Vous êtes sur la nouvelle plateforme d’Érudit. Bonne visite! Retour à l’ancien site

Thèses / Dissertations

Logo de Études/Inuit/Studies

Corps de l’article

APORTA, Claudio, 2003 Old routes, new trails: Contemporary Inuit travel and orienting in Igloolik, Nunavut, Ph.D., University of Alberta, Edmonton, 219 p.

Despite profound social and economic changes, travelling on the land and the sea still plays a very significant role in the lives of the Inuit of Igloolik, in the territory of Nunavut, Canada. For Inuit hunters, travelling implies a comprehensive understanding of and a thorough engagement with the environment in which they live. In this context, orienting means more than locating one’s geographic position or one’s destination in abstract space. The activities and skills involved in orienting and wayfinding are embedded in a particular way of approaching the territory and of understanding people’s place in it. This thesis studies different aspects of the Inuit approach to travelling and orienting, and some characteristics of their knowledge of the territory. It also describes how Inuit hunters in Igloolik relate to the sea ice and how they break trails on fresh snow, recreating routes (or courses) that have been part of the community’s memory throughout many generations. Finally, it analyzes the changes brought up by a contemporary setting, and discusses the use of Global Positioning System (GPS) receivers by Inuit hunters in the context of a theoretical debate around technology and change.

Vieilles routes, nouveaux chemins: Voyage et orientation chez les Inuit d'Igloolik, Nunavut, Ph.D., University of Alberta, Edmonton, 219 p.

Malgré de profond changements sociaux et économiques, voyager dans les terres et sur la mer joue encore un rôle très important dans la vie des Inuit d'Igloolik (Nunavut, Canada). Pour les chasseurs inuit, voyager implique une compréhension totale de l'environnement dans lequel ils vivent. Dans ce contexte, s'orienter veut dire plus que localiser sa position géographique ou sa destination dans un espace abstrait. Les activités et les aptitudes liées à l'orientation et à la façon de trouver son chemin sont intégrées dans une approche particulière pour comprendre le territoire et la place de ses habitants. Cette thèse étudie différents aspects de l'approche inuit du voyage et de l'orientation ainsi que certaines caractéristiques de leur connaissance du territoire. Elle y décrit aussi la façon dont les chasseurs inuit d'Igloolik perçoivent la mer glacée et comment ils font de nouveaux chemins sur la neige fraîche en recréant des routes qui font partie de la mémoire communautaire depuis des générations. Enfin, elle analyse les changements contemporains et aborde la question de l'utilisation de receveurs GPS (Global Positioning System) par les chasseurs inuit dans le contexte d'un débat théorique concernant la technologie et le changement.

BURKE, Tracey Kathleen, 2003 Social services in rural Alaska: An ethnography of service provision in a Yup'ik Eskimo community, Ph.D., University Of Washington, Seattle, 314 p.

This dissertation is an ethnography of the lived experience of contemporary social work in a Yup'ik (Eskimo) village. Despite efforts to increase “cultural competence,” there has been little systematic investigation of the everyday meaning of formal social work/social services in the lives of rural Alaska Natives. This research addresses that gap by examining current service systems and local, culturally-informed perceptions of need and appropriate responses. I conducted fieldwork in one Bering Sea village. I used participant-observation and multiple conducted ethnographic interviews with various community members, especially the local social service providers and others involved with specific cases. Data consist of fieldnotes, interview transcriptions, and pre-existing documents. I adapted grounded theory and discourse analysis techniques for analysis. I returned to the village to conduct follow-up interviews and to present the initial findings to key informants, and I presented the elaborated findings to the tribal Human Research committee. I developed a schema of how the community thinks about “social problems” and responses to them, with an emphasis on the roles of formal professional (typically Anglo) and paraprofessional (typically Yup'ik) service providers. I used a composite case study to elaborate the schema and discuss issues of fit between the service systems and local culture; in particular, how responses internal to the village and interventions that require leaving the village are activated and utilized. Though a white woman reluctant to make declarative statements about what “should” happen with social services practice or organizational policy, I suggest issues worth focused discussion by community members, tribal agency staff, and social work professionals.

Les services sociaux de l'Alaska rural: une ethnographie des services nécessaires dans une communauté yup'ik, Ph.D., University of Washington, Seattle, 314 p.

Cette thèse est une ethnographie du travail social dans un village yup'ik. Malgré des efforts afin d'accroître la «compétence culturelle», il y a eu peu d'études systématiques concernant les répercussions des services sociaux sur les vies des Autochtones de l'Alaska rural. Cette recherche comble ce vide en examinant les services sociaux contemporains et les perceptions culturelles locales des besoins et solutions appropriés. J'ai fait du terrain dans un village de la mer de Béring en faisant de l'observation participante et de multiples entrevues ethnographiques avec divers membres de la communauté, spécialement les personnes travaillant dans les services sociaux et d'autres impliquées dans des cas particuliers. Mes données sont mes notes de terrain, les transcriptions d'entrevues et de la documentation écrite. Pour mon analyse, j'ai adapté la théorie et les techniques de l'analyse du discours. Je suis retournée dans le village afin de conduire des entrevues complémentaires et de présenter mes résultats initiaux auprès de mes informateurs principaux ainsi qu'au comité sur la recherche humaine. J'ai développé un schéma expliquant comment la communauté pense les «problèmes sociaux» et y répond, avec une emphase sur le rôle des professionnels (typiquement des Anglos) et des para-professionnels (typiquement des Yupiit) qui fournissent les services. J'ai utilisé une étude de cas composite afin d'élaborer le schéma et de discuter des questions de l'accord entre les services et la culture locale; en particulier, comment les soins donnés dans le village et les interventions qui demandent de le quitter sont activés et utilisés. Bien qu'étant une femme blanche réticente à faire des déclarations concernant ce qui «devrait se faire» dans la pratique des services sociaux ou dans la politique organisationnelle, j'ai suggéré des grandes lignes de discussion aux membres de la communauté, au personnel de l'agence tribale, et aux professionnels du travail social.

