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Comptes rendus

Gossage, Peter et Robert Rutherdale, dir., Making Men, Making History : Canadian Masculinities across Time and Place (Vancouver, UBC Press, 2018), 472 p.

  • Shawn McCutcheon

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  • Shawn McCutcheon
    Université McGill

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Couverture de L’Ouest franco-américain, Volume 73, numéro 1-2, été–automne 2019, p. 5-248, Revue d’histoire de l’Amérique française

L’historiographie canadienne s’est récemment enrichie d’un ouvrage collectif majeur. En effet, Making Men, Making History  : Canadian Masculinities across Time and Place, placé sous la direction de Peter Gossage (Concordia) et Robert Rutherdale (Algoma), apporte d’importantes contributions à l’histoire de la masculinité canadienne, ainsi qu’une réflexion historiographique qui éclaire ce champ de recherche en pleine expansion. L’anthologie, qui porte sur les XIXe et XXe siècles, regroupe vingt spécialistes aux perspectives variées. L’ensemble est unifié par l’influence des travaux féministes de Christopher Dummitt sur la relation entre masculinité et modernité, de Raewyn Connell sur la masculinité hégémonique, de Gail Berderman sur la rivalité de masculinités divergentes et de Judith Butler sur la performativité du genre. Une des forces du livre est le souci de clarté avec lequel les concepts et les théories employés par les auteurs sont expliqués. Les tensions entre discours et expériences, entre idéal et vécu des hommes y sont palpables et illustrent le caractère construit, pluriel et surtout variable à travers le temps et l’espace de masculinités fragmentées et rivales, qui se définissent autant entre elles qu’avec les femmes et les enfants. Les hommes étudiés à travers l’anthologie se révèlent autant être le produit de leurs milieux, classes sociales, origines culturelles et ethniques, états de santé et âge, qu’agents de leur histoire. L’ouvrage s’articule en six tendances épistémologiques actuelles. La première est celle de l’expertise où domine la figure du professionnel bourgeois et surtout blanc, dont l’autorité se base sur sa compétence raisonnée. Lisa Chitlon (UPEI), étudie comment au XIXe siècle trois médecins du « Quebec Marine and Emigrant Hospital » utilisèrent le prestige de leur profession pour se réclamer d’une identité masculine supérieure à celles de leurs rivaux. Magda Fahrni (UQAM) interroge les liens entre le mouvement de prévention des accidents au travail du début du XXe siècle et la construction d’une expertise technique favorable aux cols blancs. David Theodore (McGill) se penche sur le cas de Gordon A. Friesen, administrateur qui automatisa le design hospitalier de l’après-guerre et incite à repenser ce qu’être masculin signifie. Grâce aux travaux d’Halberstram sur la «  Female Masculinity  », Theodore souligne le rôle des infirmières dans un monde de machines associées au domaine masculin. Cynthia Loch Drake (York) étudie comment, à Edmonton entre 1947-1966, les cols blancs renégocièrent leur identité masculine à l’ère du nouveau syndicalisme en alliant maîtrise de soi, rationalité, efficacité, et athlétisme virilisant. Le second thème porte sur les espaces masculins, en faisant appel de façon originale aux études historiques sur l’architecture, la géographie urbaine et la spatialité. Les auteurs s’y interrogent sur l’impact des idéaux masculins sur la conception et l’utilisation des espaces. Annmarie Adams (McGill) étudie les clubs montréalais du début du XXe siècle et souligne comment ces espaces masculins devinrent un symbole élitiste qui contribua à renforcer la séparation des genres et des classes sociales. Norman Knowles (St. Mary’s), examine les missions établies dans les camps miniers et forestiers au tournant du XXe siècle et comment elles devinrent un terrain de compétition entre différentes cultures masculines, soit entre la masculinité disciplinée des missionnaires et celle plus rude des missionnés. Ensuite, en dialogue avec les travaux de Higgins, Chamberland, Demczuk et Remiggi, Olivier Vallerand (UC, Berkeley) explore le cas des bars gais montréalais du XXe siècle. Reflets des relations entre la communauté LGBT et la société, les bars gais brouillent la distinction entre espaces privé et public, masculin et féminin, tout en se faisant l’écho de cultures masculines alternatives. Le troisième thème se penche sur la dimension performative du genre, au sens donné par Butler. En étudiant …