièmement, cette thèse étudie comment les évaluations biomédicales ont influencé les conceptions inupiat concernant leur santé, leur corps et leur territoire. J’ai passé deux ans et demi à faire du terrain ethnographique dans la ville de Kotzebue, dans des campements isolés de pêche et de chasse, ainsi que dans les villages de Shungnak, Evik, Point Hope et Ambler. Je démontre ici comment les Inupiat comprennent le cancer dans le cadre des atnignaun (maladies contagieuses) qui sont venus à eux du début au milieu du XXe siècle. Le cancer était alors compris comme étant une condition induite par un germe, comme dans le cas de la tuberculose, et pour lequel ils n’avaient pas d’immunité. Les stratégies inupiat pour se protéger afin de ne pas attraper le cancer en consommant des caribous, phoques et poissons, sont liées à une interprétation du cancer comme étant un parasite ou une entité telle qu’un germe qui «mange» le corps. Je conclue aussi qu’avec l’influence de la biomédecine, les théories inupiat et le dogme de la santé publique se sont fusionnés en promouvant l’idée que l’étiologie du cancer tourne autour de «pauvres» habitudes alimentaires et dans le choix des aliments. À la lumière des problèmes environnementaux contemporains dans l’Alaska arctique, apprendre à être un citoyen en santé en se fiant au Département de la Santé de l’Alaska peut avoir un sérieux côté négatif pour identifier et contester les forces structurales plus vastes qui contribuent aux causes du cancer aujourd’hui.

Darwent, Christyann Marie 2001 High Arctic Paleoeskimo fauna: Temporal changes and regional differences (Canada, Greenland), Ph.D., University of Missouri – Columbia, 203 p.

The High Arctic of Canada and Greenland was first inhabited approximately 4000 years ago during a climatically warm period. Faunal remains from 30 Paleoeskimo (4200-1000 B.P.) archaeological assemblages were identified and compared to remains from an additional 38 reported zooarchaeological assemblages. The Paleoeskimo stage comprises four periods: Period 1, Early Pre-Dorset; Period 2, Middle and Late Pre-Dorset; Period 3, Early Dorset; and Period 4, Late Dorset. These periods were used as analytical units to examine changes through time and variation across space in animal use during the Paleoeskimo stage of High Arctic prehistory. Shifts in prey indices, mammalian evenness values, and gaps in occupation appear to closely follow climatic change from initial occupation to the beginning of Late Dorset. More pursuit time was concentrated on a few densely (locally) occurring taxa during Pre-Dorset and Early Dorset (Period 1-3) and shifts in faunal assemblage composition are tied closely to shifts in climate prior to abandonment of this region at the end of Early Dorset. As climate cooled, Paleoeskimo hunters adapted to this change by shifting to ringed seals. Given that the High Arctic was reoccupied in Late Dorset during relatively warmer climatic conditions, climate alone does not adequately explain the variability in Late Dorset faunal assemblages and the relative decline in artiodactyls (muskox/caribou). A relative shift from higher-benefit artiodactyls and seals to lower-benefit fox and hare, and a shift to broader and more varied taxa suggests resource depression in Late Dorset concomitant with decreased mobility and relatively higher population densities. Walrus remains increase dramatically from less than 1% of mammalian assemblages in Pre-Dorset to an average of 8% in Dorset-age assemblages. There is no evidence that dogs contributed in any significant way to Paleoeskimo life in the High Arctic.

La faune paléoesquimaude de l’Arctique septentrional: Les changements temporels et les différences régionales (Canada, Groenland), Ph.D., University of Missouri – Columbia, 203 p.

L’Arctique septentrional du Canada et du Groenland fut habité pour la première fois il y a environ 4000 ans durant une période de réchauffement climatique. Les vestiges fauniques de 30 assemblages paléoesquimaux (4200-1000 ans avant le présent) ont été identifiés et comparés avec des vestiges provenant de 38 assemblages zooarchéologiques déjà étudiés. Le stade paléoesquimau comprend quatre périodes: le Pré-Dorsétien ancien; le Pré-Dorsétien moyen et récent; le Dorsétien ancien; et le Dorsétien récent. Ces périodes ont été utilisées comme unités analytiques afin d’examiner les changements à travers le temps et les variations à travers l’espace dans l’utilisation des animaux durant le stade paléoesquimau dans la préhistoire de l’Arctique septentrional. Des changements dans les indices des proies, dans les valeurs des mammifères ainsi que des discontinuités dans les occupations semblent correspondre aux changements culturels de l’occupation initiale au début du Dorsétien récent. Plus de temps a été consacré à la chasse durant le Pré-Dorsétien et le Dorsétien ancien, et les variations dans la composition des assemblages de la faune sont étroitement liées aux changements de climat avant l’abandon de la région à la fin du Dorsétien ancien. Lorsque le climat s’est refroidi, les chasseurs paléoesquimaux se sont adaptés en chassant des phoques annelés. Puisque l’Arctique septentrional fut réoccupé durant le Dorsétien récent, lors de conditions climatiques relativement plus chaudes, le climat ne peut expliquer à lui seul la variabilité dans les assemblages de vestiges fauniques du Dorsétien récent, ainsi que le déclin des artiodactyles (boeuf-musqués et caribous). L’exploitation préférentielle de petits mammifères tels que le renard et le lièvre plutôt que celles de gros mammifères tels que les artiodactyles et les phoques, ainsi qu’une exploitation plus variée de taxons suggère un manque de ressources durant le Dorsétien récent concomitant à une décroissance de la mobilité et des densités de populations plus grandes. Par ailleurs, les vestiges de morses s’accroissent dramatiquement: ils représentent 1% des assemblages de mammifères au Pré-Dorsétien à 8% en moyenne dans les assemblages dorsétiens. Enfin, il ne semble pas que les chiens ont contribué d’une façon significative à la vie des Paléoesquimaux dans l’Arctique septentrional.

