Revue des thèsesSurvey of dissertations

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DOUGLAS, Vasiliki Kravariotis

2009 Converging epistemologies: The historical evolution of Inuit childbirth in the Canadian Arctic, Ph.D., University of Alberta, Alberta, 181 pages.

This research examines the historical evolution of Inuit childbirth and midwifery practices in the Canadian Arctic. It uses the theories of Michel Foucault, Ian Hacking, and Bruno Latour to create a historical framework within which the development of Inuit childbirth can be understood and the possibilities and limitations for its future delineated. It incorporates five separate studies, each of which approaches the history of Inuit childbirth from a different perspective. The first is a comprehensive literature review of the state of clinical, anthropological, and historical research on Inuit childbirth. The second examines the relevance of historical theory and methodology to understanding current issues in the Canadian Arctic. The third considers the critical issues in Inuit childbirth and determines their importance for political developments in the Canadian Arctic. The fourth examines the conflict between Southern biomedicine and Inuit epistemology of health and explores the possibility of coexistence between them, using the community birthing centres in Nunavik, the Inuulitsivik Maternities, as a possible solution. Finally, the fifth evaluates the success of the only other community birthing centre in the Canadian Arctic: the Rankin Inlet Birthing Centre in Nunavut. Together these studies construct the history of Inuit childbirth as a concept closely allied with the Inuit epistemology of knowledge. Rather than existing as a static collection of practices and rituals, childbirth epitomises the Inuit worldview and is central to it. Ultimately it is what the Inuit define it as, which is why the epistemological authority of Southern biomedicine is explicitly rejected, while biomedical techniques are enthusiastically adopted. Understanding this is the key to creating an epistemological accommodation that will fulfil both the priorities of Southern governments and health authorities and those of the Inuit themselves.

Convergences épistémologiques. L’évolution historique des pratiques liées à la naissance chez les Inuit de l’Arctique canadien, Ph.D., University of Alberta, Edmonton, 181 pages.

Cette recherche examine l’évolution historique des pratiques d’accouchement et d’obstétrique chez les Inuit de l’Arctique canadien. Elle se base sur les théories de Michel Foucault, Ian Hacking et Bruno Latour pour créer un cadre historique au sein duquel peut se comprendre l’évolution des pratiques liées à la naissance chez les Inuit, en esquissant également les possibilités et les limites de leur avenir. Elle incorpore cinq études distinctes, chacune d’entre elles approchant sous un angle différent l’histoire de la naissance chez les Inuit. La première consiste en un examen exhaustif de l’état des recherches cliniques, anthropologiques et historiques sur la naissance chez les Inuit. La seconde examine la pertinence de la théorie et de la méthodologie historiques pour comprendre les problèmes actuels dans l’Arctique canadien. La troisième considère les questions critiques relatives à la naissance chez les Inuit et détermine leur importance pour les politiques futures dans l’Arctique canadien. La quatrième examine le conflit entre la biomédecine du Sud et l’épistémologie de la santé chez les Inuit et explore la possibilité de leur coexistence, en envisageant les centres d’obstétrique communautaires du Nunavik, les Maternités Innulitsivik, comme une solution possible. Enfin, la cinquième évalue la réussite du seul autre centre communautaire d’obstétrique de l’Arctique canadien, le Rankin Inlet Birthing Centre du Nunavut. Ensemble, ces études envisagent l’histoire de la naissance chez les Inuit comme un concept étroitement lié à l’épistémologie du savoir inuit. Au lieu de n’être qu’un ensemble statique de pratiques et de rituels, la naissance est au coeur de la vision du monde des Inuit et en symbolise l’essence. C’est ainsi, finalement, que les Inuit la définissent, ce qui est la raison pour laquelle l’autorité épistémologique de la biomédecine du Sud est explicitement rejetée, tandis que les techniques biomédicales sont adoptées avec enthousiasme. Il est essentiel de comprendre cela pour pouvoir créer un accommodement épistémologique qui répondra à la fois aux priorités des gouvernements du Sud et aux autorités sanitaires, et à celles des Inuit eux-mêmes.

EGENI, Camilius Chike

2010 Socioeconomic and environmental effects on public behavior: The case of Inuit suicide, Ph.D., Walden University, Minneapolis, 202 pages.

