Notes bibliographiques

YOUNG, Kathryn A., Kin, Commerce, Community. Merchants in the Port of Quebec, 1717-1745 (New York, Peter Lang, coll. “American University Studies, série IX [History]”, no 145, 1995), xviii-220 p.[Notice]

  • Tom Wien

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  • Tom Wien
    Département d'histoire, Université de Montréal

Dans ce petit livre - le texte ne compte que 83 pages, l'annexe, 50 - Kathryn Young présente 71 marchands et 5 marchandes ayant résidé à Québec pendant au moins une décennie au cours de la période étudiée. Après avoir décrit la ville et l'avoir située tant bien que mal dans les circuits commerciaux, l'auteure consacre trois chapitres à autant de catégories de marchands qui composent son échantillon: les représentants des maisons métropolitaines, ceux parmi les officiers de l'administration royale qui s'occupaient eux aussi de divers commerces, ainsi que (changeons de critère) les marchands nés au Canada. Un dernier chapitre s'appuyant surtout sur les inventaires après décès nous introduit dans les maisons, voire les commodes de ses sujets.

L'auteure a monté des dossiers biographiques sur les membres de son groupe, puisant dans la correspondance officielle, dans les registres paroissiaux, dans diverses sources privées et, dans une moindre mesure, notariales. C'est toutefois le Dictionnaire biographique du Canada qui sert de repère principal, 45 des marchands étudiés ayant une notice dans cet ouvrage de référence. Des 20 cas qui méritent un traitement détaillé - sont-ils cependant les plus éloquents ou seulement les mieux documentés? -, un seul n'a pas fait l'objet d'une étude antérieure, dans le DBC ou ailleurs.

C'est en partie pour cette raison que le portrait de groupe tracé par K. Young recèle si peu de surprises. À la limite, le choix de revenir sur ces quelques individus bien connus - et partant, solidement établis - se défend. Mais si l'auteure voulait vraiment expliquer pourquoi certains individus sont des marchands de Québec leur vie durant et d'autres pendant quelques années seulement, elle aurait dû entreprendre une analyse comparative. Il reste que cette problématique de la persistance n'est qu'esquissée. L'ouvrage, dont le mot clé est sans doute "illustrer", sert plutôt à confirmer ce que d'autres ont déjà observé, contournant ainsi la nécessité de faire une étude systématique. L'amorce d'une étude de la vie publique des marchands les présente certes

NOTES BIBLIOGRAPHIQUES

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sous un jour inhabituel, mais trop souvent l'oeuvre de juxtaposition que fait l'auteure nous ramène sur le terrain familier de la multiplicité des activités de ces gens ou l'importance des liens familiaux. Descriptif et ne prenant rien pour acquis, le livre aurait pu familiariser un public plus vaste avec le monde du commerce extérieur sous le Régime français, mais l'ambiguïté de nombre de formulations, dans les deux chapitres liminaires surtout, rend cet usage assez risqué. Il est regrettable qu'une recherche sans doute difficile n'ait pas donné plus de résultats nouveaux. Si Kin, Commerce, Community permet de se faire une première idée des activités des marchands de Québec au cours des Trente Glorieuses du Régime français, nous attendons toujours une étude fouillée du sujet.

Département d'histoire Université de Montréal

TOM WIEN