RecensionsBook Reviews

DYSON, Laurel Evelyn, Max HENDRIKS et Stephen GRANT (dir.), 2007 Information Technology and Indigenous People, Hershey, PA, Information Science Publishing, 346 pages.

  • Louis-Jacques Dorais

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Cet ouvrage australien – publié à Hershey, Pennsylvanie, la capitale du chocolat (l'éditeur a ses bureaux sur Chocolate Avenue) – regroupe 43 courts textes sur le rôle des nouvelles technologies de l'information chez les populations autochtones. Les responsables de l'ouvrage se vantent de couvrir l'ensemble du monde indigène, quoique on ne trouve malheureusement aucun texte portant sur les Inuit ou autres peuples arctiques (mais trois chapitres portent sur les Dènè du nord-ouest). Le texte sans doute le plus intéressant pour les lecteurs francophones est la courte étude de Linda Sioui sur la façon dont les Hurons-Wendat du Québec et leurs cousins Wyandotte du Michigan, du Kansas et d’Oklahoma ont commencé à utiliser l’Internet, suite à un rassemblement tenu en 1999 dans l’ancienne Huronie, pour tisser des liens transnationaux et reconstituer de façon virtuelle la nation huronne, dispersée depuis plus de 300 ans à travers le nord-est et le centre de l’Amérique du Nord.

Le livre offre un intérêt certain aux personnes intéressées aux études autochtones. Les chapitres consistent soit en analyses de la façon dont on peut développer les technologies de l'information pour les adapter aux pratiques culturelles et sociales indigènes, soit en courtes études de cas concrets d'adaptation et d'utilisation de ces technologies. Plusieurs des auteurs (20 sur 67) sont eux-mêmes autochtones. L'ouvrage se divise en cinq grandes sections : 1) problèmes et perspectives sur les autochtones et les technologie de l’information ; 2) technologies de l’information et éducation ; 3) préservation et revitalisation de la culture ; 4) usage des nouvelles technologies et transformations communautaires ; 5) réseautage communautaire et accès amélioré aux technologies de l’information. Le livre s’ouvre sur une préface détaillée qui présente l’ensemble du contenu, et il se clôt par un très court épilogue, suivi d’un glossaire de termes techniques et de notes biographiques sur les 67 auteurs.

L’ouvrage peut être utile à ceux qui mènent des recherches ou qui interviennent dans le domaine des communications, de l’éducation, de la culture ou du développement communautaire en milieu autochtone. On ne peut cependant que déplorer son coût prohibitif. À 74,95 dollars américains l’exemplaire pour un ouvrage à couverture souple de moins de 350 pages, ce livre risque de ne se retrouver que dans quelques bibliothèques universitaires et institutionnelles bien nanties, plutôt que chez ceux et celles, autochtones et intervenants de terrain, qui pourraient le mieux en tirer profit.