Suicide among the Inuit of Nunavut is of epidemic proportions compared to other territories and provinces in Canada. Research suggests that cultural, environmental, and socio-economic factors affect suicide rates. Guided by Durkheim’s theory on suicide, this study investigated potential predictive factors of Inuit suicide, including childhood abuse, alcohol and drug abuse, cultural integration and erosion, socio-economic status, availability of accessible housing, and unemployment. A mixed-methods research design based on grounded theory and descriptive statistics was used to collect and analyse data. Data were collected by examining suicide statistical databases, administering a questionnaire, and conducting personal interviews. Analysis of data by coding showed that the factors and causes of Inuit suicide are numerous and complex. Interview and survey results indicated that high cost of living, inadequate health care support, lack of education, high unemployment rate, alcohol and drug abuse, crowded homes, hopelessness and helplessness, relationship problems, loss of culture, and abuse influence the propensity to commit suicide. Analysis of the study results suggested that addressing the factors of suicide by increasing social supports, training, and education, and by improving housing and unemployment could reduce suicide. This study could be a catalyst for social change because it identified the key factors of suicide among the Inuit and suggested ways to address them. Preventing a suicide means preserving life, saving rehiring and training costs for an organisation, and preventing feelings of hopelessness and helplessness. The results of this study could help guide policymakers who address Inuit social problems and provide a basis for additional research on suicide

Impacts socioéconomiques et environnementaux sur le comportement public. Le cas du suicide chez les Inuit, Ph.D., Walden University, Minneapolis, 202 pages.

Le suicide, chez les Inuit du Nunavut, a des proportions épidémiques comparativement à d’autres territoires et provinces du Canada. Les recherches indiquent que les facteurs culturels, environnementaux et socioéconomiques influencent les taux de suicide. À partir de la théorie de Durkheim sur le suicide, cette étude interroge les facteurs potentiellement prévisibles du suicide chez les Inuit, y compris les abus dans l’enfance, la drogue et l’alcool, l’intégration ou l’érosion culturelle, le statut socioéconomique, la possibilité d’accession au logement et le chômage. Un concept de recherche associant plusieurs méthodes et basé sur des théories fondées et des statistiques descriptives a été utilisé pour recueillir et analyser les données. Ces données ont été recueillies en examinant les bases de données statistiques relatives au suicide, par un questionnaire et au moyen d’entrevues personnelles. L’analyse des données par codage a montré que les facteurs et les causes du suicide chez les Inuit sont nombreux et complexes. Les résultats des sondages et des entrevues indiquent que le coût de la vie élevé, un système de santé inadéquat, la faiblesse de la scolarité, le fort taux de chômage, l’alcool et la drogue, les logements surpeuplés, le manque d’espoir et le désespoir, les problèmes relationnels, la perte de la culture et les abus ont un impact sur la propension à se suicider. L’analyse des résultats de l’étude a suggéré que le taux de suicide pourrait être réduit en répondant aux facteurs qui le causent par une augmentation du soutien social, de la formation et de la scolarisation, et en améliorant le logement et l’emploi. Cette étude pourrait servir de catalyseur au changement social en ce qu’elle a identifié les facteurs clés du suicide chez les Inuit et qu’elle suggère des manières d’y remédier. Prévenir un suicide signifie préserver la vie, des économies pour les coûts d’embauche et de formation pour les organisations, et prévenir les sentiments de manque d’espoir et de désespoir. Les résultats de cette étude pourraient aider les décideurs politiques à répondre aux problèmes sociaux des Inuit et leur fournir une base pour des recherches approfondies sur le suicide.

JOHN, Theresa Arevgaq

2010 Yuraryararput kangiit-llu: Our ways of dance and their meanings, Ph.D., University of Alaska Fairbanks, Fairbanks, 217 pages.

