Résumés
Résumé
Les « cadres » du travail psychanalytique ont évolué, du fait de contraintes externes (sociales, politiques) et internes (représentations des effets et des processus de changement dans le travail de soin psychique). On peut néanmoins rester psychanalyste dans ces dispositifs pluriels : la psychanalyse ne se résume pas à sa praxis. On peut soutenir ainsi l’équivalence entre les termes « psychanalyse » et « psychothérapie psychanalytique » : la « psychothérapie psychanalytique » est le nom de la psychanalyse ajustée à la réalité – clinique et sociale – des patients. Quel que soit le dispositif (cure-type ou autre), les fondements de la position clinique psychanalytique sont identiques. La position psychanalytique est par ailleurs toujours ouverte et correspond à une position fondamentalement « transdisciplinaire ». Une telle position est centrée sur l’essentiel de la relation soignante, qui ne doit pas être confondu avec ses artifices et qui transcende les conditions spécifiques des dispositifs singuliers. L’approche transdisciplinaire, dans le soin psychique, suppose un « partage » de la fonction soignante. La parentalité est un paradigme de la transdisciplinarité, et la parentalité est toujours une « parentalité soignante », car elle consiste à prendre soin de l’enfant ou des aspects infantiles des sujets dont on s’occupe. Elle est ainsi un « invariant transdisciplinaire ». La position psychanalytique est, enfin, une position politique. La psychanalyse a une fonction politique ; elle est garante de la prise en compte de la subjectivité. Le psychanalyste doit tenir compte des réalités du corps comme des réalités sociales, notamment politiques. Les ajustements de la pratique psychanalytique sont souvent une réponse aux contraintes politiques et représentent eux-mêmes un acte politique.
Mots-clés :
- psychanalyse,
- psychothérapie psychanalytique,
- position psychanalytique,
- position transdisciplinaire,
- parentalité soignante,
- invariant transdisciplinaire,
- position politique
Abstract
The “settings” of psychoanalytical work have evolved, because of external (social, political) constraints, or internal ones, i.e., the representations of the effects and processes of change in psychotherapeutic work. Nevertheless, one can remain a psychoanalyst while working in a plurality of contexts and settings. Psychoanalysis is not only defined by its praxis. One can defend, for example, an equivalence between the terms “psychoanalysis” and “psychoanalytic psychotherapy”, the latter referring to a practice which is adjusted to the patient’s reality, particularly its clinical and social dimensions. Whatever the setting, whether or not it is a classical analysis, the basis of the psychoanalytic position remains the same. It is an open-minded position and is fundamentally “transdisciplinary”. Such a position is centred on the core aspects of the caring relation—not to be confused with its artifices—, and it transcends the specific features of the concrete setting. The transdisciplinary approach, in psychological care, implies a “sharing” of the caring function. Parental care is a paradigm within this transdisciplinarity. It is always “caring”, because parenthood consists in the care of the child or of the infantile part of the adult who is in care. In this way, parental caring is a « transdisciplinary invariant ». Finally, the psychoanalytical position is also a political position. Psychoanalysis does indeed have a political function: it protects an awareness of subjectivity. The psychoanalyst is expected to take into account the reality of the body as well as social realities, including the political. The adjustments made to psychoanalytical practice are often in answer to political constraints, and in themselves they represent a political act.
Keywords:
- psychoanalysis,
- psychoanalytical psychotherapy,
- psychoanalytical position,
- transdisciplinary position,
- caring parenthood,
- transdisciplinary invariant,
- political position
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Parties annexes
Note biographique
Albert Ciccone est psychologue, psychanalyste, professeur de psychopathologie et psychologie clinique à l’Université Lyon 2.
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