Fox, Shari, 2004 When the weather is uggianaqtuq: Linking Inuit and scientific observations of recent environmental change in Nunavut, Canada, Ph.D., University of Colorado at Boulder, Boulder, 245 p.

This dissertation documents Inuit observations and knowledge of Arctic environmental processes and changes, and examines how these observations intersect (and do not intersect) with scientific observations. Using a multi-method approach including semi-directed interviews, mapping exercises, participant observation and focus groups, the study engaged active Inuit hunters and elders in the Nunavut communities of Qamani'tuaq (Baker Lake) and Kangiqtugaapik (Clyde River) to understand how changes are observed in the climate and environment, what these changes are, and how Inuit interact with these changes in their daily lives. The empirical evidence, including the maps and words of Inuit who participated in the project, clearly shows that Inuit have observed changes in the climate and environment, particularly in the last decade. These changes include thinning sea ice, lower river and lake levels, changing snow conditions, changing animal populations, and increasingly variable and unpredictable weather. A comparison of Inuit observations to scientific evidence from published studies and weather station data shows that the two lines of evidence are complementary in many cases, augmenting each other where they intersect. Further, Inuit observations provide hypotheses previously unknown to scientists about recent changes in the Arctic climate and environment, such as increased variability in day-to-day weather, which was confirmed through a preliminary analysis of weather station data. This dissertation (which contains both a paper copy and a CD as part of the dissertation) should be of interest to scientists, students and decision-makers who are interested in issues of Arctic environmental change, indigenous knowledge, and participatory research.

Quand le temps est uggianaqtuq: Lier les observations des Inuit et des scientifiques concernant les changements environnementaux récents au Nunavut, Canada, Ph.D., University of Colorado at Boulder, Boulder, 245 p.

Cette thèse documente les observations et le savoir des Inuit concernant les processus et changements environnementaux dans l'Arctique et examine comment ces observations correspondent (ou non) avec celles des scientifiques. On y utilise une approche intégrant des entrevues semi-dirigées, des exercices de cartographie et de l'observation participante. L'étude intègre des chasseurs et des aînés inuit des communautés de Qamani'tuaq (Baker Lake) et Kangiqtugaapik (Clyde River), au Nunavut, afin de comprendre comment des changements sont observés dans le climat et l'environnement, quels sont-ils, et comment les Inuit interagissent avec de tels changements dans leurs vies quotidiennes. Les données empiriques incluant les cartes et les paroles des Inuit participant au projet, montrent clairement que les Inuit ont observé des changements dans le climat et l'environnement, particulièrement durant la dernière décade. Ces changements touchent la diminution de la glace de la mer, des niveaux plus bas dans les rivières et les lacs, des conditions d'enneigement changeantes, des variations dans les populations animales, et des températures de plus en plus variables et imprévisibles. Une comparaison des observations des Inuit avec les données scientifiques provenant d'études publiées et de stations météorologiques montre que les deux sources sont complémentaires dans plusieurs cas. De plus, les observations des Inuit présentent des hypothèses jusqu'alors ignorées des scientifiques concernant des changements récents dans le climat et l'environnement de l'Arctique, tel un accroissement de la variation des températures journalières, ce qui fut confirmé avec une analyse préliminaire des données de stations météorologiques. Cette thèse (qui contient aussi une partie sur CD) devrait être utile aux scientifiques, étudiants et gestionnaires s'intéressant au changement environnemental de l'Arctique, aux savoirs autochtones et à la recherche participante.

FRINK, Lisa M., 2003 A tale of three villages: Archaeological investigation of late prehistoric and historic culture change in western Alaska, Ph.D., The University of Wisconsin, Madison, 356 p.

This study examines the effect of contact on western native Alaskan culture and chronicles and evaluates the stages, consequences, and mechanisms of change stimulated by 19th and 20th century colonialism. It focuses on the site layout at three sequentially occupied sites and specifically examines the men's house, the family house, storage, and tunneling which display identifiable architectural changes among the sites during the historic period of mercantile and religious colonization. Many of the modern members of the village of Chevak (Yukon Delta) and their ancestors lived at Qavinaq, a late prehistoric site; Nunaraluq, a pre- proto- and historic site; and Old Chevak, a recently occupied village site. Scholars have suggested that the native peoples of the Delta were minimally impacted by Russian trade influences which began in the early 1800s. However, the data at each of the sites, when contextualized by information from historic, ethnographic, and oral tradition sources, suggest this region did not remain pristine but was affected by Russian and later Anglo-American trade goods and market economy. I argue that when the Jesuit missionaries settled in the village of Nunaraluq in 1927, significant cultural changes had already begun. Christianity had a profound impact on Eskimo culture, but earlier trade also affected the indigenous gendered spheres of authority. This study examines how native women and men and the young and old, reacted to, and benefited from, the stages of colonial expansion. I suggest that women's eroding economic status during early historic market expansion in the region helps explain variability in the native response to colonizing efforts. I document how these cultural changes are reflected in the architectural and settlement layout of the sites, and when contextualized with non-native observations and native testimony, a more nuanced view of cultural change is revealed.

