Recensions

Jimmy Thibeault et al. (dir.), Paroles et regards de femmes en Acadie, Québec, Presses de l’Université Laval, 2020, 331 p.

  • Émilie Urbain

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  • Émilie Urbain
    Université Carleton

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Couverture de Un Canadien errant : les mobilités et la construction de la francité canadienne, Numéro 52, automne 2021, p. 9-166, Francophonies d'Amérique

Cet ouvrage interdisciplinaire, réunissant douze articles en histoire, en sociologie, en sciences politiques, en ethnologie, en linguistique et en littérature, propose de revenir sur un angle mort des études acadiennes : l’étude des femmes. Tout en reconnaissant la valeur d’études antérieures, souvent isolées, qui ont proposé de faire un état des lieux de cette place marginale de l’étude des femmes et qui ont traité de certains enjeux féministes en Acadie, le collectif souhaite aller plus loin que ce simple constat. Issu des discussions entamées lors d’un colloque sur le thème du regard et de la parole des femmes en Acadie, le présent ouvrage entend participer à la description de l’apport des femmes « à la construction d’une pensée sociale, politique et culturelle en Acadie » (p. 1). Autrement dit, il ne s’agit pas seulement pour les études acadiennes de mieux souligner la présence des femmes dans l’histoire acadienne, mais de réinterpréter le récit de l’histoire nationale et du rôle des femmes, que viennent souvent contredire ou nuancer leur vécu et leur expérience particulière. C’est dans la première section de l’ouvrage, « L’inscription de la femme dans le grand récit acadien » (p. 19-127), réunissant des travaux en histoire et en sociologie, que cet objectif se fait le plus apparent et est le plus abouti. Les quatre études de cette partie montrent en effet que « pour que les études acadiennes permettent une meilleure compréhension de la société acadienne, elles doivent davantage intégrer les études des femmes comme lieu d’une parole intellectuelle cohérente avec le discours social en Acadie, jamais comme un dire condamné à se perdre dans l’antichambre des études acadiennes » (p. 9). En partant du constat que les synthèses historiques sur l’Acadie, en dépit d’une meilleure intégration des femmes parmi les acteurs sociaux évoqués, ont peu changé leur interprétation du passé, Phyllis LeBlanc prend l’exemple de recherches fondamentales en histoire pour montrer comment l’adoption d’une perspective d’étude de genre permet de réinterpréter l’histoire acadienne. Ne se limitant pas au point de vue de la classe dominante sur le rôle des femmes, ces études récentes confrontent plutôt ce récit au « terrain » du vécu des femmes par l’analyse d’archives peu étudiées ou encore de l’histoire orale et en viennent à une interprétation différente de la place des femmes dans la société et l’économie acadienne en soulignant leur résistance aux normes sociales genrées. Dans leurs textes respectifs, Julien Massicotte et Michael Poplyansky reviennent tous les deux sur le rapport entre le mouvement féministe et les autres idéologies en circulation dans l’espace militant acadien. Massicotte compare ainsi le féminisme, le socialisme et le néonationalisme acadiens en se concentrant sur les années 1970 pour mieux comprendre quelles étaient les causes communes des différents mouvements, mais aussi les limites de leurs convergences et les facteurs expliquant leur réussite (ou leur échec). Poplyansky propose, quant à lui, de s’intéresser plus particulièrement à la manière dont les idéaux féministes se sont greffés aux propositions du Parti acadien et aux difficultés, pour le féminisme de la deuxième vague, de se faire une place parmi les priorités politiques néonationalistes. Enfin, Mélanie Morin présente à la fois la contribution des femmes acadiennes à la Commission royale d’enquête sur la situation de la femme au Canada et les réactions d’appui ou de désaveu des revendications féministes dans la presse acadienne après la publication du rapport de la Commission. Dans la deuxième section du livre, « La perception féminine dans la parole sociale » (p. 129-239), les chercheurs et chercheuses choisissent de s’arrêter sur des actrices sociales particulières dont les prises de parole dans l’espace public témoignent de l’inscription …

Parties annexes