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Notes bibliographiques

POMERLEAU, Jeanne, Corvées et quêtes. Un parcours au Canada français (Montréal, Éditions Hurtubise HMH, coll. « Cahiers du Québec, Ethnologie », 2002), 440 p.

  • Martine Roberge

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  • Martine Roberge
    Université Laval

Corps de l’article

Cet ouvrage constitue un essai ethnographique sur le sujet des corvées et des quêtes qui ont eu cours chez les francophones d’Amérique du Nord, surtout au Québec. Il s’agit de la première synthèse sur ce thème qui rassemble des descriptions puisées dans des sources écrites et orales (monographies paroissiales ou témoins de ces coutumes). L’auteure expérimentée définit d’entrée de jeu la corvée (bee en anglais ou frolic chez les Acadiens) et en donne les principales caractéristiques : travail fait en groupe, sans rémunération, dans le but de s’entraider ou d’échanger du temps, qui s’accompagne le plus souvent d’un repas ou deux pris en commun et parfois d’une soirée divertissante. À ce titre, elle recense une centaine de corvées, d’importance variable dans la tradition et dans les récits. Regroupées selon une typologie simple (corvées obligatoires et volontaires), elles sont présentées selon l’ordre qu’elles occupaient dans le cycle annuel. L’auteure traite notamment des corvées imposées aux censitaires sous le Régime français, comme la construction des chemins ou la corvée honorifique de la plantation du mai. Les corvées volontaires se subdivisent en trois catégories : les corvées communautaires associées aux pratiques religieuses, les corvées de charité associées au rituel de la vie et les corvées d’entraide avec ou sans échange de temps. Ces dernières sont les plus nombreuses et constituent l’essentiel de l’essai. En seconde partie, sept quêtes sont décrites comme un mode d’expression de solidarité.

L’ouvrage est complété de quelque cent illustrations, gravures et photographies, qui forment un ensemble iconographique original et souvent inédit. En plus de reprendre sous un même couvert les descriptions rigoureuses des corvées et des quêtes les plus connues et les mieux documentées, comme l’épluchette de blé d’Inde, le broyage du lin, le levage des bâtiments domestiques, la boucherie, la Guignolée et le Mardi gras, l’auteure nous fait découvrir plusieurs aspects oubliés de la vie ardue de nos ancêtres. C’est là le principal apport de cet ouvrage.