Recensions

Laurel Lewey, Louis J. Richard et Linda M. Turner, Le Nouveau-Brunswick avant le programme d’égalité sociale : l’histoire sous l’angle du travail social, Québec, Presses de l’Université Laval, 2019, 296 p.

  • Isabel Lanteigne

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  • Isabel Lanteigne
    École de travail social, Université de Moncton

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Couverture de Un Canadien errant : les mobilités et la construction de la francité canadienne, Numéro 52, automne 2021, p. 9-166, Francophonies d'Amérique

L’ouvrage intitulé Le Nouveau-Brunswick avant le programme d’égalité sociale : l’histoire sous l’angle du travail social fait état de la précarité des conditions de vie au Nouveau-Brunswick avant la création du programme de réformes sociales Chances égales pour tous, instauré par Louis J. Robichaud dans les années 1960. L’idée de ce livre a émergé grâce au projet doctoral de Louis J. Richard et au projet de congé sabbatique de Brian Ouellette, qui tous deux, désiraient documenter la contribution des premiers travailleurs sociaux dans la province. Par la suite, Laurel Lewey, Katherine Marcoccio et Linda M. Turner se sont jointes à ce projet d’écriture portant sur les premiers développements de cette profession. Les auteurs de cet ouvrage présentent un portrait historique comme toile de fond pour appréhender la genèse du travail social au Nouveau-Brunswick. Ce portrait historique permet aussi d’apprécier en quoi le programme de réformes a contribué au développement de nombreux services dans trois secteurs : les services sociaux, l’éducation et la santé. Cette collaboration entre des professeurs en travail social de l’Université de Moncton et de l’Université Saint-Thomas à Fredericton met aussi en lumière les efforts des premiers travailleurs sociaux qui ont eu à composer à cette époque avec l’extrême pauvreté des plus démunis au Nouveau-Brunswick. De surcroît, il est possible de saisir à partir de la perspective de chacun des auteurs, trois trames communes qui traversent ce paysage historique : 1) les défis rencontrés par certains groupes marginalisés et racisés, soit les Mi’kmaqs, les Wolastoqiyiks, les Peskotomuhkatis, les Acadiens, les Brayons et les Néo-Brunswickois noirs, un grand nombre de ces derniers ayant fui l’esclavage durant les années 1800 ; 2) les conséquences des inégalités structurelles liées, entre autres, à la région habitée, à l’appartenance religieuse, à la race et au genre ; et 3) les défis que comportait le travail effectué par de nombreuses personnes oeuvrant dans des organismes et des réseaux de bienfaisance (p. ex. offrir de la nourriture, du bois de chauffage). Les récits recueillis auprès d’une douzaine de pionniers et pionnières du travail social au Nouveau-Brunswick ainsi que les nombreux documents historiques consultés rendent bien compte des conditions difficiles qui régnaient à l’époque en raison de la discrimination, source de nombreuses inégalités, et du peu de ressources disponibles pour affronter les problèmes socioéconomiques. À titre d’exemple, les propos de Richard Duffy, l’un de ces pionniers, illustrent des conditions percutantes dans lesquelles se trouvait un nombre élevé de personnes : Par ailleurs, le chapitre 8, rédigé par Louis J. Richard, porte sur les douze premiers travailleurs sociaux acadiens venant « de petites collectivités rurales du Nouveau-Brunswick » et ayant obtenu leur diplôme universitaire durant les années 1950 et 1960, pour la plupart à la Maritime School of Social Work (p. 163). Bien que cet ouvrage puisse intéresser davantage les lecteurs et les lectrices désirant saisir les dimensions historique, économique et politique qui ont contribué à la professionnalisation du travail social au Nouveau-Brunswick, l’ouvrage peut aussi susciter l’intérêt d’un lectorat plus large qui aimerait comprendre cette période de l’histoire au cours de laquelle ont émergé des services visant à réduire les inégalités dans la province.

Parties annexes