L'histoire de trois villages: recherches archéologiques concernant les changements culturels préhistoriques récents et historiques dans l'ouest de l'Alaska, Ph.D., University of Wisconsin, Madison, 356 p.

Cette étude examine les effets du contact sur la culture autochtone de l'ouest de l'Alaska et fait une chronique ainsi qu'une évaluation des différents stages, conséquences et mécanismes de changements stimulés par le colonialisme des 19e et 20e siècles. Elle se concentre sur trois sites occupés de façon séquentielle et examine spécifiquement la maison des hommes, la maison familiale, les endroits de stockage et les tunnels. Tous démontrent des changements architecturaux identifiables pendant la période historique de la colonisation mercantile et religieuse. Plusieurs des membres actuels du village de Chevak (delta du Yukon) et leurs ancêtres vivaient à Qavinaq, un site de la préhistoire récente; Nunaraluq, un site pré-, proto- et historique; et Old Chevak, un village récemment occupé. Les chercheurs ont suggéré que la traite des fourrures commencée par les Russes au début des années 1800 avait eu un impact minime sur les Autochtones du Delta. Cependant, lorsque les données de chacun des sites sont contextualisées avec de l'information provenant de sources historiques, ethnographiques et de tradition orale, elles suggèrent que la région n'est pas restée intacte et fut effectivement affectée par les biens d'échange et l'économie de marché russes et plus tard américains. Je soutiens que lorsque les missionnaires jésuites s'installèrent dans le village de Nunaraluq en 1927, des changements culturels importants avaient déjà commencé. Le christianisme eut un profond impact sur la culture inuit mais les débuts de la traite affectèrent aussi les sphères de l'autorité féminine et masculine. Cette étude examine comment les femmes et les hommes autochtones, ainsi que les jeunes et les aînés, réagirent et bénéficièrent des différents stages de l'expansion coloniale. Je suggère que le statut économique décroissant des femmes au début de la période historique de l'expansion du marché dans la région explique la variété des réponses autochtones face aux efforts de colonisation. Je documente comment ces changements culturels sont reflétés dans l'architecture et la composition des sites. Lorsqu’ils sont contextualisés avec des observations non-autochtones et des témoignages autochtones, une vision plus nuancée du changement culturel est révélée.

GOMBAY, Nicole, 2004 Making a living: Place and the commoditisation of country foods in a Nunavik community (Quebec), Ph.D., Queen's University, Kingston, 356 p.

This thesis explores the commoditisation of country foods. My goal was to learn how Inuit in one community in Nunavik were experiencing this process. The vernacular economy of Inuit is predicated on the sharing of country foods. With the commoditisation of country foods, an economy based on sharing meets an economy based on money. Doing community-based research, and using experience of place as the basis for understanding something of what country foods generally represent to Inuit, I explore some of the impacts of the meeting between these two economies, each sustained by particular institutions and ideologies. In Chapter One I outline the approach and methods that I used in undertaking this research, emphasizing my reliance on hermeneutic phenomenology. Chapter Two contains a review of the literature that I used in the research. In Chapter Three I use the notion of place to explore the various meanings that country foods have for Inuit. In Chapter Four I discuss some of the regulatory issues and political approaches taken by non-Inuit to the economic development in the Arctic, and explore what they have meant in the commoditisation of country foods in Canada. In Chapter Five I look at how all of these things have come together in the reactions some people have to the commoditisation of country foods. I conclude, in Chapter Six, that many of the Inuit with whom I discussed the commoditisation of country foods have made an epistemological distinction between the selling of country foods directly to Inuit, which they generally perceive as objectionable, and the selling of country foods to non-Inuit and to the institutions within the community that they associate with non-Inuit political, social, and economic structures.

La place et la «commercialisation» de la nourriture locale dans une communauté du Nunavik (Québec), Ph.D., Queen's University, Kingston, 356 p.

Cette thèse explore la «commercialisation» de la nourriture locale. Mon but est de comprendre comment les Inuit d'une communauté du Nunavik ont vécu ce processus. L'économie vernaculaire des Inuit est basée sur le partage de la nourriture locale. Avec la commercialisation des nourritures locales, une économie basée sur le partage en rencontre une basée sur l'argent. En me concentrant sur une communauté et en utilisant la notion de «place» pour comprendre ce que les nourritures locales représentent généralement pour les Inuit, j'explore certains aspects des impacts de la rencontre de ces deux économies, chacune soutenue par des institutions et des idéologies particulières. Dans le chapitre 1, je décris l'approche et les méthodes de recherche utilisées en mettant l'emphase sur la phénoménologie herméneutique. Le chapitre 2 contient une revue de la littérature que j'ai utilisée dans ma recherche. Dans le chapitre 3, je présente la notion de «place» afin d'explorer les diverses significations qu'ont les nourritures locales pour les Inuit. Dans le chapitre 4, je discute des règlements et des approches politiques utilisés par les non-Inuit pour le développement économique de l'Arctique et j'explore leur rôle dans la commercialisation de la nourriture locale au Canada. Dans le chapitre 5, je regarde comment tous ces points influencent les réactions des gens face à la commercialisation de la nourriture locale. Je conclus dans le chapitre 6 que plusieurs des Inuit avec lesquels j'ai discuté de la commercialisation de la nourriture locale font une distinction épistémologique entre vendre de la nourriture locale directement à des Inuit, ce qui est selon eux répréhensible, et la vendre à des non-Inuit et à des institutions de la communauté qu'ils associent à des structures politiques, sociales et économiques non-inuit.