The first purpose of this study is to describe the categories of Yup’ik dance. The second purpose is to describe how Yup’ik music and dance have played a functional role in organising and maintaining various societal infrastructures (kinship, social, political, subsistence/economic, and spiritual) within the Yup’ik culture (Fienup-Riordan 1996; John 1996; Kingston 1999; Mather 1985; Wallen 1990; Wolf 1999). This study seeks to further understand this role and how it has evolved over time. The study utilises an ethnographic methodology that includes historical and contemporary perspectives to describe Yup’ik music and dance categories and to explain how dance serves to organise various aspects of Yup’ik culture and societal infrastructure. Data include interviews from Yup’ik elders and adults, field notes, research journal entries, digital recordings, photographs, and observations of Yup’ik immersion school performers and rural community cultural events such as the Cama-i Festival. The study suggests that Yup’ik dance and categories are important elements of the multiple cyclic rituals. It adds to the present literature, revealing that there are 20 different dance types and categories and that many of the rituals have been lost except for the ciuqitet (common dances), nangerceciyaraq (the first dance), and iluriurucaraq (teasing dance) dances. The study also suggests that dancing is an essential part of the Yup’ik social infrastructure and that dancing is integral to the social system. This is demonstrated through six themes: Kinship, Physical/Mental Health, Form of Prayer, Spiritual Enlightenment, Leadership, and Teasing. I also argue that there is connectedness in dance, music, and stories that are part of our yuuyaraq (epistemic worldview). Yuuyaraq is defined as a way of being a human (Napoleon 1991) or an absolute unified social web. This web is represented in our social infrastructures of kinship, health/physical and mental, form of prayer/rituals, spiritual enlightenment, leadership, and teasing. There is a relationship in storytelling genres in dance and oral stories that represent people’s historical and contemporary accounts, describing their social, cultural, and subsistence lifestyle. Interview participant data suggest these connections still exist in our society today.

Yuraryararput kangiit-llu. Le sens de nos danses, Ph.D., University of Alaska Fairbanks, Fairbanks, 217 pages.

Le premier objectif de cette étude est de décrire les catégories de danses chez les Yupiit. Le second est de décrire la manière dont la danse et la musique ont joué un rôle fonctionnel chez les Yupiit en organisant et en conservant différentes infrastructures sociétales (de parenté, sociales, politiques, d’économie de subsistance et spirituelles) au sein de la culture yup’ik (Fienup-Riordan 1996; John 1996; Kingston 1999; Mather 1985; Wallen 1990; Wolf 1999). Cette étude cherche à mieux comprendre ce rôle et la manière dont celui-ci a évolué au fil du temps, en utilisant une méthodologie ethnographique comprenant des perspectives historiques et contemporaines pour décrire les catégories de musique et de danse chez les Yupiit et pour expliquer la manière dont les danses leur servent à organiser divers aspects de leur culture et de leur infrastructure sociétale. Les données comprennent des entrevues avec des aînés et des adultes yupiit, des notes de terrain, des entrées de journaux de recherche, des enregistrements numériques, des photographies et des observations de danseurs dans les écoles d’immersion yup’ik et lors d’évènements culturels dans des communautés rurales, comme au festival Cama-i. Cette étude suggère que les catégories de danses yupiit sont d’importants éléments des multiples rituels cycliques. Elle vient compléter d’autres travaux en révélant qu’il existe 20 types et catégories de danses différentes et que de nombreux rituels se sont perdus, à l’exception des ciuqitet (danses communes), de la nangerceciyaraq (la première danse) et des iluriurucaraq (danses de dérision). Cette étude suggère également que la danse fait intégralement partie de l’infrastructure sociale yup’ik et que le fait de danser fait intégralement partie du système social, ce qui se démontre par l’intermédiaire de six thèmes : parenté, santé mentale et physique, mode de prière, illumination spirituelle, leadership et dérision. J’avance également que la danse, la musique et les histoires sont interconnectées en tant que partie de notre yuuyaraq (vision du monde cognitive). Le yuuyaraq se définit comme la manière d’être un être humain (Napoleon 1991) ou bien comme un réseau social absolument unifié. Ce réseau est représenté dans nos infrastructures sociales de parenté, de santé physique et mentale, de formes de prières et de rituels, d’illumination spirituelle, de leadership et de dérision. Il existe une relation entre les genres narratifs de la danse et les histoires orales qui représentent les récits historiques et contemporains des gens, qui décrivent leur mode de vie social, culturel et de subsistance. Les données recueillies lors des entrevues avec les participants indiquent que les connexions existent encore dans notre société d’aujourd’hui.

KRAL, Michael J.

2009 Transforming communities: Suicide, relatedness, and reclamation among Inuit of Nunavut, Ph.D., McGill University, Montreal, 436 pages.