Erwin, John Christopher 2001 A prehistoric soapstone quarry in Fleur de Lys, Newfoundland, Ph.D., University of Calgary, 228 p.

Fleur de Lys 1 (EaBa-1), the prehistoric soapstone quarry in northeastern Newfoundland has been the subject of archaeological interest for almost a century. While initially believed to be Beothuk in origin (Howley 1915), Diamond Jenness suggested in his synthesis The Indians of Canada (1932), that the numerous carvings along the exposed soapstone outcrops in Fleur de Lys, Newfoundland, might be attributable to his newly discovered Cape Dorset culture. Although many researchers have commented upon the significance of the quarry, little archaeological evidence had ever been cited to support claims concerning the nature, use and importance of this site until the 1980s. Despite the lack of any major excavation, the quarry’s significance went unquestioned throughout most of this time due to the fact that it was the only known Dorset soapstone quarry of its kind. Field investigations conducted between 1997-2000 and ongoing analyses have (1) demonstrated that the extent and complexity of the quarry deposits exceed all previous descriptions; (2) defined the Dorset quarrying and vessel fabrication tool kit by way of a four stage reduction model; and (3) indicated that the quarry was primarily utilized by local Dorset groups who occupied the White Bay region of northeastern Newfoundland.

Une carrière de stéatite préhistorique à Fleur de Lys, Terre-Neuve, Ph.D., University of Calgary, 228 p.

Fleur de Lys 1 (EaBa-1), une carrière de stéatite préhistorique située au nord-est de Terre-Neuve a été le sujet d’un intérêt archéologique pendant presqu’un siècle. Bien qu’initialement associée aux Béothuks (Howley 1915), Diamond Jenness suggéra dans sa synthèse The Indians of Canada (1932), que les nombreuses sculptures trouvés à Fleur de Lys, pouvaient être attribuables à la culture dorsétienne. Bien que plusieurs chercheurs ont discuté de l’importance de la carrière, peu de preuves archéologiques ont été citées pour supporter les suppositions concernant la nature, l’utilisation et l’importance de ce site jusque dans les années 1980. Malgré l’absence d’une fouille majeure, l’importance de la carrière ne fut pas remise en question puisqu’il s’agissait de la seule carrière dorsétienne de ce genre. Des recherches de terrain entreprises entre 1997-2000 et des analyses ont: 1) démontré que l’étendue et la complexité des dépôts de la carrière excédaient les premières descriptions à son sujet; 2) défini le processus de manufacture des contenants dorsétiens avec un modèle de réduction de quatre étapes; et 3) indiqué que la carrière fut utilisée surtout par les groupes dorsétiens locaux qui occupèrent la région de White Bay au nord-est de Terre-Neuve.

Gilbert, Robert Lind 2002 Dividing Alaska: Native claims, statehood and wilderness preservation, Ph.D., University of North Carolina at Chapel Hill, 844 p.

When Alaska entered the Union in 1959, it remained a vast national commons on which many Alaska Natives —Aleuts, Eskimos and Indians— still lived as hunters and gatherers. Shortly after statehood, the federal government and the state separately threatened access to resources Natives relied upon for subsistence. Indigenous peoples responded by forming regional organizations to protest the loss of land around their villages. In 1966, aboriginal groups joined to form a statewide organization, the Alaska Federation of Natives (AFN), to demand recognition of their aboriginal rights. Since the Russian Cession of Alaska in 1867, Congress had several times recognized the existence of those rights but had never delineated them. In 1967, the AFN consciously chose to petition Congress for relief rather than seeking a more definitive legal ruling through the federal court system. The result, AFN leaders knew, would be political compromise —but far swifter than adjudicating claims village by village. In exchange for extinguishing aboriginal title to almost all of Alaska, they asked for cash and 60 million acres, enough territory, they believed, to sustain subsistence lifestyles. The AFN also demanded that Congress avoid putting indigenous peoples on reservations and instead urged lawmakers to consider the alternative of granting them fee-simple title to land, including mineral rights, so that Alaska Natives might chart their own course. Instead of tribal lands held in trust, they wanted to become capitalist shareholders in village and regional corporations. The discovery of oil under Prudhoe Bay in 1968 complicated the settlement process. Aboriginal claims made it almost impossible to develop the find, forcing oil companies to cooperate. Natives recognized the value of the oil and demanded a larger cash settlement. Because Americans had become environmentally conscious, conservationists viewed Alaska from another angle: as a last opportunity to preserve intact entire ecosystems before the advent of development. Thus, when Congress passed the Alaska Native Claims Settlement Act in 1971, it incorporated all these interests into one settlement. It cleared title to the public domain so that oil companies might develop Prudhoe Bay. It gave the Interior Department the opportunity to establish new national parks and wildlife refuges. And it granted Alaska Natives nearly $1 billion as capital to enter the market economy and 44 million acres to preserve access to subsistence resources.