HOLLOWELL, Julia J., 2004 “Old Things” on the Loose: The Legal Market for Archaeological Materials from Alaska’s Bering Strait, Ph.D., Indiana University, Bloomington, 576 p.

This dissertation employs a multi-sited ethnographic approach to trace a legal market in archaeological materials from its origins in Inuit villages along Alaska’s Bering Strait to regional tourist markets and cosmopolitan art world centers. This trade centers around St. Lawrence Island where Siberian Yupik residents have for generations recovered walrus tusks, sea mammal bone and ivory artifacts from former habitation sites to sell in one of the most extensive legal markets in archaeological goods in the world today. Sales of these “gifts from the ancestors” help subsistence diggers and their families meet basic economic needs in villages with few employment opportunities and high living expenses. Archaeological goods show up in many forms on the Alaskan tourist market, but the greatest monetary returns come from objects sold to art dealers as “tribal” or “primitive” art. In the eyes of many archaeologists, the commercial use of these archaeological materials represents unethical destruction of irreplaceable information about prehistoric sites and cultures, but not everyone has these priorities. I describe subsistence digging on St. Lawrence Island and examine its political and economic contexts. Using ethnohistorical data from early accounts, archives and museum accessions, I then explore entanglements of these values and practices with early regional trade, field collecting, archaeology, and the art market. Finally, I examine the overall structure of this particular market for archaeological goods and the ways people make claims about the meaning and value of these materials as they circulate on regional and global markets. As a study of a legal trade in newly excavated antiquities, my findings challenge the theory that an unrestricted global market in cultural property will reduce archaeological site destruction. I argue that to effectively address the archaeological dilemmas created by prioritizing the economic value of “old things,” it is crucial to understand the scope, dynamics, and embeddedness of a particular market, acknowledge the legitimacy of multiple standpoints and value claims, and be willing to critique one’s own position and seek common ground with others.

«Des vieilles choses» perdues: Le marché légal du matériel archéologique provenant du détroit de Béring (Alaska), Ph.D., Indiana University, Bloomington, 576 p.

Cette thèse utilise une approche ethnographique afin de suivre la piste d'un marché légal de matériel archéologique depuis son origine dans des villages inuit du détroit de Béring (Alaska) jusque dans les marchés touristiques et les centres d'art cosmopolites. Ce commerce origine à l'île St. Lawrence dont les résidents yupiget sibériens ont depuis des générations excavé des défenses de morses, des os de mammifères marins et des artéfacts en ivoire provenant d'anciens sites d'habitation afin de les vendre dans un des plus vastes marchés légaux au monde d'objets archéologiques. Les ventes de ces «cadeaux des ancêtres» aident économiquement les excavateurs et leur famille dans des villages où les emplois sont rares et le coût de la vie très élevé. Le matériel archéologique est varié sur le marché touristique de l'Alaska mais ce qui rapporte le plus monétairement ce sont les objets vendus à des marchands d'art comme étant de l'art «tribal» ou «primitif». Aux yeux de plusieurs archéologues, la commercialisation de matériel archéologique représente la destruction irréfléchie d'information irremplaçable concernant des cultures et sites préhistoriques. Je décris comment ces «fouilles de subsistance» se font sur l'île St. Lawrence et j'examine le contexte politique et économique. En utilisant des données ethnohistoriques comprenant des archives et des registres de musées, j'explore les différentes valeurs et pratiques associées à un tel commerce régional, à la fouille du matériel, à l'archéologie et au marché de l'art. Finalement, j'examine la structure générale de ce marché et les façons dont les gens revendiquent la signification et la valeur du matériel archéologique. Mes résultats remettent en question la théorie selon laquelle un marché global sans restrictions au niveau de la propriété culturelle peut réduire la destruction de sites archéologiques. Je soutiens que pour rendre compte des problèmes créés en donnant une valeur économique aux «vieilles choses», il est crucial de comprendre l'étendue, les dynamiques et l'intégration d'un tel marché. Il faut aussi reconnaître la légitimité des multiples points de vue et être ouvert à la critique de sa propre position afin de trouver un terrain d'entente avec celles des autres.

HOUDE, Élizabeth, 2003 L'éponymie et l'adoption dans la tradition inuit du Nunavik: Une mise en scène de l'altérité, Ph.D., Université Laval, Québec, 330 p.

