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Notes bibliographiques

ANCTIL, Pierre, Saint-Laurent. La Main de Montréal (Sillery, Montréal, Septentrion/Musée Pointe-à-Callière, 2002), 112 p.

  • Julie Duchesne

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  • Julie Duchesne
    Département d’histoire
    Université du Québec à Montréal

Corps de l’article

En 2002, le musée d’archéologie et d’histoire de Montréal de Pointe-à-Callière réalisait une exposition sur le boulevard Saint-Laurent de Montréal. C’est dans le but d’offrir un complément d’information à l’exposition que ce livre fut publié. Ce dernier met en relief le caractère exceptionnel de la Main et les éléments qui ont transcendé son évolution depuis ses origines. Plus spécifiquement, il est question de son développement urbain en lien avec son économie, de l’empreinte laissée par les différentes vagues migratoires, de l’influence de ces populations sur l’émergence des nouveaux courants artistiques et modes de pensée ainsi que sur le divertissement et la création.

De plus, à travers l’histoire de la Main est dégagée sa spécificité. D’une part, ses phases de développement sont étudiées dans le but de démontrer qu’elles représentent le paradigme de la montréalité. À cet égard, l’auteur analyse le processus d’urbanisation en dehors des murs de fortification, l’industrialisation, le pluralisme culturel, la montée des courants artistiques et les nouvelles technologies. D’autre part, un lien entre la modernité de la société québécoise et l’histoire de la Main est souligné. L’auteur explique qu’en étant un axe de pénétration dans la ville et un espace d’affirmation, le boulevard Saint-Laurent a favorisé la rencontre de populations hétéroclites, antagonistes et marginales ainsi que le brassage d’idées et des identités. Dans ce sens, l’auteur donne notamment l’exemple de la syndicalisation ouvrière et du mouvement féministe.

Enfin, les historiens de Montréal et de l’histoire sociale québécoise apprécieront l’ouvrage pour la qualité de son analyse et pour sa magnifique iconographie. Cependant, ceux qui connaissent mal les environs du boulevard Saint-Laurent auront de la difficulté à saisir son organisation spatiale et son environnement urbain en raison de l’insuffisance de cartes, et ce, même si l’ouvrage s’adresse au grand public.