Diviser l’Alaska: les revendications autochtones, l’état et la conservation de la nature, Ph.D., University of North Carolina at Chapel Hill, 844 p.

Quand l’Alaska joignit l’Union en 1959, elle devint un état dans lequel plusieurs autochtones —Aléoutes, Esquimaux et Indiens— vivaient encore comme des chasseurs-cueilleurs. Le gouvernement fédéral et l’état de l’Alaska ont alors séparément menacé l’accès aux ressources dont les autochtones avaient besoin pour leur subsistance. Les peuples autochtones répondirent en formant des organisations régionales afin de protester contre la perte de leur territoire autour de leurs villages. En 1966, les groupes autochtones formèrent une organisation, la Alaska Federation of Natives (AFN), afin de demander la reconnaissance de leurs droits autochtones. Depuis la cession de l’Alaska par la Russie en 1867, le Congrès américain a plusieurs fois reconnu l’existence de ces droits mais ne les avait jamais définis. En 1967, l’AFN pétitionna le Congrès afin d’obtenir un règlement légal à travers le système de la cour fédérale. Comme les dirigeants de l’AFN s’y attendaient, le résultat fut un compromis politique —mais il était préférable à la reconnaissance territoriale cas par cas. En échange de l’extinction de leur titre autochtone sur presque tout le territoire de l’Alaska, ils demandèrent une compensation monétaire et 60 millions d’acres, soit assez de territoire, pensaient-ils, pour leur subsistance. L’AFN demanda aussi que le Congrès évite de mettre les peuples autochtones dans des réserves, et demanda plutôt qu’ils aient des droits sur le territoire, incluant les droits aux minéraux, de façon à ce qu’ils puissent décider de leur avenir. À la place de territoires tribaux, ils voulaient devenir des partenaires capitalistes dans leurs villages et leurs corporations régionales. La découverte de pétrole dans la baie Prudhoe en 1968 compliqua le processus de l’entente. Les revendications autochtones rendirent le développement du pétrole impossible, ce qui força les compagnies pétrolières à coopérer. Les autochtones reconnaissaient la valeur du pétrole et négocièrent une entente à la hausse. Puisque les Américains sont maintenant devenus conscients de la conservation de l’environnement, ils voient l’Alaska d’un autre angle. Il s’agit pour eux d’une des dernières opportunités pour conserver des écosystèmes intacts avant que le développement ne les envahisse. Donc, lorsque le Congrès vota le Alaska Native Claims Settlement Act en 1971, il incorpora les intérêts de tous dans une seule entente. Il supprima le titre autochtone afin que les compagnies pétrolières puissent développer la baie Prudhoe. Il donna au Département de l’Intérieur l’opportunité d’établir de nouveaux parcs nationaux et des refuges fauniques. Il donna aussi aux autochtones de l’Alaska 1 milliard $ en capital pour intégrer l’économie de marché et 44 millions d’acres afin de préserver leur accès aux ressources de subsistance.

Hanson, Kristin Helweg 2002 Resilient thesis, wordless synthesis: Women’s perceptions of Inupiaq expression and transformation of Protestant belief and practice, Ph.D., Emory University, 337 p.

This ethnographic study of two Anchorage (Alaska) Protestant congregations explores the dialectical exchange that is occurring between two cultures, with particular underscoring of the Inupiaq impress upon the immigrant Euro American Protestantism. Both study congregations had traditional worship orders and a high percentage of Alaska Inupiaq/Alaska Native congregants originally from the Norton Sound and Seward Peninsula areas of Alaska. Interviews, with Inupiaq/Native and Euro American women associated with these two congregations, were augmented by fifteen months of observing participation and sifting archival information. Interviews probed church expectations, Christian identification, ethnic identification (especially as in possible conflict with the Christian identity), cultural negotiation and embrace of Native culture within the church setting. Missionary history and issues of racism emerged from the conversations as well. The dissertation stresses the persistence of the Inupiaq worldview. The work also presents the critiques and challenges that Inupiaq-informed and Inupiaq-performed Protestant beliefs and practices now offer the larger Protestant tradition. This dissertation is engaged with three related conversations: (1) Native American/Alaska Native studies, by offering insights into the urban Inupiaq experience that is currently an understudied aspect of Native life; (2) Religious identity and ethnic identity studies, by presenting glimpses of cultural negotiation and cultural reproduction that occur within these Native-dominant church settings; and finally, (3) Ecclesiastical and liturgical studies, to whom this dissertation potentially offers a methodological prototype. The privileging of the Inupiaq (non-dominant) worldview, the use of ethnography, and the use of liturgical theology (as an analytical and interpretive resource less dependent on verbal and written language) comprise a promising orientation and methodological combination for the study of interpenetration of cultures and theology.

La perception des femmes concernant l’expression et la transformation inupiaq des croyances et pratiques protestantes, Ph.D., Emory University, 337 p.