Cette thèse de doctorat a comme objectif de montrer, chez les Inuit du Nunavik, la capacité de l'éponymie et de l'adoption d'organiser, dans un contexte contemporain, la coopération entre les générations, tout en se présentant comme des modes de règlement de la question de l'altérité telle que définie par Pierre Legendre. Nous avons opté pour une perspective à la fois diachronique: par l'analyse de données historiques, et synchronique: par l'analyse de données ethnographiques recueillies auprès des femmes inuit de la côte de l'Ungava. Cette étude puise ses balises théoriques au sein de l'oeuvre de Pierre Legendre qui analyse le phénomène institutionnel dans les sociétés occidentales. Pour Legendre, il n'y a pas de société sans différenciation: toute société doit, pour éviter la démence et le chaos, donner orientation au désir humain en fabriquant de la séparation, de l'écart. Voilà ce que fait le principe d'altérité ou l'interdit dans toute société: signifier à l'individu qu'il n'est pas l'image toute-puissante et qu'il doit obligatoirement se distancer de lui-même s'il veut accéder à une identité valide. Nous montrons que l'éponymie et l'adoption, par l'entremise des objets de valeur que sont le nom et l'enfant, ont avant tout à charge de mettre le sujet à distance de sa propre image, de lui permettre de symboliser la référence, et d'entrer dans la différenciation. Ce principe d'altérité s'exprime à travers une logique «relationnelle» où l'individu est séparé et individualisé par la façon dont il est institué dans sa relation à l'objet d'échange. Au sein de ce processus, l'individu se présente cependant comme un acteur social «relativement» libre et autonome. Sans rejeter complètement l'idée que l'éponymie et l'adoption servent à renforcer la cohésion sociale et familiale, à mettre en place des liens de réciprocité, à relier les vivants et les morts, nous mettons l'accent sur certaines idées culturelles entourant ces pratiques sociales, dans l'espoir de situer leur sens et leur pérennité dans un double registre: symbolique et social.

Eponymy and adoption in the Inuit tradition of Nunavik: The staging of alterity, Ph.D., Université Laval, Québec, 330 p.

This thesis explains how eponymy and adoption among the Inuit of Nunavik has the capacity to organize in a contemporaneous context cooperation between generations, while being also ways to deal with alterity as defined by Pierre Legendre. I am using a diachronic perspective through the analysis of historical data, and a synchronic one through the analysis of ethnographic data collected among Inuit women of the Ungava coast. This study is inspired theoretically by the work of Pierre Legendre which analyses the institutional phenomenon in western societies. For Legendre, there is no society without differentiation: to avoid dementia and chaos, societies have to give an orientation to human desire by fabricating separation and distance. This is what does the principle of alterity (or of the forbidden) in all societies: to signify to the individual that he is not an all-powerful image and that he has to distance himself to access a valid identity. I demonstrate that eponymy and adoption, through the valued objects that are the name and the child, distance the subject from his own image, allow him to symbolize a reference and enter differentiation. The alterity principle is expressed through a "relational" logic where the person is separated and individualized by the way he is instituted in his relation to the object of exchange. In this process, the individual presents himself as a social actor "relatively" free and autonomous. Without rejecting completely the idea that eponymy and adoption act to reinforce the social and family cohesion, establish links of reciprocity, and link the living to the dead, I focus on some cultural ideas around these social practices to situate their meaning and their timelessness at two levels: symbolic and social.

KOSKEY, Michael Stephen, 2003 Cultural activity and market enterprise? A circumpolar comparison of reindeer herding communities at the end of the 20th century (Russia, Alaska, Norway), Ph.D., University of Alaska Fairbanks, Fairbanks, 307 p.

Reindeer herding throughout the circumpolar North is in decline. Investigating this decline, this dissertation takes a comparative approach with a focus on four case studies: the Chukchi of Chukotskii Peninsula, the Inupiat of the Seward Peninsula, the Saami of the Kola Peninsula, and the Saami of Finnmark. Because various rates and types of decline are occurring in these different cases, a comparative method leads to a systematic analysis of how patterns develop in the practice of contemporary reindeer herding, both locally and globally. Comparing and contrasting the trajectories of declines in reindeer herding identifies and explains the dimensions of specific local-global processes, and situates them in wider contexts. These dimensions include economic incompatibilities, ecological stresses, and power inequities. By focusing on changes in reindeer herding over the last decade, this study reveals the effects of the incorporation of reindeer herding into the global economy, which is heavily dependent on existing infrastructure. This study also demonstrates the social position of reindeer herders and the cultural meaning of reindeer herding to the herders themselves. The willingness of regional and national governments to subsidize herding, and to ensure its survival through consistent access to pastures, is critically important to the success of reindeer herding as a productive agricultural enterprise. Furthermore, changing ecological factors potentially threaten reindeer herding as a subsistence activity. The consequences of decline, then, are explained through the identification of decline-inducing factors, such as ecological change, political vagaries, and the inappropriateness of reindeer herding as a capital-based enterprise under existing conditions of market and transportation infrastructural development.

Activité culturelle et entreprise de marché? Une comparaison circumpolaire de l'élevage des rennes à la fin du 20e siècle (Russie, Alaska, Norvège), Ph.D., University of Alaska Fairbanks, Fairbanks, 307 p.

