Comptes rendus

BURLEY, David V., J. Scott HAMILTON et Knut R. FLADMARK, Prophecy of the Swan: the Upper Peace River Fur Trade of 1794-1823 (Vancouver, University of British Columbia Press, 1996), xx-213 p.[Notice]

  • Gratien Allaire

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  • Gratien Allaire
    Université Laurentienne

Le "Cigne" (Swan), c'était le nom que les employés de la Compagnie du Nord-Ouest donnaient à l'un des Amérindiens de la nation Beaver qui fréquentait le poste de Rocky Mountain Fort. Ce n'était plus un chef, comme le croyait la Compagnie du Nord-Ouest, mais plutôt un ancien, qui jouissait de l'autorité et du prestige des anciens. Anthropologues et historiens pensent que le Cigne, c'était Makenunatane, le prophète qui avait prédit les effets de la présence européenne sur sa nation amérindienne (p. 62).

Le Prophecy of the Swan des archéologues David V. Burley et Knut R. Fladmark et de l'anthropologue J. Scott Hamilton porte sur cette présence européenne parmi les nations Beaver et Sekani dans la partie supérieure de la vallée de la rivière la Paix au début du XIXe siècle. Trois fils principaux constituent la trame de cette étude: l'histoire du commerce des fourrures dans la région pour les années 1794 à 1823, les caractéristiques physiques et les

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artefacts reliés à ce commerce et l'histoire des recherches archéologiques qui ont porté sur la région.

L'histoire du commerce des fourrures dans cette région s'étend de 1794, date à laquelle la Compagnie du Nord-Ouest établissait le poste de Rocky Mountain Fort, à 1823, date de la destruction du poste de St. Johns et du "massacre" de ses occupants, employés de la Compagnie de la baie d'Hudson. C'est principalement l'histoire de la Compagnie du Nord-Ouest et de ses relations commerciales avec les nations amérindiennes de la région. C'est aussi un court chapitre de l'histoire de la concurrence effrénée (pour certains, l'expression "guerre commerciale" est plus appropriée) que se sont livrées la Compagnie du Nord-Ouest et la Compagnie de la baie d'Hudson pour le contrôle du commerce, concurrence qui a mené à la fusion des deux compagnies en 1821. C'est en 1820 que la Compagnie de la baie d'Hudson a lancé son offensive dans cette partie de la rivière la Paix, en établissant le Fort d'Épinette; la Compagnie du Nord-Ouest a répondu immédiatement en envoyant William Mcintosh construire un poste tout près. Les deux compagnies accordaient beaucoup d'importance à cette région: non seulement elle fournissait encore des fourrures, mais encore était-elle la voie d'accès à la Nouvelle-Calédonie et au plateau intérieur, riches en fourrures de qualité, et ses postes servaient de points d'approvisionnement aux voyageurs.

L'étude de Burley, Hamilton et Fladmark est intéressante en ce qu'elle se situe à la rencontre de l'archéologie, de l'anthropologie et de l'histoire. Elle est basée d'abord sur les résultats des fouilles archéologiques menées par les auteurs dans le cadre des projets de développement des ressources hydroélectriques de la British Columbia Hydro. La première phase d'excavation, menée en 1975 et 1976, a permis de localiser les sites archéologiques de la région et d'établir la configuration physique du Fort St. Johns, établi en 1806 par la Compagnie du Nord-Ouest. La seconde phase, entre 1985 et 1987, a servi principalement à déterrer le site de Rocky Mountain Fort et de Rocky Mountain Portage House (établi vers 1805 par la Compagnie du Nord-Ouest et utilisé jusqu'en 1814). Dans les deux cas, les fouilles ont contribué à une meilleure compréhension des sources documentaires, plus familières à l'historien. Le journal de Rocky Mountain Fort pour l'hiver 1799-1800 et celui de St. Johns pour l'hiver 1822-1823, documents essentiels pour cette étude, sont reproduits en annexe (p. 139-181).

La documentation archéologique et historique utilisée permet aux auteurs de ...