Cette étude ethnographique de deux congrégations protestantes d’Anchorage (Alaska) explore l’échange dialectique qui se produit entre deux cultures, et souligne l’influence inupiaq sur les immigrants euro-américains. Un grand nombre des fidèles de ces congrégations sont originaires de Norton Sound et Seward Peninsula en Alaska. Les entrevues avec les femmes inupiat et euro-américaines furent accompagnées de 15 mois d’observation participante et de recherche archivale. Les entrevues étaient à propos de l’attente face à l’Église, l’identification chrétienne, l’identification ethnique (particulièrement si en conflit possible avec l’identité chrétienne), la négociation culturelle et l’incorporation de la culture autochtone dans le contexte de l’Église. L’histoire missionnaire et des questions relatives au racisme ont aussi émergé de ces conversations. La thèse insiste sur la persistance de la vision du monde inupiaq. Elle présente aussi des critiques et les défis que les Inupiat offrent à la tradition protestante. Cette thèse inclut en fait des données d’intérêts pour les trois champs d’étude suivants: 1) les études autochtones sur l’expérience urbaine inupiaq; 2) les études sur l’identité religieuse et ethnique, et finalement, 3) les études ecclésiastiques et liturgiques, en proposant un prototype méthodologique. La vision inupiaq (non-dominante), l’ethnographie et la théologie liturgique (comme une source analytique et d’interprétation moins dépendante de la langue écrite et verbale) permettent d’étudier l’interpénétration des cultures et de la théologie.

Hoffman, Brian Walter 2002 The organization of complexity: A study of late prehistoric village organization in the Aleutian region (Alaska), Ph.D., University of Wisconsin – Madison, 439 p.

The large, communal dwelling is a hallmark of complex hunter-gatherer societies in northwestern North America. This dissertation contributes to the archaeological study of multifamily dwellings and cultural complexity by investigating the relationships between household organization, economy, and status at Agayadan Village, an Alaskan Aleut settlement abandoned during the 18th century AD. My research addresses two issues. The first issue concerns understanding the organization of Agayadan’s multifamily households particularly the relationship between the individual families and the co-resident group. My investigative strategy utilized block excavations with high definition methods. The spatial distributions of features, artifacts, and soil chemistry signatures demonstrate a division between communal space and family compartments. The centrally located communal space was dominated by cooking facilities shared by all families. Each nuclear family, however, maintained their own storage and workspace associated with sleeping areas along the walls. The similarities in workshop assemblages suggest there was minimal economic specialization among households. These findings contradict the argument that multifamily households form units where large labor forces were required, and are more consistent with socio-political explanations like elite competition for followers. The second dissertation issue centers on the relationships between house size, economy, and status. These relationships are explored by comparing assemblages from small, medium, and large houses. The Agayadan villagers organized their houses in a similar fashion regardless of size. The largest house, however, had the highest frequency of personal adornment objects, which is consistent with the ethnohistoric observation that status was based on household size. The occupants of the largest house were also more involved in accumulating surpluses, as indicated by the abundance of salmon remains and storage facilities. Finally, the larger household emphasized prestige goods production using local materials, presumably for exchange outside the village. The amber, slate, obsidian, and other exotic goods received in return were widely distributed within the community, and not hoarded by Agayadan’s high status household. These behaviors are consistent with a "social banker" strategy where elites compete for status by producing surplus foods and materials, which they then use in alliance building, feasting, and celebrations in a social display of their power and prestige.

L’organisation de la complexité: une étude de l’organisation d’un village préhistorique récent dans la région aléoute (Alaska), Ph.D., University of Wisconsin – Madison, 439 p.

Les larges habitations communautaires sont la marque des sociétés complexes de chasseurs-cueilleurs du nord-ouest de l’Amérique du Nord. Cette thèse contribue à l’étude archéologique de ces habitations multi-familiales et de la complexité culturelle en analysant les relations entre l’organisation des maisonnée, l’économie et le statut du village Agayadan, un village aléoute de l’Alaska abandonné durant le 18e siècle. Notre recherche se concentre sur deux questions. La première concerne la compréhension de l’organisation des maisonnées multi-familiales à Agayadan et particulièrement les relations entre les familles individuelles et le groupe co-résident. La stratégie de fouille utilise deux blocs d’excavations avec des méthodes à haute résolution. La distribution spatiale des aménagements, des artefacts, ainsi que les signatures chimiques du sol démontrent une division entre l’espace communal et les compartiments familiaux. L’espace communal, localisé au centre, était dominé par les installations relatives à la cuisson des aliments et partagées par toutes les familles. Toutefois, chaque famille nucléaire avait son propre espace de rangement et un espace pour le travail associés à des aires de couchages le long des murs. Les similarités entre les assemblages des aires de travail suggèrent qu’il y avait une économie minimale de spécialisation parmi les familles. Ces résultats contredisent l’argument selon lequel les maisonnées multi-familiales se forment là où de larges forces de travail sont requises mais est plus en accord avec une explication socio-politique comme la compétition d’élites pour des partisans. La deuxième question abordée dans cette thèse concerne les relations entre la taille de la maison, l’économie et le statut. Ces relations sont explorées en comparant les assemblages des maisons de taille petite, moyenne et grande. Les villageois d’Agayadan organisaient leurs maisons d’une façon similaire peu importe la taille de ces dernières. Toutefois, la plus grande maison avait la plus grande fréquence d’objets personnels de parure, ce qui est compatible avec les observations ethnohistoriques selon lesquelles le statut était basé sur la taille de la maisonnée. Les occupants des grandes maisons étaient aussi impliqués dans l’accumulation de surplus, tel qu’indiqué par l’abondance de vestiges de saumon et d’installations de stockage. Finalement, la plus grande maison produisait des biens de prestige en utilisant des matériaux locaux, possiblement pour les échanger à l’extérieur du village. Des objets en ambre, ardoise, obsidienne et autres matériaux exotiques étaient reçus en retour et distribués largement dans la communauté plutôt que gardés exclusivement par la maisonnée de haut statut d’Agayadan. Ces comportement vont de pair avec une stratégie de «banquier social» où les élites font concurrence pour leur statut en produisant des surplus de nourriture et de matériels, et qu’ils utiliseront pour des alliances, ou lors de fêtes et de célébrations durant lesquelles ils pourront montrer leur pouvoir et leur prestige.