L'élevage des rennes dans le nord circumpolaire est en déclin. En étudiant ce déclin, cette thèse compare quatre études de cas: les Tchouktches de la péninsule Chukotskii, les Inupiat de la péninsule Seward, les Saami de la péninsule de Kola et les Saami de la Finlande. Parce que divers types de déclins se produisent dans ces cas, une analyse systématique démontre comment des modèles se sont développés localement et globalement. En comparant et contrastant les trajectoires des déclins, on peut identifier et expliquer les dimensions des processus locaux et globaux, et les situer dans un contexte plus large. Ces dimensions incluent les incompatibilités économiques, le stress écologique et les inégalités de pouvoir. En mettant l'emphase sur les changements dans l'élevage des rennes depuis les dix dernières années, cette étude révèle les effets de l'incorporation de cet élevage dans l'économie globale qui dépend de l'infrastructure déjà en place. On démontre aussi la position sociale des éleveurs de rennes et la signification culturelle de cette activité pour eux-mêmes. La volonté des gouvernements locaux et régionaux de subventionner cet élevage et d'assurer sa survie grâce à un accès continu aux pâturages est vitale au succès de l'élevage des rennes en tant qu'entreprise agriculturelle profitable. Les conséquences du déclin sont donc expliquées par l'identification de facteurs y ayant contribué, tels que les changements écologiques, les caprices politiques, et le peu de compatibilité avec les conditions existantes du marché et des infrastructures de transport.

MILNE, S. Brooke, 2003 Peopling the Pre-Dorset past: A multi-scalar study of early Arctic lithic technology and seasonal land use patterns on southern Baffin Island, Ph.D., McMaster University, West Hamilton, 455 p.

This dissertation aims to identify and understand the seasonal, subsistence, and social contexts of lithic tool production, use, and discard amongst the Pre-Dorset peoples inhabiting southern Baffin Island. Lithic artifact assemblages from four coastal and three inland site components are examined for patterns of variability that can be used to address two interrelated research problems. The first focuses on understanding functional differences between Pre-Dorset inland and coastal sites. While Arctic archaeologists generally believe the Pre-Dorset followed a season round structured by inland and coastal activities, comparative analyses to explore how sites in these locales were used and when they were occupied have not been conducted. The second problem seeks to study variability as though “people mattered.” Current analyses of Pre-Dorset culture focus largely on culture historical issues, thus there is little sense of who these people were. Over 24,000 lithic artifacts are analyzed using a combined methodological approach. Isolated patterns of variability are interpreted using two theoretical frameworks: the organization of technology, and agency theory. Because the stated research problems have different spatial and temporal dimensions, a multi-scalar framework is used to organize separate scales of analysis. The results of this study indicate the Pre-Dorset people occupying southern Baffin Island did follow a seasonal round structured by inland and coastal activities. However, the primary incentive drawing people inland was the availability of lithic raw materials. Using a direct procurement strategy, specially organized task groups traveled to the interior during the warm season to renew their toolstone supplies and interact with other distant groups. Those individuals who did not travel inland remained at sites in the coastal uplands. At the end of summer, these groups reunited in the coastal uplands where arctic char and caribou are abundant. The Pre-Dorset then organized their lithic and organic toolkits in preparation for the journey to their winter camps in the outer coastal regions.

Peupler le passé prédorsétien: une étude de la technologie lithique ancienne de l'Arctique et de l'utilisation saisonnière du territoire au sud de la Terre de Baffin, Ph.D., McMaster University, West Hamilton, 455 p.

Cette thèse vise à identifier et comprendre les contextes saisonniers, de subsistance et sociaux de la production, l'utilisation et l'abandon d'outils lithiques des Prédorsétiens du sud de la Terre de Baffin. Des assemblages d'artéfacts lithiques de quatre sites côtiers et de trois sites à l'intérieur des terres sont examinés pour trouver des schèmes de variabilité pour comprendre deux questions de recherche reliées entre elles. La première concerne les différences fonctionnelles entre les sites prédorsétiens côtiers et ceux de l'intérieur des terres. Bien que les archéologues de l'Arctique pensent généralement que les Prédorsétiens suivirent un cycle saisonniers divisé entre des activités côtières et celles à l'intérieur des terres, il n'existe pas d'analyse comparative explorant comment et quand les sites de ces endroits étaient utilisés. La seconde question étudie la variabilité en tenant compte des gens. Les analyses de la culture prédorsétienne se concentrent surtout sur les problématiques d'histoire culturelle et on en sait donc peu sur les Prédorsétiens eux-mêmes. Plus de 24,000 artéfacts lithiques furent analysés avec une approche méthodologique combinée. Des schèmes isolés de variabilité sont interprétés en utilisant deux cadres théoriques: l'organisation technologique et la théorie de l'action. Puisque les questions de recherche ont des dimensions spatiales et temporelles différentes, un cadre d'échelles multiples est utilisé. Les résultats de l'étude indiquent que les Prédorsétiens qui occupèrent le sud de la Terre de Baffin suivirent un cycle saisonnier structuré entre des activités côtières et celles à l'intérieur des terres. Par contre, le principal stimulant qui attirait les gens à l'intérieur des terres était la présence de matières premières lithiques. En utilisant une stratégie d'acquisition directe, des groupes spécialisés dans des activités particulières voyagèrent à l'intérieur des terres durant la saison chaude afin de renouveler leur approvisionnement d'outils lithiques et rencontrer d'autres groupes. Les individus qui ne faisaient pas partie de ces voyages restaient dans les sites des hautes terres côtières. À la fin de l'été, les groupes se réunissaient dans ces lieux car l'omble de l'Arctique et le caribou y étaient abondants. Les Prédorsétiens organisaient alors leurs équipements lithiques et organiques en préparation pour le voyage dans les camps d'hiver d'autres régions côtières.