This dissertation tells how forms of relatedness in social organisation and kinship changed among Inuit after the Canadian government assumed control of their lives. Respect and affection are identified as attributes through which to understand important contexts of relationship among Inuit. Kin and other relations are reviewed before major contact with the Western world, followed by a close look at the dynamics of relational and social change in a number of contexts during the government era after the 1950s. These shifts are readily identifiable in Inuit youth suicide, which as one form of social perturbation can be viewed as a postcolonial disorder. Inuit in Nunavut under the age of 24 have a suicide rate 10 times the rate of Canadians as a whole. The study examines the lives of Inuit male youth, and analyses the relationships—particularly sexual and familial—in which suicidality becomes manifest. The thesis then shifts to the recent efforts by youth to stop the suicides. The activities of youth in this regard represent a reclaiming of collective agency at the community level. The youth have implemented programs that, with community support, stopped the suicides for a period of time. Igloolik is one of two communities described that benefited from this social action by youth. The author analyses the successes in this community by tracing the development of a local youth group and its efforts at community action. This thesis is a story of transformation by outside and then by inside forces. In conclusion, the author examines some of the struggles of Inuit youth today, and the means by which male youth can become resilient and collective efforts of youth can be sustained into the future.

Communautés en transformation. Suicide, liens sociaux et renouveau chez les Inuit du Nunavut, Ph.D., McGill University, Montréal, 436 pages.

Cette thèse expose la manière dont les formes de liens dans l’organisation sociale et la parenté se sont transformées chez les Inuit après que le gouvernement canadien ait assumé le contrôle de leur vie. Le respect et l’affection y apparaissent comme les attributs permettant de comprendre des contextes importants de relations entre les Inuit. On y examine la parenté et les autres relations préalablement aux principaux contacts avec le monde occidental, avant de scruter les dynamiques du changement relationnel et social dans un certain nombre de contextes durant l’ère gouvernementale, après les années 1950. Ces changements sont aisément identifiables dans le suicide des jeunes Inuit qui, en tant que forme de perturbation sociale, peut être considéré comme un trouble postcolonial. Les Inuit du Nunavut de moins de 24 ans ont un taux de suicide 10 fois supérieur à celui de l’ensemble des Canadiens. Cette étude examine la vie des jeunes hommes inuit et analyse les relations — en particulier sexuelles et familiales — dans lesquelles se manifeste la propension au suicide. La thèse passe ensuite aux efforts récemment faits par les jeunes pour mettre un terme aux suicides. De ce point de vue, les activités des jeunes représentent un renouveau de l’agir collectif au niveau communautaire. Les jeunes ont mis en place des programmes qui, grâce à l’aide communautaire, ont mis un frein aux suicides pendant un certain temps. Igloolik est l’une des deux communautés décrites ayant bénéficié de cette action sociale instaurée par les jeunes. L’auteur analyse les succès enregistrés dans cette communauté en retraçant le développement d’un groupe local de jeunes et ses efforts d’action communautaire. Cette thèse est l’histoire de la transformation sous l’impact de forces d’abord externes, puis internes. En conclusion, l’auteur examine quelques-uns des combats que mènent les jeunes Inuit d’aujourd’hui, et les moyens par lesquels les jeunes hommes inuit peuvent parvenir à la résilience, ainsi que la manière de soutenir les efforts collectifs que pourront faire ces jeunes à l’avenir.

LANZ, Linda A.

2010 A grammar of Iñupiaq morphosyntax, Ph.D., Rice University, Houston, 275 pages.

This dissertation is a reference grammar of the Malimiut Coastal dialect of Iñupiaq (ISO: ESI, ESK, IPK), an Eskimo-Aleut language of northwestern Alaska spoken by the Inupiat people. It complements existing descriptions of Iñupiaq by filling gaps in documentation. With approximately 2,000 speakers, mainly above 50 years of age, Iñupiaq is endangered. Within the Iñupiat community, there is a strong commitment to language documentation and revitalisation. The current work aims to provide a comprehensive description of Iñupiaq morphosyntax to the Iñupiat and academic communities. This dissertation uses the standard Iñupiaq writing system and IPA for all examples in the hope that by including both scripts, the work will be maximally useful to the Inupiat community, scholars, and other interested parties. After introducing the language and reviewing previous work, the dissertation describes Malimiut Iñupiaq phonetics and phonology, nominal and verbal morphology, syntactic categories, wordhood, constituency, and other syntactic topics. A final chapter draws comparisons between Iñupiaq and other Eskimo-Aleut languages/dialects and summarises major findings. These include a previously undocumented phonological change in progress, the shift from /z/ (Iñupiaq ‘r’) to American English /r/ in younger speakers and heritage learners. Several interrelated variables are involved, including age, Iñupiaq literacy, and the influence of English. The dissertation also documents case stacking, such that demonstratives can take grammatical case twice, previously undocumented in Eskimo-Aleut. The discovery of case stacking on adverbs (non-arguments) is particularly exciting, challenging current theories that motivate case stacking via argument structure. Although eastern Inuit dialects have been extensively documented, many areas of Iñupiaq grammar remain undocumented. This dissertation is the first to discuss a number of morphosyntactic topics specifically for Iñupiaq, including argument status, clause-level and sentence-level constituency, types of predication, wordhood (phonological vs. morphological vs. syntactic), and clause combining. A real need to separate morphology and syntax in Iñupiaq becomes evident. It is often assumed that because Inuit languages are predominantly suffixing languages—there is virtually no other morphological process—morphology and syntax are one and the same in these languages. However, clause combining and constituency—among other phenomena—demonstrate that purely syntactic phenomena exist in the language.