Kritsch Vascotto, Norma Mae 2001 The transmission of drum songs in Pelly Bay, Nunavut, and the contributions of composers and singers to musical norms, Ph.D., University of Toronto, 475 p.

Inuit drum songs are snapshots of memorable activities in composers’ lives, besides having an accompaniment function in drum dances and a general role in oral history preservation. I investigated the drum song repertoire of one extended family from Pelly Bay, Nunavut, looking for a broader social role independent of textual content and public performance. I looked musicologically at how composers and singers contributed to song style. With assistance from informants, I determined the transmission paths and the perceived meaning of the transmitted information, then related the socio-cultural to the musical findings. Musicologically, the songs showed a variety of expression within compositional norms. Interval make-up and melodic contour types were largely consistent. Scale appeared to derive from tonal centre relationships established early in the compositional process. Scale and interval complexity varied generationally, while microtonal make-up displayed compositional and performance components. Ornamentation showed positional uniformity, but variety in execution. Transmitted versions, faithful to the memory and style of the composer, showed musical alterations which reflected singer style and the transmission path. Transmission patterns reflected the importance of kin and fictive kin relationships. Consanguineal ties outnumbered affinal ones, with modes of transmission related to composer gender. Women’s songs moved to daughters and granddaughters. Men’s songs moved through their nuclear families, and then into sons’ families by way of mothers and wives. Siblings were in transmission lines, but direct sibling to sibling transmission was not maintained. Songs reinforced namesake ties, and reflected beliefs about commonality of namesake traits. Song transmission in these cases reinforced the importance of song performance in reinforcing ties, and showed the role of women in this maintenance. Teaching and learning followed paths that dealt with obligatory and avoidance demands of traditional kin relations. Teaching methods have changed over time, and much of this is attributable to the change from oral to non-oral learning styles. Opportunities for teaching and learning are reduced in Pelly Bay today, though new contexts in school and home have developed. Reinforcement of traditional kin and fictive ties continues to be an important element in transmission, though a more generalized dispersal of songs seems to be developing.

La transmission des chants au tambour à Pelly Bay, Nunavut, et les contributions des compositeurs et chanteurs aux normes musicales, Ph.D., University of Toronto, 475 p.

Les chants inuit accompagnés au tambour sont des vignettes d’activités mémorables dans la vie des compositeurs, en plus d’avoir rempli une fonction d’accompagnement lors de danses au tambour et dans leur rôle plus général de conserver l’histoire orale. Nous avons étudié le répertoire des chants au tambour d’une famille étendue de Pelly Bay, Nunavut, afin de comprendre son rôle social indépendamment du contenu textuel et de la performance publique. Nous voulions savoir comment musicologiquement les compositeurs et chanteurs contribuaient au style des chants. Avec l’aide d’informateurs, nous avons déterminé les voies de transmission et la signification de l’information transmise, puis nous avons lié ces données musicales à l’aspect socio-culturel. Musicologiquement, les chants démontrent une variété d’expressions à l’intérieur de normes de composition. L’ornementation démontre une uniformité de position mais une variété dans l’exécution. Les versions transmises sont fidèles à la mémoire et au style du compositeur, mais contiennent des altérations musicales qui reflètent le style du chanteur et la voie de transmission. Les modes de transmission reflètent l’importance des liens familiaux réels et fictifs. Les liens consanguins sont plus nombreux avec des modes of transmission liés au sexe du compositeur. Les chants des femmes allaient à leurs filles et à leurs petites-filles. Les chants des hommes allaient à toute leur famille nucléaire puis à celles de leurs fils, par leurs mères ou leurs femmes. Les frères et les soeurs étaient dans les lignes de transmission mais les transmissions directes entre frères et soeurs n’étaient pas maintenues. Les chants renforcent les liens des personnes portant le même nom et reflètent les croyances concernant les traits associés au nom. Dans ces cas, la transmission des chants montre l’importance de performer ces derniers pour renforcer les liens, ainsi que le rôle des femmes dans leur maintien. L’enseignement et l’apprentissage suivent des voies associées à des obligations et tabous traditionnels liés aux relations familiales. Les méthodes d’enseignement ont changé à travers le temps et cela est surtout attribuable au style d’apprentissage qui est maintenant non-oral. Les opportunités pour enseigner et apprendre les chants sont aujourd’hui réduites à Pelly Bay, bien que de nouveaux contextes se sont développés à l’école et à la maison. Le renforcement des liens familiaux traditionnels réels et fictifs continue d’être un important élément de transmission, même si une façon plus générale de disperser les chants semble se développer.