TEDFORD GOLD, Sara, 2003 Inuit engagement in Nunavut and Canada: Struggles for health and citizenship, Ph.D., McMaster University, West Hamilton, 254 p.

This thesis is a post-structural analysis of Inuit engagement in health governance in the new territory of Nunavut. The creation of Nunavut brings decision-making power to a largely Inuit population through both a land claims agreement and the establishment of a public government. As such, it marks a new moment in the history of Aboriginal governance in Canada and in relations between North and South, Inuit and non-Inuit. The establishment of Nunavut is the result of a decades-long Inuit struggle for self-determination. This struggle is an articulation of citizenship, of how Inuit think about who they are within communities and within the nation. This struggle does not suggest that citizenship is simply about membership in the nation, nor is it simply about the rights that come with that membership. It suggests, instead, that citizenship is how people engage in the governance of their lives. This study is based on a qualitative methodology including fieldwork in three Nunavut communities, interviews, and document analysis. I consider how relations between North and South, Inuit and non-Inuit have shaped health governance in the Central and Eastern Arctic. I explore how various conceptions of health and self are implicated in how citizens participate in health governance in Nunavut. This research makes several important contributions to the study of health, ethnicity, governance, and citizenship. It contributes to a current emphasis in the social sciences on notions of health and citizenship as contingent and variable. It points to the need for new research on the implications of citizenship struggles in remote communities for health governance. Finally, this research points to the instability of power relations and joins in efforts to rethink the way we organize and govern health and our lives.

L'engagement des Inuit au Nunavut et au Canada: les luttes pour la santé et la citoyenneté, Ph.D., McMaster University, West Hamilton, 254 p.

Cette thèse est une analyse post-structurale de l'engagement des Inuit dans l'administration de la santé dans le nouveau territoire du Nunavut. Suite à l'entente sur les revendications territoriales et à l'établissement d'un gouvernement public, la création du Nunavut a donné un pouvoir décisionnel à une population largement composée d'Inuit. On peut dire qu'il s'agit d'une aire nouvelle dans l'histoire de la gouvernance autochtone au Canada et dans les relations entre le Nord et le Sud, ainsi que celles entre Inuit et non-Inuit. L'établissement du Nunavut est le résultat de plusieurs décades d'un combat inuit pour obtenir leur propre gouvernement. Ce combat est lié à la notion de citoyenneté; comment les Inuit se voient à l'intérieur de leurs communautés et dans la nation. La citoyenneté n'y est pas seulement définie comme le fait d'être membre d'une nation, ou les droits qui y sont associés. La citoyenneté représente plutôt la façon dont les gens s'engagent dans la gouvernance de leur vie. Cette étude est basée sur une méthodologie qualitative incluant des entrevues faites dans trois communautés du Nunavut et l'analyse de documents. Je considère comment les relations entre le Nord et la Sud, et celles entre Inuit et non-Inuit, ont forgé l'administration de la santé dans l'Arctique central et oriental. J'explore comment les diverses conceptions de la santé et du soi sont présentes dans la façon dont les citoyens s'impliquent dans l'administration de la santé au Nunavut. Cette recherche présente d'importantes contributions à l'étude de la santé, de l'ethnicité, de la gouvernance et de la citoyenneté. Elle participe à la nouvelle tendance en sciences sociales qui associe les notions de santé et de citoyenneté comme étant contingentes et variables.

TULLOCH, Shelley, 2004 Inuktitut and Inuit youth: Language attitudes as a basis for language planning (Nunavut), Ph.D., Université Laval, Québec, 469 p.

The objective of this thesis is to identify language perceptions and attitudes among Inuit youth (18-25 years old) in three Baffin Island communities: Iqaluit, Pangnirtung and Pond Inlet. The premise of the study is that the Inuktitut language will only thrive if young Inuit are committed to using and maintaining their ancestral language. Semi-directed interviews (37) and closed questionnaires (130) elicit information on day-to-day language choice, perceptions of language use, problems or concerns in daily language use, symbolic and practical value of Inuktitut, English and French, and opinions about the promotion of Inuktitut in Nunavut. These language perceptions and attitudes expressed by young Inuit illuminate reasons for the current level of use of Inuktitut and help prioritize areas for future language planning. Findings suggest that although Inuktitut remains relatively strong, Inuit youth are aware of and sensitive to the loss of Inuktitut, particularly in Iqaluit. Inuktitut is valued by Inuit youth because it is the mother tongue; the language of Inuit tradition, culture and identity; a “fun” language; a language that is being lost; a useful language for getting a job; and an effective tool for participating and integrating in the community. At the same time, English is valued because it is a “cool” language, the language of the new millennium that allows Inuit youth to travel, get an education, get jobs, and participate in their local communities and beyond. Inuit youth are strongly motivated to maintain both Inuktitut and English. They need both languages in order to pursue their aspirations of making the best of both worlds in which they are currently negotiating their place.

L'inuktitut et les jeunes Inuit: attitudes langagières comme base pour «planifier» la langue (Nunavut), Ph.D., Université Laval, Québec, 469 p.

