Recensions

Davy Bigot, Le bon usage québécois : étude sociolinguistique sur la norme grammaticale du français parlé au Québec, Québec, Presses de l’Université Laval, 2021, 229 p.

  • Laurence Arrighi

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  • Laurence Arrighi
    Université de Moncton

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Couverture de Numéro 53, printemps 2022, p. 9-159, Francophonies d'Amérique

Existe-t-il une norme du français québécois du point de vue grammatical? Cette norme est-elle différente de celle qui est préconisée par les outils de référence fondés avant tout sur le français châtié européen? Peut-on promouvoir un français québécois standard d’un point de vue grammatical, une langue québécoise définie à partir des pratiques des élites en situation surveillée, tout en maintenant une forte continuité communicationnelle avec le reste de la francophonie? Finalement, les pratiques langagières de cette élite québécoise sont-elles relativement proches de celles de leurs homologues européens du point de vue grammatical? De telles questions, qui se recoupent toutes, ont longtemps été jugées sans intérêt, d’aucuns tenant les réponses pour trop évidentes (respectivement non, oui, non et oui). C’est pourtant à y répondre que Davy Bigot s’attelle dans cet ouvrage. On verra en conclusion que ses réponses sont tout autres. Ce sociolinguiste formé au variationnisme, notamment par Robert Papen qui signe une préface fort instructive dans la mesure où elle expose la genèse même du travail présenté, se base pour ce faire sur les grands principes méthodologiques de cette école qui a connu et connaît au Québec un succès important. C’est ainsi à partir d’un corpus de français parlé au Québec en contexte formel, en l’occurrence le corpus Le point (voir infra), et de l’observation du comportement de plusieurs variables morphosyntaxiques (voir également plus loin) à l’intérieur de ce corpus que s’opère le travail présenté ici. Soulignons aussi, comme le rappelle l’auteur dans son introduction, que ce travail amène sur le terrain de la grammaire la réflexion sur la norme du français québécois qui « a essentiellement tourné [et tourne encore] autour du lexique et de l’importance de créer un véritable dictionnaire québécois » (p. 2). Matériellement, l’ouvrage s’organise en trois longs chapitres dont les deux premiers servent à présenter le contexte que ce soit du point de vue théorique (arrêt sur la notion de norme), méthodologique (présentation des attendus du courant variationniste) que sociohistorique (aperçu de la situation du français au Québec à travers l’histoire). Le troisième chapitre, qui sera plus amplement commenté, présente les résultats d’une recherche originale. Le premier chapitre, « La norme : aspects sociologiques, historiques et sociolinguistiques » (p. 7-48), se donne pour tâche de définir la notion de norme, une notion à la fois linguistique, historique et sociale. Davy Bigot rappelle d’abord que la norme, d’un point de vue sociologique, est un élément garant de la vie sociale. Il rappelle ensuite que, puisque la langue « permet aux individus d’interagir à partir d’un système […] codifié selon des règles précises, […] [elle] est un phénomène social inévitablement confronté au problème de l’existence d’une ou de plusieurs normes langagières » (p. 13). Pour conclure ce premier chapitre, l’auteur expose la façon dont différents facteurs dits sociostructuraux (la classe, le sexe et l’âge, mais aussi le système de valeurs du marché linguistique) peuvent agir sur la norme linguistique. Pour mener sa démonstration, Bigot se réfère à plusieurs études majeures inspirées de la linguistique variationniste. Par son contenu, ce chapitre peut constituer une base utile pour une discussion sur la norme linguistique dans le cadre d’un cours de sociolinguistique, par exemple. Le deuxième chapitre, « La norme au Québec : perspectives historiques et sociolinguistiques » (p. 49-122), revient, comme son titre l’indique, sur divers aspects historiques et sociolinguistiques propres à la province québécoise. Ce chapitre débute par trois sections retraçant l’histoire du français au Québec : sous le régime français; du régime britannique à la Révolution tranquille; et, enfin, de cette grande période de changements à nos jours. L’exercice de synthèse est réussi et permet à …

Parties annexes