Meunier, Yannick 2001 Commerce et anthropologie, une relation symbiotique sur l’île Saint Laurent, Alaska, Ph.D., Université de la Sorbonne nouvelle.

La fouille des anciennes maisons est une pratique notoire chez les Yupik sibériens de l’île Saint-Laurent, Alaska. Les objets en ivoire, qui sont exhumés du sous-sol, sont ensuite recyclés ou vendus soit aux touristes, soit aux collectionneurs d’art primitif. Une telle situation est, d’après les archéologues, causée par une nécessité économique. Néanmoins, les opinions se calquent sur une terminologie héritée de l’ANCSA (1971) et de l’ARPA (1979), deux lois publiques favorables à l’exploitation des ressources du sous-sol dans les enclaves alaskiennes. Cependant, l’étude des collections archéologiques du Anchorage Historical Fine Art Museum et des ventes aux enchères (Sotheby’s, Christie’s) montrent une autre perspective. Le phénomène autochtone réagit et s’adapte au marché de l’art primitif.

Market and anthropology: A symboitic relationship on St. Lawrence Island, Alaska, Ph.D., Université de la Sorbonne nouvelle.

In Saint Lawrence Island, Alaska, the excavations of old houses are notorious in the Siberian Yupik territory. Old ivories and artefacts are dug up, recycled or sold to tourists or professional artefact dealers. This situation is, as archaeologists say, due to native subsistence diggers. However, opinion is close to terminology inherited from the Alaska Native claims Settlement Act (1971) and the Archaeological Resources Protection Act (1979), two public laws in favour of the proceeds from artefacts sales and digs in the Alaskan communities. And yet the study of archaeological collections of the Anchorage Historical Fine Art Museum and auctions (Sotheby’s, Christie’s) show another perspective. The native phenomenon reacts and adapts to the tribal art market.

Stern, Pamela Rose 2001 Modernity at work: Wage labor, unemployment, and the moral economy of work in a Canadian Inuit community (Northwest Territories), Ph.D., University of California, Berkeley, 249 p.

This dissertation is an ethnographic study of modernity in the Canadian North. I trace the historical development of modernity in the Inuit community of Holman, NWT (pop. 400) through the lens of the work people do. I challenge the assumptions of many recent ethnographic accounts that essentialize Inuit as subsistence hunters who accept wage labor as a way to maintain subsistence lifestyles. Instead, I argue that while this might have been the case initially, the cumulative effect of decades of social, economic, and political changes have transformed Inuit lifestyles and understandings of work. There has been a tendency among observers of the North to see modern realities as antithetical to traditional Inuit values. I argue otherwise — that Inuit have actively participated in constructing their contemporary lives, and there is much that is profoundly "traditional" and indisputably Inuit in the North today. Chapter 1 provides an overview of the community of Holman and sketches the major events in the history of the community. These key moments serve largely as reference points, and the modernization process cannot be understood without reference to the everyday practices that remind people who they are and what they can aspire to. Chapters 2 and 3 address work in contemporary Inuit communities, and consider the relationship between subsistence work, wage labor, and social assistance. I look at the kinds of paid and unpaid work that people in Holman do, and consider their attitudes toward that work. The evidence suggests that most Holman Inuit see wage labor, rather than traditional subsistence work as both the route to a comfortable life, and the modern way of life. Yet, few people in Holman experience their jobs as comfortable or satisfying. These chapters examine that paradox. Chapters 4-7 deal directly with several aspects of modernity. Chapter 4 concerns time discipline and historical changes in temporal models. In Chapter 5, I examine recent demographic changes in Holman, especially outmigration. Chapter 6 concerns the relationship between Holman residents, local and territorial governments, and regional Inuit organizations. Finally, in Chapter 7, I examine theories of modernity in relationship to the data from Holman.

Travail rémunéré, chômage, et économie morale du travail dans une communauté inuit du Canada (Territoires du Nord-Ouest), Ph.D., University of California, Berkeley, 249 p.

