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Préface aux Actes

  • Philomène Gallez

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  • Philomène Gallez
    Présidente de l’Association des étudiants diplômés du département d’histoire de l’Université de Montréal, 2011-2012

Couverture de Réseaux : entre normes, stratégies et échanges, Volume 31, numéro 1, hiver 2012, p. 7-169, Cahiers d'histoire

Corps de l’article

Les 9, 10 et 11 mars 2011, l’Association des Étudiants Diplômés du Département d’Histoire de l’Université de Montréal (AEDDHUM) a organisé, pour la 18e année consécutive, son colloque interdisciplinaire au titre évocateur « Réseaux : entre normes, stratégies et échanges ».

Léon Robichaud, professeur adjoint au département d’Histoire de l’Université de Sherbrooke, dans sa conférence d’ouverture, « Les réseaux sociaux en histoire : sources, méthodes et défis », mettait l’accent sur l’aspect méthodologique de la question en identifiant les obstacles et les pistes de solution pour l’intégration de l’analyse des réseaux dans la discipline de l’histoire. Comme en témoignent les pages qui suivent, c’est à ce difficile exercice que se sont employés les participants au colloque et les auteurs de ces différents articles.

L’actualité de la notion de réseau est, tout d’abord, explorée par Jean-Yves Lagasse de Locht, qui étudie la transformation du droit, initialement pyramidal, en un droit en réseaux, par l’exemple particulier de la médiation.

Les réseaux sont également perceptibles dans l’étude des engagements intellectuels et politiques durant tout le xxe siècle. Kevin Audet-Vallée prend l’exemple des organisations de l’Action française durant la Grande Guerre, Daria Dyakonova celui de la relation entre la Gauche canadienne et le Komintern de l’URSS qui oscille entre échanges et domination, Philippe Poliquin celui des différentes interprétations de l’avènement de la télévision chez les intellectuels québécois des années 1952-1962 et Anne-Sophie Blanchet celui de La Manoeuvre comme nouveau modèle d’intervention artistique.

Les réseaux furent également utilisés par les élites à diverses fins. Tandis que Philippe Boulanger fait apparaître, dans son analyse sur les cérémonies d’hommage, l’utilisation des réseaux par les élites nobiliaires provençales du xive siècle à des fins politiques, Caroline Truchon étudie, quant à elle, les réseaux « obligés » des collectionneurs montréalais de la fin du xixe siècle. Claire Garnier s’interroge, en revanche, à la lecture des procédures d’entrée au Refuge de Clermont-Ferrand de la seconde moitié du xviiie siècle, sur la question de savoir si le réseau familial pouvait, ou non, protéger les filles « de mauvaise vie » de l’enfermement.

Le pouvoir des réseaux dans la diffusion des représentations est examiné par Stéphanie Briaud et Émilie Tanniou dans leurs études respectives relatives à la circulation des représentations de la déesse Isis-Tyché dans la Grèce hellénistique et le croisement des théories européennes de la restauration lors de la restauration de l’Hôtel de Ville de Bruxelles au xixe siècle.

Enfin, comme le soulignent Benjamin Furst et Maxime-Édouard Crête, la notion de réseau évoque également les réseaux hydrographiques de la Nouvelle-France, le premier s’interrogeant sur son appropriation sous le Régime français, le second sur sa représentation par Jean-Baptiste-Louis Franquelin.

Ces différents articles démontrent la pertinence de l’analyse des réseaux et de l’introduction de ce concept dans nos recherches scientifiques. De plus, d’un point de vue plus pragmatique, par son aspect convivial, ce colloque a également confirmé l’importance des réseaux académiques, sans lesquels le débat intellectuel resterait stérile et de telles rencontres ne pourraient avoir lieu. Soulignons ici la participation des membres du Conseil Exécutif de l’AEDDHUM 2010-2011, aux présidents de panels, de Léon Robichaud, de l’équipe des Cahiers d’Histoire qui, par leur temps, leur disponibilité et leurs pertinentes interventions ont enrichi les échanges. Notons également le soutien financier indéfectible de la FAÉCUM, du FICSUM (et son Mois de la recherche), des titulaires de chaires du département d’histoire de l’UdeM, François Furstenberg, Laurence Monnais et Cynthia Milton, ainsi que du directeur de ce même département, Michael J. Carley. Enfin, insistons sur l’importance de la présence de tous les participants et du public qui a soutenu ces belles et longues discussions. Nous les remercions tous chaleureusement.