Grammaire de morphosyntaxe inupiaq, Ph.D., Rice University, Houston, 275 pages.

Cette thèse constitue une grammaire de référence du dialecte côtier malimiut de l’inupiaq (ISO: ESI, ESK, EPK), langue eskimo-aléoute du nord-ouest de l’Alaska parlée par les Inupiat. Elle complète les descriptions existantes de l’inupiaq en comblant certains manques. Comptant approximativement 2000 locuteurs, dont la plupart ont plus de 50 ans, l’inupiaq est en danger. Il existe, au sein de la communauté inupiat, un fort engagement de documentation et de revitalisation de la langue. Ce travail vise à fournir une description exhaustive de la morphosyntaxe inupiaq, tant à la communauté inupiat qu’à celle des chercheurs. Cette thèse utilise le système d’écriture inupiaq standard et l’alphabet phonétique international (API) pour tous les exemples, dans l’espoir que le fait d’inclure les deux écritures pourra donner à ce travail une utilité maximale dans la communauté inupiat, pour les universitaires et les autres personnes intéressées. Après avoir présenté la langue et passé en revue les travaux précédents, la thèse décrit la phonétique et la phonologie, la morphologie verbale et nominale, les catégories syntaxiques, les schèmes lexicaux, les unités fonctionnelles et autres sujets syntaxiques de l’inupiaq-malimiut. Un dernier chapitre établit des comparaisons entre l’inupiaq et d’autres langues ou dialectes eskimo-aléoutes, en résumant les principales découvertes. Parmi celles-ci se trouvent un changement en cours, non documenté auparavant, le glissement du /z/ (« r » inupiaq) au /r/ anglo-américain chez les plus jeunes locuteurs et ceux qui réapprennent le patrimoine. Cela est dû à plusieurs variables interconnectées, entre autres l’âge, la connaissance de l’écriture inupiaq et l’influence de l’anglais. Cette thèse documente également la superposition de cas, tels que des démonstratifs pouvant prendre deux cas grammaticaux, non documentés auparavant dans l’eskimo-aléoute. La découverte de la superposition de cas dans des adverbes (non arguments) est particulièrement intéressante, en ce qu’elle contredit les théories actuelles qui expliquent la superposition de cas par la structure de l’argument. Bien que les dialectes des Inuit de l’Est aient été intensivement documentés, de nombreux domaines de la grammaire inupiaq restent non documentés. Cette thèse est la première à discuter d’un certain nombre de questions de morphosyntaxe particulières à l’inupiaq, y compris des statuts de l’argument, des unités fonctionnelles au niveau de la phrase et au niveau de la proposition, des types de prédicats, de constitution de mots (au niveau phonologique, morphologique, syntaxique) et de la combinaison des propositions. Il apparaît nécessaire de séparer la morphologie de la syntaxe en inupiaq. On pense souvent que parce que les langues inuit sont majoritairement des langues à suffixes — il n’existe pratiquement pas d’autre processus morphologique — la morphologie et la syntaxe ne sont qu’une seule et même chose dans ces langues. Cependant, la combinaison de propositions et d’unités fonctionnelles — entre autres phénomènes — démontre que le phénomène purement syntaxique existe dans le langage.

PRATT, Kenneth L.

2009 Nuniwarmiut land use, settlement history and socio-territorial organization, 1880-1960, Ph.D., University of Alaska Fairbanks, Fairbanks, 342 pages.

