Notes bibliographiques

Cahiers Charlevoix, 1 : Études franco-ontariennes (Sudbury, Société Charlevoix et Prise de Parole, 1995), 411 p.[Notice]

  • Yves Frénette

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  • Yves Frénette
    Programme d'études canadiennes, Collège universitaire Glendon

Le Québec a depuis longtemps sa Société des Dix. L'Ontario français possède maintenant sa Société Charlevoix. Comme la Société des Dix, celle-ci est marquée par une grande érudition. Les six membres de la Société Charlevoix manient la plume aisément et de leurs travaux émanent une connaissance intime des sujets traités ainsi qu'un engagement profond.

À l'exception de celui de Fernand Dorais, tous les chapitres de ce recueil portent, explicitement ou implicitement, sur la question identitaire. Il est fort commode de pouvoir lire d'un seul trait une enquête ethnologique de Jean-Pierre Pichette sur la transmission d'un conte populaire français chez les Sauteux de la région du Sault-Sainte-Marie, une analyse de Roger Bernard sur les enjeux de l'exogamie dans les foyers mixtes et une étude comparative de Fernand Ouellet sur la place des francophones dans l'univers agricole canadien entre 1851 et 1911. Il est tout aussi intéressant d'assister à un débat amical sur l'origine de l'identité franco-ontarienne: doit-on la faire remonter à 1910 comme René Dionne ou à 1960 comme Gaétan Gervais?

Les thèses développées dans ce premier cahier de la Société Charlevoix sont susceptibles de faire progresser la recherche sur la francophonie ontarienne. La plus audacieuse est sans doute celle de René Dionne qui a, je crois, fondamentalement raison: l'identité franco-ontarienne est née bien avant 1960, comme en fait foi le discours autour de la fondation de l'Association canadienne-française d'éducation de l'Ontario. Dionne n'a cependant pas autant de succès à démontrer le caractère démocratique de cette première prise de parole collective. Certes, les délégués au congrès de fondation provenaient de toutes les régions de l'Ontario, mais ils appartenaient, pour la très grande majorité, aux classes moyennes, plus spécifiquement aux élites cléricales et professionnelles. En fait, leur discours laisse percer beaucoup de méfiance envers la masse des Franco-Ontariens.

Bravo aux fondateurs de la Société Charlevoix pour leur initiative. Nous attendrons avec impatience le prochain cahier.

Programme d'études canadiennes

Collège universitaire Glendon YVES FRENE ITE

[483] RHAF, vol. 50, n° 3, hiver 1997