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Notes bibliographiques

CHEAL, David, dir., Vieillissement et évolution démographique au Canada (Montréal, Les Presses de l’Université de Montréal, 2003), 298 p.

  • Lisa Dillon

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  • Lisa Dillon
    Département de démographie
    Université de Montréal

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Traduction : Pierre R. Desrosiers

Vieillissement et évolution démographique au Canada (en anglais : Aging and Demographic Change in the Canadian Context), met l’accent sur la complexité et sur la diversité de la population des aînés et constitue un ajout fort utile aux études des dernières années de chercheurs qui ont entrepris de réagir aux visions pessimistes selon lesquelles le vieillissement de la population présageait la venue d’une crise de société ; nuançant ainsi notre compréhension du vieillissement. Dirigé par David Cheal, professeur de sociologie à l’Université de Winnipeg, l’ouvrage est composé d’essais de chercheurs de divers champs : sociologie, gérontologie, psychologie, économie politique, loisirs, littérature et relations industrielles. Susan McDaniel définit le concept d’interconnexions intergénérationnelles et montre en quoi il peut servir de cadre pour « clarifier questions et orientations cruciales en matière de politique ». Douglas Thorpe se penche sur le rôle du langage dans l’interprétation du vieillissement et de l’âgisme (discrimination envers les personnes âgées). Ingrid Arnet Connidis étudie le contexte plus vaste de la vie familiale et de la participation au monde du travail et leur relation à la question de l’équité intergénérationnelle. Joel Prager traite de l’impact du vieillissement de la population sur l’économie et sur le travail en présentant différentes théories concernant la démographie et la productivité. Marty Thomas et Rosemary Venne analysent les travaux américains et canadiens sur l’emploi du temps afin de découvrir dans quelle mesure les Canadiens équilibrent travail et loisirs, particulièrement dans la vieillesse. Finalement, Joseph Tindale, Joan Norris et Krista Abbott livrent un essai sur la négociation de la réciprocité en matière de relations familiales et intergénérationnelles durant toute une vie.

L’ouvrage propose des perspectives nouvelles et importantes sur le vieillissement et le changement démographique en utilisant enquêtes et données de recensements. Un des thèmes majeurs de ce recueil touche à la nécessité de saisir la continuité de la vie humaine, de comprendre les aînés en relation avec d’autres cohortes et d’autres générations, et d’étudier l’impact simultané des politiques sur différentes générations. En réexaminant la définition de la vieillesse, ces essais auraient dû se pencher aussi sur la définition de la famille, étudier en quoi les relations étroites avec amis et voisins pénètrent les frontières de la famille. Plusieurs de ces textes auraient pu profiter des apports de la démographique historique en comparant les données des recensements du XIXe siècle avec celles des années 1971-1996. À l’exception de celui de Connidis, ces travaux ont tendance à généraliser l’expérience québécoise à l’ensemble du Canada et comparent souvent l’ensemble des Canadiens à l’ensemble des Américains alors que l’évolution démographique particulière au Québec, au XXe siècle, peut avoir provoqué, dans différentes cohortes, des alignements particuliers qui se poursuivront au fil du vieillissement des populations canadienne et québécoise.