Prior efforts to identify traditional socio-territorial groups among the Central Yupiit of southwestern Alaska have been primarily theoretical in nature, have examined the subject from very restricted temporal perspectives, and have heavily relied on a small body of written historical accounts—none of which were informed by contacts with indigenous populations across the entire region. The collective results are inconsistent and largely unverifiable; hence many basic details about Yup’ik socio-territorial organisation remain obscure. This study deviates from its predecessors in geographical focus, temporal scope, and methodology. The geographical focus is on the Nuniwarmiut (or Nunivak people), both the most isolated and the best documented of all Central Yup’ik populations. Its temporal scope covers a period of 80 years, the earliest point of which marks the practical limits of reliability of the available ethnographic data. Finally, the study’s methodology is ethnohistorical; it employs a rich array of complementary historical, ethnographic, and archaeological data to produce a far more detailed account of socio-territorial organisation than has been compiled for any other population in the region. The findings indicate that socio-territorial organisation among the Nuniwarmiut took the form of local groups organised around winter villages. The functional stability of each group was susceptible to various natural and cultural factors; in fact, such groups ranged in number from as many as 30 to as few as seven over the course of the study period. The Nuniwarmiut society was a level of identity above the local group; it was comprised of the totality of local groups that existed at any point in time, but was not itself a socio-territorial unit. Overall, the study demonstrates that socio-territorial organisation among the Nuniwarmiut was substantially more complex and dynamic than previously recognised.

Utilisation du territoire, histoire de son occupation et organisation socio-territoriale chez les Nuniwarmiut, 1880-1960, Ph.D., University of Alaska Fairbanks, Fairbanks, 342 pages.

Les tentatives précédentes d’identifier des groupes socio-territoriaux traditionnels chez les Yupiit centraux de l’Alaska du Sud-est ont été surtout de nature théorique; elles ont examiné le sujet depuis des perspectives temporelles très restreintes et se sont surtout basées sur un petit corpus écrit de récits historiques — dont aucun n’était issu de contacts avec les populations autochtones de la région. Dans l’ensemble, les résultats sont inconsistants et en grande partie invérifiables, ce qui fait que de nombreux détails concernant l’organisation socio-territoriale des Yupiit restent obscurs. Cette étude se distingue de celles qui l’ont précédée sur le plan de son ancrage géographique, de son envergure temporelle et de sa méthodologie. L’ancrage géographique se place sur les Nuniwarmiut (ou peuple de Nunivak), qui est, de toutes les populations des Yupiit centraux, à la fois la plus isolée et la mieux documentée. L’envergure temporelle couvre une période de 80 ans, en remontant jusqu’à la date la plus ancienne marquant les limites pratiques de la validité des données ethnographiques disponibles. Enfin, l’étude emploie une méthodologie ethnohistorique, en se basant sur un riche éventail de données historiques, ethnographiques et archéologiques complémentaires pour produire un compte rendu bien plus détaillé de l’organisation socio-territoriale que ceux qui ont été compilés pour toutes les autres populations de la région. Les découvertes indiquent que l’organisation socio-territoriale chex les Nuniwarmiut prenait la forme de groupes locaux organisés autour de villages d’hiver. La stabilité fonctionnelle de chacun des groupes dépendait de divers facteurs naturels et culturels; en fait, de tels groupes étaient de nombre variable, passant de 30 à aussi peu que sept au cours de la période étudiée. La société nuniwarmiut se reconnaissait un niveau d’identité supérieur au groupe local; elle comprenait la totalité des groupes locaux existant à n’importe quel point du temps, mais ne constituait pas en elle-même une unité socio-territoriale. Dans l’ensemble, l’étude démontre que l’organisation socio-territoriale chez les Nuniwarmiut était considérablement plus complexe et plus dynamique que ce que l’on pensait auparavant.

SYLJUBERGET, Dan R.

2010 Walking in multiple worlds: A narrative inquiry of William “Anutnurnerciraq” Beans, a Yup’ik elder and Alaskan educator, Ed.D., University of South Dakota, Vermillion, 126 pages.

With the highest attrition rate of any minority group enrolled in higher education institutions, American Indian/Alaska Native students rightly garner considerable attention. Researchers and administrators study the factors for both attrition and persistence. Such scrutiny calls for studies of those individuals who have successfully navigated the pressures and rigours of college academia. For many American Indian/Alaska Native college students, immersion into a new culture, such as that of higher education, may be frustrating. Often this can lead to alienation and withdrawal. Other students, however, successfully work through initial feelings of alienation, establish a purpose for their college endeavours, and persist through to graduation. This qualitative narrative inquiry focuses on one traditional, bilingual Yup’ik man and his perceptions of his college experiences. William Beans, from the Lower Yukon Delta region of southwestern Alaska, enrolled as an elementary education major at Western Oregon State College in 1982 and graduated in 1985. Data were gathered through person-to-person interviews. The framework for this study was Huffman’s (2001) American Indian Transculturation Scheme, which includes four stages: initial alienation (stage one), self-discovery (stage two), realignment (stage three), and participation (stage four). This study sought to understand William Beans’ perceptions of his college experiences with these four stages and the turning points along his journey that helped him to persist through these stages. Further, the study explored the cultural, social, and personal qualities of William Beans, a bicultural, professional Yup’ik man. Finally this study queried William’s view on how he fit the “walk in multiple worlds” metaphor. The study supported earlier research findings that American Indian/Alaska Native students highly benefit from supportive family and on-campus mentoring. The study also supported earlier findings that traditional American Indian/Alaska Native students are typically more likely to persist through to graduation than nontraditional American Indian/Alaska Native students. The results of this study further suggest that students who have a clear vision of the purpose of their college experience may tend to persist to graduation.