Cette thèse est une étude ethnographique sur la modernité dans le Nord canadien. Nous y traçons le développement historique de la modernité dans le communauté inuit de Holman (pop. 400) à travers le genre de travail que les gens y font. Nous remettons en question les hypothèses de plusieurs ethnographies récentes qui essentialisent les Inuit comme étant des chasseurs de subsistance qui acceptent du travail rémunéré seulement pour maintenir leur style de vie de chasseurs. Nous soutenons plutôt que bien que cela fut possiblement le cas initialement, l’effet cumulatif de décades de changements sociaux, économiques et politiques a transformé le style de vie des Inuit et leur compréhension du travail. Il y a eu une tendance parmi les observateurs du Nord de voir les réalités modernes comme étant opposées aux valeurs traditionnelles inuit. Nous pensons que c’est le contraire —les Inuit ont activement participé à la construction de leur vie contemporaine— et il y a quelque chose de profondément «traditionnel» et d’indiscutablement inuit dans le Nord d’aujourd’hui. Le chapitre 1 décrit la communauté d’Holman et les événements majeurs de son histoire. Les moments importants servent de points de référence et le processus de modernisation ne peut être compris sans allusion aux pratiques journalières qui rappellent aux gens ce qu’ils sont et à quoi ils aspirent. Les chapitres 2 et 3 se concentrent sur la question du travail dans les communautés inuit contemporaines et considèrent les relations entre le travail de subsistance, le travail rémunéré et l’aide sociale. Nous analysons le genre de travail payé et non payé que les gens d’Holman font et nous considérons leurs attitudes vis-à-vis le travail. Nos données suggèrent que la plupart des Inuit de Holman pensent que le travail rémunéré, plutôt que le travail traditionnel de subsistance, est la voie vers une vie confortable et moderne. Pourtant, peu de gens à Holman décrivent leur travail comme étant confortable ou satisfaisant. Ces chapitres examinent ce paradoxe. Les chapitres 4 à 7 discutent directement de plusieurs aspects de la modernité. Le chapitre 4 concerne les changements historiques dans les modèles temporels. Dans le chapitre 5, nous examinons les changements démographiques récents à Holman, spécifiquement la migration vers l’extérieur de la communauté. Le chapitre 6 concerne les relations entre les résidents de Holman, les gouvernements locaux et territoriaux et les organisations inuit régionales. Finalement, le chapitre 7 examine les théories sur la modernité et leur pertinence avec les données de Holman.

Wachowich, Nancy 2001 Making a living, making a life: Subsistence and the re-enactment of Iglulingmiut cultural practices (Nunavut), Ph.D., University of British Columbia, 297 p.

This thesis is about the Inuit effort to adapt to a changing arctic environment through their engagement with outsiders in projects to document their "traditional culture." The Inuit ability to draw subsistence from what southerners perceive as an inhospitable arctic environment has been an ongoing fascination to the western public. I argue that while westerners seek to reinforce these idealized and exotic notions of the pristine arctic environment and of the "authentic Inuit" who inhabit it, Inuit themselves have simultaneously and deliberately drawn upon these western iconic categories to communicate their cultural knowledge for social and political ends. Based on 1997 fieldwork in the Eastern High Arctic Inuit community of Igloolik, as well as fieldwork undertaken between 1991 and 1998 in the neighbouring community of Pond Inlet, in Iqaluit and in Ottawa, my dissertation analyses various sites where Iglulingmiut (Inuit from Igloolik) and southerners come together to construct Inuit identities. Each chapter focuses on a different context where Inuit cultural traditions are produced: explorer narratives; arctic ethnography; local community projects in Igloolik; ethnographic film; life histories and national museum exhibits. Drawing on Myers’ notion of "culture-making," I describe how identity construction at these sites via new representational media (print, film, museum exhibits and others) has become a form of subsistence that co-exists with and supports traditional subsistence hunting. Yet, this social and economic strategy functions at the interface between Inuit and southern cultures. It is an intercultural process largely dependent on southern funding agencies for economic support. Just as the Inuit in the past navigated new territories in search of migratory animals, another type of navigation has emerged in this new cross-cultural environment as Iglulingmiut seek to market their cultural representations on a global scale. Political issues related to land claims, environmental protection, sustainable development and hunting rights intensify this Inuit effort to assert themselves in global arenas. I describe how the particular dynamics of each contact zone provoke new and unique cross-cultural dialogues as Iglulingmiut creatively draw on elements from their past to reiterate their tradition as an adaptive, hunting people.

La subsistance et la reconstitution des pratiques culturelles des Iglulingmiut (Nunavut), Ph.D., University of British Columbia, 297 p.

Cette thèse concerne l’effort des Inuit pour s’adapter à un environnement arctique en transformation à travers leur engagement avec des étrangers dans des projets documentant leur «culture traditionnelle.» L’habilité des Inuit à survivre dans ce que les Occidentaux perçoivent comme étant un environnement arctique inhospitalier, a toujours fasciné le grand public. Bien que les Occidentaux essayent de renforcer leurs notions idéalisées et exotiques de l’Arctique et des «Inuit authentiques» qui l’habitent, les Inuit eux-mêmes ont simultanément et délibérément utilisé ces icônes occidentales pour communiquer leurs savoirs culturels à des fins sociales et politiques. Se basant sur du terrain effectué en 1997 dans la communauté inuit d’Igloolik et entre 1991 et 1998 dans la communauté voisine de Pond Inlet, ainsi qu’à Iqaluit et à Ottawa, cette thèse analyse les différents sites où les Iglulingmiut (Inuit d’Igloolik) et les gens du sud se rencontrent pour construire des identités inuit. Chaque chapitre met l’emphase sur un contexte différent où les traditions culturelles inuit sont produites: les récits d’explorateurs; l’ethnographie de l’Arctique; les projets locaux dans la communauté d’Igloolik; le film ethnographique; les récits de vie; et les expositions au musée national. En utilisant la notion de culture-making de Myers, nous décrivons comment la construction de l’identité via de nouveaux moyens de représentations (image, film, exposition) est devenue une forme de subsistance qui coexiste avec, et supporte, la chasse traditionnelle. Pourtant cette stratégie sociale et économique fonctionne à l’interface entre les cultures inuit et occidentale. Il s’agit d’un processus interculturel qui dépend largement du financement d’organisations du sud. De la même façon que les Inuit dans le passé naviguaient dans de nouveaux territoires pour trouver des animaux migrateurs, un autre type de navigation a émergé dans un nouvel environnement d’interactions culturelles où les Iglulingmiut essayent de vendre leurs représentations culturelles sur le marché mondial. Les questions politiques liées aux revendications territoriales, à la protection de l’environnement, au développement durable et au droit à la chasse, intensifient les efforts des Inuit pour s’affirmer dans les arènes mondiales. Nous décrivons aussi comment les dynamiques particulières de chaque zone de contact provoquent de nouveaux dialogues entre les cultures lorsque les Iglulingmiut utilisent de façon créative des éléments de leur passé pour réitérer leur tradition en tant que peuple de chasseurs s’adaptant continuellement.