L'objectif de cette thèse est d'identifier les perceptions et attitudes langagières parmi les jeunes Inuit (de 18-25 ans) dans trois communautés de la Terre de Baffin: Iqaluit, Pangnirtung et Pond Inlet. La prémisse de cette étude est que la langue inuktitut ne va survivre que si les jeunes Inuit sont déterminés à utiliser et maintenir leur langue ancestrale. Des entrevues semi-dirigées (37) et des questionnaires (130) ont recueilli de l'information sur les décisions quotidiennes concernant le choix et les perceptions de la langue utilisée, les problèmes ou préoccupations liés à l'utilisation quotidienne de la langue, les valeurs symboliques et pratiques de l'inuktitut, de l'anglais et du français, et les opinions concernant la promotion de l'inuktitut au Nunavut. Les perceptions et attitudes des jeunes Inuit concernant la langue expliquent le niveau d'utilisation de l'inuktitut et aident à identifier des points importants dans la «planification» de cette dernière. Les résultats suggèrent que même si l'inuktitut est fortement utilisé, les jeunes Inuit sont sensibles à la possibilité d'en perdre l'usage, particulièrement à Iqaluit. L'inuktitut est valorisé par les jeunes Inuit car c'est leur langue maternelle; la langue des traditions, de la culture et de l'identité inuit; une langue «agréable» à utiliser; une langue qui se perd; une langue utile pour obtenir du travail, participer et s'intégrer à la communauté. En même temps, l'anglais est valorisé car c'est une langue «cool», la langue du nouveau millénaire qui permet aux jeunes Inuit de voyager, obtenir une éducation et du travail, ainsi que participer à leurs communautés locales et ailleurs. Les jeunes Inuit sont très motivés à garder l'inuktitut et l'anglais. Ils ont besoin des deux langues pour utiliser le meilleur des deux mondes dans lesquels ils se font présentement une place.

WYMAN, Leisy Thornton, 2004 Language shift, youth culture, and ideology: A Yup'ik example (Alaska), Ph.D., Stanford University, Stanford, 272 p.

This two-phase study spans ten years within the life of a Yup'ik village in southwestern Alaska. Methods of linguistic anthropology and the framework of language ideology examine the peer cultures of two consecutive groups of adolescents who straddle the cusp of language shift. The first group consists of the community labeled “last real speakers” (RS), who used Yup'ik as a general peer language in the 1990. The second group, described by the community as just “getting by” (GB), never acquired this overall level of general fluency in Yup'ik. Instead, the GB group evidenced widely varying Yup'ik skills and was the first group to display an English-dominant peer culture as adolescents in 2000. The study demonstrates how young people's increasing uses of English both reflected and shaped the interstices of linguistic resources, local beliefs, formal institutional policies, and language change. As GB peer culture tipped towards English, it quickly emerged as an “acid test” of language maintenance. Young people's increasing English use reverberated and intensified through peer language socialization processes, changing family and community dynamics. At the same time, members of the younger group commonly expressed Yup'ik language allegiance through metamessages and Yup'ik tokenism as a shared method of marking group identity. Connections between land and language emerge as a theme, and the last uses of extended Yup'ik within the younger group centered on male narratives of land-related adventure. The study traces the GB group's strategic moment-to-moment emphasis or erasure of language boundaries along lines of ethnicity, local or generational group membership, and gender, showing how spontaneous, informal interactions contributed to group linguistic patterns. Results illuminate the complicated and sometimes contradictory workings of language ideology within young people's peer culture by identifying the fluid nature of categories like status and solidarity, highlighting lateral socialization processes as an integral part of intergenerational language transmission, and filling in the roles of youth as contributors to evolving language ideologies.

Changements de langue, culture et idéologie des jeunes: un exemple yup'ik (Alaska), Ph.D., Stanford University, Stanford, 272 p.

Cette étude s'est déroulée pendant dix ans dans un village yup'ik du sud-ouest de l'Alaska. Les méthodes de l'anthropologie linguistique et le cadre de l'idéologie de la langue examinent la culture de deux groupes consécutifs d'adolescents face à la dérive de leur langue. Le premier groupe comprenait ceux que la communauté appelait les «derniers vrais locuteurs» car ils utilisaient le yup'ik avec leur pairs dans les années 1990. Le second groupe, décrit par la communauté comme étant «ceux qui se débrouillent», n'a jamais acquis un niveau courant en yup'ik. Ce groupe avait des aptitudes inégales en yup'ik et fut le premier à appartenir à la culture des adolescents dont l'anglais était la langue dominante en 2000. Cette étude démontre comment l'accroissement de l'utilisation de l'anglais par les jeunes à la fois reflète et donne forme aux interstices des ressources linguistiques, croyances locales, politiques institutionnelles conventionnelles, et au changement de langue. L'utilisation accrue de l'anglais par les jeunes s'est intensifiée lors des processus de socialisation et dans les dynamiques familiales et communautaires. En même temps, les jeunes du groupe des «derniers vrais locuteurs» exprimèrent leur allégeance au yup'ik en l'utilisant comme témoignage et marqueur d'identité de leur groupe. Les dernières utilisations du yup'ik parmi le groupe le plus jeune se centrèrent sur les récits d'aventures sur le territoire par les jeunes hommes. Les résultats éclairent les contradictions de l'idéologie de la langue qui sont à l'oeuvre parmi la culture des jeunes en identifiant la nature fluide des catégories comme le statut et la solidarité. Ils soulignent aussi les processus de socialisation latérale comme faisant partie intégrante de la transmission de la langue entre générations et le rôle actif des jeunes dans les idéologies changeantes de la langue.