Se déplacer dans de multiples mondes. Récit-enquête sur William «Anutnurnerciraq» Beans, aîné yup’ik et enseignant en Alaska, Ed.D., University of South Dakota, Vermillion, 126 pages.

Avec le plus fort taux de décrochage parmi les groupes minoritaires inscrits dans les institutions d’enseignement supérieur, les étudiants amérindiens et inuit de l’Alaska attirent à juste titre une attention considérable. Des chercheurs et des administrateurs étudient les facteurs du décrochage et de la persévérance. Un examen si minutieux exige que l’on se penche sur le cas des individus qui sont parvenus à naviguer parmi les pressions et les exigences du cursus académique. Pour de nombreux étudiants amérindiens et inuit de l’Alaska, l’immersion dans une nouvelle culture, telle que celle de l’enseignement supérieur, peut être difficile. Cela peut souvent conduire à l’aliénation et au renoncement. D’autres étudiants, par contre, parviennent à surmonter les sentiments initiaux d’aliénation, se fixent un but pour leurs efforts au cycle supérieur et s’y tiennent jusqu’au diplôme. Ce récit-enquête qualitatif se penche sur un Yup’ik bilingue, issu d’un milieu traditionnel, et sur ses perceptions de ses expériences au collège. William Beans, originaire de la région du delta du Yukon, dans le sud-ouest de l’Alaska, s’était inscrit dans le domaine de l’enseignement élémentaire au Western Oregon State College en 1982 et en était sorti diplômé en 1985. Les données ont été recueillies lors d’entrevues personnelles. Cette étude prend pour cadre la théorie de Huffman (2001) sur le schéma de transculturation amérindienne, qui comprend quatre étapes: l’aliénation initiale (premier stade), la découverte de soi (deuxième étape), le réajustement (troisième étape) et la participation (quatrième étape). Cette étude cherche à comprendre les perceptions de William Beans au sujet de ses années passées au collège, en fonction de ces quatre étapes et des tournants de son parcours qui l’ont aidé à persévérer. De plus, cette étude a exploré les qualités culturelles, sociales et personnelles de William Beans, un yup’ik biculturel de profession libérale. Enfin, nous avons demandé à William s’il considérait que la métaphore «se déplacer dans de multiples mondes» pouvait s’appliquer à lui. Cette étude appuie les résultats d’études précédentes, à savoir que les étudiants amérindiens et inuit de l’Alaska bénéficient grandement du soutien familial et du tutorat sur le campus. Elle corrobore également de précédents résultats voulant que les étudiants amérindiens et inuit de l’Alaska originaires de milieux traditionnels aient plus de chances de persévérer jusqu’au diplôme que les étudiants amérindiens et inuit de l’Alaska issus de milieux non traditionnels. Les conclusions de cette étude indiquent en outre que les étudiants qui ont une vision claire de la finalité de leur expérience dans l’enseignement supérieur auront davantage tendance à persévérer jusqu’au diplôme.

VANDERHOEK, Richard

2009 The role of ecological barriers in the development of cultural boundaries during the later Holocene of the central Alaska Peninsula, Ph.D., University of Illinois at Urbana-Champaign, Urbana, 429 pages.