Woodhouse-Beyer, Katharine Elizabeth 2001 Gender relations and socio-economic change in Russian America: An archaeological study of the Kodiak Archipelago, Alaska, 1741-1867 A.D., Ph.D., Brown University, 320 p.

Located on remote coastlines and rivers from the Aleutians to the Kodiak Archipelago, Alaska interior, and northern California, nineteenth-century Russian-American Company fur trade labor camps known as artels remain among the least explored settlements of Russian America. While Company officers and clergymen commented extensively on the economic activities of the Russian colonies, contemporary scholars labor to understand the "on the ground" mechanics of the complex system of wage labor, resource procurement, and Native conscription. Still less is known of the social, economic, and technological effects of Russian-American Company policies on the daily lives and routines of Native peoples. This dissertation contributes an archaeological study of the Afognak artel, located on Afognak Island, to explore how the Alutiiq people of the Kodiak Archipelago, Alaska encountered, and actively confronted, Russian mercantile colonialism. The Russian-American Company brought new material culture, architectural forms, and socio-economic classification system to Russian America. Russian-introduced changes in Alutiiq social organization, division of labor, and community organization were particularly significant in contributing to the ongoing processes of Alutiiq culture change. Despite their oppressed position in the colonial hierarchy, the Alutiit possessed several cultural survival strategies, selective cultural accommodation and cohabitation/intermarriage. While demands of the sea otter hunt took men away from the settlements for much the year, Alutiiq women had more opportunity to interact with Russians and gain access to European goods at artel settlements. Archaeological research examines the variability within the Afognak artel through a detailed study of architecture, site activities, and material culture. The research utilizes a modified form of the task differentiation approach (Spector 1983) in order to examine the composition and organization of activities across the artel landscape. The research also examines the type and distribution of objects known to have ratified social status within both Russian and Alutiiq spheres: ceramics, glass trading beads, and metal items. The analysis of the Afognak artel and Russian ethnohistorical accounts provides a contextual, and nuanced, view of Native-Russian interactions, household consumption, and the processes of Alutiiq culture change and creolization.

Relations hommes-femmes et les changements socio-économiques en Russie américaine: une étude archéologique de l’archipel de Kodiak, Alaska, 1741-1867, Ph.D., Brown University, 320 p.

Situés sur les côtes et le long des rivières des îles aléoutiennes à l’archipel de Kodiak, dans l’intérieur de l’Alaska ainsi qu’au nord de la Californie, les camps de travail liés à la traite des fourrures du XVIIIe siècle de la Russian-American Company connu sous le nom de artels restent un des aspects les moins connus de établissements de la Russie américaine. Alors que les officiers de la compagnie et les hommes du clergé ont fait beaucoup de commentaires sur les activités économiques des colonies russes, les chercheurs contemporains ont de la difficulté à comprendre la mécanique quotidienne du complexe système de travail rémunéré, de l’acquisition des ressources et de l’enrôlement des autochtones. On connaît encore moins les effets sociaux, économiques et technologiques des politiques de la Russian-American Company sur la vie quotidienne des autochtones. Cette thèse contribue à l’étude archéologique du artel d’Afognak, situé sur l’île Afognak, afin d’explorer comment les Alutiit de l’archipel de Kodiak réagirent au colonialisme mercantile russe. La Russian-American Company amena avec elle une nouvelle culture matérielle, des formes architecturales et un système de classification socio-économique. Ces changements ont affecté l’organisation sociale des Alutiit, leur division du travail, ainsi que l’organisation de leurs communautés. Malgré leur position d’oppressés dans la hiérarchie coloniale, les Alutiit possédaient plusieurs stratégies culturelles de survie ainsi que des modes de cohabitations et de mariages. Alors que la demande pour la chasse à la loutre de mer éloignait les hommes des villages pour une grande partie de l’année, les femmes alutiit avaient plus d’opportunités d’interagir avec les Russes et d’avoir accès à des biens européens dans les artels. Cette recherche archéologique examine la variabilité à l’intérieur du artel de Afognak grâce à une étude détaillée de l’architecture, des sites d’activités et de la culture matérielle. L’étude utilise une forme modifiée la task differentiation approach (Spector 1983) afin d’examiner la composition et l’organisation des activités dans le territoire du artel. La thèse examine aussi les types et la distribution des objets associés à la ratification du statut social dans les sphères russe et alutiiq: céramiques, perles de verres et items en métal. L’analyse du artel de Afognak et des sources ethnohistoriques russes donnent une vue plus contextualisée et nuancée des interactions autochtones-russes, de la consommation des maisonnées et du processus de transformation et de créolisation de la culture alutiiq.