This study assesses the capability of very large volcanic eruptions to effect widespread ecological and cultural change. It focuses on the proximal and distal effects of the Aniakchak volcanic eruption that took place approximately 3400 rcy BP on the central Alaska Peninsula. The research is based on archaeological and ecological data from the Alaska Peninsula, as well as literature reviews dealing with the ecological and cultural effects of very large volcanic eruptions, volcanic soils and revegetation of volcanic landscapes, and northern vegetation and wildlife. Analysis of the Aniakchak pollen and soil data shows that the pyroclastic flow from the 3400 rcy BP eruption caused a 2,500 km2 zone of very low productivity on the Alaska Peninsula. This “Dead Zone” on the central Alaska Peninsula lasted for over 1,000 years. Drawing on these data and the results of archaeological excavations and surveys throughout the Alaska Peninsula, this dissertation examines the hypothesis that the Aniakchak eruption created a massive ecological barrier to human interaction and was a major factor in the separate development of modern Eskimo and Aleut populations and their distinctive cultural traditions. Distal volcanic effects include ash fall, sulphuric acid rain, and sulphur dioxide injected into the atmosphere. The ash fall and sulphuric acid rain from the Aniakchak eruption heavily impacted western Alaska to the northwest of the volcano. The ash fall and acid rain had pronounced negative effects on low-growing biota (especially lichen), small mammals and birds, ungulates, and probably landlocked fish. The eruptive effects were catastrophic for western Alaska caribou and the Arctic Small Tool populations that relied on them. The research results, which draw on several independent lines of evidence, unequivocally support the study’s main thesis as an explanation for the rise of Inuit and Aleut populations and cultural traditions. Viewed generally, these results also make a strong case that northern volcanic eruptions have had greater impacts on subarctic/arctic populations than previously thought. Such eruptions had the potential to extirpate human populations from regions and leave them unpopulated for decades or centuries, particularly if the affected landscapes were confined by hostile environments.

Le rôle des barrières écologiques dans le développement des frontières culturelles au cours de l’Holocène tardif au centre de la péninsule alaskienne, Ph.D., University of Illinois at Urbana-Champaign, Urbana, 429 pages.

Cette étude évalue dans quelle mesure de très importantes éruptions volcaniques ont eu la capacité de susciter des changements écologiques et culturels de grande ampleur. Elle se concentre sur les conséquences proches et lointaines de l’éruption volcanique du mont Aniakchak, qui s’est déroulée il y a environ 3400 ans (datation au radiocarbone) au centre de la péninsule alaskienne. Cette recherche se base sur les données archéologiques et écologiques de la péninsule alaskienne, en plus d’une étude critique des travaux portant sur les conséquences écologiques et culturelles des éruptions volcaniques de très forte ampleur, des sols volcaniques et de la repousse de la végétation dans les paysages volcaniques, ainsi que sur la végétation et la faune du Nord. Les analyses de sols et de pollens de l’Aniakchak montrent que la nuée ardente de l’éruption d’il y a 3400 ans a créé une zone de 2500 km2 de très basse productivité dans la péninsule alaskienne. Cette «zone morte» du centre de la péninsule a duré plus de 1000 ans. À partir de ces données, des résultats des fouilles archéologiques et des sondages réalisés à travers toute la péninsule alaskienne, cette thèse envisage l’hypothèse que l’éruption de l’Aniakchak a élevé une immense barrière écologique limitant l’interaction humaine et qu’elle fut un facteur essentiel du développement séparé, en traditions culturelles distinctes, des Inuit modernes et des populations aléoutes. Les conséquences lointaines de cette éruption volcanique furent des pluies de cendres, des pluies d’acide sulfurique et l’injection de dioxyde de soufre dans l’atmosphère. Les pluies de cendres et d’acide sulfurique consécutives à l’éruption de l’Aniakchak ont eu un très fort impact dans l’ouest de l’Alaska, au nord-ouest du volcan. Les pluies de cendres et les pluies acides ont eu des effets négatifs prolongés sur le biote vivant au ras du sol (en particulier les lichens), les petits mammifères et les oiseaux, les ongulés et probablement les poissons d’eau douce. Les conséquences de l’éruption furent catastrophiques pour le caribou de l’ouest de l’Alaska et les populations de la Tradition microlithique de l’Arctique qui en dépendaient. Les résultats de la recherche, qui se basent sur plusieurs axes d’investigation indépendants, corroborent sans équivoque la thèse principale de l’étude, à savoir une explication de l’avènement des populations et des traditions culturelles inuit et aléoutes. Considérés dans leur ensemble, ces résultats permettent d’affirmer sans trop de risque d’erreur que les éruptions volcaniques nordiques ont eu de plus grands impacts sur les populations arctiques et subarctiques que l’on ne le pensait auparavant. De telles éruptions pouvaient potentiellement éliminer les populations humaines de ces régions et les laisser dépeuplées durant des décennies ou des siècles, en particulier si les territoires concernés étaient rendus difficiles d’accès par des environnements hostiles.